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27/02/2014

LES PERVERS NARCISSIQUES.

L’Express, du 19/02 au 25/02/2014, a publié treize pages sur les pervers narcissiques. Ces personnalités dangereuses pour elles-mêmes et davantage encore pour leurs victimes seraient en augmentation. Les études spécialisées, depuis Sigmund Freud, se sont multipliées ces vingt dernières années : John  Bowlby, Donald Woods Winnicott, Paul-Claude Racamier, Boris Cyrulnik, Marie-France Hirigoyen, Jean-Charles Bouchoux…

 

L’ouvrage du psychanalyste, Jean-Charles Bouchoux « Les pervers narcissiques. Qui sont-ils? Comment fonctionnent-ils? Comment leur échapper? » vient d’être réédité en livre de poche, après 40 000 exemplaires vendus aux éditions d’Organisation.

Connaître les caractéristiques du pervers narcissique permet, à la maison, au travail ou dans les organisations de s’en protéger.

Extraits discontinus.

Qui est le pervers narcissique?


« Le pervers narcissique a besoin de proximité pour exercer son emprise et ne permettra pas à sa victime de prendre de la distance. Il est froid intérieurement, ne connaît pas la culpabilité et n’hésite pas à culpabiliser les autres…Il ne prend jamais en compte les besoins et les sentiments des autres, sauf pour s’en servir, manipuler sa victime, l’isoler et l’amener à faire ce qu’il veut. Il est égocentrique, exige de l’autre la perfection. C’est aussi un menteur. Généralement habile avec la parole, il se sert largement du double sens des mots pour manipuler, se positionner en victime, se faire plaindre ou rendre l’autre volontairement mal à l’aise. Même s’il n’a aucune valeur propre, il utilise la morale et les valeurs des autres pour arriver à ses fins…Il ne supporte pas la critique mais critique sans cesse. Pour se revaloriser, il se nourrit de l’image de  sa victime : plus il la dévalorise et plus il se sent fort…Marie-France Hirigoyen définit le harcèlement moral, mécanisme typique du pervers narcissique, comme toute conduite abusive qui se manifeste notamment par des comportements, des paroles, des actes, des gestes, des écrits, pouvant porter atteinte à la personnalité, à la dignité ou à l’intégrité physique ou psychologique d’une personne, mettant en péril l’emploi de celle-ci ou dégradant le climat social….Le pervers utilise des outils particuliers, par exemple, le collage. Il colle à sa victime, il ne lui permet pas de s’échapper, il « l’englue » avant de l’entraîner dans un climat délétère…Le pervers fait porter à l’autre ses propres travers et essaie ainsi de ne pas souffrir…Le pervers utilise le déni pour nier ses responsabilités ainsi que la réalité de  ses actes. Comme le déni ne suffit pas pour faire face au surmoi, le pervers projette dans l’autre ce que serait sa culpabilité en le culpabilisant…Le pervers doit aussi se couper en deux, garder sa bonne image, projeter vers l’extérieur sa part mauvaise et la faire porter par un autre…L’identification projective est un fantasme dans lequel un sujet projette une partie de lui-même dans l’autre, espérant se débarrasser de ses pulsions vécues comme indésirables, cherchant à nuire, à posséder et contrôler cette autre personne. C’est ainsi que le pervers accuse sa victime et la rend responsable de ce qui lui arrive. Après s’être débarrassé de ses pulsions, il projette ce qui devrait être sa culpabilité dans sa victime, conserve et donne l’illusion d’être quelqu’un de bien, voire d’être la victime…Quand un pervers entre dans un groupe, il arrive souvent qu’une partie du groupe devienne perverse et que la communauté se coupe en deux. On peut ainsi repérer au sein du groupe le clivage et les perversions, qui, à l’origine appartenaient au pervers et qu’il a su externaliser en utilisant et en manipulant une partie des gens…Le pervers narcissique, souvent à l’instar de sa victime, souffre d’une faille narcissique, c’est-à-dire d’un  manque de confiance en lui et en son image…Pour compenser, il développe une image démesurée de lui-même. Ainsi cohabitent en lui, paradoxalement, une faible estime de soi liée à son chaos intérieur et une haute idée de son image qu’il lui conviendra de maintenir à tout prix, en sur jouant son personnage ou en dévalorisant les autres…Les pervers narcissiques ne doivent rien à personne mais tout leur est dû…Il ne connaît ni souffrance, ni remords. Il n’est pas malade. Rapidement, c’est son entourage qui devient malade…Le pervers fantasme peu. Il passe à l’acte. Il est peu dans le ressenti, ce que vit sa victime n’est pas son problème, au contraire, cela peut même être source de jouissance pour lui…En fonction du degré des rapports entre le pervers et sa victime, cela ira de la dépression à la tentative de suicide, de la violence à la perversion, de la confusion à la dépersonnalisation, voire à la folie…

N’est-il pas pervers de traiter quelqu’un de pervers ?

…Pour la victime, il est important que le pervers soit nommé comme tel…

 

Remettre de la distance.

Au collage qu’impose le pervers, il sera très important de poser une distance…Le plus beau cadeau que nous puissions lui faire est de le quitter…

 

Oser détester.

La victime, en ne s’autorisant pas à détester le pervers ne peut pas procéder à un deuil salutaire…

 

Nommer un tiers.

…Il faut faire jouer pleinement leurs rôles à la loi, aux juges et aux avocats. Il ne faut pas reculer devant les moyens : déposer une main courante, porter plainte ou, en amont, nommer un tiers qui connaît la loi…

 

Combattre le pervers.

Paul Racamier dit du pervers : »Tuez-le, il s’en fout. Humiliez-le, il en crève ! » Si vous vous emportez face à un pervers narcissique, surtout en public, il y a fort à parier qu’il profitera du contexte qu’il a mis en place et qu’il retournera votre agressivité contre vous… »

 

Jean-Charles Bouchoux développe aussi, dans cet ouvrage, les origines, dans l’enfance, des perversions et du narcissisme, il publie et analyse, en particulier, le témoignage de Jacques  et termine le livre par un extrait du discours d’investiture à la présidence de Nelson Mandela.

Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur, notre peur la plus profonde est que nous soyons puissants au-delà de toute limite. C’est notre propre lumière, et non pas notre obscurité, qui nous effraie le plus…Pretoria le 10 mai 1994.

 

www.atelier-idees.org

www.rupture-et-metamorphose.org

Annie Keszey.

 

 

 

Commentaires

Je vous félicite pour votre critique. c'est un vrai exercice d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : MichelB | 13/08/2014

Il est très important de connaître le syndrome...Cela ne suffira pas à mettre sur une personne l'étiquette de "Narcissiste pervers" mais par la logique, cela donnera une chance...Et il est très important de pouvoir reconnaître le syndrome ; tout d'abord,dans les cas d'amis, amants, ce sera l'information pivotale dans une relation qu'il n'y aura aucune amélioration, aucun changement si ce n'est pour le pire...Et donc le sentiment de malaise ressenti en compagnie de ces personnes vient d'eux non de l'autre et c'est d'ailleurs ce sentiment de malaise qui est la clé de la découverte du syndrome...Quand la personne a des comportements inacceptables, bizarres, blessants, qu'elle vous fait mettre sur vos gardes, passer en revue les traits spécifiques du narcissique pervers et comparer...la lumière se fera sûrement et alors partir en courant...
Effectivement avoir de la compassion pour ces NPD n'arrangera rien au contraire...Il faut être droit dans ces bottes et s'accorder le droit au respect..

Écrit par : Monique Cheshire | 19/08/2014

Il est très important de connaître le syndrome...Cela ne suffira pas à mettre sur une personne l'étiquette de "Narcissiste pervers" mais par la logique, cela donnera une chance...Et il est très important de pouvoir reconnaître le syndrome ; tout d'abord,dans les cas d'amis, amants, ce sera l'information pivotale dans une relation qu'il n'y aura aucune amélioration, aucun changement si ce n'est pour le pire...Et donc le sentiment de malaise ressenti en compagnie de ces personnes vient d'eux non de l'autre et c'est d'ailleurs ce sentiment de malaise qui est la clé de la découverte du syndrome...Quand la personne a des comportements inacceptables, bizarres, blessants, qu'elle vous fait mettre sur vos gardes, passer en revue les traits spécifiques du narcissique pervers et comparer...la lumière se fera sûrement et alors partir en courant...
Effectivement avoir de la compassion pour ces NPD n'arrangera rien au contraire...Il faut être droit dans ces bottes et s'accorder le droit au respect..

Écrit par : Monique Cheshire | 19/08/2014

Belle analyse du sujet.Pour avoir été l'objet de ce genre de personne (mon père peut-être, mon mari sûrement, et une nouvelle connaissance maintenant!!)je pourrais peut-être apporter ceci:
on a un peu l'impression d'être pris ds une machine à laver ds ce genre de relation.La tête à l'envers, on perd toute logique, comme une sidération, immobilisée ds une "non pensée". Je crois qu'au final, on peut penser qu'on est entrain de sombrer ds la folie...
Je serai donc très vigilante avec cette nouvelle relation et si c'est ce profil qui se dessine "courage, fuyons"

Écrit par : magnier | 26/04/2015

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