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09/09/2010

LE CAMP D'INTERNEMENT DE TSIGANES DE MONTREUIL- BELLAY, EN FRANCE.

1940-1945.                   

            « Le camp, administré par la préfecture du Maine- et- Loire et gardé par la gendarmerie était organisé sur le modèle si typique de l'administration française, mélange d'ignominie, de corruption et de laisser-faire.          

             Le camp d’internement de Tsiganes de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire, France), le plus grand, fut ouvert le 8 novembre 1941, conséquence directe du décret signé le 6 avril 1940 par Albert Lebrun, dernier président de la 3ème République. Il était destiné à rassembler  tous individus sans domicile fixe, nomades et forains, ayant le « type romani».

            « Type romani » signe le caractère raciste de la mesure.

             Manouches, Gitans, Roms, Sintis... ces Tsiganes, par familles entières, venaient d’une multitude de petits camps ouverts en France dès 1940.

            Ce 8 novembre 1941, ils étaient 250, transférés du camp de la Morellerie (commune d’Avrillé-les-Ponceaux en Indre-et-Loire). Le 2 décembre, en arrivaient 213 nouveaux interceptés dans les trois départements de la Bretagne de l’Ouest. Pour ne citer que les entrées les plus importantes : 756 du camp de Mulsanne (Sarthe) le 3 août 1942, dont quelque 80 clochards raflés à Nantes qui moururent tous cette même année ; 56 du camp de Rennes, le 5 août ; 304 du camp de Poitiers (Vienne), le 27 décembre 1943. L’effectif maximum fut atteint en août 1942 avec 1096 internés…

            Entre 2500 et 3000 personnes vécurent dans ce camp.

            La famine, de 1941 à 1943 surtout, fut la cause principale des décès.

            Un 10 novembre par exemple, le menu du déjeuner et du dîner se composait d’une soupe de choux pommés et de navets suivie de légumes : des choux pommés et des navets.

            Les internés cuisaient des hérissons et des oiseaux.

            La médecine fut particulièrement défaillante  

            Ont été successivement victimes de ce camp de Montreuil-Bellay tout au long du conflit : outre des Tsiganes (appelés alors "nomades"), des Républicains espagnols, des soldats français, des civils du Commonwealth, des clochards nantais, des collaborateurs locaux, des Russes "blancs", des civils allemands (essentiellement des femmes) et des Hollandaises ayant épousé des nazis. ..

            La Congrégation des Franciscaines Missionnaires de Marie, de Paris, et particulièrement soeur Odile, ont, pendant quatre années, partagé volontairement la vie des internés, et logeaient dans un baraquement à l'intérieur de l'enceinte de barbelés électrifiés. 

            En juillet 1944, les Tsiganes furent déplacés dans un second lotissement du camp  bombardé par les Alliés parce que les internés fabriquaient des filets de camouflage pour l’ennemi.

            Les Tsiganes réintégrèrent les baraquements du camp principal début octobre 1944. Si, pour les Angevins, la Libération avait brisé les chaînes de l'occupation, pour eux, la guerre n'était pas terminée, et ils ne quittèrent Montreuil que le 16 janvier 1945...pour être expédiés sans autre forme de procès dans ces autres camps de Jargeau et d'Angoulême où certains restèrent jusqu'en juin... 1946 !

             Le 22 octobre 1946, toutes les installations, sauf la prison, une cave souterraine d'une ferme qui avait brûlé au début du siècle, furent vendues aux enchères par les Domaines.
Restent aujourd'hui quelques ruines de marches et de fondations, et une stèle dont la plaque commémorative, ne dit rien, ou si peu, de toutes ces souffrances si longtemps occultées et non encore toutes reconnues ni assumées».

Un camp sauvé de l'oubli.

            Jacques Sigot, instituteur à Montreuil, a exercé, seul, pendant trente ans le « devoir de mémoire », pour empêcher la disparition de cette page d’histoire oubliée. C’est à lui que l’on doit les connaissances reconstituées sur le camp et les photographies.

            « En effet, ce camp, comme tous les innombrables autres en France qui avaient interné des Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale, était tombé dans l'oubli.

            Pour faire ériger la stèle commémorative sur le site, la première pour un tel camp, Jacques Sigot fut secondé par Jean-Louis Bauer, dit Polouche, interné à Montreuil à 12 ans, après avoir connu Mérignac (Gironde) et Poitiers (Vienne) et avant d'être transféré à Jargeau (Loiret) qu'il ne quitta que le 23 décembre 1945. Cette stèle a été apposée à leurs frais. »

  La stèle, la vue de vestiges du camp, aujourd'hui. Le camp de 1941à 1945.Photos Jacques Sigot.

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Par arrêté du 8/07/2010, transmis à Jacques Sigot le 29/07/2010, par la Direction régionale des affaires culturelles de la Préfecture de la Région des Pays de Loire, les vestiges de l’ancien camp d’internement des Tsiganes de Montreuil- Bellay ont été inscrits au titre des monuments historiques.

            Les vestiges sont ceux de la prison, du réfectoire, de l’école, de l’infirmerie, des sanitaires collectifs, des logements.

           

            Juillet 2010 ? Une coïncidence.

 

            Par son travail patient de citoyen « résistant », un instituteur a convaincu l’Etat de ne pas renoncer à son devoir de mémoire.

 

(Sources : jacques-sigot.blogspot.com

memoire.du.camp.free.fr:site de l’association Les amis de la mémoire du camp tsigane (AMTC)

www.ajpn.org

 www.cheminsdememoire.gouv.fr)

Les photographies sont de Jacques Sigot).

 

Annie Keszey.

www.atelier-idees.org

 

 

 

 

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