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24/10/2010

ALTRUISME ET CONCURRENCE

ALTRUISME ET CONCURRENCE.

 

La politique de Bruxelles est stupide.

  

 « …Une question se pose à nous : peut- on aller, par la concurrence, peu à peu, vers l’efficacité? C’est toute la politique de Bruxelles qui est en cause, toute la politique économique des nations du Nord (et du Sud d’ailleurs, avec l’intervention des pompiers pyromanes du Fonds Monétaire International). Une autre façon de poser la question serait : faut- il, par exemple, décentraliser au nom de l’efficacité ? Bien sûr que non.

            Non, car il n’existe pas de théorie économique qui permette de dire qu’en libéralisant petit à petit, on va, pas à pas, vers plus d’efficacité.

            Imaginons qu’un marché parfait existe et qu’on veuille aller vers lui. On peut, petit à petit, souhaiter libéraliser les marchés, celui du travail, des capitaux, puis privatiser, flexibiliser, supprimer les monopoles, mettre des péages là où il n’y en avait pas, bref, on peut souhaiter faire un peu comme l’Europe mais il y a toujours des îlots de non- concurrence, par exemple des monopoles publics. Je ne suis pas tout à fait en concurrence par conséquent mon économie n’est pas tout à fait efficace. Que faire? En tant que commissaire européen à la concurrence, je constate que les monopoles des postes, des transports aériens, du tabac, des alcools, l’exclusivité du service public de l’enseignement, de la santé, représentent autant d’entraves à la concurrence. Alors, démantelons. Que se passe- t- il ?

            …On ne peut aller pas à pas vers la concurrence, car la concurrence est un tout. C’est un résultat destructeur. Privatiser, par exemple, n’a aucune justification économique…

            La libéralisation progressive est une utopie, une pure volonté idéologique, un rêve de bureaucrate ou de fanatique, un calcul économique de puissant, le calcul du renard libre dans le poulailler libre et n’a par là même aucun intérêt pour l’efficacité économique. Mais alors, la politique de Bruxelles ? Elle est stupide, car supprimer un à un les monopoles publics conduit à des situations globalement pires. Vous avez « rationalisé » la poste ? Plus de bureau dans les petits villages, parce que trop coûteux ? Bienvenue à l’émigration vers les villes, à la perte d’efficacité. Vous avez supprimé les petits trains de banlieue, déficitaires, pour ne conserver que les TGV, rentables, concurrence avec le transport aérien oblige ? Bienvenue à la ruine des économies locales, à l’émigration, à l’entassement, à l’utilisation excessive de la voiture, à la pollution et ainsi de suite. Tout se tient, et si vous coupez un fil social, tout risque  d’être pire, voire de tomber.

            Et pourtant, il y a de l’équilibre. Et pourtant, il existe de l’harmonie sociale. Pourquoi ? Parce que subsistent d’autres liens non économiques, évidemment, car les liens économiques livrés à eux- mêmes sont purement destructeurs. On trouve ainsi du lien social, de l’affection, de l’amitié, du lien féodal, de la soumission, de l’altruisme, de la coopération, du don, de la confiance, de la gratuité, de la convention, de la coutume, de la loi…Mais surtout, il y a énormément de gratuité dans les actions humaines…

            L’homme n’est ni cupide, ni généreux, il est les deux. L’économie a réussi à accaparer de nombreux mythes : la liberté (le marché libre), l’égalité (l’égalité des consommateurs, des actionnaires), le bien-être, sans doute, le bonheur.

            Et pourtant, il doit paraître clair que la gratuité et la solidarité font la croissance, l’invention, la richesse malgré la concurrence essentiellement inefficace…

            Le capitalisme n’a pu fonctionner que parce qu’il a hérité de types anthropologiques qu’il n’a pas créés : des juges incorruptibles, des fonctionnaires intègres, des éducateurs qui se consacrent à leur vocation, des ouvriers qui ont une conscience professionnelle…Ces types ne surgissent pas et ne peuvent surgir d’eux-mêmes, ils ont été créés dans des périodes antérieures, par référence à des valeurs consacrées et incontestables : l’honnêteté, le service de l’état, la transmission du savoir… Or, nous vivons dans des sociétés où ces valeurs sont, de notoriété publique, devenues dérisoires, où seuls comptent la quantité d’argent que vous avez empochée, peu importe comment et le nombre de fois où vous êtes apparus à la télévision. Le système marchand ne survit que parce qu’il phagocyte tout ce qui relève de la gratuité et de la solidarité…

 

            Il nous faut démasquer inlassablement les rapports de pouvoir derrière les fausses évidences de l’économie marchande et refuser impitoyablement toutes les fausses lois.

            Mais faisons un rêve : lorsque l’économie et les économistes auront disparu, ou du moins auront rejoint l’arrière- plan, auront aussi disparu le travail sans fin, la servitude volontaire et l’exploitation des humains. Règneront alors l’art, le temps choisi, la liberté. Qui rêvait ainsi ? Keynes, le plus grand des économistes. »

 

Source : Le théorème de Lipsey- Lancaster, exposé par Bernard Maris, dans  son   « Antimanuel  d’Economie », Editions Bréal. Tome 1 : les fourmis.

www.atelier-idees.org

Annie Keszey.

10:55 Publié dans ECONOMIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : concurrence, altruisme, bruxelles, europe, harmonie sociale | | |  Facebook

12/10/2010

POUR EN FINIR AVEC LES CONFLITS D'INTERETS.

Martin Hirsch, éditeur : Parti Pris Stock.

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            « …Ce qui caractérise la période actuelle n’est pas telle ou telle dérive individuelle. Ce n’est pas non plus un hasard de circonstances, ce n’est pas plus un état de corruption généralisé, un flux de malhonnêteté. Non, c’est un manque de boussole et de repères. C’est la zone grise, le flou, les règles à géométrie variable. C’est comme si notre code de la route de la vie publique avait été amputé de quelques panneaux, de quelques éléments signalétiques. On ne sait plus ce qui est de l’ordre du normal ou du déviant, du tolérable ou de l’inacceptable…

            Le conflit d’intérêts, c’est avant tout une contradiction entre son intérêt personnel et l’intérêt collectif que sert le responsable public. Mais cela peut-être également, non plus une contradiction, mais une trop grande convergence entre l’intérêt public et l’intérêt privé…Les deux ingrédients principaux sont l’absence de transparence et l’absence d’indépendance…»

 

            Martin Hirsch est conseiller d’Etat et préside l’agence du service civique. Il fut président d’ Emmaüs France pendant cinq ans et membre du gouvernement entre 2007 et 2010. Les conflits d’intérêts qu’il dénonce ont pu être observés de l’intérieur du Pouvoir.

Si, comme il le dit en conclusion, « la pureté n’existe pas, pas plus que la perfection », la majorité des affaires de conflits d’intérêts qu’il analyse et critique frôle ou se confond avec la corruption active.

            Il décrit les « mortels conflits d’intérêts », les conflits d’intérêts au sommet des entreprises, au Gouvernement et au Parlement.

-         L’affaire du sang contaminé.

-         L’affaire de l’hormone de croissance contaminée.

-         L’affaire de l’amiante non interdite en temps utile.

-         Le rôle  obscur de l’OMS dans l’épidémie annoncée du H1N1 : le bilan de la grippe A, c’est 18 milliards de dollars dépensés dont, entre 7 et 10 milliards de bénéfices pour les fabricants de vaccins.

-         La présence de Michel Pébereau, président de la banque BNP- Paribas, associé à la décision publique du sauvetage des banques, dans la nuit du 29 septembre 2008, à Bercy puis à l’Elysée. Il est le seul banquier présent au moment où se décide l’intervention sur Dexia et Fortis. Deux jours après, BNP- Paribas fait une offre sur Fortis, aboutie un an plus tard ! (BNP- Paribas, d’après Michel Pinçon et Monique Pinçon- Charlot, sociologues, est l’entreprise française la plus présente dans les paradis fiscaux).

-         Le cas d’Henri Proglio, qui reçoit une rémunération double d’environ deux millions d’euros annuels, comme président d’EDF et comme président du conseil de surveillance de Veolia. Jean- Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers qualifie la situation de « baroque ». « Ces deux immenses entreprises que sont EDF et Veolia  peuvent avoir des intérêts divergents ou devoir négocier entre elles…Il y a donc un vendeur et un acheteur…On ne peut pas faire plus pur conflit d’intérêts que celui dans lequel l’acheteur et le vendeur sont rémunérés d’un côté et de l’autre… »

 

-         « Les petits cadeaux (qui) entretiennent les bons conflits. » La Poste, jusqu’en 1990, a offert des timbres rares à certains élus choisis. Ces timbres pouvaient être revendus et rapporter des sommes très élevées à leurs propriétaires. Yves Cousquer, ancien directeur de la poste, évalue à 500 000 €, en quatre ans, ce que ces timbres lui ont rapporté personnellement.

 

            Les exemples sont nombreux, dans divers domaines : Jean- François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale est en même temps avocat d’affaires, très chèrement rémunéré et on ne sait pour quelles affaires…

            Le cas tellement étrange de Messieurs Dassault père et fils, en particulier, malgré  la jurisprudence du Conseil Constitutionnel, celui de Gérard Longuet …ont engagé le Président du Sénat, sur les conseils de Robert Badinter à créer un comité de déontologie…

            Parce que l’auto- discipline ne résiste pas à l’attrait du profit personnel, Martin Hirsch expose des solutions: mesures de prévention, rédaction de lois spécifiques, commission de contrôle, sanctions pour « redonner un sens à l’éthique publique ».

        

 

         Lire son livre, c’est partager une publication progressiste, courageuse et accéder à une nouvelle transparence démocratique.

 

www.atelier-idees.org

Annie Keszey

 

 

02/10/2010

LA CASTE HEREDITAIRE CONFLICTUELLE DE LA FAMILLE CECCALDI- RAYNAUD.

PUTEAUX.

                        

« Je veux que les nominations soient exemplaires », disait Nicolas Sarkozy, en 2007.

 

A six mois des élections cantonales, l’U M P des Hauts- de- Seine a choisi d’accorder son investiture à Vincent Franchi, pour être le candidat de la majorité dans le canton de Puteaux, canton« en or* » comme celui de Neuilly- sur- Seine- Nord    qui fut celui de Nicolas Sarkozy. « Le siège qu’il brigue est aujourd’hui détenu par son  grand- père, Charles Ceccaldi- Raynaud, bien décidé à s’opposer à son petit- fils et  peut-être, à se représenter*… » (*Article de Saïd Marhane, dans « Le Point » du 16/10/2010).

Vincent Franchi, est le 11ème adjoint du Conseil Municipal de Puteaux, « dont le Maire est sa mère * »!

Ce n’est point encore un illustre personnage. Il est jeune et, en conseil municipal, sous le regard inquisiteur de sa maman, il s’exerce à l’usage d’une langue châtiée  pour ses interventions de futur tribun, bien sûr respectueux d’autrui et de l’opposition en particulier !!!

Madame Ceccaldi- Raynaud, fille de Charles Ceccaldi- Raynaud, outre sa charge de Maire qu’elle exerce depuis 2004, est députée de la 6ème circonscription des Hauts- de- Seine après y avoir été la suppléante de Nicolas Sarkozy. Elle est Présidente de l’Etablissement Public d’ Aménagement de La Défense, après le renoncement de Jean Sarkozy, [«  fils de »,  jeune prétendant à la présidence de l’E PAD], à la suite d’une campagne médiatique, éphémère, contre le Népotisme.

Charles Ceccaldi- Raynaud fut Maire de Puteaux de 1969 à 2004, donc pendant 35 ans, Député de 1993 à 1995 puisque suppléant de Nicolas Sarkozy, puis Sénateur des Hauts- de- Seine de 1995 à 2004. Il est actuellement conseiller général de Puteaux.

Lors des élections municipales de 2008, il fut l’un des opposants à sa fille, à laquelle il avait remis le pouvoir de Maire en 2004, pour maladie et qui avait refusé de le lui rendre en 2005. Il n’a pu siéger au conseil municipal en raison d’une règle interdisant que trois membres d’une même famille y siègent en même temps.

 

Ces fonctions familiales sont lucratives.

 

« Le népotisme, c’est la structure interne de la société secrète. Il est ce qui fait que la Nation a cessé d’être démocratique. Il interdit aux uns de s’élever- ceux qui ne sont pas de la famille- et il permet aux autres de tenir les leviers de commande…

Lévi- Strauss vous dirait que c’est de l’endogamie, la manière dont les tribus indiennes sont toutes mortes de consanguinité, les règles de l’échange ne fonctionnant plus…

Le népotisme, c’est l’ultime régression. ». (Article du 17/10/2005 sur le site : www.bulles.agora.eu.org)

 

 « Le népotisme en action est « un népotisme de nouveau riche », celui de Nicolas Sarkozy, qui ne respecte pas le temps de la légitimation, de la légitimité, de l’installation de l’individu dans le champ politique. C’est celui d’un homme politique qui représente la classe dominante avec ses liens, ses réseaux, ses cercles et ses clubs. Il marque une différence avec ce milieu, son appartenance se voit. Il vend la mèche, il donne à voir comment cette classe fonctionne ». C’est un nouveau népotisme, décomplexé.

Une sorte de « préséance nobiliaire » du clan remplace l’intelligence.

(Entretien entre Eric Numes et les deux sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon- Charlot).

 

Vincent Franchi est l’adjoint au Maire, délégué à l’enseignement, à la culture et à la jeunesse. L’égalité des chances est sa mission.

 

« Une personnalité politique ne peut prétendre incarner l’intérêt général si elle ne se détache pas lisiblement, pour tous les citoyens, des intérêts particuliers. L’indifférence tranquille à cette philosophie morale est grave. Elle sape tout sentiment de respect vis- à- vis de l’autorité. » (Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France, créateur de la fondation Saint- Simon et de la République des idées. Propos recueillis par Gérard Courtois: Le Monde.)

www.atelier-idees.org

Annie Keszey.