Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/09/2010

GENS DU VOYAGE. VOCABULAIRE POUR TENTER DE PENSER JUSTE

 Atsingano, Bohémien, Egyptien, Gens du voyage, Gitan, Gitano, Gyftos, Gypsy, Kalé, Manouche, Rom (ou Rrom), Romanichel, Sinti, Tsigane (ou Tzigane), Yéniche, Zingeuner, Zingaro. Chib Romani, kalo.

             ce jour 001.jpg

 Rom vient du mot Rrom, en langue romani qui signifie « homme » au sens d’être humain. Les Roms sont un peuple parti du nord de l’Inde vers l’an 1000 après Jésus Christ : leur  langue a des composantes sanskrites, arméniennes, grecques, indiennes...

Ils entrèrent, pour une partie d’entre eux, en Europe, au 14ème siècle, depuis la Turquie et s’installèrent dans l’Empire byzantin où ils furent appelés Atsinganos puis Tsigane, Zigeuner en allemand et Zingano en italien.  

 « Les Tsiganes ne forment pas du tout un groupe homogène. Ceux qui se sont implantés dans les Pyrénées pendant une longue période ont plutôt rencontré là-bas des situations culturelles ou climatiques assez différentes de ce que pouvaient rencontrer leurs lointains cousins en Alsace ou en Lorraine. Forcément, ces rencontres dans la longue durée, avec des populations différentes, transforment inévitablement les gens et les singularisent les uns par rapport aux autres. En admettant qu’au départ les Tsiganes aient pu constituer un groupe homogène ou, à tout le moins, qu’ils aient pu provenir d’une même région, par la force des choses, les rapports avec les sociétés rencontrées, ils se distinguent peu à peu les uns des autres. En fait, plusieurs groupes sont aujourd’hui à prendre en considération. On parle de Manouches, de Gitans, de Roms, on parle également de Yénishes, on parle de Voyageurs, on évoque l’existence de Sinti ou Sinté, autant de termes qui trahissent en fait des origines et des parcours divers.

 “ Tsigane ” est un terme de la langue grecque, pas un terme propre à la langue tsigane. Il désigne une secte religieuse du Moyen Âge dont les membres estiment impur tout contact avec les non-croyants. Cette secte exprimait sa religion à travers des manifestations culturelles liées à la musique et à la danse. Ceux qui vont être appelés Tsiganes, sont des gens qui, à l’époque, ne sont pas nécessairement membres de cette secte. Mais, parce qu’ils sont eux-mêmes musiciens et danseurs professionnels, parce que eux-mêmes pratiquent des activités liées à la divination, et parce qu’ils sont “ étrangers ”, ils seront assimilés à ces derniers. Quoi qu’il en soit, ces Tsiganes venus de l’Inde, ne composent pas du tout une population marginale. Un historien byzantin en parle comme étant l’une des huit grandes populations de l’Empire byzantin ».

 

 Parce qu’ils exerçaient les métiers de chaudronniers et de ferronniers, ils furent appelés Gyftos,  Ejiptanos ( à partir de la petite Egypte, région du Péloponnèse) puis gitanos en espagnol, gitans et égyptiens en Français, gypsies en anglais.       

 

 L’Empereur Sigismond, de la Bohême, en particulier, au 15ème siècle, leur accorda un passeport de circulation en Europe : Ils devinrent ainsi des Bohémiens.

 

« Dans le courant du XIXe siècle, après l’épopée napoléonienne, les routes sont fréquentées par toute une série de groupes tsiganes. Les mouvements que l’on discerne sont à l’origine du peuplement contemporain de la France par les Tsiganes.

tresors.jpg Les Manouches viennent de l’Alsace et de la Lorraine. Ils se sont cachés longtemps dans les Vosges du Nord. Cachés ou cachés à- demi, en ce sens que s’ils sont très mal perçus par les autorités départementales et l’appareil d’État, ils sont plutôt bien intégrés dans les petits villages tels que Lemberg, Baerenthal, Reipertswiller, Wingen, Wimmenau, etc. Là, il y a des familles de Tsiganes dont le chef est parfois qualifié de Bourgeois. Ainsi, par exemple, un Jean D., à l’origine d’une très grosse famille de musiciens actuellement dans le sud de la France, ce Jean D. est appelé Bourgeois, Égyptien et Musicien du village de Baerenthal. Ce sont des gens qui , pour la plupart, habitent – non pas en marge des villages, il y en a qui sont en marge, mais la plupart sont dans les villages – dans des maisons en dur, et en fait ils sont intégrés à l’économie agraire locale. On a des familles qui, à l’époque, s’incrustent près de cinq générations de suite dans le même village. Ainsi, par exemple, à Reipertswiller, la famille Hoffmann. Parmi ces Manouches, il y a des gens qui entretiennent un rapport très particulier au voyage. Ils suivent des itinéraires. Certains de ces itinéraires les poussent vers la Hollande, d’autres itinéraires les amènent vers Lille ou vers la Normandie. Peu à peu, certains itinéraires leur permettent d’aborder le Bordelais. Du Bordelais, il va y avoir un mouvement vers l’Espagne. De l’Espagne, certains Manouches vont aller jusqu’en Argentine, revenir en Espagne, puis de l’Espagne, revenir vers la France. D’autres vont aller en Italie. Vous avez donc, au départ de l’Alsace-Lorraine, ce groupe des Manouches qui a été façonné culturellement au contact des Alsaciens et des Lorrains pendant des siècles et imprégné de culture germanique, qui reprend le voyage et s’étend un peu partout en France, voire bien au delà. En Savoie et Haute-Savoie, vous avez également le retour au voyage de toute une série de groupes qui s’étaient sédentarisés dans la région. Certains sont colporteurs, vanniers, d’autres déploient des activités de cirque »*.           

 

Manouche vient du sanskrit : « homme ».     

 

Même situation de la part des Gitans, qui vivaient en Catalogne dans les Pyrénées et qui reprennent le voyage en suivant les foires et notamment les foires aux chevaux du Midi de la France. Certains d’entre eux, plutôt que de prendre un itinéraire qui les mène de Perpignan à Avignon, vont plutôt monter sur Toulouse puis, de Toulouse sur la Normandie, et de là jusqu’à Lille. Vous avez donc, tout à coup, des gens qui se trouvent à Lille, dans les Flandres, et qui ont été transformés au fil des siècles par leur contact avec les populations catalanes ou hispaniques. Cela amène une “ étrangéité ” dans une région qui ne les voyait pas. Ce sont, d’une certaine manière, les premiers migrants d’une ère industrielle qui n’en est alors qu’à ses premiers balbutiements. Ce sont des migrants qui ne s’intègrent pas nécessairement aux modes de vie locale, mais qui “ butinent ” dans leur contact avec les populations locales.  

 « Il faut y ajouter une population qu’on appelle Yénishe et qui provient, pour l’essentiel de l’Alsace-Lorraine, mais également de Suisse et de l’Allemagne rhénane. Elle est constituée plutôt de paysans qui tentent d’échapper par le voyage, fût-ce seulement une partie de l’année, à une paupérisation croissante induite par les grandes crises économiques qui ont touché le monde paysan au XIXe siècle. Une partie de ces paysans nouvellement voyageurs entre dans l’univers tsigane en se mariant notamment avec des femmes manouches, ou des hommes manouches. Il en ressort une population métissée qui, aujourd’hui, se trouve un peu partout en France, qui a plutôt tendance à vivre comme les autres Tsiganes manouches, mais qui est plus portée que les autres Manouches à s’unir avec des populations sédentaires, souvent des populations marginales. De nouveau, c’est donc un univers foncièrement différencié qui s’installe en France »*…

 

Alain Reyniers*, directeur de la revue Etudes Tsiganes, anthropologue de l’Université de  Louvain- La – Neuve, en Belgique.

            http://www.lau.cnrs.fr

La loi du 16/07/1912, en France, répressive, a créé un statut collectif d’enregistrement : le carnet anthropométrique qui concerne tout individu réputé nomade, romanichels et vagabonds ethniques. C’était un énorme dossier du « monstre administratif de l’état français » que le chef de famille devait faire viser à chaque déplacement.

 Art. 8 de la loi. Le carnet anthropométrique porte les noms et prénoms, ainsi que les surnoms sous lesquels le nomade est connu, l'indication du pays d'origine, la date et le lieu de naissance, ainsi que toutes les mentions de nature à établir son identité.
Il doit, en outre, recevoir le signalement anthropométrique qui indique notamment la hauteur de la taille, celle du buste, l'envergure, la longueur et la largeur de la tête, le diamètre bizygomatique
(?), la longueur de l'oreille droite, la longueur des doigts médius et auriculaires gauches, celle de la coudée gauche, celle du pied gauche, la couleur des yeux : des cases sont réservées pour les empreintes digitales et pour les deux photographies (profil et face) du porteur.

Tout carnet anthropométrique porte un numéro d'ordre et la date de délivrance. Il n'est pas établi de carnet d'identité pour les enfants qui n’ont pas treize ans révolus

Art. 9. Indépendamment du carnet anthropométrique d'identité, obligatoire pour tout nomade, le chef de famille ou de groupe doit être muni d'un carnet collectif concernant toutes les personnes rattachées au chef de famille par des liens de droit ou comprises, en fait, dans le groupe voyageant avec le chef de famille. Ce carnet collectif, qui est délivré en même temps que   le carnet anthropométrique individuel contient: 
1°) L'énumération de toutes les personnes constituant la famille ou le groupe et l'indication, au fur et à mesure qu'elles se produisent, des modifications apportées à la constitution de la famille ou du groupe.
2°) L'état civil et le signalement de toutes les personnes accompagnant le chef de famille ou de groupe, avec l'indication des liens de droit ou de parenté le rattachant à chacune de ces personnes;
3°) La mention des actes de naissance, de mariage, de divorce et de décès des personnes ci-dessus visées;
4°) Le numéro de la plaque de contrôle spécial décrit à l'article 14 du présent décret;
5°) Les empreintes digitales des enfants qui n'ont pas treize ans révolus;
6°) La description des véhicules employés par la famille ou le groupe;
Le carnet collectif indique les numéros d'ordre des carnets anthropométriques délivrés à chacun des membres de la famille ou du groupe.

           

D’autres articles de la loi précèdent et suivent ! ( www.filsduvent.kazeo.com) Romanichel vient du romani : « groupe d’hommes ». Sinti viendrait de Sind, la rivière qui a donné son nom à la province d’origine des Roms : Sindh. 

Les Manouches et les Sintis, population rom de pays germanophobes, furent exterminés, à 90%, dans les camps nazis lors de la guerre 1939- 1945.

 

En 1969, le terme de gens du voyage est adopté par la France où les marquages ethniques sont interdits par la loi. Leur carnet de circulation doit être visé tous les 3 mois.

En 2010, les gens du voyage, ne sont pas majoritairement Roms : ceux qui le sont ont des nationalités diverses, dont la nationalité française.  

 

            En 1970, les intellectuels de l’Union Romani, issus du bloc soviétique, créent un mouvement politique international et choisissent le terme unique de Rom pour toutes les communautés tsiganes d’Europe. Les Gitanos refusent « Rom » et se disent Kalé. Ils parlent le kalo, une loi espagnole punissant de la mutilation de la langue le fait de parler romani.

           

 

 L’économie des Roms.

 Traditionnellement, les Roms vendaient à des non- Roms : les Gadgé.

La mondialisation et la disparition de petits métiers ont contraint les Roms à s’adapter.

« Ils achètent des jeans en Turquie et les revendent en Roumanie. En Roumanie, ils font de la brocante, ils vont chercher chez les paysans toutes sortes d’ustensiles dont les paysans se débarrassent. Ces ustensiles, ces meubles, ces vieux vêtements paysans, sont revendus à des occidentaux, principalement à des Allemands. Vous avez des Tsiganes qui vont en Belgique acheter des tapis dans la région de Courtrai où les tapis sont très rapidement démarqués s’ils présentent quelques défauts. Les Tsiganes les achètent et les revendent à un prix intermédiaire, en France par exemple. Donc, de la distance, du déplacement. Du déplacement, vous pouvez tirer une richesse par le fait même du déplacement.

 

D’un autre côté, beaucoup de Tsiganes en France vivent comme une classe moyenne, en tant que marchands forains. C’est un débouché qui reste fort aujourd’hui. Vous en avez d’autres qui sont ferrailleurs…

 

 Vous avez, en France même, un cardiologue tsigane de réputation internationale, vous avez des avocats tsiganes, des commissaires de police(plutôt dans le Midi de la France, parce qu’effectivement, les Gitans ont vécu une autre modalité d’insertion que les Manouches d’ici). Le devenir de cette population n’est donc pas dessiné, mais il est probablement multiple comme cette population l’a toujours été. Il y aura des formes d’insertion, il y aura le maintien de modalités, au niveau de l’existence notamment, comme l’habitat en caravane, même si on bouge moins»*…            

 

Les Roms seraient environ 12 millions dans le monde dont  7 à 8 millions en Europe. Les statistiques sont imprécises puisqu’il n’y a pas de statistiques ethniques (en théorie du moins, le fichier GASPARD, de la police nationale, serait à consulter) !

Les Roms sont en Amérique du nord et du sud, en Australie, en Turquie, en Iran, en Europe. 

Les Roms ne sont pas à confondre avec les Roumains : ils vivent, certes, en Roumanie (2.4 millions) mais aussi en Serbie, au Montenegro, en Hongrie, Grèce, Macédoine, Allemagne, Albanie, Italie, Portugal, Biélorussie, Suisse, Pays- Bas, Bosnie, Croatie, Autriche, Belgique, Suède… .

 

95% des Roms sont sédentaires depuis le 16ème siècle. 

L’Histoire des Roms est violente, marquée par des tourments administratifs, des mutilations, internements, expulsions, dispersions, persécutions et extermination de collectifs, à partir de stéréotypes et de préjugés nombreux et erronés qui les stigmatisent.

Leur identité culturelle composite, ignorée, n’est jamais enseignée dans les écoles.

Les responsables politiques compréhensifs, fraternels et talentueux furent et sont rarissimes. La grande majorité des gouvernements européens reste  incapable de penser une intégration spécifique bilingue et transnationale.

 

« Ils sont les fils du vent, les charretiers de la liberté, les voyelles de l’ insoumission… » (Extrait de Tsiganes, de Jan Yoors) 

 

Sources : Alain Reyniers, directeur de la revue Etudes Tsiganes, anthropologue  belge.

Jan Yoors, auteur de « Tsiganes ».

Henriette Asséo, historienne, professeur à l’école des Hautes Etudes en Sciences Sociales.

Encyclopædia Universalis. Marcel Courthiade.

 Le Monde.

 

www.maitre-eolas.fr 

 

www.atelier-idees.org

 

Annie Keszey.  

pelerinage.jpg

22:34 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rom, gens du voyage, tsigane, manouche, gitan, expulsion, populisme, politique sécuritaire | | |  Facebook

09/09/2010

LE CAMP D'INTERNEMENT DE TSIGANES DE MONTREUIL- BELLAY, EN FRANCE.

1940-1945.                   

            « Le camp, administré par la préfecture du Maine- et- Loire et gardé par la gendarmerie était organisé sur le modèle si typique de l'administration française, mélange d'ignominie, de corruption et de laisser-faire.          

             Le camp d’internement de Tsiganes de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire, France), le plus grand, fut ouvert le 8 novembre 1941, conséquence directe du décret signé le 6 avril 1940 par Albert Lebrun, dernier président de la 3ème République. Il était destiné à rassembler  tous individus sans domicile fixe, nomades et forains, ayant le « type romani».

            « Type romani » signe le caractère raciste de la mesure.

             Manouches, Gitans, Roms, Sintis... ces Tsiganes, par familles entières, venaient d’une multitude de petits camps ouverts en France dès 1940.

            Ce 8 novembre 1941, ils étaient 250, transférés du camp de la Morellerie (commune d’Avrillé-les-Ponceaux en Indre-et-Loire). Le 2 décembre, en arrivaient 213 nouveaux interceptés dans les trois départements de la Bretagne de l’Ouest. Pour ne citer que les entrées les plus importantes : 756 du camp de Mulsanne (Sarthe) le 3 août 1942, dont quelque 80 clochards raflés à Nantes qui moururent tous cette même année ; 56 du camp de Rennes, le 5 août ; 304 du camp de Poitiers (Vienne), le 27 décembre 1943. L’effectif maximum fut atteint en août 1942 avec 1096 internés…

            Entre 2500 et 3000 personnes vécurent dans ce camp.

            La famine, de 1941 à 1943 surtout, fut la cause principale des décès.

            Un 10 novembre par exemple, le menu du déjeuner et du dîner se composait d’une soupe de choux pommés et de navets suivie de légumes : des choux pommés et des navets.

            Les internés cuisaient des hérissons et des oiseaux.

            La médecine fut particulièrement défaillante  

            Ont été successivement victimes de ce camp de Montreuil-Bellay tout au long du conflit : outre des Tsiganes (appelés alors "nomades"), des Républicains espagnols, des soldats français, des civils du Commonwealth, des clochards nantais, des collaborateurs locaux, des Russes "blancs", des civils allemands (essentiellement des femmes) et des Hollandaises ayant épousé des nazis. ..

            La Congrégation des Franciscaines Missionnaires de Marie, de Paris, et particulièrement soeur Odile, ont, pendant quatre années, partagé volontairement la vie des internés, et logeaient dans un baraquement à l'intérieur de l'enceinte de barbelés électrifiés. 

            En juillet 1944, les Tsiganes furent déplacés dans un second lotissement du camp  bombardé par les Alliés parce que les internés fabriquaient des filets de camouflage pour l’ennemi.

            Les Tsiganes réintégrèrent les baraquements du camp principal début octobre 1944. Si, pour les Angevins, la Libération avait brisé les chaînes de l'occupation, pour eux, la guerre n'était pas terminée, et ils ne quittèrent Montreuil que le 16 janvier 1945...pour être expédiés sans autre forme de procès dans ces autres camps de Jargeau et d'Angoulême où certains restèrent jusqu'en juin... 1946 !

             Le 22 octobre 1946, toutes les installations, sauf la prison, une cave souterraine d'une ferme qui avait brûlé au début du siècle, furent vendues aux enchères par les Domaines.
Restent aujourd'hui quelques ruines de marches et de fondations, et une stèle dont la plaque commémorative, ne dit rien, ou si peu, de toutes ces souffrances si longtemps occultées et non encore toutes reconnues ni assumées».

Un camp sauvé de l'oubli.

            Jacques Sigot, instituteur à Montreuil, a exercé, seul, pendant trente ans le « devoir de mémoire », pour empêcher la disparition de cette page d’histoire oubliée. C’est à lui que l’on doit les connaissances reconstituées sur le camp et les photographies.

            « En effet, ce camp, comme tous les innombrables autres en France qui avaient interné des Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale, était tombé dans l'oubli.

            Pour faire ériger la stèle commémorative sur le site, la première pour un tel camp, Jacques Sigot fut secondé par Jean-Louis Bauer, dit Polouche, interné à Montreuil à 12 ans, après avoir connu Mérignac (Gironde) et Poitiers (Vienne) et avant d'être transféré à Jargeau (Loiret) qu'il ne quitta que le 23 décembre 1945. Cette stèle a été apposée à leurs frais. »

  La stèle, la vue de vestiges du camp, aujourd'hui. Le camp de 1941à 1945.Photos Jacques Sigot.

 MONTREUIL BELLAY 2.jpg

 

 

MONTREUIL-bellay 1.jpg

MONTREUIL BELLAY3.jpg

Par arrêté du 8/07/2010, transmis à Jacques Sigot le 29/07/2010, par la Direction régionale des affaires culturelles de la Préfecture de la Région des Pays de Loire, les vestiges de l’ancien camp d’internement des Tsiganes de Montreuil- Bellay ont été inscrits au titre des monuments historiques.

            Les vestiges sont ceux de la prison, du réfectoire, de l’école, de l’infirmerie, des sanitaires collectifs, des logements.

           

            Juillet 2010 ? Une coïncidence.

 

            Par son travail patient de citoyen « résistant », un instituteur a convaincu l’Etat de ne pas renoncer à son devoir de mémoire.

 

(Sources : jacques-sigot.blogspot.com

memoire.du.camp.free.fr:site de l’association Les amis de la mémoire du camp tsigane (AMTC)

www.ajpn.org

 www.cheminsdememoire.gouv.fr)

Les photographies sont de Jacques Sigot).

 

Annie Keszey.

www.atelier-idees.org

 

 

 

 

13:25 | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

05/09/2010

LA REPUBLIQUE EXEMPLAIRE.

JUIN- JUILLET 2010. Les événements sur ce même sujet, d'août et de septembre 2010, seront publiés ultérieurement. 

         Les faits contredisent le discours politique vertueux. La rigueur pour le peuple ne peut s’accommoder de faveurs pour les nantis.

 

christine boutin.jpg

Image Marianne n° 687.

 

 

1. RAPPELS DE FAITS, CONTRE L’OUBLI.

 

            Christine BOUTIN, ministre de la santé, éconduite, a reçu, en compensation, une rémunération de 9500 € nets par mois pour « une mission ». Sous la pression médiatique, elle a renoncé à cette rémunération. Elle garde sa voiture avec chauffeur, ses bureaux et son secrétariat particulier. Cette rémunération s’ajoutait à son indemnité de conseillère régionale de 2605 € bruts et à sa retraite de députée voisine de 6000 €.

            Rama YADE, secrétaire d’Etat aux sports, a dénoncé le prix élevé des chambres de l’hôtel de luxe de l’équipe de France de football, en Afrique du Sud. Mais la chambre d’hôtel qui lui fut réservée avait un prix supérieur!

            Christian BLANC, secrétaire d’Etat au Grand Paris, a dépensé 12000 €, en 10 mois, sur fonds publics, pour ses cigares « havanes ». Il s’est engagé à  rembourser 3500 €, puis 1000 € de plus et a recherché un bouc émissaire dans son environnement proche !

            Alain JOYANDET, secrétaire d’Etat à la coopération, a obtenu un permis de  construire « amical » pour agrandir sa villa provençale, permis d’agrandir auquel il vient de renoncer. Le 22 mars 2010, il avait affrété un jet privé pour une visite éclair aux Antilles. Le coût du déplacement avait été de 116 500 €.

            Fadela AMARA, secrétaire d’Etat à la ville et Christian ESTROSI, ministre de l’industrie, ont prêté leur logement de fonction, qu’ils n’habitent pas, à leur famille. Fadela a, de plus, prêté le cuisinier attribué par l’Etat!

            Eric WOERTH, ministre du travail, au cœur de la négociation sur les retraites, ancien ministre du budget, trésorier de l’U M P, est pris dans la tourmente. Son épouse a géré certains actifs de Liliane BETTENCOURT, héritière de la fortune l’Oréal, soupçonnée d’évasion fiscale. Madame WOERTH vient d’annoncer sa démission de son poste. Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de 17 milliards d’euros  de Liliane BETTENCOURT a été décoré de la légion d’honneur, en janvier 2008 par Eric WOERTH. Le ministre du budget, François BAROIN s’engage à ce que l’administration fiscale examine la totalité des actifs de Liliane BETTENCOURT …

            Six ministres, Roselyne BACHELOT (à la santé), Michèle ALLIOT- MARIE (à la justice), Patrick DEVEDJIAN (à la relance), Michel MERCIER (à l’espace rural), Henri de RAINCOURT (aux relations avec le parlement) et le secrétaire d’Etat Jean Marie BOCKEL ont renoncé à percevoir leur retraite de parlementaire cumulée à leurs rémunérations de membres du gouvernement : Cumul légal cependant! Hubert FALCO et Alain MARLEIX, par exemple, s’étaient dispensés de faire valoir leurs droits à la retraite parlementaire.

 

            Gérard COURTOIS, dans « Le Monde » du 22/06/2010 montre que l’on assiste à un concours de petits arrangements, de prébendes et de cynisme  et cite MONTESQUIEU, toujours d’actualité : « Autrefois le bien des particuliers faisait le trésor public ; mais pour lors, le trésor public devient le patrimoine des particuliers. La République est une dépouille ; et sa force n’est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous ».  

             Le Premier Ministre, François FILLON, tance, au coup par coup et à posteriori, ceux qui se servent plutôt qu’ils ne servent, mais avec une efficacité réduite car l’exemple parfait de l’indécence financière vient du sommet!

           

2. LE NEPOTISME.

         Extrait de Marianne numéro 687 du 19 au 25 juin.

                       

            Une campagne médiatique éphémère contre l’éventualité de l’accession de Jean SARKOZY à la présidence de l’E P A D n’a nullement affecté le népotisme ambiant.

            Ce népotisme a concerné tous les gouvernements, tous les partis politiques, depuis 1789 .

 

            Pierre BACHELOT, fils de Roselyne BACHELOT est employé auprès de sa mère depuis 1994 (assistant parlementaire, conseiller parlementaire…responsable de plaidoyer de la santé dans toutes les politiques publiques). Isabelle BARNIER (femme du commissaire européen) émarge au cabinet de Roselyne BACHELOT.

            Ludivine OLIVE, nièce de Michèle ALLIOT- MARIE, est son chef de cabinet.

            Aurore LONGUET (fille du sénateur Gérard LONGUET) assure la communication du secrétaire d’Etat au commerce Hervé NOVELLI.

            Brigitte LONGUET, ex- femme de Gérard LONGUET, est chargée de mission (non rémunérée). 

            François GUEANT, fils de Claude GUEANT (secrétaire général de l’Elysée) est directeur du cabinet du président des Chambres de commerce

            Olivier MARLEIX, fils d’Alain MARLEIX est conseiller technique sur les questions sociales à l’Elysée, il partage son bureau avec Sébastien VEIL, petit- fils de Simone VEIL.

            La demi- sœur de Carla BRUNI- SARKOZY appartient à la cellule diplomatique de l’Elysée.

            Thomas DEVEDJIAN travaille sous l’autorité de son père Patrick DEVEDJIAN …

 

            « Je vous propose une république fondée sur le mérite » promettait Nicolas SARKOZY en 2007.

 

3. L’EXEMPLE DU PRESIDENT.

        

         Ce régime devait compter 15 ministres au maximum, ils sont aujourd’hui 40, dont 13 femmes !

            Nicolas SARKOZY a fêté son élection au Fouquet’s- Barrière, 5 étoiles. Sur le site

www.fouquets-barriere.com l’on apprend que « le luxe durable, c’est vous, c’est nous : une belle histoire d’amour». Puis, le Président est parti voguer sur le « Paloma », yacht particulièrement luxueux prêté par Vincent BOLLORE (la location de ce bateau de 60 mètres coûte 180 000 € par semaine). Dès sa prise de fonction,  Nicolas SARKOZY a augmenté son salaire de 172 % (21 133 €/ mois, actuellement). C’était son droit!

            L’année 2008 marque un tournant : l’Elysée présente pour la première fois un budget consolidé, intégrant peu à peu l’ensemble des dépenses, et celui- ci est soumis à un contrôle de la Cour des Comptes. C’est un nouveau progrès vers la transparence des comptes « secrets ».

            Ainsi, le Chef de l’Etat devra- t- il rembourser 14 123 € de dépenses privées payées sur fonds publics. La Cour des Comptes s’interroge également sur des achats faits dans un supermarché proche de l’Elysée, en 2008, pour un montant de 17 545 €.

            En 2009, la Cour des Comptes souligne une somme de 3.8 millions d’euros d’études et de sondages, mais l’Elysée et la majorité U M P, s’opposent à la constitution d’une enquête parlementaire. Le 13 juillet et le 14 juillet 2008, un déjeuner et un dîner lors du sommet de l’Union pour la  Méditerranée coûtent 2.3 millions d’euros. En 2009, la réception de l’Elysée, à laquelle 7500 personnes sont invitées coûte 732 826 €. En déplacement à New York, en septembre 2009, l’autre réception pour 4000 invités de la communauté française s’élève à 258 885 €. Les déplacements à l’étranger du chef de l’Etat ont tous des coûts excessifs…Le budget officiel de l’Elysée, de 31 millions d’euros en 2007 est passé à 110 millions d’euros en 2008. La hausse s’est poursuivie en 2009.

            Un article du « Canard enchaîné », de mai 2009, sur le site www.politique.net révèle que les autres ministères continuent de payer, en toute discrétion, des dépenses de la Présidence. « Le coût des meetings tenus par l’Elysée est assuré intégralement par le ministère de l’intérieur. A Saint- Quentin, la préfecture a réglé 100 000 € pour les gradins, les sons, les lumières et le buffet. Le ministère des affaires étrangères a réglé les déplacements du Président, entre juillet et décembre 2009 lors de la Présidence française de l’Union Européenne. »

            Le journaliste allemand Von A.V.SCHONBERG justifie, par une liste de dépenses, le fait que le Roi Soleil (Nicolas SARKOZY) vive comme un dieu, avec sa Madame POMPADOUR :

-         61 voitures, 2 airbus, 6 jets dont le plus récent de 60 millions d’euros a été baptisé « Carla »,

-         1 million d’euros dépensé chaque année en boissons et 280 000 € de fleurs, pour l’appartement privé de 300  m2,

-         1000 employés (2 fois plus que la Reine d’Angleterre), 44 chauffeurs, 87 cuisiniers dans une cuisine ouverte en permanence, pour des repas servis par des laquais…

 

            La réception du 14 juillet 2010 serait annulée par le Chef de L’Etat et le « train de vie de l’Etat » compressé de 10 %. Ces annonces médiatiques, insuffisantes, n’auront pas l’effet apaisant naïvement escompté et ne restaureront pas la légitimité du Pouvoir. La crise a exacerbé la sensibilité des Français aux dérapages de leurs élites et à leurs mensonges.

                       

            « …Je veux être le Président qui va remettre la morale au cœur de la politique. Je veux une démocratie irréprochable. Si l’Etat veut être respecté, il doit être respectable » .C’ était l’engagement pris par Nicolas SARKOZY dans son discours du 14 janvier 2007.    

 

4. L’EQUIPE DE FRANCE DE FOOTBALL ET L’EQUIPE QUI DIRIGE LA FRANCE.        

        

         Ces deux équipes prévaricatrices ont « perdu », l’une en sport, l’autre en économie, battues par des pays émergents.

            C’est la même immaturité qui explique l’insulte de Nicolas ANELKA, entraînant son exclusion de l’équipe de France, et les insultes de Nicolas SARKOZY proférées au salon de l’agriculture ou devant des pêcheurs en colère. Ces invectives, primitives et brutes, signent un manque de sang froid, une incapacité de dialogue et un déficit de « civilisation ».

            La même volonté d’omnipotence de ces 2 équipes, au cœur de cafouillages médiatiques est aujourd’hui démystifiée par la réalité.

 

            Lors de ses vœux du 31/12/2007, Nicolas SARKOZY lança le concept d’une « politique de civilisation » pour re- humaniser la société. Ce projet passait par la rupture: la France devait sortir de l’immobilisme et de la société des avantages acquis.

 

           

            Ces faveurs pour les nantis et la rigueur pour le peuple français (autrefois régicide) sont une perte de sens, un désordre de l’Histoire.  

 

Sources principales : René Dosière, député de l’Aisne, apparenté socialiste, qui traque depuis 2002 les dérives financières des politiques et accroît la transparence, la Cour des Comptes, les journaux « Le Monde », « Le Figaro », « Le Parisien », « Marianne », « Le Canard enchaîné » les sites « mediapart » et « Rue 89 »…

Annie Keszey.

www.atelier-idees.org

22:56 | Lien permanent | Commentaires (2) | | |  Facebook