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24/05/2010

L'INTERDICTION DE LA BURQA

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Maître Eolas, avocat, a publié, le vendredi 30 avril 2010, sur son site : « L’interdiction de la burqa dans l’espace public »

Maître Eolas, au-dessus des convictions, des opinions et des idéologies, décortique la proposition de loi d’interdiction de la burqa dans l’espace public et souligne ses nombreuses absurdités, ses non-sens.

Sa synthèse experte dépasse les informations en miettes diffusées par les médias sur ce sujet.

 

            « …Le gouvernement a fait connaître la teneur du futur projet de loi, qui sera très court (deux articles, vous voyez, quand il veut, il peut) et pénal…

            Au nom des principes, nous avons opté pour une interdiction totale, explique un des rédacteurs du projet. Mais nous avons décidé des peines légères, car ces femmes sont souvent victimes.

            C’est une nouveauté, désormais on punit les victimes. Mais d’une peine modérée, hein, on n’est pas des barbares non plus… »

            La suite sur http://www.maitre-eolas.fr

Images :www.argul.blog.lemonde.fr 

Annie Keszey

www.atelier-idees.org

17:37 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : burqa, maître eolas, loi d'interdiction | | |  Facebook

20/05/2010

Temps des crises

le temps des cerises.jpg

Temps des crises. Michel Serres.

Manifeste ! Le pommier ! 09/09/2009.

[Extraits discontinus].

Les politiques ne connaissent pas cette science complexe qu’est l’écologie. La sortie de crise, pour Michel Serres, académicien,  suppose l’implication, éthique, des savants.

 Mais que révèle le séisme financier et boursier  qui nous secoue aujourd’hui ?

Si nous vivons une crise, aucun retour n’est  possible. Les termes relance et réforme sont hors de propos. Il faut donc inventer du nouveau.

Financière et boursière la crise qui nous secoue aujourd’hui cache et révèle des ruptures qui dépassent, dans le temps, la durée même de l’Histoire.

 

Les ruptures.

1. L’agriculture.

Au 20ème siècle, le néolithique se termine : l’humanité occidentale, bien qu’elle continue à se nourrir d’elle, quitta donc, ici au moins, la terre.

Parallèlement, la proportion d’humains vivant dans les villes avoisinera les 75%, en 2030.

Or, lorsque se déterritorialise ainsi la majorité des humains, le rapport au monde se transforme.

Premier coup : tout devient politique, du grec polis, la ville.

Second coup : or, précisément, à ce moment-là, le monde se venge et menace les hommes. Dès lors, rien ne sera plus vraiment politique au sens traditionnel.

Basculement.

2. Les transports.

La mobilité des hommes a cru. En 2008, elle s’élève, pour le transport aérien, à trois mille milliards de kilomètres- passagers. La distance d’où proviennent les marchandises dans les hypermarchés se chiffre par milliers de kilomètres. La France devient une cité  dont le TGV est le métro et les autoroutes, les rues.

3. La  santé.

Après les années 50 émerge un organisme humain d’une nouveauté dont nous ne nous formons peut- être pas encore une idée assez juste : moins de souffrances, moins de maladies incurables, moins de traces de ces douleurs sur la peau. Le temps de naître, les pics de douleur, la durée des maladies dépendent en partie de nous désormais, même peut- être le moment de la mort que nous pouvons , en partie, différer.

      4. La démographie.

Le nombre des humains passera bientôt à 7 milliards, le plus souvent serrés en gigantesques mégalopoles. L’espérance de vie augmente de 3 à 6 mois par an. C’est une recomposition du paysage humain qui n’est pas accompagnée des transformations en profondeur des institutions et des coutumes.

   5. La connexion.

   Après le monde et le corps : nos relations. Les dites nouvelles technologies changent nos liens, nos  voisinages, nos savoirs et nos manières d’en prendre connaissance. Le connectif remplace le collectif.

6. Les conflits.

   La seconde guerre mondiale fut le premier conflit où, selon les experts, les humains réussirent à tuer plus de leurs semblables que ne le firent les microbes et   les bactéries au cours des précédents    affrontements. Quel modèle atroce de domination. Il n’est pas sûr que le plus fort, même de plus en plus fort, reste très longtemps le maître. En dépensant plus de mille milliards de dollars, l’hyper- puissance  incontestable n’a pu gagner, en ces jours, une guerre contre l’un des pays les plus faibles de la planète.

   Etrange crise de la puissance.

 

   En quelques décennies se transformèrent radicalement : le rapport au monde et à la nature, l les corps, leur souffrance, l’environnement, la mobilité des humains et des choses, l' ’espérance de vie, la décision de faire naître et parfois de faire mourir, la démographie mondiale, l’habitat dans l’espace, la nature du lien dans les collectivités, le savoir et la puissance.

 

La crise globale.

L’ensemble de nos institutions connaît désormais une crise qui dépasse de fort loin la portée de l’histoire ordinaire.

Etrange et dangereuse chose, malgré ces transformations majeures, nos institutions politiques, religieuses, militaires, universitaires, hospitalières, financières, continuèrent à peu près comme si rien ne se passait.

La crise ne touche pas seulement le marché financier, le travail et l’industrie, mais l’ensemble de la société, mais l’humanité entière.

Le jeu à deux qui passionne les foules et qui n’oppose que des humains, le maître contre l’esclave, la gauche contre la droite, les républicains contre les démocrates, telle idéologie contre une autre quelconque, les verts contre les bleus…disparaît en partie dès lors que ce tiers intervient. Et quel tiers ! Le monde soi- même. Ici la lise, demain le climat. L’eau, le feu, la terre, flore et faune, l’ensemble des espèces vivantes, ce pays archaïque et nouveau, inerte et vivant : la Biogée.

Fin des jeux à deux ; début d’un jeu à trois. Voilà l’état global contemporain… 

La Biogée peut- elle devenir un sujet de droit ?

Le nouveau triangle se nomme : Sciences- Société- Biogée.

 

La biogée.

Qui donc aura l’audace de fonder non plus des institutions internationales où ces jeux à deux vainement perpétrés restent ou aveugles ou dommageables au monde, mais une institution à la lettre mondiale. Dans un livre récent, je l’appelai WAFEL, avec les initiales anglaises des quatre éléments et des vifs. S’y réuniraient non pas les députés des nations mais les représentants de l’eau, de l’air, du feu, de la terre et des vivants, bref de cette Biogée pour dire la Vie et la Terre.

Fonte des glaces, montée des eaux, ouragans, pandémies infectieuses, la Biogée se met à crier…

Mais qui aurait la parole en ce parlement de muets ? Sûrement pas, en tout cas, les politiques actuels, dont la désuétude se mesure à leur ignorance des paroles et des choses du monde…

Qui va parler au nom de la Biogée? Les savants.

 

L’avenir des Sciences.

Les six grands bouleversements cités proviennent, tous, sans aucune exception, de la recherche scientifique et de ses applications : agronomie, pharmacie, biochimie, physique nucléaire, sciences de la vie et de la terre.

Seule la Science a le souci du long terme qui peut aider à l’anticipation. Le corpus global des Sciences a toujours joui d’un centre, or, ce centre, dans l’histoire, se déplace : le logos mathématique (Grecs), les forces mécaniciennes (de Galilée à Auguste Comte), la mathématique des grands nombres, la physique et la chimie des particules. Ces Sciences sont faciles puisqu’elles traitent d’objets préalablement minutieusement découpés. Les Sciences de la Vie et de la Terre, (SciViTe) désormais, prennent le relais, nouveau centre de gravité du savoir, qui se réfère plus aujourd’hui à la Connaissance dans son ensemble. Sciences difficiles parce qu’elles entrent dans la réalité des liens qui unissent les choses entre elles et les Sciences qui parlent des choses entre elles. Difficiles mais accessibles…

Devenons des SciViTes plutôt que des civiques. La Biogée comprend, en effet, le monde et les humains.

Je ne demande pas que les savants prennent le pouvoir, hélas tombé dangereusement en une telle déshérence que n’importe qui pourrait aujourd’hui le ramasser, mais qu’ils prennent la parole au nom des choses, la parole des choses elles- mêmes.

Par le rayonnement de cette nouvelle « boule », toutes les sciences, plus ou moins, se mettent à ressembler à l’écologie, ce savoir d’une inextricable difficulté…L’écologie ne découpe rien, elle associe, allie, fédère, entre dans le détail et dessine les paysages…

[Inquiétude impertinente : combien de soi-disant écologistes politiques savent un minimum d’écologie vraie ? Riant, je propose d’ouvrir de petits stages où, accroupis sur l’herbe, ils apprendraient…]

Les SVT couvrent aussi les sciences humaines, dont les sciences cognitives.

Comment penser désormais la politique, le droit, l’économie, comment même construire une sociologie, sans référence à notre plongement dans les éléments et les vivants de la Biogée?

 

Deux serments.

 

Pour ce qui dépend de moi, je jure : de ne point faire servir mes connaissances, mes inventions et les applications que je pourrais tirer de celles-ci à la violence, à la destruction ou à la mort, à la croissance de la misère ou de l’ignorance, à l’asservissement ou à l’inégalité, mais de les dévouer au contraire, à l’égalité entre les hommes, à leur survie, à leur élévation et à leur liberté.

 

Que les savants puissent parler au nom de la Biogée exige qu’ils prêtent d’abord un serment dont les termes les libèrent de toute inféodation aux trois classes : la religion, qui géra les hommes en prétendant les défendre, l’armée qui les gouverna et, souvent, les asservit et enfin l’économie qui se mit à régir leurs vies, parfois implacablement. Pour devenir plausibles, il faut que, laïques, ils jurent ne servir aucun intérêt militaire ni économique.

A ce prix seulement, ils pourront prendre la parole à la WAFEL, au nom de la biogée.

 

Des sorties de crise ?

L’universalité de l’accès au savoir peut fonder une vraie démocratie : la hiérarchie précédente se fondait sur la rétention de l’information…Or, la hiérarchie, c’est le vol.

Cet accès universel change la nature même du pouvoir. La liberté, c’est l’accès. Non seulement l’accès possible, mais l’intervention active (de tous, dans toutes les affaires publiques). L’égalité règne aussi bien pour l’intervention libre, que pour l’accès, facile.

Intervention et accès concernent ici l’information que les spécialistes disent « douce » et non la puissance brute, le sabre du gendarme ou la bombe nucléaire, marteau ou faucille, durs.

Face à la dureté de la Biogée, l’homme doit changer d’intelligence : encore du côté du venin et du croc, elle doit muter, au plus vite et sous risque gravissime, de la volonté de puissance au partage, de la guerre à la paix, de la haine à l’amour.

Douces, les trois révolutions de l’écriture, de l’imprimerie et de l’ordinateur ont bouleversé l’histoire des conduites, les institutions et les pouvoirs dans nos sociétés de manière plus fondamentale que les changements durs, ceux des techniques du travail, par exemple.

Je le répète, dur se dit du travail à l’échelle entropique : coups de marteau sur un burin, fonte de l’acier, moteurs, bombes nucléaires. Doux se dit des actes d’échelle informationnelle : traces, marques, signes, codes et leur sens. Je n’ai cessé de citer les quatre opérations concernant l’information : la recevoir, l’émettre, la stocker, la traiter. Elles spécifient toutes les choses du monde, sans exception, nous compris. De même que nous communiquons, entendons et parlons, les choses inertes, comme les vivants émettent et reçoivent de l’information, la conservent et la traitent. Nous voici à égalité. Asymétrique et parasite, l’ancien partage sujet- objet n’a plus lieu ; tout sujet devient objet ; tout objet devient sujet. Toute la connaissance change et la pratique et le travail et la conduite…

Voici donc le secret du livre et de la crise : les écarts qui, béants, s’ouvrent entre le casino de la Bourse et l’économie réelle, les chiffres de nos conventions fiduciaires et la Biogée des vivants et de la Terre, tout autant que celui qui sépare le cirque médiatique de l’état évolutif des personnes et de la société, ces distances équivalent, en somme, à la bifurcation du dur et du doux. Je promets, pour demain, un long livre sur ce Doux. Image : dorure.rmc.fr- Annie Keszey. www.atelier-idees.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15/05/2010

CITE DE LA REUSSITE

MAI 2010.

POLITIQUE ET INSTRUCTION.

LIBERTE ET RESPONSABILITE DES DECISIONS.

 

            La « Cité de la Réussite » est un forum annuel de débats culturels, économiques, scientifiques et politiques. Le thème choisi cette année était : tout réinventer.

           

            L’atelier « L’école 2.0 : comment apprendre et enseigner à l’ère numérique ? » avait pour intervenants : Ferran Ferrer, universitaire et chercheur espagnol, Jean-Michel Fourgous, député UMP, maire d’Elancourt et Roland Genet, proviseur d’un lycée public numérique.

            Jean-Michel Fourgous a remis au Ministre de l’Education Nationale un rapport  d’équipements, de formations et de méthodes pour introduire et développer les nouvelles technologies d’information et de communication (TIC) dans les écoles élémentaires, en particulier. Quelques pistes de ce rapport sont accessibles sur le site : www.jmfourgous.com

            Les auditeurs semblaient convaincus de cette impérative modernisation mais leurs demandes, faites dans leurs écoles, rencontraient l’obstacle du manque d’argent…

            Jean-Michel Fourgous, interrogé sur l’atypie que représentait une ville des Hauts- de- Seine, riche de placements et solde de trésorerie de 178 millions d’euros fin 2009, avec  une parcimonie et un retard surprenants quant aux équipements en TIC des écoles, s’est montré légèrement perplexe. Il a rappelé que les décideurs, sans « culture numérique » résistaient davantage aux évidences, mais que la pression croissante des usagers accélérait peu à  peu la nécessaire adaptation de l’école. Et puis, un Maire est libre de sa gestion, a-t-il conclu.

            Pas exactement : un Maire est libre d’une gestion responsable. (     L’universitaire espagnol insiste bien, dans ses expériences, sur la responsabilité).

            La France et l’Europe n’éviteront le déclin que si leur projet collectif porte sur la Connaissance, le Savoir, la Recherche. L’école ne peut donc rester immobile, avec des pratiques dépassées.

            Prioritairement, chaque élève doit posséder son ordinateur personnel à l’école.

            Il s’agit d’un usage régulier de ce nouveau « cahier- crayon », non réservé au seul cours d’informatique.

            (Dans cette période de chômage aggravé, les emplois encore disponibles requièrent des compétences en informatique).

           

            Le proviseur du lycée reprit le thème de la liberté pédagogique, celle des professeurs, pour justifier l’absence d’utilisation des TIC pendant les cours de Français.

            Or, tous les professeurs, comme les maires, sont responsables du futur de leurs élèves. Ils ont l’obligation de se former en permanence pour ne pas dispenser un enseignement anachronique. L’ordinateur n’est qu’un outil,  qui change la relation, mais enrichit encore le rôle du professeur : il n’est plus temps d’avoir peur.

            La majorité des enseignants, motivée, souhaite un plus grand engagement de la hiérarchie de l’ Education Nationale et des Collectivités territoriales.

            L’ordinateur scolaire individuel dépasse son usage : il symbolise le droit des élèves à une formation adaptée au 21ème siècle, face aux seules libertés, discutables, de certains adultes auxquels ils sont confiés.

Annie Keszey.

www.atelier-idees.org