30.06.2010

LE METIER DE PROFESSEUR

JUILLET 2010.

« Un professeur transmet des connaissances. L’école publique dans laquelle il exerce, en 2010, est en difficulté ».

Dans le passé, le Ministère de l’Education Nationale, n’a jamais accepté de reconnaître la complexité du métier de professeur au- delà de sa fonction unique, originelle, de transmission d’une matière, par des cours magistraux, de préférence. Le recrutement des professeurs se fait à partir d’examens et de concours qui évaluent des connaissances. Les aptitudes à parler, communiquer, intéresser, gérer des groupes, maintenir l’ordre, travailler en équipe, se former en permanence, prévenir la violence, innover en instruction et en éducation sont des qualités professionnelles indispensables, dont l’apprentissage, paradoxalement, n’est pas ou peu proposé par l’Institution.
Les cadres de l’Education Nationale, majoritairement, ont une idéologie conservatrice, éloignée de la « pédagogie », mot- valise rejeté, déraisonnablement. Ils sont les principaux responsables de l’état actuel, injuste, du Système.
Sébastien Clerc, jeune professeur de Français et d’Histoire vient de publier « Au secours ! Sauvons notre école », aux éditions OH. Après une analyse approfondie des difficultés graves et variées de l’acte d’enseigner, il propose des solutions pour sauver l’école. C’est une rare description du métier de professeur dans sa réalité actuelle qui interpelle, avec sincérité, cette Institution plutôt muette et ses usagers !
La réalité pédagogique décrite est celle d’un lycée professionnel de Seine- Saint- Denis : ce n’est pas la réalité de l’Education Nationale. L’égalité des chances n’est pas harmonieusement répartie, en effet, sur le territoire de la République. »

Les transgressions et les violences au quotidien.

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Des comportements hors normes scolaires d’élèves, permanents, découragent et usent les professeurs. Sébastien Clerc, en six ans, les a tous vécus : bavardages permanents, disputes, injures, jets d’objets à travers la classe, retraits de chaises, port de casquettes ou usage de MP3, devoirs non faits, manuels perdus, boules puantes, entrées bruyantes en classe d’éléments extérieurs, retards, absences, conversations collectives sur la sexualité, manifestations « crues » d’irrespect, consommation ou trafic de drogues…
Le professeur doit gérer une véritable guerre civile, dans laquelle il ne parvient pas à protéger les premières victimes « les bouffons » (c’est le nom donné aux élèves sérieux par les perturbateurs).
A l’extérieur des cours, les dégradations s’ajoutent aux désordres : tags nombreux, extincteurs vidés, vols divers, particulièrement des matériels informatiques, coups et blessures, fausses alarmes…En 2005, un bâtiment préfabriqué fut incendié.
Le quotidien est stupidement « coûteux » en cours perdus et réparations matérielles.

Les causes du désordre.

Sébastien Clerc pointe successivement la responsabilité des élèves, des parents, des professeurs, des acteurs de la « vie scolaire », des chefs d’établissement, du Ministère, de la Société et appelle à un décloisonnement de la réflexion sur l’état du système éducatif.
Il réfute la seule excuse de la pauvreté pour justifier certains comportements scolairement déviants. Tel élève ne peut acheter un classeur parce que le bourse n’a pas été versée mais « abuse » de l’usage d’un portable…Le patrimoine éducatif est cependant misérable : l’enfant roi, le manque de patience ou d’affection, les violences parentales, les familles décomposées, les parents absents physiquement ou moralement, le chômage, le racisme, les bavures policières, ne sont pas des conditions structurantes. Le laxisme de professeurs, de parents, d’administrateurs, de surveillants pèse sur le lycée. Les limites ne sont pas rigoureusement posées et les écarts ne sont pas traités.
Le système des sanctions est inadapté.
Après plusieurs mises en garde, l’élève reçoit un avertissement transmis à la famille. Un second avertissement peut suivre ainsi qu’un troisième, tous avertissements annulés après un an. Entre l’avertissement et l’exclusion éventuelle pour faute très grave, il y a le blâme, tellement anachronique qu’il fait rire. Le service de la vie scolaire, débordé, ne transmet pas tous les signalements, les surveillants nullement formés ne s’impliquent qu’inégalement dans leur tâche. L’usage des simples lettres d’excuses n’est pas une réponse adaptée aux situations. Les élèves peuvent donc s’exercer impunément à la guerre d’usure…
Certains professeurs pensent encore que maintenir l’ordre n’est pas leur métier, ils délèguent ainsi leurs problèmes à une administration qui répond par des propos philosophiques superbes mais inopérants. Ces professeurs attendent leur mutation et le renouvellement annuel du corps professoral ne permet pas une action collective suivie. Les titulaires, parfois incompétents, sont privilégiés par rapport aux non- titulaires, même talentueux et aucun correctif n’est apporté à cette situation.
Les syndicats déclenchent des grèves…pour exister !
L’enseignement professionnel n’est pas valorisé.
L’école reçoit l’influence de la société extérieure du zapping opposé à l’effort personnel…

Des solutions.

Sébastien Clair « conceptualise » certaines situations de classe, avant de proposer ses remèdes : Ainsi chaque classe se décompose en trois groupes :
- une infime minorité qui souhaite progresser, surnommée par ses pairs « les bouffons »,
- la minorité des leaders du chahut (un élève sur dix du lycée, mais dont le comportement est ravageur),
- la majorité de la classe, « le ventre mou », qui bascule du bon ou du mauvais côté.

L’enseignant doit apprendre à intervenir, par des mesures de fermeté, à l’instant décisif, pour empêcher tout basculement négatif. Réussir ce défi est un très grand bonheur professionnel et une conquête d’efficacité.
Cette méthode pédagogique pour restaurer l’autorité est développée en particulier, sur le site www.enligne.fr

Tous les acteurs du système sont appelés à entreprendre une démarche de qualité, proche du Kaizen des entreprises japonaises. Le Kaizen consiste à se montrer attentif à tout ce qui n’est pas parfait dans une structure et à réfléchir systématiquement à des solutions. Le perfectionnement permanent transforme peu à peu l’Institution.
Une école des parents devrait être reliée à l’établissement scolaire.
Les professeurs, formés, à la fois, sévères, humains et justes, sont invités à user de l’humour, renforcer les cours d’éducation civique et introduire des cours de politesse. Par une parole claire et percutante, ils posent des règles et ne transigent pas sur leur application.
Les cours préparés, intéressants, structurés à partir d’objectifs utiles et précis, commencent très rapidement pour mettre la pression vers l’effort, et se fondent sur l’obsession d’être compris. Il convient, pour le professeur, de ne jamais perdre son public de vue plus d’une seconde…
Dans un proche avenir, les proviseurs les plus efficaces dirigeraient les lycées difficiles, les professeurs resteraient cinq ans dans un même établissement, afin de stabiliser les projets. Les conseillers d’orientation auraient l’obligation d’être en relation avec les employeurs de la région.
La création d’un bac « chef d’entreprise » introduirait une filière d’excellence dans les lycées professionnels ;
La réduction globale des heures de cours par le passage à des séances de 45 minutes et la réorganisation complète des emplois du temps ne devraient plus être différées.

Observations sur ce livre.

« Sébastien Clerc enseigne dans un lycée très traditionnel. Les modifications dues aux projets d’établissement successifs ne sont pas apparentes. Il n’a pas été aidé par l’Institution mais a tenté de travailler avec bon sens, énergie et passion, semble- t-il.
Il propose d’autres transformations qui existent ou ont existé ailleurs, mais ne le sait pas : les réseaux interne et externe par exemple. Ces réseaux cependant reposent sur des initiatives locales ou individuelles rarement reconnues par le Ministère.
Ainsi, des professeurs ont déjà travaillé en équipe :
- dans les collèges expérimentaux, il y a longtemps, sous la responsabilité de l’Inspecteur Legrand,
- de 1966 à 1976 au collège expérimental audiovisuel Louis Lumière, à Marly le Roi,
- de 1993 à 2002 au collège de Chambourcy…
Des réunions disciplinaires et interdisciplinaires hebdomadaires, payées, conduisaient à la mutualisation des ressources pédagogiques. Les classes fermées (explosives) avaient été remplacées par des groupes mobiles aux effectifs variables. Un élève perturbateur pouvait être invité à changer de groupe : coupé de ses amis, avec un autre professeur de la même matière, il se calmait et ne perdait pas de cours. Sébastien Clerc ne renonce pas à recourir aux exclusions de cours, voire aux exclusions définitives parce que, dit-il, il ne faut pas vouloir sauver tout le monde à tout prix. C’est là une faiblesse, un archaïsme de ses propositions : l’école est obligatoire et « l’inclusion » supplémentaire d’un élève correspond davantage à la mission éducative. Il faut cesser d’exclure.
Des inclusions possibles :
- au Centre de Documentation et d’Information du lycée, avec un travail,
- dans un autre lycée, à partir de conventions d’échanges,
- dans un service communal ou départemental, pour des stages brefs,
- les professeurs et les administrateurs des lycées devraient apprendre l’organisation et l’usage occasionnels de la souplesse de leurs emplois du temps respectifs : une révolution des mentalités.


Un chef d’établissement peut encadrer une retenue avec des élèves atypiques un mercredi après-midi : ainsi les connaîtra- t- il, les mettra- t- il au travail, avec des conseils personnalisés. Il peut aussi sortir de son bureau et se rendre au domicile, sans y entrer, d’un élève trop fréquemment absent, pour y rencontrer la famille sur le pas de la porte. (Cela lui évitera de comptabiliser 100 jours d’absence et d’initier un retrait des allocations familiales !) Un professeur, peut exclure deux élèves de son cours et les envoyer en permanence, à la condition de convoquer ces mêmes élèves, après les cours, un autre jour, pour une mise à niveau, parce que le professeur tient au temps et aux contenus de son enseignement : deux élèves, seuls avec le professeur, dans un lycée presque vide est une situation fortement dissuasive de récidives...et l’information fait, positivement, tache d’huile.
Des Proviseurs et Principaux ont instauré, le jour de la pré- rentrée, en accord avec les professeurs, une politique d’ordre collectif, avec des principes et une organisation :
- secteur précis de responsabilité pour chaque surveillant,
- médiateurs élèves et adultes pour la gestion des conflits,
- slogan de comportement partagé,
- programme annuel de civisme par des intervenants extérieurs (définitions des excès de la liberté d’expression et sanctions, par un avocat père d’élève- assistance des élèves d’un niveau à un procès …)

Tous les proviseurs ne sont pas, confortablement, disciples non éclairés de Rousseau.

Sébastien Clerc, très jeune, reste attaché à la notation. Il propose même une note sur 20, discutable, de comportement. Pourquoi ne préfère-t- il pas les contrôles réguliers individuels ou collectifs des compétences acquises, pour reprendre ensuite, tout simplement, l’enseignement des compétences qui ne le sont pas ? Exact et faux remplaceraient l’échelle de 1 à 20.

Motivé sincèrement par la recherche d’améliorations, ce professeur tente de perpétuer, paradoxalement, sans le vouloir, l’école concurrentielle, celle de la compétition qui humilie inutilement les élèves en difficulté et prépare à cette société capitaliste particulièrement controversée aujourd’hui.

Au secours ! C’est, en effet, par une démarche de qualité de tous les acteurs que l’école sera sauvée ».

Annie Keszey.
www.atelier-idees.org

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23.06.2010

CRACKING ART ET PRECARITE

JUIN 2010. PUTEAUX.                      

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MENTION TRES BIEN.

 La ville de Puteaux a ouvert son épicerie sociale, le 3 juin, rue Gerhard. Ce lieu d’approvisionnement  en produits alimentaires et d’hygiène, local rénové et sobre , accueillera une demi- journée par semaine, le jeudi de 9H à 12 H , les personnes en difficulté, accréditées par un travailleur social, après un entretien sur dossier. Les « demandeurs » se présenteront d’abord au CCAS, créateur de l’épicerie en partenariat avec la Croix- Rouge, au Service Social de la rue Blanche ou au responsable d’une association caritative, après avoir pris un rendez-vous (Informations reçues du Service Social). Pour avoir accès à l’épicerie sociale, il faut être domicilié à Puteaux depuis 5 ans.

 [Centre Communal d’Action Sociale : téléphone 01 46 92 93 10.

 Service Social, 34 Rue Auguste Blanche: téléphone 01 41 38 30 10.]

            Ultérieurement, une ouverture en soirée pourrait être organisée afin d’accueillir les personnes qui travaillent. Provisoirement donc, ces bénéficiaires s’y feront représenter.

            Cette initiative de Madame Le Maire, pourtant très tardive, mérite aujourd’hui la mention TRES BIEN,  parce qu’elle s’adressera d’abord aux putéoliens concernés par le seuil de pauvreté , même si les conditions générales d’acceptation ne sont pas encore diffusées. Les personnes choisiront leurs denrées et les paieront à 10% du prix du marché. C’est un prix très bas : la plupart des épiceries sociales et des épiceries solidaires proposent les aliments entre 50% et 15% (Emmaüs, à Beauvais) des prix courants.

            La déontologie de l’épicerie s’inspire de l’expérience générale acquise par les  responsables publics ou privés de structures comparables, en divers lieux : Toulouse, Amiens, Gagny, Montmagny …A partir d’une aide alimentaire essentielle, le but est de favoriser l’insertion sociale, par des échanges cordiaux, réconfortants, respectueux et des conseils nutritionnels. L’utilisation de l’épicerie, à Puteaux, sera possible, pour chacun, deux fois par semaine pendant un temps déterminé. Ce temps varie ailleurs entre deux et six mois. L’aide, temporaire, se distingue de l’assistanat, puisqu’elle se lie à un projet pour chaque participant.

Ce projet, établi en concertation, a le plus souvent pour but d’affecter les économies réalisées à l’extinction de dettes, à une formation qualifiante, à un achat nécessaire mais impossible à réaliser dans les conditions ordinaires de vie…

           

            Après quelques années d’existence, les épiceries sociales et solidaires s’agrandissent puisque la précarité s’accroît; elles dépassent aussi la seule aide alimentaire pour prendre en charge des problèmes de santé, par exemple, tels que le tabagisme et l’alcoolisme, avec des professionnels aux compétences multiples, nutritionnelles, psychologiques, sanitaires et sociales…

            La précarité ne peut plus « se traiter » à partir de multiples structures cloisonnées et spécialisées : le soutien global, multidimensionnel, est devenu le plus pertinent.

             Nous souhaitons un fonctionnement EXCELLENT au « Grenier des 4 saisons » 

www.atelier-idees.org

Annie Keszey.

 

           

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15.06.2010

FRANCOIS BAYROU CONDAMNE POUR DENI DE DEMOCRATIE

La juge de fonds du TGI de Paris a décidé de donner raison à Hugues R. Débotte, simple militant du MODEM, soutenu dans sa requête par Marie-Thérèse Grange, conseillère départementale du MODEM du Rhône, et Rémy Daillet-Wiesmann, ex-conseiller national, ex-président de la fédération de Haute Garonne, démis de ses fonctions, sur sa requête en demande d’annulation du Conseil National du MODEM du  27/03/2010, pour non respect des statuts, et de la démocratie au sein du « Mouvement Démocrate ». (*)

 déni.jpgLe MODEM est un parti politique régi par la loi 1901, dont les dirigeants ont passé outre les règlements d’application. Ces comportements d’un autre âge ont eu pour effet une hémorragie par vagues successives de milliers de militants.

 François Bayrou et la direction du MODEM ont donc été ainsi sanctionnés pour leur déni de démocratie continuel depuis des mois, dont les effets ont atteint leur paroxysme lors du Conseil National du  27 mars 2010, et pour ne plus rien respecter dans le fonctionnement de base de toute association citoyenne, alors que parti politique est qualifié de « Démocrate ».

 

 

Hugues R. Débotte tient à disposition les éléments de ce dossier via son site internet http://www.huguesdebotte.com et son blog http://huguesdebotte.over-blog.net , ou en lui écrivant à hugues@huguesdebotte.com

 

(*) Le Conseil National incriminé tenu le 27 mars 2010 a Paris n’a pas été convoqué dans les délais minimaux prévus par les statuts ; a été présenté comme une simple réunion politique sans décision statutaire alors que des décisions de cette nature ont été prises ; a été proposé sans ordre du jour décisionnel alors que des décisions ont été prises ; et a été tenu en deux moments totalement juridiquement contestables, à savoir, premièrement, une prétendue réunion du bureau exécutif, qui n’a en fait jamais eu lieu, et deuxièmement, un « conseil national » qui n’a connu aucun compte rendu, qui a été l’objet de décisions statutaires, et pire que tout, où le nombre minimum d’ayant-droits aux votes étaient inférieur à 50%, dont un tiers de ceux-ci, qui ont pris part au vote,  ont été imposés de fait par le Président du MODEM, et présenté comme des « amis », alors qu’ils n’avaient aucune légitimité.

 

 

08.06.2010

LE TRIOMPHE DE LA CUPIDITE

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Extraits.

 

Joseph STIGLITZ, économiste aux prévisions justes, décrypte la crise actuelle d’un capitalisme dévoyé. Il définit les conditions pour créer un nouveau système financier, économique et politique, basé sur un idéal éthique, apte à réduire la fracture entre les nantis  et les autres.

 

            Joseph E. STIGLITZ, économiste américain, Prix Nobel en 2001, est l’un des rares à mettre en garde, depuis plusieurs années, contre la libre circulation des capitaux, la financiarisation du marché et les déréglementations…

            Son dernier livre, de février 2010, « LE TRIOMPHE DE LA CUPIDITE », publié chez « Les Liens qui Libèrent », est un combat d’idées fondé sur une analyse de la « fabrication » de la crise, des responsables, des réponses politiques et des hypothèses quant à l’avenir du monde.

            Dix chapitres structurent cette étude dont le quatrième expose l’une des principales causes directes de la crise : le scandale des prêts hypothécaires américains. La conclusion, à la page 465, envisage deux issues possibles pour l’avenir du monde : l’une, tragique, reconduirait le même système capitaliste dévoyé, l’autre, développée par l’auteur, mettrait à plat les fondements de l’économie mondiale afin de réformer une science économique qui s’est fourvoyée entraînant dans son sillage l’accroissement des inégalités, de la pauvreté, de la crise environnementale et une faillite de la morale.

 

LA FABRICATION DE LA CRISE.

 

            …Marché déréglementé, saturé de liquidités et de taux d’intérêts faibles, bulle planétaire de l’immobilier, hausse astronomique du prêt à risque : le mélange était explosif. Ajoutons les deux déficits des Etats- Unis, le budgétaire et le commercial et l’accumulation correspondante de gigantesques réserves en dollars, en Chine, dans un contexte d’une économie mondiale et il était clair que tout avait affreusement déraillé.

 

LES RESPONSABLES.

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            L’énumération suivante ne reprend que quelques niveaux de responsabilités.

-         Les initiateurs de prêts immobiliers agissant pour les sociétés de crédits hypothécaires, avec la complicité des banques et des agences de notation,

-         Les présidents de la Federal Reserve, Alan Greenspan, puis Ben Bernanke qui n’ont rien régulé,

-         Les dirigeants d’entreprise, par leur gouvernance inadaptée et la mise en œuvre inadéquate des lois de la concurrence,

-         Les investisseurs imparfaitement informés du risque et peu formés aux transactions financières.

 

            Quant à Bush et Obama, ils ont « sauvé » des banques avec l’argent des contribuables (les taxpayers) sans exiger de contreparties !

 

LE SCANDALE DES PRETS HYPOTHECAIRES AMERICAINS.

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            Avant l’arrivée des innovations financières modernes, les banquiers- prêteurs vivaient dans un monde assez simple. Ils évaluaient le risque de crédit, consentaient des prêts à taux fixe, les surveillaient pour vérifier que l’emprunteur dépensait bien l’argent de la façon promise et encaissaient les remboursements avec intérêt. Entre les prêteurs et les emprunteurs existait une relation de confiance : la confiance que l’argent déposé à la banque serait rendu. Les coûts de ces transactions efficientes  étaient faibles. Le profit des banques était constitué par la différence entre les intérêts des emprunteurs et  ceux versés aux  déposants.

            Cependant, en 100 ans, de nombreuses paniques bancaires ont engagé les déposants à se ruer sur les guichets des banques, par peur de ne pas récupérer leur argent…

            Depuis plusieurs décennies, les institutions financières « subprime » d’Amérique ont créé un large éventail de prêts immobiliers dont le but principal était de maximiser, pour les banques, les commissions des transactions. Il s’agissait de soutirer le plus d’argent possible à l’emprunteur. [Les professionnels de ces prêts, cupides, raffolent toujours de ces multiples commissions].

            Pour le prêt hypothécaire à 100%, les banques prêtent 100% de la valeur de la maison, voire davantage. Si le prix de la maison augmente, le propriétaire garde la différence, si le prix diminue, il rend les clés et s’en va. Il ne peut en acquérir une autre sans être alors en défaut de paiement. Plus la maison est grande, plus le gain peut être gros, ainsi de nombreuses familles, financièrement analphabètes et abusées ont-elles investi de l’argent qu’elles ne pouvaient gagner et, tout perdu.

            Le prêt à taux d’appel, avec des taux d’emprunt très bas au départ et qui explosent ensuite ou le prêt « ballon », à coût de départ avantageux mais qui doit être renégocié au bout de 5 ans avec de nouvelles commissions enrichissent les prêteurs et ruinent les emprunteurs. Quant au « prêt menteur », quiconque pouvait l’obtenir sans annoncer ses revenus ou en les surestimant, sans rien prouver, parfois même le banquier se chargeait de ce mensonge. Les acheteurs, incapables d’assumer leur dette, apprenaient parfois, par le premier futur acheteur, que leur maison avait été mise en vente aux enchères par leur banque !

 

 

            Ces formules de prêts, très nombreuses et inventives postulaient toutes que les prix des maisons augmenteraient, alors que c’était déjà une quasi- impossibilité économique à l’époque, elles ignoraient, de plus, l’hypothèse du chômage et la très importante augmentation des taux d’intérêt.

            Pour partager et diversifier  les risques, les banques locales ont « titrisé » les prêts hypothécaires : elles ont regroupé les crédits pour les vendre, avec commissions, en suivant une longue chaîne d’investisseurs  du monde entier. Tout le mécanisme de la titrisation reposait sur la théorie du plus fou : elle supposait qu’il existait des fous à qui l’on pouvait vendre des prêts hypothécaires toxiques et les périlleux morceaux de papier fondés sur eux. L’ignorance ne les empêchait pas de se jeter avidement sur ces titres…et d’importer partout la crise américaine.

           

            Les impacts de ces pratiques prédatrices sur la vie des citoyens sont des cauchemars : la maison de Doris Canales a été menacée de saisie après 13 refinancements en 6 ans. Ces prêts, sans document, étaient versés sur le compte de Doris, à la suite d’un coup de téléphone. 3 millions de propriétaires ont été en défaut de paiement en 2009, 2 millions ont perdu leur maison. Ces nombres vont croître jusqu’en 2012.       

 

 

LA CONCLUSION.

            … Les défauts de notre système financier illustrent des vices généraux de notre système économique, et les vices de notre système économique reflètent des problèmes de fond dans notre société. Nous nous sommes lancés dans les renflouements (des banques) sans avoir une idée claire du type de système financier auquel nous voulions parvenir et le résultat a été déterminé par les mêmes forces politiques qui nous avaient plongés dans le chaos. Nous n’avons pas changé de système politique donc peut-être ne faut-il pas nous en étonner…

            Il est certain que les choses vont changer à cause de la crise. Le retour au monde d’avant crise est exclu….

            Dans certains domaines, les règlementations sont améliorées : il est presque sûr qu’on va limiter les excès du levier. Mais dans d’autres, l’absence de progrès est frappante : on laisse les banques trop- grandes- pour- faire – faillite poursuivre leurs activités à peu près comme avant ; l’usage des dérivés gré à gré, si ruineux pour les contribuables, continue presque sans fléchir ; et les dirigeants reçoivent toujours des primes démesurées. Dans tous ces domaines on prendra des mesures cosmétiques mais très inférieures à ce qu’il faudrait. Sur d’autres points la déréglementation va continuer à bon rythme, aussi scandaleux que cela puisse paraître : sans un sursaut populaire pour l’empêcher, il est clair que les protections fondamentales des investisseurs ordinaires vont être minées par un affaiblissement crucial du Sarbanes- Oxley act, voté au lendemain de l’affaire Enron…

            Sur plusieurs points déterminants, les choses se sont aggravées pendant la crise. Nous avons modifié non seulement nos institutions- en encourageant encore plus de concentration dans la finance- mais les règles même du capitalisme. Nous avons annoncé que pour des institutions privilégiées, il n’y aurait que peu ou pas de discipline de marché. Nous avons créé un ersatz de capitalisme aux règles floues mais aux résultats prévisibles : de futures crises ; des prises de risque inacceptables aux frais de la population…et davantage d’inefficacité. Nous avons fait des discours sur la transparence mais nous avons élargi les possibilités qu’ont les banques de manipuler leurs comptes. Dans les crises précédentes on s’inquiétait de l’aléa moral, des incitations négatives que créent les renflouements ; mais l’échelle de la crise a donné à ce concept un sens nouveau.

            Les règles du jeu ont changé également au niveau mondial…Autrefois, on pouvait éventuellement débattre du degré d’équité des règles du jeu dans la concurrence entre pays développés et moins développés ; aujourd’hui, il ne peut y avoir aucun débat…

            Nous avons vu le danger.

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            Saisirons- nous l’occasion de retrouver l’équilibre entre le marché et l’Etat, entre l’individuel et le collectif, entre l’homme et la nature, entre les moyens et les fins ? Il nous est aujourd’hui possible de créer un nouveau système financier, qui fera ce que les êtres humains attendent d’un système financier ; possible de fonder un nouveau système économique, capable de créer des emplois qui ont un sens, d’assurer un travail décent à tous ceux qui veulent travailler, et où la fracture entre les nantis et les autres se réduira au lieu de s’élargir ; et, possible surtout de créer une société nouvelle, où chacun aura les moyens de réaliser ses aspirations et de vivre au niveau de ses potentialités, où il y aura des citoyens capables d’être à la hauteur d’idéaux et de valeurs partagés, et une collectivité qui traitera notre planète avec le respect qu’à long terme elle va certainement exiger. Toutes ces occasions sont là. Le danger réel, aujourd’hui, est de ne pas les saisir.

 

Images : www. newsweek.com (deux prédateurs, Fannie May et Freddie Mac). Ces deux prédateurs s’adressent à un contribuable : Soyez mignons, retenez- nous quand nous atterrirons !)

                www.seeker 401.wordpress.com

Annie Keszey. www.atelier-idees.org

 

 

04.06.2010

REUSSIR L'ECOLE NUMERIQUE

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            « Réussir l’école numérique » est un rapport de 317 pages, résultat d’une mission parlementaire réalisée,  en équipe, par le député UMP  de la 11ème circonscription des Yvelines, Maire d’Elancourt, Monsieur Jean- Michel Fourgous.

            C’est une synthèse, établie à partir de nombreuses contributions recueillies pendant six mois, en particulier, sur le site www.missionfourgous-tice.fr et qui traite des usages, en milieu éducatif, du tableau numérique interactif, de l’ordinateur, de la visioconférence, de la baladodiffusion, de la classe nomade et de l’espace numérique de travail. L’usage des Technologies d’Information et de Communication en Education (Tice)  motive les élèves, transforme le professeur en médiateur du savoir plutôt qu’en transmetteur. La pédagogie devient individualisée, interactive et collaborative. Cette nouvelle école numérique est urgente à instaurer partout afin d’égaliser les chances et de mieux adapter les élèves à une société numérique en mouvement rapide. 

 

            Diverses bonnes pratiques (ordinateurs individuels des Landes, écoles élémentaires d’Elancourt, Lycée de Rambouillet …expériences étrangères) aboutissent, pour les pilotes et l’équipe de cette mission, a 12 propositions et 70 mesures pour réinventer l’Education Nationale, la rendre plus juste, plus efficiente, plus adaptatrice.

Un résumé du rapport, de 16 pages,  accessible sur le site www.reussirlecolenumerique.fr, énumère, en particulier, les 12 propositions.

Le rapport complet, très dense, qui présente les 70 mesures, y est également publié.

 

Les 12 propositions de la mission de Jean- Michel Fourgous.

1. Connecter et équiper les écoles en numérique.

Notamment :

4 connecter en haut débit 100% des établissements scolaires (mesure n° 1) et les équiper de tableaux numériques interactifs (mesure n° 2)

2. Former les enseignants et les cadres pour transformer les pratiques.

Notamment :

4 introduire une épreuve mesurant les connaissances et les savoir-faire des candidats, dans le domaine des Tice, à chaque concours de recrutement des personnels (mesure n° 4)

4 affecter 20 % des crédits formation de l’Éducation nationale pour former à l’utilisation des outils du numérique, avec une priorité sur les nouveaux enseignants et les cadres (mesure n° 6)

4 former, avant fin 2010, 6 000 « ambassadeurs du numérique » dotés d’un ordinateur professionnel équipé (mesure n° 7)

4 créer un site d’aide en ligne national « Aidotice » pour tous les enseignants, animé par un réseau professionnel (mesure n° 11)

3. Faciliter l’utilisation des ressources numériques. Créer de nouveaux supports interactifs et des manuels numériques innovants.

Notamment :

4 créer dans le système juridique du droit d’auteur, une exception pédagogique facilitatrice et durable (mesure n° 14)

4 abaisser la TVA à 5,5% pour le numérique pédagogique (mesure n° 15)

4 mettre en place un « chéquier ressources numériques » pour les établissements scolaires (mesure n° 16)

4 rendre obligatoire, pour 2011, la publication bimédia de chaque ouvrage pédagogique et éducatif (mesure n° 19)

4 mettre en place un fonds de développement et investir massivement dans la production de nouvelles ressources (éditeurs privés, CNED, réseau Scérén,...) (mesure n° 22)

4. Développer les espaces numériques de travail.

Notamment :

4 développer un ENT spécifique pour le premier degré aux fonctionnalités adaptées, en particulier cahier de textes, et de liaison, pour la relation école- familles (mesure n° 27)

5. Généraliser les équipements pour l’apprentissage des langues et des sciences expérimentales.

Notamment :

4 généraliser la baladodiffusion et la visioconférence pour favoriser la pratique orale des langues (mesure n° 28)

4 encourager le développement des outils et supports numériques dans les sciences expérimentales pour l’orientation vers les métiers scientifiques et techniques et préparer aux métiers du futur (mesure n° 29)

6. Préparer aux métiers de demain en développant la culture de l’informatique et des outils numériques.66

Notamment :

4 développer l’apprentissage du clavier en primaire (mesure n° 31)

4 créer des modules facultatifs et progressifs « informatique et société du numérique » pour le collège et le lycée (mesure n° 32)

7. Développer la créativité, l’autonomie et la confiance en soi par les outils numériques pour mieux réussir l’école.

Notamment :

4 réaliser, dans les écoles, des espaces de création graphique et audio-visuelle par le numérique (Créatice) avec un équipement adapté (ordinateurs, logiciels, appareils photo numériques et caméscopes) (mesure n° 37)

8. Eduquer au numérique pour responsabiliser les élèves et les adultes face aux enjeux de la société numérique.

Notamment :

4 créer pour chaque élève un « Parcours de Culture de l’Information et de

Formation à l’Information » (PaCIFI) pour favoriser son entrée vers le supérieur (mesure n° 42)

4 créer dans chaque lycée un espace numérique de communication, réseau social de co-éducation et d’aide pour les lycéens (mesure n° 43)

9. Prolonger le temps de l’école par le numérique et favoriser l’égalité des chances et la réussite scolaire.

Notamment :

4 faciliter au domicile l’accès aux services en ligne de soutien et d’accompagnement scolaire (privé et public) par une exonération fiscale (mesure n° 49)

4 mettre en place un plan « ordinateur personnel » pour les lycéens, avec des prêts à taux zéro et une aide particulière aux élèves boursiers (mesure n° 51)

10. Renforcer l’autonomie des établissements scolaires pour développer les services numériques et l’éco- citoyenneté.

Notamment :

4 intensifier la formation des chefs d’établissement au management et à la conduite du changement, au pilotage du projet numérique et au leadership pédagogique (mesure n° 53)

4 créer un label « éducation numérique » pour les établissements scolaires (circonscriptions, collèges, lycées) témoignant de leur niveau d’implication (mesure n° 55)

11. Mieux piloter le numérique à l’école.

Notamment :

4 créer une structure nationale mixte collectivités, État, partenaires publics et privés (mesure n° 57) pour impulser, développer et mettre en oeuvre le numérique pédagogique, aider les collectivités locales et accompagner la recherche-développement (mesure n° 59)

4 créer un centre de recherche en ingénierie pédagogique (en lien avec une pépinière d’entreprises et de laboratoires de recherche) (mesure n° 63)

4 faire bénéficier d’un crédit impôt recherche dans le secteur innovant aux entreprises de services Tice (mesure n° 64)

12. Médiatiser les enjeux du numérique en valorisant le travail des enseignants.

Notamment :

4démontrer l’apport des outils numériques dans le traitement de l’égalité des chances en créant un « train de l’école numérique » (mesure n° 68)

           

            Ce rapport, officiel, a été remis au Ministre de l’Education Nationale.

            Les mesures sont concrètes, majoritairement très sérieuses et relèvent autant des bonnes pratiques que du bon sens en éducation. Elles rectifient (en théorie pour l’instant) les graves dysfonctionnements du système tels que l’absence de pilotage, le retrait des chefs d’établissement quant à la pédagogie, le volontariat sur lequel repose la nécessaire formation continue des personnels, l’ennui scolaire …

            Cette proposition de métamorphose numérique globale de l’Education Nationale (matériels, coûts, formations, contenus, pilotages, évolution, évaluations) prendra beaucoup de temps pour transformer en profondeur les pratiques professionnelles dominantes.

            Toutes ces mesures ne pourront être mises en place : plusieurs sont utopiques, d’autres  s’opposent aux mentalités traditionnelles, ancrées, des fonctionnaires de l’Education ou à l’idéologie majoritaire d’un milieu méfiant quant aux évolutions de l’école « publique ». En politique, l’appartenance de l’auteur du rapport à la droite politique génèrera des critiques sensées et d’autres convenues, par habitude …

            Pourtant, la transformation de l’école est urgente et impérative.

            Le Recteur de l’Académie de Versailles, le Directeur et le Directeur- Adjoint du Centre Régional de Documentation Pédagogique, deux Maires- Adjoints et deux Directeurs de Services de la Mairie d’ Elancourt, un professeur agrégé de Sciences et Vie de la Terre ont collaboré étroitement à cet important travail.

 

            Image : www.cms.ac-martinique.fr

            Annie Keszey

            www.atelier-idees.org

 

 

 

 

 

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