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28/12/2010

L'ESPRIT DU CAPITALISME ET L'ECOLOGIE

« Au-delà de  l’horreur économique  voici venu le temps d’affirmer, contre les économistes, que l’inutile crée de l’utilité, que la gratuité crée de la richesse, que l’intérêt ne peut exister sans le désintéressement »…

Dans le monde des comptes, il ne faut pas s’en laisser conter ! 

 Bernard Maris nommé «  meilleur économiste », en 1995, est aussi un sociologue, un anthropologue, un romancier, un professeur d’université. Dans son «Antimanuel d’économie», en deux tomes, les Cigales puis les Fourmis, aux éditions Bréal, il convoque tour à tour des économistes de Keynes à Stiglitz , des philosophes et des romanciers tels que Montesquieu, Zola, Orwell ou Houellebecq…

L’atelier des idées publie, à nouveau, d’autres extraits de l’Antimanuel d’économie, après « Altruisme et concurrence ». Bernard Maris étudie et critique, sur un ton léger et incisif, les caractéristiques du capitalisme financier d’aujourd’hui : l’offre, la demande, la concurrence, le commerce, l’argent,  la rareté...

Le capitalisme crée la rareté.

« Le capitalisme s’efforce toujours et encore de créer de la rareté là où elle n’existe pas, de la nécessité là où elle a enfin disparu, du manque là où il y a de l’excès, et des besoins là où ils sont inutiles…

L’éternel recommencement des besoins.

La rareté crée le manque, le manque crée le besoin, le besoin crée la raretéToute l’activité des marchands et des publicitaires consiste à créer des besoins dans un monde qu croule sous les productions. Cela exige un taux de rotation et de consommation des produits de plus en plus rapide donc une fabrication de déchets de plus en plus forte et une activité de traitement des déchets de plus en plus importante…Dans ce monde obsédé par l’utile et l’utilité, par le «  à-quoi-ça-sert ?», où l’on nous ressert l’efficacité à toutes les sauces, on n’a jamais autant produit de choses inutiles…

En fait, le paradoxe est étonnant, plus j’ai à consommer, plus je suis frustré. Des économistes ultra-libéraux ont bien compris que la seule vraie rareté, la rareté fondamentale, existentielle, était celle du temps humain. Plus je vais vite, moins je dispose de temps, car s’offrent à moi…des milliers et des milliers de possibilités de consommer…

Est-ce que ce processus à une fin ? Non. Plus on accumule, plus le temps est rare. Plus le temps est rare, plus l’on veut aller vite. Et plus la vie va vite, plus le temps devient rare, et plus on a envie d’aller vite pour rattraper ce qui ne se rattrape pas…

Accumuler, c’est, au bout du compte, mettre du temps de côté. Ajouter des grains de sable au sablier.

Mais, qu’est-ce qui m’empêche de m’arrêter ?

La foule qui court avec moi…

L’esprit du capitalisme et l’écologie.

Où pourquoi le déchet est encore plus naturel que la nature…Le capitalisme est amoral et la notion de Nature lui est totalement indifférente. Tout lui appartient. Le capitalisme est total. Pour lui, un bien est un bien et un déchet est un déchet, mais un déchet peut devenir un bien, de même qu’un bien peut devenir un déchet : il suffit de créer un marché pour cela.

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L’existence d’un marché des droits à polluer marque simplement une nouvelle victoire : la rareté est arrivée là où elle n’existait pas encore, elle est désormais dans l’air que nous respirons. Tant mieux. Car plus l’air sera pollué, plus le capitalisme sera content. Il pourra le débiter en tranches et le vendre. Tout ce qu’il pollue, il vous le fera payer, il le dépolluera désormais en vous le faisant payer aussi, et sans doute, plus cher…

La puissance publique attribue des droits de propriété sur la pollution (des quotas deCO2, par exemple). Grâce à la libre négociation, ceux qui désirent polluer beaucoup achètent à ceux qui désirent polluer moins. Le prix se fixe. L’offre et la demande s’équilibrent. La pollution se répartit efficacement.

On ne peut qu’être fasciné par la modernité de l’économie…L’économie (le marché) a réussi à donner de la valeur à tout et dès lors à tout dévaloriser. Il est très grave pour l’humanité que le déchet soit traité comme son antithèse. Tout devient indifférencié par le marché et, partant, chaotique et dangereux. » 

A suivre… « La création de richesse ne s’effectue pas seulement par le truchement du marché…Tout est imputé au marché, alors que tout est issu de la coopération humaine ! La valeur du marché n’est que la face émergée de l’iceberg social. Les hommes sont altruistes, sociaux et on leur fait croire l’inverse… »

Images: Plantu et creatie.ch, poubelle créative.www.atelier-idees.org. Annie Keszey.

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19/12/2010

MANIFESTE D'ECONOMISTES ATTERRES.

Les politiques de soumission au pouvoir de la finance mettent en danger l’avenir du projet européen.

Il faut mettre en débat, dès maintenant, les grandes lignes de politiques économiques alternatives qui rendront possible une refondation de la construction européenne.

« La crise économique et financière qui a ébranlé le monde en 2007 et 2008 ne semble pas avoir affaibli la domination des schémas de pensée qui orientent les politiques économiques depuis trente ans. Le pouvoir économique n’est nullement remis en cause dans ses fondements. En Europe, au contraire, les états, sous la pression des institutions internationales et des agences de notation, appliquent avec une vigueur renouvelée des programmes de réforme et d’ajustements structurels qui ont démontré dans le passé leur capacité à accroître l’instabilité et les inégalités.

Ils vont encore aggraver la crise européenne.»

 

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Philippe Askenazy (CNRS), Thomas Coutrot (Conseil scientifique d’ATTAC), André Orlean (CNRS, Président de l’Association Française d’Economie Politique), Henri Sterdyniak (OFCE : Centre de recherche en économie de Sciences Po), dans leur manifeste d’économistes atterrés,   de novembre 2010, aux éditions « les liens qui libèrent », dénoncent dix fausses évidences, mal fondées scientifiquement, qui servent à justifier les politiques actuellement menées en Europe. Le manifeste soumet au débat  vingt-deux propositions pour une autre stratégie: 630 économistes d’horizons très divers l’ont signé.

http://economistes-atterres.blogspot.com

 

Un exemple.

- La fausse évidence n° 6.

La dette publique reporte le prix de nos excès sur nos petits- enfants.

C’est une affirmation hypocrite. La dette publique est un mécanisme de transfert de richesses des contribuables ordinaires vers les rentiers. Se fondant sur la croyance jamais vérifiée que les baisses d’impôts stimuleraient la croissance, les réductions d’impôts et de cotisations (sur les revenus des plus aisés, sur les patrimoines), depuis 1980, ont, en fait, aggravé les inégalités sociales et les déficits publics. Ces politiques fiscales ont obligé les administrations à s’endetter auprès des ménages les plus riches et des marchés financiers pour compenser les déficits. Avec l’argent économisé sur leurs impôts, les riches ont pu acquérir les titres, porteurs d’intérêts, de la dette publique émise pour financer les déficits publics, provoqués par les réductions d’impôts : effet jackpot ! Au total se met en place un mécanisme de redistribution à rebours, des classes populaires vers les plus aisées, via la dette publique dont la contrepartie est toujours de la rente privée. Pour redresser de façon équitable les finances publiques en Europe et en France, deux mesures sont mises en débat.

- La mesure n° 12 : redonner un caractère fortement distributif à la fiscalité directe sur les revenus (suppression des niches, création de nouvelles tranches et augmentation des taux de l’impôt sur le revenu...)

- La mesure n° 13 : supprimer les exonérations consenties aux entreprises sans  effets suffisants dur l’emploi.

D’autres extraits sont accessibles sur http://www.alternatives-economiques.fr

 

Vers des politiques alternatives pour une refondation de l’Europe.

 

La doctrine néolibérale, qui repose sur l’hypothèse aujourd’hui indéfendable de l’efficience des marchés financiers, doit être abandonnée. Il faut mettre en débat des propositions alternatives et cohérentes qui brident le pouvoir de la finance. Cela suppose la mutualisation d’importantes ressources budgétaires, dégagées par le développement d’une fiscalité européenne fortement corrective des inégalités… Il faut aussi dégager les états de l’étreinte des marchés financiers.»

 

 

Alain Lipietz, dans un des commentaires suivant le texte du manifeste, publié sur le site http://www.mediapart.fr, regrette l’absence de toute composante écologique.

 

Image :

(http://dutron.wordpress.com)

 

www.atelier-idees.org

Annie Keszey

 

 

14/12/2010

BRICE HORTEFEUX, MINISTRE DE L'INTERIEUR, IGNORE LE DROIT.

12/12/2010.

Le tribunal correctionnel de Bobigny, le 10/12/2010, a condamné sept policiers à des peines allant de six mois à un an de prison ferme pour « dénonciations calomnieuses » et « faux en écritures publiques. »

Brice Hortefeux a estimé, publiquement que « ce jugement peut légitimement apparaître comme disproportionné. »

Article 434-25 du Code pénal : Le fait de chercher à jeter le discrédit, publiquement par actes, paroles, écrits ou images de toute nature, sur un acte ou une décision juridictionnelle, dans des conditions de nature à porter atteinte à l’autorité de la justice ou à son indépendance est puni de six mois d’emprisonnement et de 7500 euros d’amende.

Maître Eolas (nom d’emprunt), expert en droit, avec sa rigueur habituelle (et son humour), expose la situation :..« Dans cette affaire, des policiers ont, au cours d’une poursuite en voiture, renversé un collègue. D’un commun accord, ils ont décidé de tous déclarer à l’unisson que le conducteur du véhicule en fuite avait volontairement renversé ce policier, l’accusant donc d’homicide volontaire aggravé puni de la réclusion criminelle à perpétuité. Le conducteur en question a de plus été roué de coup au sol par trois des policiers lors de son arrestation. À l’audience, le parquet avait requis de 3 à 6 mois de prison avec sursis. Le tribunal est allé au-delà, prononçant de 6 mois à un an ferme, et refusant la non inscription au casier judiciaire de cette condamnation pour cinq d’entre eux, qui seront donc très probablement révoqués de la police… Les policiers et le parquet ont fait appel de ces condamnations jugées trop sévères.»

Le site: www.maitre-eolas.fr présente une analyse détaillée.

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Image:maitre eolas

www.atelier-idees.org Annie Keszey