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02/06/2014

UN RAVISSANT MARIAGE EUROPEEN.

 

29/05/2014. UN RAVISSANT MARIAGE EUROPEEN. 

Ce témoignage réfute le souhait archaïque « Bleu Marine » d’un repli identitaire. 

En Allemagne, la Bavière est une superbe région. La nature est faite de montagnes aux sommets enneigés, de collines couvertes de sapins et d’espaces agricoles travaillés, soignés, traversés par de nombreuses rivières…Les maisons vastes, gracieuses et colorées,  décorées par des balcons en bois sculpté, aux toits souvent couverts de panneaux solaires  se groupent, dans chaque village, autour d’une église catholique au clocher à bulbe. Le catholicisme reste la religion majoritaire. 

Le samedi 24 mai 2014, à Roggenburg, Gabor a épousé Zeynep. Tous deux sont avocats, spécialisés en « brevets ». Gabor est le fils aîné d’un père ingénieur et d’une mère dentiste, Hongrois nés à Cluj, en Roumanie : Ils ont quitté la dictature de Ceausescu pour choisir de vivre en Allemagne dont ils parlent parfaitement la langue. Le jeune fiancé, laïc, ainsi que son frère médecin, ont la nationalité allemande. Zeynep, la très belle mariée, est turque, musulmane, sa famille a également choisi de vivre en Bavière.  Le nouveau  couple s’installera à Munich. Avant la cérémonie, Gabor a suivi en souriant une coutume turque : il est allé chercher sa future épouse chez ses parents. Il a dû frapper à la porte de la chambre et  convaincre Zeynep de le suivre en lui offrant un cadeau selon la coutume : deux petits chameaux, en peluche ! Les deux promis sont sortis sous les pétales de fleurs et ont rejoint l’ancienne et rutilante voiture DS Citroën, louée pour l’occasion, afin de rejoindre la mairie.  Zeynep portait une robe longue en tulle blanc, sobre et élégante.  Dans les mairies de Bavière, le Christ crucifié est accroché sur le mur principal de la salle des mariages. Se marier face à ce Christ pouvait  troubler Zeynep…C’est pourtant ce qui fut. Le maire, ouvert et sobre, fit un long discours retraçant la jeunesse de chacun des futurs époux  et prodigua des conseils civiques. L’oubli des alliances, dans une voiture, au moment de les échanger, détendit cette atmosphère recueillie.  

L’acceptation de la tradition des chameaux, le refus du retrait de la croix sont un exemple de compromis culturel hiérarchisé, intelligent, entre  des conceptions différentes, qui protège contre la « haine et le rejet » de l’autre, leitmotiv du FN français. 

Il n’y a pas eu  de cérémonie religieuse. 

Les cent invités à la réception étaient européens de cœur et de raison. Majoritairement Hongrois nés en Roumanie, ils ont quitté, à divers âges, ce pays natal,  pour  immigrer,  en Allemagne, Hongrie, Autriche, France, Canada ou Etats-Unis. Tous ont fait des études longues et possèdent des diplômes de hautes qualifications qui ont évidemment facilité la réussite de leurs professions et de leurs vies, en Europe. A part de rares exceptions, ils parlent couramment au moins 4 langues : leurs 2 langues natales, le hongrois et le  roumain, l’anglais et la langue de leur pays d’adoption.  Une jeune femme y ajoute le portugais et le français après un an au Brésil et un autre à Rennes, en Bretagne. Une autre parle un espagnol littéraire après 2 ans en Equateur. 

Dans le cadre parfait du cloître-hôtel de Roggenburg, la réussite scolaire et professionnelle de ces invités, leur volonté de comprendre fraternellement le monde, leurs relations chaleureuses et leur rejet absolu des dictatures qu’ils ont fuies  symbolisent fortement une harmonie et un bonheur européens.  

Au début du repas de  noce le père du marié a fait un discours.  Les Turcs, dans l’histoire, ont combattu et écrasé les Hongrois : à Mohacs, sur le Danube en 1526, puis à Bude. Soliman le Magnifique, sultan de Constantinople, contrôla alors les 2/3 de la Hongrie et Ferdinand, frère de Charles Quint, dut payer un tribut annuel au sultan parce qu’il possédait le  1/3 restant.  La mère, le beau-père, le père, la belle-mère, les sœurs, les demi-frères (une famille recomposée) et Zenep, tous turcs, paraissaient inquiets… Puis le rappel historique a continué par la libération guerrière de la Hongrie sortie de la domination turque, en 1696, pour une autre domination ! Enfin, en 2014, ici, un Hongrois- Allemand, Gabor, est vaincu pacifiquement, de son plein gré, par le charme de Zeynep, femme turque musulmane, jeune, fine, rayonnante.   

Guerres puis paix. 

Le lendemain du mariage, les Allemands élisaient aussi leurs députés européens. Le soir, en petit groupe, des invités changeaient de chaînes de télévision pour connaître, rapidement, les résultats des élections dans divers pays. L’arrivée de l’extrême droite, au second rang derrière les abstentionnistes, a perturbé l’idée positive qu’ils avaient de la France. Il ne s’agissait pas de leur méconnaissance du risque annoncé par sondage, ni d’absence de critiques sur les dysfonctionnements de l’Europe, mais d’incrédulité tant ce choix leur semblait paradoxal. En quelques minutes, les thèmes interrogatifs, développés ensuite, tard dans la soirée, étaient énoncés : 

  • Est-ce bien la France du grand siècle des Lumières ?

  • Pourquoi  le FN s’oppose-t-il à l’immigration, « moyenne » en France et mondialement irréversible ?

  • Le FN qui a une peur pathologique de « l’autre », aurait-il  oublié les invasions barbares colonisatrices françaises?

  • Le retour vers la Gaule antique, par l’autarcie, n’est-il pas un projet économique rustique et suicidaire, frein imparable au processus d’adaptation de  « destruction-créatrice » nécessaire à la nouvelle croissance économique, écologique et humaniste ?..

  • Pourquoi les medias donnent- ils si peu la parole aux immigrés, afin qu’ils soient connus? 

    Marine Le Pen, avocate, Louis Aliot, avocat, Florian Philippot, « énarque », Philippe Martel, énarque, Bernard Monot, économiste et d’autres responsables du FN, solidement diplômés, cadres dans la société française, élite traditionnelle insérée dans un népotisme familial, pensent-ils sérieusement représenter les ouvriers qui ont voté pour eux ? Il est étrange qu’ils n’aient jamais (ou rarement) proposé des mesures volontaires pour établir enfin l’égalité des chances et rétablir l’ascenseur social au sein de l’Education Nationale.  Promouvoir les démunis afin qu’ils réussissent leur vie personnelle et professionnelle serait plus durable que de les « embrigader idéologiquement » par des promesses vides, pour capturer leurs suffrages. Les connaissances aident à penser et à renoncer à certaines convictions erronées, même s’ils sont, eux, responsables du FN, des contre-exemples. En effet, ils feutrent, ripolinent des idées détestables, celles des fondamentaux idéologiques inchangés du parti extrémiste, cachent des notions mortifères sous des noms héroïques, par exemple, ils appellent patriotisme leur retour au nationalisme, cassent l’Europe mais leurs députés élus acceptent d’être rémunérés confortablement par des fonds publics pour tuer l’Union européenne, rémunération certes légale d’une démocratie  parfois paroxystique.

    Aucun parti politique n’a su empêcher, pour l’instant, ce résultat électoral rétrograde et scabreux mais l’avenir de l’Histoire n’est jamais prévisible. Un combat pacifique collectif, obligatoirement  pertinent, contre des sourires politiques prédateurs, élèvera certainement  la France, en Europe.   

     

    www.atelier-idees.org                       www.notreputeaux.com     Annie Keszey.

      

     

 

15:07 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : allemand, hongrois, turc, musulmane, mariage, fn, élection européenne | | |  Facebook

13/05/2014

ABSENTEISME ET CUPIDITE D'EURODEPUTES DE FRANCE.

L’actuel Parlement européen compte 754 députés dont 74 pour la France, nombre lié au nombre d’habitants. Ce parlement sera renouvelé en mai 2014, au suffrage universel par 400 millions d’électeurs des 28 états membres : il comptera 751 députés dont le président. 44 millions d’électeurs français vont  élire 74 députés.
Le travail d’un député prévoit l’assistance aux séances plénières mensuelles de  Strasbourg  et la participation aux nombreux travaux parlementaires, à Bruxelles.
Sauf en fiscalité et affaires étrangères le Parlement est « co -décisionnaire » mais doit s’adapter aux compromis entre la Commission et le Conseil des ministres des Etats. Il possède un droit de veto sur le budget 2014-2020, mais ne l’a pas utilisé. Ses propositions sont parfois fortes telles la mutualisation des dettes publiques au moment des difficultés grecques  et  la quarantaine de directives pour réformer et contrôler les banques.
L’indemnité de base est la même pour l’ensemble des députés : 6200 € net/mois. Un retrait financier est pratiqué sur l’indemnité en cas de présence inférieure à 50 % des séances plénières. Pour chaque jour de présence à Bruxelles et Strasbourg, chaque député reçoit 304 € complémentaires, à la condition d’avoir signé le registre de présence. La 3ème indemnité forfaitaire de 4299 €/mois couvre les frais divers et s’y ajoutent divers avantages dont la carte de réduction de 2/3 du coût des voyages en Thalys, par exemple. Le paiement de collaborateurs fixé à 22 000 € est assuré également par les fonds européens
Oui, mais !
Cupidité ou tromperie?
 Les ténors nationaux, députés européens, Philippe de Villiers, Rachida Dati, Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen,  Jean-Luc Mélenchon… manifestent un absentéisme « calculé » à Strasbourg (afin de ne pas perdre leur indemnité sans doute) et ne travaillent pas à Bruxelles.
Ils utilisent l’argent et les structures du parlement, sans rien faire. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon n’y défendent nullement leurs idées (source : Alain Lamassoure).
Le député néerlandais Der Jan Eppink fait remarquer que « s’ils avaient été  dans le privé, ils seraient virés depuis longtemps. »
Philippe de Villiers pourrait avoir des problèmes de santé. Jean-Luc Mélenchon conteste les rapports sur son absentéisme en invoquant son engagement à défendre de multiples causes, en France : les rédacteurs de rapports publient ses contestations mais ne changent pas leurs statistiques !
A l’opposé, des députés européens français, peu médiatisés, sont des exemples de présence, de participation et d’influence : Jean-Paul Gauzès, Pervenche Bérès, Sylvie Goulard, Catherine Trautmann, Alain Lamassoure…Leur réélection serait positive.
Les eurodéputés français intermédiaires ont un taux de présence acceptable  et votent mais restent absents des dossiers tels Brice Hortefeux et Harlem Désir…Paradoxalement Harlem Désir vient d’être nommé, en France, aux affaires européennes ; son intérêt personnel a été mieux servi par le Pouvoir que l’intérêt de tous.
40.5 % de ces députés français sont des « cumulards » de fonctions électives contre 4 %  des députés du Royaume-Uni. Les vedettes politiques nationales qui se cherchent un abri après un incident de parcours politique sont peu motivées, en général, par l’Europe : le cas le plus inacceptable semble être est celui de Rachida Dati. Sa candidature de 2014 est une nouvelle tromperie.
Pour l’élection de mai, d’autres chercheurs d’abris, inexistants dans le domaine des idées, pourraient être les têtes de liste  Nadine Morano, qui fut députée de l’Assemblée nationale pendant 18 mois et présente moins de 2 semaines sur 4, Brice Hortefeux, Eva Joly, Michèle Alliot-Marie…
Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen se représentent.  Par civisme et pour éviter un nouveau gaspillage financier les électeurs devraient les évincer.
Pour voter, il faut SAVOIR. Les sites militant pour la transparence du Parlement européen restent rares mais progressent : VoteWatch Europe, en anglais, par exemple.
Sources : www.observatoiredessubventions.com, www.lepoint.fr, www.lintern@ute.com
Annie Keszey. www.atelier-idees.org  www.notreputeaux.com

 

23/10/2013

LA DELINQUANCE DES RICHES.

CHAPITRE 2 de LA VIOLENCE DES RICHES, CHRONIQUE D’UNE IMMENSE CASSE SOCIALE.
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. ZONES. Suite.


Extraits. 
La fraude à la Sécurité sociale, c’est la plus terrible et la plus insidieuse des trahisons de l’esprit de 1945. C’est la faute qui ruine les fondements mêmes de la République sociale. «  Cette belle déclaration fut prononcée par Nicolas Sarkozy à Bordeaux le 15 novembre 2011. Il pensait, bien sûr, au salarié prenant quelques jours d’arrêt maladie de complaisance. Pourtant, il n’avait pas beaucoup de grains à moudre : si les fraudes sociales sont estimées à 20 milliards d’euros, les allocataires fraudeurs en représentent seulement 1%, soit 200 millions, d’après la dernière mission d’évaluation des comptes de la Sécurité sociale. En effet, 80% de cette fraude sont liés aux cotisations patronales (16 milliards) que les employeurs ne paient pas parce qu’ils ont recours au travail dissimulé…
La guerre idéologique contre les travailleurs et les personnes les plus démunies ne cesse de les stigmatiser comme assoiffés d’assistanat. Elle porte ses fruits de manière inattendue puisque ce sont chaque année, en France, 4 milliards d’euros dus au titre des prestations qui ne sont pas réclamés par leurs bénéficiaires. En 2012, des chercheurs regroupés dans l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odemore) ont établi que les causes en sont multiples, ntamment le manque d’information, la complexité des démarches ou la timidité sociale des ayants-droits…
En septembre 2013, la demande de la nationalité belge par Bernard Arnault, première fortune professionnelle de France, avec 243 milliards d’euros, selon le palmarès 2013 de l’hebdomadaire Challenges, et onzième fortune du monde selon Forbes, qui le classe derrière Liliane Bettencourt, a déclenché un tohu-bohu médiatique. Cela a été vécu comme une déclaration de guerre aux 9 millions de Français qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté…
En ces temps difficiles, le sentiment de trahison est lié à ce qui est apparu comme la recherche d’une fiscalité moins menaçante. Les plus riches souhaitent non seulement s’affranchir de leurs impôts, mais avec le signal du plus doté d’entre eux, ils refusent désormais les contraintes liées à une identité nationale devenue un frein à l’identité mondiale du capitalisme dérégulé et financiarisé dans lequel Bernard Arnault occupe une place de choix…Environ 140 des 420 sociétés du groupe LVMH qu’il dirige sont localisées dans des paradis fiscaux, ce qui laisse penser que l’optimisation fiscale est bien une préoccupation du groupe…
Malgré sa puissance, Bernard Arnault a été obligé en avril 2013 de renoncer à la nationalité belge, l’Office des étrangers et le parquet de Bruxelles ayant donné des avis négatifs. Mais c’est le patriotisme qu’il met en avant !...

Les hommes politiques riches et sans complexes vis-à-vis de l’argent, avec une cynique indifférence envers l’éthique sont légion: En vrac : Silvio Berlusconi, Dominique Strauss-Kahn, Jérôme Cahuzac, Sebastian Piñera (Chili), Nicolas Sarkozy, Boris Johnson. ..Les oligarques qui mènent la France, l’Europe et peut-être la planète toute entière à sa perte n’ont jamais reconnu leur responsabilité dans la crise financière de 2008. Ils accusent les peuples de coûter trop cher, d’être trop gourmands, de dépenser trop pour leur santé et leur éducation. Ils cherchent ainsi à se défausser sans jamais, eux, remettre en cause leur cupidité financière…
Les sociologues exposent ensuite la justice à deux vitesses.
Les riches fraudeurs bénéficient d’accords à l’amiable avec l’Etat. En 2009, Eric Woerth met en place une « cellule de dégrisement » destinée à traiter le cas de 3000 fraudeurs détenant des comptes en Suisse non déclarés. La liste venait de fichiers copiés par Hervé Falciani, un informaticien de la banque HSBC. 4725 contribuables demandèrent « la paix des braves » en se livrant au fisc triomphant. Mais sur ces 4725, seuls 68 provenaient de la liste fournie ! Les avoirs français déposés en Suisse, non déclarés, sont évalués entre 50 et 90 milliards d’euros…
L’abandon, par l’Etat, de la politique pénale foncière est total…
Les différents délits sont traités avec une logique de classe. La délinquance contre laquelle on lutte dans les Hauts-de-Seine, c’est essentiellement les stupéfiants. Mais la grande délinquance n’est pas celle- là, elle est à la Défense ou dans l’aménagement des berges de la Seine…
Les comparutions immédiates et les peines planchers sont des procédures expéditives chargées de tenir en respect les jeunes en difficulté, alors que les puissants passent le plus souvent au-travers des mailles du filet juridique…
On peut distinguer dans la bouche de certains sénateurs l’ébauche de la construction d’un « ennemi de l’intérieur » dont les travailleurs qui refusent l’asservissement au profit des dominants seraient la cheville ouvrière…
Les journalistes libéraux ne mentionnent jamais la violence des riches. Ils inversent le sens de la responsabilité en attribuant l’origine de la violence aux plus démunis et se gardent bien de mettre en cause les dégâts provoqués par les spéculateurs et la fraude fiscale…
La démocratie française étant devenue, de fait, censitaire, les candidats appartenant déjà aux élites et les électeurs les plus modestes n’allant plus voter, cela explique que l’oligarchie puisse produire un libéralisme de gauche après un libéralisme de droite. »
www.atelier-idees.org
Annie Keszey