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07/07/2012

LA SECURITE DANS LES COURS DE RECREATION.

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Kylian, élève de 13 ans d’un collège de Rennes, a été tué, par un autre élève de 16 ans, le vendredi 22 juin 2012, à la récréation de 10 H. Vincent Peillon, Ministre de l’Education Nationale s’est rendu sur place pour exprimer la profonde tristesse de la Nation et préciser les mesures prises d’accompagnement et de soutien dont l’intervention de psychologues…Eric Debarbieux , universitaire, spécialiste de l’étude des violences à l’école, a rappelé que les collèges et les écoles avaient une responsabilité particulière pour lutter contre les violences et leur banalisation .. Un fait aussi dramatique qu’un meurtre, fortement médiatisé, n’est pas fréquent en milieu scolaire, mais les ministres successifs confrontés à de tels drames n’ont jamais construit une politique suivie et efficace pour protéger les élèves. Ils semblent considérer que ce travail de précaution, prioritaire, est une tâche mineure incluse dans le domaine qu’ils réfutent de « la pédagogie ». L’actuel ministre, parce qu’il est agrégé de l’Université, pourrait ne pas être plus volontariste que ses prédécesseurs : sauf que le changement…
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Le Ministère relève, chaque année, par enquête informatique, les actes de violence internes aux établissements scolaires, sans doute devrait-il aussi « faire remonter » les mesures adoptées par ces mêmes établissements pour y remédier et  diffuser ensuite une synthèse de mesures applicables par tous.

La priorité, pour le chef d’établissement d’un collège ou le directeur d’école est d’instaurer un climat éducatif harmonieux et d’une grande cohérence entre tous les adultes partenaires y compris les parents d’élèves, avec une Autorité centrale nettement située. Ceci suppose l’aptitude à des échanges fréquents et donc au travail en équipe régulier, formalisé, aidé, des professeurs et de tous les personnels. Ce travail, à moyens constants, peut-être d’1 H par semaine pour les professeurs (3 fois sur 4 par discipline- 1 fois sur 4 en interdisciplinarité) et d’1 H, par demi-trimestre, pour une réunion générale. 

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24/04/2012

DES CONDITIONS POUR RECONSTRUIRE L'ECOLE PUBLIQUE.

AVRIL 2012.

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Le système éducatif public, malmené par l’Etat, peut gagner en efficacité, à moyens constants. Les capacités des « travailleurs », enseignants et personnels, sont très supérieures à l’usage institutionnel actuel et tous les élèves sont « éducables ».

1. Une rupture idéologique du Ministère de l’Education Nationale.
Les Ministres successifs, depuis des décennies, appartiennent à une élite qui a réussi à l’école, telle qu’elle est. Ils approuvent la seule mission d’instruction, pourtant défaillante et résistent aux méthodes, à la dynamique des groupes, à la docimologie, à la psychologie… inclus dans le terme vilipendé de « pédagogie ». Le discours, par opportunisme politique et par conviction parfois, annonce périodiquement des réformes, modestes mais réelles, qui n’ont que peu d’impacts sur le terrain.
Les Ministères déraisonnent lorsqu’ils initient des débats sur les rythmes scolaires, le harcèlement dans les cours de récréation ou la lutte contre l’échec scolaire. La réanimation périodique de ces débats signe la permanence de leur échec.
C’est encore l’école « fondatrice » d’Alain Finkielkraut, réformée aux marges…
Il est urgent d’accepter une imbrication des deux idéologies, fondatrice et fondatrice-pédagogique, afin que les réformateurs, parfois caricaturés et méprisés (Philippe Meirieux, par exemple), fassent entendre leur voix et introduisent leurs projets.
2. Une révolution managériale.
Le management centralisé qui se fait par lois, décrets et circulaires publiés dans le bulletin officiel est inopérant. Le bulletin est peu lu et les inspections sont trop rares, faites par un corps de fonctionnaires peu innovant, par culture et discipline hiérarchique. Un pilotage dynamique national, une volonté politique sincère et une évaluation rigoureuse pour progresser sont à instaurer.
Ce management ne peut être celui des entreprises, déshumanisé par excès de concurrence.
3. Une communication horizontale, aussi.
Un correctif majeur à la communication verticale du Ministère s’impose, en ajoutant une communication permanente de bas en haut et une autre voie horizontale, entre établissements, (déjà favorisée par internet) afin de diffuser les expériences réussies et réaliser des contrôles communs à plusieurs établissements.       
4. Un double but pour l’école.
- La réalisation personnelle.
- L’insertion professionnelle.
Les psychologues motivés, fraîchement sortis de l’Université, ne s’épanouissent pas quand le seul travail qu’ils trouvent est caissier de supermarché… En 2007, Christian Forestier, Claude Thélot, Jean Claude Emin, membres éminents du Haut Conseil de l’Evaluation de l’Ecole ont publié « Que vaut l’enseignement en France ?» Cette large étude, rendue publique, décrit les maux de l’école et propose les remèdes…Des formations universitaires accueillant un public qualitativement inadapté et quantitativement sans rapport avec les besoins de la société sont à remettre en cause absolument…L’élargissement social de l’accès aux formations les plus porteuses doit devenir une obsession politique partagée.
Cette indispensable adaptation de l’Université reste en attente !
Les conseillers d’orientation, pour gagner en pertinence quant à l’orientation de jeunes vers des diplômes adaptés au marché de l’emploi, devraient appartenir à des conseils d’orientation ouverts à des personnalités du monde du travail, acteurs des entreprises, des banques, des commerces…Ces personnalités extérieures connaissent mieux les domaines professionnels: salariés du privé et du public, salariés spéciaux que sont les entrepreneurs, professions libérales, actionnaires et spéculateurs, travailleurs précaires et chômeurs, des secteurs primaire, secondaire et tertiaire et dans la mondialisation.
Les conseils en orientation professionnelle donnés par l’Education Nationale, sont aseptisés et souvent anachroniques. Les parents d’élèves aux professions multiples, ressource gratuite et solidaire, acceptent volontiers de s’inscrire dans un programme annuel de conférences- débats réalistes destiné aux élèves des collèges, par exemple.
5. Une insistance sur la dernière année d’école maternelle et sur le cours préparatoire.
Les élèves, avec la massification de l’école, ont changé. La culture exigeante (le Rouge et le Noir, le Cid..) ne peut être reçue par le même apprentissage en ZEP que dans le 16ème arrondissement. On ne saurait cependant remplacer la culture exigeante, comme cela a été fait à tort, par une sous-culture. Il faut changer les conditions des apprentissages. D’abord, l’effectif des classes de l’école maternelle doit être divisé par 2, parce qu’il s’agit d’y apprendre la langue et les enseignants doivent être formés sérieusement à la linguistique. La connaissance de la syntaxe et la richesse du vocabulaire chez les petits sont les conditions d’un apprentissage correct de la lecture. Entre deux enfants du CP, l’un connaissant, à l’oral, le mot oranger et l’autre ne le connaissant pas, il y aura deux attitudes différentes lorsqu’ils apprendront à lire le mot : dès le début du déchiffrage oran, le mot oranger viendra ou ne viendra pas  mentalement pour accélérer la lecture et ce mécanisme de la référence à l’oral sera démultiplié : Il sépare les bons lecteurs des lecteurs en difficulté parce que c’est une question de sens. Importance donc de la qualité et de la quantité de vocabulaire, à ce niveau. Les conditions actuelles sont mauvaises
6. Réussir obligatoirement à l’école élémentaire.
L’apprentissage de la lecture, par tous les élèves, aux CP et CE1, est un objectif obligatoire, parce que ces classes conditionnent les réussites postérieures. La formation des professeurs de ce niveau inclurait la linguistique, la phonologie et l’aptitude professionnelle à apprendre à lire aux enfants à partir des données récentes de la science qui induisent l’adaptation de l’enseignement aux variétés individuelles. Dès qu’une école comprendrait au moins deux CP, un fonctionnement souple « casserait » les classes en groupes, pour des périodes à durées variables et aux activités différentes telles que l’approfondissement pour un groupe ou la reprise des apprentissages non réussis pour un autre.
L’école élémentaire, dans laquelle les devoirs sont interdits par la loi (dont la transgression est souvent tolérée) donne des leçons à apprendre à la maison. Dans les milieux familiaux dans lesquels il ne peut y avoir d’aide scolaire, les élèves ne savent pas apprendre : ils n’en ont pas utilisé les techniques en classe! Apprendre l’orthographe d’un mot c’est l’écrire plusieurs fois, l’épeler, comparer les sons aux signes, marquer les anomalies ou difficultés en couleurs, le rapprocher des mots de la même famille, savoir utiliser le dictionnaire, les livres de conjugaison et de grammaire.., puis contrôler, seul, l’exactitude de ses acquisitions… Apprendre une leçon d’Histoire requiert d’autres techniques, plus élaborées…Combien d’élèves peuvent le faire seuls ? Très peu. Au CE2, par exemple, les leçons devraient être apprises en classe afin d’assurer l’avenir.
La suppression de la loi, non respectée, interdisant les devoirs du soir, sortirait l’école de l’actuelle hypocrisie. L’institution doit pouvoir contrôler la nature des devoirs du soir, les encadrer dans des règles (faisabilité, clarté des consignes, non prise en compte dans les notes du fait de l’inégalité des encadrements…) Ceci, afin que l’argent des contribuables, investi par les municipalités dans des soutiens scolaires, soit réellement productif et utile. Des tutorats extérieurs, liés à l’école, sont à développer pour encadrer régulièrement des élèves en grandes difficultés, à partir de divers systèmes : celui de Saint Brieuc, par exemple, qui organise au travers d’une association, le bénévolat d’universitaires qui assistent les élèves à leur domicile…des heures affectées aux remises à niveau permanentes de groupes d’élèves, par leurs professeurs. L’école, insuffisamment efficace, appelle ces actions complémentaires, très ciblées, que l’on peut espérer provisoires !
Les classes de l’école élémentaire doivent enseigner la maîtrise de la lecture de textes de natures différentes (et au collège l’on doit enseigner l’accès aux textes des diverses disciplines ce qui n’est pas fait ou mal fait.)
Cette connaissance de la langue manque aujourd’hui à de trop nombreux élèves qui cherchent alors d’autres moyens de communication moins contraignants et plus rapides. La maîtrise du verbe est le meilleur rempart contre le recours à la violence.
Plus tard, le Verbe est ce qui nous permet d’avoir, par exemple, contre la crédulité, une résistance intellectuelle.
[Et là Alain Bentolila donne un exemple percutant extrait du domaine politique : il montre l’intérêt de reconnaître l’utilisation de  la voix passive, de la nominalisation, de l’exclusion des compléments circonstanciels de lieu, de temps etc...dans les phrases politiques afin d’en comprendre l’imposture. Exemple d’une phrase d’un ministre de l’Education Nationale : Tous les efforts seront faits pour que la démocratisation devienne une réalité.
Quels efforts ? Par qui seront-ils faits ? Quand ? Quelle démocratisation ?]
L’échec scolaire est un échec de la langue.
Depuis 30 ans, les linguistes ont écrit qu’il était contre-productif de faire étudier en même temps son et sont, ou ont et on…En vain. La « pédagogie » connue, devrait s’appliquer .A l’école, les outils de base tels que les dictionnaires, livres de conjugaison et de grammaire, les encyclopédies, les ordinateurs, ne sont pas utilisés avec la  fréquence nécessaire. L’autonomie des apprentissages, indispensable, reste faiblement développée par trop d’enseignants.
7. Un respect des rythmes scolaires, connus, des élèves.
Une année scolaire construite sur le respect des rythmes scolaires tels que les définit le  professeur Testut de l’Université de Poitiers, par exemple est toujours attendue. (La suppression du samedi est une provocation).

8. Assouplir le collège unique.
Créé en 1975, par René Haby, Ministre de l’Education Nationale  du Parti Républicain, puis de l’UDF, le collège unique reste inachevé en 2012.
Il reste la seule structure adaptée à l’idéal républicain de liberté, d’égalité et de fraternité, à la condition de n’être pas uniforme et même si son ambition d’égalité des chances reste encore inaboutie.
Depuis 37 ans, les débats vifs perdurent et le pilotage du système éducatif vacille malgré les publications régulières de riches rapports proposant des solutions aux problèmes exposés : le rapport, en 1982-1983, pour un collège démocratique de Louis Legrand, ancien directeur de l’Institut National de la Recherche Pédagogique, les Assises de l’Education par François Bayrou en 1993 et le livre blanc de 158 propositions d’Alain Bouchez en 1994, le rapport de 21 propositions de la commission Fauroux, en 1996, les réformes de Claude Allègre et de Ségolène Royal, le collège de l’an 2000 de François Dubet, le rapport de Philippe Joutard, pour Jack Lang, en 2001, l’important travail de Claude Thélot en 2003- 2004…Données essentielles, inutilisées ou peu productives d’efficacité nouvelle !
J-P Delahaye dans « Le collège unique, pour quoi faire ? Les élèves en difficulté au cœur de la question » Paris-Retz- 2006- 158 pages, développe ces études.
Les partisans du collège à filières, système à deux vitesses, fondent leur choix sur un fantasme : « L’école serait bien meilleure si on se débarrassait des élèves les plus faibles- culturellement tous les élèves ne sont pas égaux, séparons-les ! » Or, les filières ont toutes conduit à la permanence de l’échec des élèves en difficulté. François Bayrou, auteur de « La décennie des malappris » a cependant, lucidement, supprimé la filière des quatrième et troisième technologiques…
Nicolas Sarkozy a choisi, sans inquiétude philosophique apparente, en 2005, la préparation au certificat d’aptitude professionnelle dès la 4ème de collège. Les artisans n’ont pas apprécié et la mesure ne s’est pas appliquée.
Luc Châtel, actuel Ministre de l’Education Nationale, casse discrètement le collège unique : une circulaire de mai 2011 établit, à titre expérimental ( !), des évaluations en fin de 5ème et une professionnalisation anticipée de certains élèves dans des classes de 3ème « prépa-pro », dispositif d’orientation aux métiers de l’alternance. Il reprend le système usé d’une orientation d’apparence scolaire mais qui sera « sociale ». [Peut-être d’ailleurs ce Ministre souhaiterait-il orienter dès 5 ans puisqu’il vient de proposer une évaluation des comportements en maternelle !]
Ce conflit ancien, au sommet, entre deux idéologies contraires, ne sert pas l’avenir. Un élève de cette « prepa-pro » ne pourra jamais devenir trader, ni même ingénieur ou médecin…
Le collège unique, seul démocratique, ne peut rester impuissant. Il lui faut acquérir  de la souplesse, dans ses structures et ses mentalités, à moyens constants.
Les classes ne peuvent rester hétérogènes ou homogènes mais adopter une structure mixte : celle qui prévalut dans le collège expérimental audio- visuel de  Marly-le-Roi ou dans des collèges ordinaires (mais rares) comme celui de Chambourcy. Les professeurs d’une même discipline travaillent en équipe, une heure par semaine pour préparer les cours, les contrôles, juger de l’efficacité de leurs choix pédagogiques et rédiger, après les évaluations, les correctifs à appliquer l’année suivante. Les professeurs utilisent ainsi les notes des élèves pour agir plus efficacement. Les classes, hétérogènes d’abord, sont alignées dans l’emploi du temps et les contrôles sont communs à l’ensemble des classes d’un même niveau. A partir des résultats analysés, variables, aux contrôles, les classes se défont pour constituer des groupes de besoins, de remédiation, à effectifs divers et pour une durée provisoire pouvant aller, en Français, de 1H à 3H, par exemple. Les classes ensuite se reconstituent. Certains professeurs, habitués, proposent ensuite, au sein de leur classe, des apprentissages différents du programme commun, par groupes. La formation des professeurs n’insiste pas assez (ou pas du tout) sur ces ruptures de l’enseignement uniforme, collectif. Les équipes de professeurs mettant en commun leurs compétences dégagent des pédagogies sur profils, pertinentes. Ainsi les élèves en difficulté, au lieu d’écouter une leçon de grammaire seront-ils formés à dire une leçon de grammaire…D’autres utiliseront à haute dose le dictionnaire, le livre de conjugaison et de grammaire. Tous apprendront sur internet, à partir d’exercices hiérarchisés.
Les élèves travaillent aussi en équipe et des résultats d’équipes joints aux résultats individuels équilibrent solidarité et compétition.
La culture pédagogique doit changer, dit François Dubet.
Assouplir le collège démocratique c’est aussi décloisonner les disciplines qui découpent artificiellement un monde complexe et empêchent de le penser. La transdisciplinarité, la pluridisciplinarité, souvent évoquées, ne pénètrent pas le système éducatif parce que les formations des professeurs les ignorent. La bi- disciplinarité des professeurs de collège, au niveau de la maîtrise universitaire, introduirait cette interdisciplinarité et diminuerait l’effectif des équipes pédagogiques, surtout en 6ème, où les professeurs par classes sont trop nombreux.
Le temps d’enseignement des Sciences et Vie de la Terre doit croître afin de réaliser les objectifs de l’Ecologie.
9.  Un rectificatif majeur à une dérive très ancienne.
Les enseignants des classes, structures spéciales, groupes de soutien mis en place depuis 37 ans pour soutenir les élèves en difficulté (sans toujours y parvenir), demandent, en général, moins de travail à ces élèves qu’aux autres, proposent des contenus dévalués, mis à leur portée et souvent peu intéressants alors qu’il faudrait accroître considérablement la charge de travail sur des contenus scolaires et culturels, synthétiques et très ambitieux. Accroître le temps de travail est une bonne mesure à la condition que son étirement se complète par une remarquable intensité. La liberté pédagogique du professeur ne reste intouchable que si des résultats la justifient.
10. Le culte de l’évaluation de l’enseignement et du système éducatif.   
Les évaluations des élèves et du système éducatif progressent. Une formation obligatoire des enseignants pourrait porter sur l’aptitude à transmettre efficacement des contenus d’enseignement. Tous ne se pensent pas encore co-responsables des notes obtenues par leurs élèves surtout quand elles sont mauvaises, alors que ces notes mesurent aussi leur professionnalisme fondé ou non sur des formations spécifiques à l’évaluation. Trop peu de résultats aux contrôles servent à élaborer des plans de réapprentissage des notions mal comprises. La notation individuelle sur 20 ne forme qu’à la concurrence! Son usage quotidien encore largement utilisé au collège gagnerait à être remplacé par des évaluations de compétences.
Le brevet ne mesure rien, pourtant cet examen inutile et coûteux perdure… Les enseignants sont encore inspectés sans savoir, par anticipation, sur quels critères ils vont être jugés et ce procédé dépassé survit malgré son obscurantisme. L’imposition de la pratique de la notation objective avec des barèmes s’avère urgente. L’évolution des sciences de l’évaluation suppose la généralisation de la notation objective à barèmes transparents et donc la disparition de la note de vie scolaire, en particulier, dont la fabrication relève du bricolage. Cette note consigne en fait l’impuissance des adultes qui la déterminent.
Il faut imposer à l’école une obligation de résultats pour tous, indiscutable.
 Quant aux Principaux de collèges, en coopération avec les Proviseurs de lycées, une de leurs principales missions serait de ne perdre aucun élève en s’assurant du bon relais entre  établissements, pour rétablir la scolarité de l’élève perdu en cas de dysfonctionnement.
Un Principal ne sait,  ni ne veut, (sauf cas atypique) évaluer, noter un professeur. Comment un Principal formé en mathématiques apprécierait-il la valeur d’un cours de Français ? Il y va aussi de l’atmosphère des établissements : la relation entre les professeurs et les principaux gagne à être égalitaire (sauf, pour les questions de sécurité, non controversées) : la meilleure est la relation d’entraide, confiante, dans tous les domaines de la vie scolaire.

11. L’interdiction d’exclure des élèves des établissements scolaires.
L’école est obligatoire : l’exclusion est incompatible. Pendant les conseils de discipline, les élèves, mineurs en général, n’ont pas d’avocat. Les élèves exclus sont très souvent des élèves en difficultés scolaires : il s’agit donc de les inclure davantage et gratuitement.
Les possibilités sont multiples et à adapter aux cas :
-    fréquentation à durée déterminée d’une autre classe de l’école ou d’un autre établissement,
-    séjour  de travail autonome encadré au CDI, séjour dans un service de la mairie, sous la responsabilité d’un tuteur, à partir de contrats de coopération entre le Maire et le Chef d’établissement,
-   séances de travail en dehors des heures scolaires, avec le Chef d’Etablissement (mais en présence de personnels), le mercredi après-midi, par exemple. Ces séances, avec les cas les plus difficiles, dans le but de les punir en soutenant leur réussite parfaite d’exercices ont, dans la plupart des cas, une efficacité particulière. Cette pratique atypique suppose une ouverture des chefs d’établissement.
12. La présence de référents permanents entraînés à la résolution des conflits, dans les établissements scolaires.
Ces groupes d’adultes et d’élèves sont accessibles quotidiennement dans un lieu précis et à certaines heures. Concrètement, ils anticipent et évitent les règlements de comptes « douloureux ». Les élèves qui se plaignent d’autrui ne sont pas traités de « rapporteurs », parce qu’il faut éviter les harcèlements. Les surveillants sont affectés à des zones précises lors des récréations, dont, en permanence, près des recoins sensibles.
L’équipement des futurs collèges pourrait contenir des salles de repos abritées pour les demi- pensionnaires et des bureaux pour les équipes de professeurs.

Ces changements de l’école, pour une égalité des chances effective, une solidarité accrue, le choix du VERBE contre LA BARBARIE conduiraient, sans doute, vers une société plus juste.
www.atelier-idees.org
Annie Keszey.

30/01/2012

UNE NOUVELLE PEDAGOGIE SCIENTIFIQUE.

 

PROGRAMMES PRESIDENTIELS : SOUHAITS.

 

ENGAGEMENT PRIORITAIRE DE L’ETAT POUR RECONSTRUIRE L’EDUCATION NATIONALE : FORMER LES PROFESSEURS ET LES FORMATEURS A UNE NOUVELLE PEDAGOGIE SCIENTIFIQUE.

 

La priorité de l’Education Nationale est moins quantitative que qualitative. De nombreuses expertises ont montré que la baisse des effectifs des classes n’avait que peu d’incidences sur les résultats scolaires, même si un équilibre nécessaire au « bien  vivre ensemble » est évidemment exigible. Les classes à orientation précoce du passé, à effectifs réduits, CPPN, CPA, 4èmes et 3èmes technologiques et les SEGPA d’aujourd’hui n’ont produit ni ne produisent l’égalité des chances. Les élèves des groupes restreints de secondes langues en 4ème et 3ème  des collèges (russe, allemand…) ne sont pas mieux notés que les élèves de LV2 anglais dont les effectifs par groupes sont plus nombreux.

 

La première obligation est de former les professeurs et les formateurs à une nouvelle pédagogie scientifique.

Le mot « pédagogie » fut honni par les ministres successifs et ses  défenseurs critiqués, dont Philippe Meirieu. Accrochés à l’école traditionnelle « fondatrice », niant la complexité du métier de professeur et les changements personnels, familiaux et sociaux des élèves, ces ministres ont tous annoncés des réformes, progressistes parfois dans les mots, conservatrices dans les faits, peu appliquées et sans progrès constatés ces dix dernières années.

Le métier de professeur se limitait, pour eux, à l’exigence de diplômes universitaires disciplinaires, les masters aujourd’hui et à une liberté pédagogique individuelle…

Sujet tabou, les professeurs n’ont jamais été impliqués directement  dans l’insuffisante efficacité de l’école publique : seuls les déficits de  «  mérite » des élèves et des familles ou l’insuffisance des moyens expliquaient majoritairement la dérive institutionnelle.  

 

Or, le métier de professeur est un point de rencontre obligé entre plusieurs disciplines qui ne correspondent pas aux découpages universitaires. Ce métier n’est pas encore décrypté mais des initiatives et surtout des recherches rassurent pour un avenir proche.

Sébastien Clerc, professeur de français et d’histoire dans un lycée professionnel de la Seine-Saint-Denis, en 2009, a proposé des solutions concrètes pour assurer de bonnes conditions de travail dans des classes difficiles, dans « Au secours ! Sauvons notre école » aux éditions Oh !

Ses propositions se fondent sur une profonde réflexion de ses pratiques et de ses impasses mais discutable, marquée par l’impuissance institutionnelle du présent : il souhaiterait, par exemple, plus d’exclusions d’élèves perturbateurs…Sa crainte réelle qui justifie son témoignage est que de nombreux  jeunes professeurs ne soient envoyés « au casse-pipe ».  

Il attend une véritable science, en particulier de la tenue des classes, dont les spécialistes feraient part de leurs connaissances aux professeurs débutants.

L’avenir de ce métier est en effet celui d’une nouvelle pédagogie scientifique que le prochain ministre de l’Education Nationale devrait connaître et diffuser.           

 

Un exemple majeur de pédagogie scientifique actuelle.

Savoir parfaitement lire avant de quitter l’école élémentaire est la condition de réussite des études ultérieures. L’objectif n’est pas atteint pour tous les élèves et ce grave échec est pourtant toléré.

La science de la lecture, c’est-à-dire les connaissances scientifiques sur les neurosciences cognitives de la lecture doivent être diffusées en urgence auprès des professeurs et des formateurs afin d’être mises en pratique dans les classes. La liberté pédagogique se fondera sur des principes d’apprentissages rigoureux et non plus seulement sur des essais et erreurs ou même sur la seule expérience et les résultats des élèves mesureront aussi la pertinence de cette traditionnelle liberté.

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Stanislas Dehaene, dans « Apprendre à lire. Des sciences cognitives à la salle de classe », aux éditions Odile Jacob synthétise, avec son équipe du CNRS, 20 ans de recherches sur le cerveau et la lecture. Il est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de Psychologie expérimentale et membre de l’Académie des sciences.

Son livre est structuré en chapitres :

-          Comment notre cerveau apprend-il à lire ? Apprendre à lire,

-          Les grands principes de l’enseignement de la lecture, la dyslexie,

-          L’éducation fondée sur la preuve,

-          Une proposition de progression pédagogique à travers les difficultés de lecture du français.

Des résumés clairs et brefs, sous le titre « A retenir » définissent les étapes d’une pédagogie scientifique de l’apprentissage de la lecture.

En conclusion, l’auteur affirme la solidité de ces connaissances, souhaite que des professeurs formés  adoptent ce système pédagogique développé très positivement en Grande-Bretagne et en Finlande. Il faut bien sûr adapter les manuels pour focaliser l’attention sur le décodage et la compréhension des mots. Des outils restent à créer : cartons à découper, lettres magnétiques, jeux de mots, logiciels…

La grande section de maternelle doit insister sur l’acquisition du vocabulaire, multiplier les comptines, les histoires orales, les petites pièces de théâtre… Chaque classe de l’école élémentaire comprendra une bibliothèque afin que chaque élève puisse lire un livre par semaine.

 

Les ouvrages de pédagogie scientifique attendent d’être regroupés et utilisés.

[Stanislas Dehaene est aussi l’auteur de « La bosse des maths ».]

 

Luc Chatel, actuel ministre de l’Education Nationale a souhaité introduire la morale à l’école et dépister les prédispositions à la délinquance des enfants des écoles maternelles!

Impuissance.

Jacques Pain, Maître de conférences à l’Université de Nanterre, en 1992, a choisi la voie de la pédagogie contre la violence. Alain Bentolila, linguiste, professeur à l’Université Paris V, en 2007, a défendu « Le verbe contre la barbarie.»

Apprendre à lire scientifiquement donc « mais à des personnes toutes différentes qui débordent de vie, d’initiatives et de créativité, mais aussi à des êtres vulnérables qui révèlent leurs détresses, leurs souffrances et leur insécurité affective. Les mimiques, postures, gestes et vocalisations du jeune enfant s’enchaînent pour devenir des messages qu’il faut comprendre sinon s’instaurera avec l’enfant un dialogue de sourds qui conduira à l’agression, à la crainte, à l’isolement… » C’est Hubert Montagner, docteur ès-sciences, ancien directeur de recherche à l’INSERM  qui met en garde contre le danger de théories scientifiques trop rigides, dans «  L’enfant et la communication » aux éditions Essais-Documents Stock, de 1984.

 

Nouvelle pédagogie scientifique, nouvelles contradictions entre sciences, nouvelle complexité.

 

www.atelier-idees.org

Annie Keszey.