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24/03/2016

Jeunesses à l'abandon.

La construction universelle d’une exclusion sociale. Editions Mimésis, 14 €, 140 pages, Michel Fize.

jeunesses à l'abandon.pngMichel Fize est sociologue, écrivain, spécialiste des questions de la jeunesse et de la famille.

La situation de la jeunesse aujourd’hui est dramatique : chômage, précarité et échecs scolaires... Toutes les jeunesses du monde sont pareillement touchées par ces fléaux...Les raisons de l’exclusion des jeunes sont plus profondes que les raisons avancées et ne doivent rien au hasard. L’exclusion est construite par des représentations négatives de l’âge de la jeunesse qui justifient leur écart des « bons »emplois, des « hautes » responsabilités...

Extraits discontinus.

En France, nous sommes bien, en 2016, plus que jamais face à une « génération précaire », « misérable ». 22.5% des jeunes français sont aujourd’hui en situation de précarité. .. Près d’un quart des jeunes français vit sous le seuil de pauvreté, dont ceux qui ne vivent plus chez leurs parents... La moitié des étudiants français doit travailler pour payer ses études... La moitié des étudiants français vit aujourd’hui avec moins de 400 €/mois...Un jeune sur deux seulement travaille dans un domaine pour lequel il a été formé... Le secours catholique évoque les jeunes en extrême précarité (17%), souvent des hommes d’Europe de l’Est et d’Afrique subsaharienne sans titre de séjour et les jeunes Français en rupture familiale, à la rue...Les discriminations à l’embauche pèsent sur les jeunes en général et ceux d’origine maghrébine et de couleur noire en particulier...Les principaux critères de discrimination sont le genre, l’origine ethnique et l’apparence physique. Ainsi une apparence physique « non conventionnelle » est-elle considérée par les sondés comme le principal inconvénient à l’embauche d’un jeune (à 71 % dans le public et à 73 % dans le privé)...

[Christel Brigaudeau, journaliste, à partir d’un rapport du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, souligne, dans « Le Parisien » du 19 mars 2016, l’échec massif des étudiants en première année d’université : seuls 39 % des entrants passent en 2de année. Les échecs sont irréguliers selon le type de baccalauréat acquis et la discipline dominante choisie. Les étudiants titulaires du bac S, scientifique, échouent le moins. Les taux d’échecs augmentent selon l’ordre des baccalauréats : économique, littéraire, technologique et, enfin, professionnel. Les étudiants issus des baccalauréats professionnels n’ont pratiquement aucune chance d’obtenir une licence... Ni les présidents d’université, ni la ministre de l’Education nationale, ni les professeurs ne se remettent en cause alors que l’inefficacité des universités est maximaliste et dramatique.

Benoît Floc’h, dans « Le Monde » du 16 mars 2016, souligne les énormes dégâts en licence de l’université : seuls 28 % des étudiants obtiennent leur licence en 3 ans. Si l’on compte ceux qui ont besoin de 4 ou 5 ans, la part monte à 44.5 %. La FAGE organisation d’étudiants, à partir du constat des privilèges accordés aux grandes écoles critique l’Etat qui fait le choix d’entretenir une caste plutôt que de répondre à l’intérêt général...]

30 % des diplômés doivent attendre un an, en moyenne, avant de décrocher un emploi...

La planète en 2016, forme de plus en plus d’étudiants qui a l’issue de leurs études, viennent simplement grossir le nombre des chômeurs...En France, par exemple, en une quinzaine d’années, le nombre de diplômés chômeurs a été multiplié par 3 passant de 3 % à 9 %, en moyenne...En Espagne, 40 % des jeunes occupent aujourd’hui un poste inférieur à leur niveau d’études...

Presque partout dans le monde le taux de chômage des jeunes est deux fois plus élevé que celui des adultes...

Aujourd’hui, il n’y a plus d’idéologies porteuses pour la jeunesse, plus de sens !

En France, le nombre de tentatives de suicides des moins de 24 ans reste encore à un niveau élevé : 50 000 au moins par an...

Les jeunes, qu’ils soient diplômés ou non, dans de très nombreux pays rêvent d’exode...Le nombre de jeunes Français qui s’installent à l’étranger augmente de 4% par an depuis les années 2000 et les expatriés restent de plus en plus longtemps hors de France...

En mai 2015, le ministre de l’Intérieur a révélé que 457 jeunes Français combattaient sous la bannière djihadiste, soit une augmentation de 203 % en un an...L’augmentation évaluée en mai 2016 sera encore plus attristante.

Quels sont les responsables de la débâcle juvénile ?

Le discours adulte sur les jeunes, qui s’appuie sur des clichés et des étiquettes est éminemment globalement négatif. Cet âge est toujours défini par l’adulte-parleur comme un condensé de difficultés, une charge épouvantable. La jeunesse est toujours appréhendée comme un « problème »...L’on a définitivement compris que pour les adultes actuels, « les jeunes d’aujourd’hui » sont toujours moins bien que « les jeunes d’hier » c’est-à-dire eux-mêmes...

Les observateurs, depuis les années 1960, désignent généralement comme première responsable du mauvais sort de la jeunesse l’Education nationale française à qui sont imputées notamment des erreurs d’orientation. Ils dénoncent l’inadéquation de l’école aux besoins du marché du travail, ainsi que l’inadaptation de l’offre et de la demande. Ils dénoncent l’insuffisance ou l’absence de formation...L’échec scolaire des plus pauvres n’est pas un accident, il est inhérent à un système qui a globalement conservé la structure et l’organisation adaptées à la mission qui lui a été assignée à l’origine : trier et sélectionner...Les patrons parlent aussi du manque de sociabilité des jeunes, ou une allergie à certains types d’activités (restauration, bâtiment et travaux publics...), leur refus de s’adapter aux règles de l’entreprise...sans oublier le fameux « manque d’expérience » - un manque dont on ne voit toujours pas comment on pourrait l’éliminer pour les demandeurs de « premier emploi » ! L’inexpérience est définitivement un critère attribué à l’âge de la jeunesse, qui n’est bien sûr qu’un simple préjugé. Voilà comment l’on construit un mécanisme d’exclusion...

Les observateurs mentionnent aussi des explications économiques. Le pouvoir politique, accusé, se défend en indiquant selon la célèbre formule mitterrandienne, qu’il a « tout essayé ». Mais qu’a-t-il essayé au juste ? Les recettes classiques comme l’abaissement des charges des entreprises, en contrepartie d’embauche de moins de 25 ans ? Sans grands résultats, on le sait, si ce n’est pour les patrons un effet d’aubaine. On se rappelle que les entreprises de ce pays ont souvent empoché les aides sans créer d’emplois...

Enfin, pour se donner bonne conscience d’agir, les Etats, au moins d’Europe, ont pris l’habitude de se réunir pour quelques « grands-messes ». Hollande y a participé en juillet et novembre 2013 et en 2014 ! [La jeunesse, en France, est déclarée prioritaire depuis 2012. En quatre ans le nombre de chômeurs a augmenté d’un million, trois ans après leur sortie du système éducatif, un jeune sur cinq se retrouve au chômage et plus d’un tiers en emploi précaire. Les « emplois d’avenir », les «contrats starter », la « garantie jeunes », la « réforme des bourses étudiantes », le « coup de pouce au logement étudiant », le « contrat de génération », décisions de François Hollande, sont bien allés vers les publics les plus fragiles mais la pertinence des mesures qui s’instaurent dans une étonnante discrétion doit être évaluée... Françoise Fressoz.]

Pour sortir la jeunesse de cette infortune, il faut reconstruire autrement l’édifice social...Partout dans le monde la jeunesse a besoin, au-delà d’emplois et de réussite scolaire, de reconnaissance, d’implication dans la vie de la cité et de se sentir partout utile...

Demandez le « programme jeune ». Michel Fize appelle l’Etat inefficace,  en urgence, à définir une POLITIQUE GLOBALE, qui vise à la fois une meilleure insertion dans les domaines de l’éducation, de l’économie, de la santé, du logement, de l’engagement public, ce qui passe assurément par l’institution d’un grand « Ministère de la Jeunesse et de la Solidarité entre générations », une décision qui serait une marque de respect envers la jeunesse...Tout citoyen de 16 à 25 ans, afin d’être protégé de la précarité, devrait toucher une allocation d’autonomie, financée à terme par des cotisations patronales. Par ailleurs, le revenu de solidarité pourrait être étendu à tous les moins de 25 ans, sans autres conditions que celles des ressources familiales disponibles...L’auteur propose de nombreuses autres initiatives dont l’abandon des stages non rémunérés, un pourcentage d’emplois libres réservés pour la jeunesse, des contrats plus longs et plus stables, une école de l’excellence pour tous aux pratiques de collaboration entre élèves valorisées...

Dans le monde, le chômage est lié à l’immigration et au développement économique. Dans dix ans, par exemple, quelques onze millions de jeunes africains entreront sur le marché du travail. Ces emplois auront-ils été créés ?...

Image : babelio.com                                                    Annie Keszey.

13:00 Publié dans EDUCATION, EUROPE, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jeunesses, précarité, échec scolaire, chômage, dégâts en licence | | |  Facebook

01/01/2015

François.

Le pape François, le 25 novembre 2014, a prononcé deux discours de politique catholique, au Parlement européen et au Conseil de l’Europe. 

th (3).jpg« Chers Eurodéputés, l’heure est venue de construire ensemble l’Europe qui tourne, non pas autour de l’économie, mais autour de la sacralité de la personne humaine, des valeurs inaliénables… L’Europe qui contemple le ciel et poursuit ses idéaux ; l’Europe qui regarde, défend et protège l’homme ; l’Europe qui chemine sur la terre sûre et solide, précieux point de référence pour toute l’humanité… »  

Son message d’espérance et d’encouragement, ses beaux vœux, pieux, ont souvent dépassé  ses principes religieux pour atteindre l’universalité.

pape_francois_1er.jpg

Extraits du 1er discours.

« …A côté d’une Union européenne plus grande, il y a aussi un monde plus complexe, et en fort mouvement. Un monde toujours plus interconnecté et globalisé, et donc de moins en moins « euro-centrique ». A une Union plus étendue, plus influente, semble cependant s’adjoindre l’image d’une Europe un peu vieillie et comprimée, qui tend à se sentir moins protagoniste dans un contexte qui la regarde souvent avec distance, méfiance, et parfois avec suspicion …

Aujourd’hui la promotion des droits humains joue un rôle central dans l’engagement de l’Union européenne en vue de favoriser la dignité de la personne en son sein comme dans ses rapports avec les autres pays. Il s’agit d’un engagement important et admirable, puisque trop de situations subsistent encore dans lesquelles les êtres humains sont traités comme des objets dont on peut programmer la conception, la configuration et l’utilité, et qui ensuite peuvent être jetés quand ils ne servent plus, parce qu’ils deviennent faibles, malades ou vieux…

Par conséquent, je considère qu’il est plus que jamais vital d’approfondir aujourd’hui une culture des droits humains qui puisse sagement relier la dimension individuelle, ou mieux, personnelle, à celle de bien commun, de ce «nous-tous » formé d’individus, de familles et de groupes intermédiaires qui s’unissent en communauté sociale. En effet, si le droit de chacun n’est pas harmonieusement ordonné au bien plus grand, il finit par se concevoir comme sans limites et, par conséquent, devenir source de conflits et de violences…

Donner espérance à l’Europe ne signifie pas seulement reconnaître la centralité de la personne humaine, mais implique aussi d’en favoriser les capacités…Les jeunes d’aujourd’hui demandent à pouvoir bénéficier d’une formation adéquate et complète pour regarder l’avenir avec espérance plutôt qu’avec désillusion…

On ne peut tolérer que des millions de personnes dans le monde meurent de faim, tandis que des tonnes de denrées alimentaires sont jetées chaque jour de nos tables. En outre respecter la nature, nous rappelle que l’homme lui-même en est une partie fondamentale. A côté d’une écologie environnementale, il faut donc une écologie humaine, faite du respect de la personne…

Il est temps de favoriser les politiques de l’emploi, mais il est surtout … nécessaire de  redonner la dignité au travail, en garantissant aussi d’adéquates conditions pour sa réalisation. Cela implique, d’une part, de repérer de nouvelles manières de conjuguer la flexibilité du marché avec les nécessités de stabilité et de certitude de perspectives d’emploi, indispensables pour le développement humain des travailleurs.

De même, il est nécessaire d’affronter ensemble la question migratoire. On ne peut tolérer que la mer Méditerranée devienne un grand cimetière. Dans les barques qui arrivent quotidiennement sur les côtes européennes, il y a des hommes et des femmes qui ont besoin de soutien et d’aide…L’Europe sera en mesure de faire face aux problématiques liées à l’immigration si elle sait proposer avec clarté sa propre identité culturelle et mettre en acte des législations adéquates qui sachent en même temps protéger les droits des citoyens européens et garantir l’accueil des migrants. Si elle sait adopter des politiques justes, courageuses et concrètes qui aident leurs pays d’origine dans le développement sociopolitique et dans la résolution des conflits internes-cause principale de ce phénomène- au lieu des politiques d’intérêt qui accroissent et alimentent ces conflits. Il est nécessaire d’agir sur les causes et pas seulement sur les effets…

A vous législateurs, revient le devoir de protéger et de faire grandir l’identité européenne, afin que les citoyens retrouvent confiance  dans les institutions de l’Union et dans le projet de paix et d’amitié qui en est le fondement… »

Images : bfmtv.com et rue 89 strasbourg.com

 

Annie Keszey.

 

14:17 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pape françois, europe, droits humains, paix, espérance | | |  Facebook

02/06/2014

UN RAVISSANT MARIAGE EUROPEEN.

 

29/05/2014. UN RAVISSANT MARIAGE EUROPEEN. 

Ce témoignage réfute le souhait archaïque « Bleu Marine » d’un repli identitaire. 

En Allemagne, la Bavière est une superbe région. La nature est faite de montagnes aux sommets enneigés, de collines couvertes de sapins et d’espaces agricoles travaillés, soignés, traversés par de nombreuses rivières…Les maisons vastes, gracieuses et colorées,  décorées par des balcons en bois sculpté, aux toits souvent couverts de panneaux solaires  se groupent, dans chaque village, autour d’une église catholique au clocher à bulbe. Le catholicisme reste la religion majoritaire. 

Le samedi 24 mai 2014, à Roggenburg, Gabor a épousé Zeynep. Tous deux sont avocats, spécialisés en « brevets ». Gabor est le fils aîné d’un père ingénieur et d’une mère dentiste, Hongrois nés à Cluj, en Roumanie : Ils ont quitté la dictature de Ceausescu pour choisir de vivre en Allemagne dont ils parlent parfaitement la langue. Le jeune fiancé, laïc, ainsi que son frère médecin, ont la nationalité allemande. Zeynep, la très belle mariée, est turque, musulmane, sa famille a également choisi de vivre en Bavière.  Le nouveau  couple s’installera à Munich. Avant la cérémonie, Gabor a suivi en souriant une coutume turque : il est allé chercher sa future épouse chez ses parents. Il a dû frapper à la porte de la chambre et  convaincre Zeynep de le suivre en lui offrant un cadeau selon la coutume : deux petits chameaux, en peluche ! Les deux promis sont sortis sous les pétales de fleurs et ont rejoint l’ancienne et rutilante voiture DS Citroën, louée pour l’occasion, afin de rejoindre la mairie.  Zeynep portait une robe longue en tulle blanc, sobre et élégante.  Dans les mairies de Bavière, le Christ crucifié est accroché sur le mur principal de la salle des mariages. Se marier face à ce Christ pouvait  troubler Zeynep…C’est pourtant ce qui fut. Le maire, ouvert et sobre, fit un long discours retraçant la jeunesse de chacun des futurs époux  et prodigua des conseils civiques. L’oubli des alliances, dans une voiture, au moment de les échanger, détendit cette atmosphère recueillie.  

L’acceptation de la tradition des chameaux, le refus du retrait de la croix sont un exemple de compromis culturel hiérarchisé, intelligent, entre  des conceptions différentes, qui protège contre la « haine et le rejet » de l’autre, leitmotiv du FN français. 

Il n’y a pas eu  de cérémonie religieuse. 

Les cent invités à la réception étaient européens de cœur et de raison. Majoritairement Hongrois nés en Roumanie, ils ont quitté, à divers âges, ce pays natal,  pour  immigrer,  en Allemagne, Hongrie, Autriche, France, Canada ou Etats-Unis. Tous ont fait des études longues et possèdent des diplômes de hautes qualifications qui ont évidemment facilité la réussite de leurs professions et de leurs vies, en Europe. A part de rares exceptions, ils parlent couramment au moins 4 langues : leurs 2 langues natales, le hongrois et le  roumain, l’anglais et la langue de leur pays d’adoption.  Une jeune femme y ajoute le portugais et le français après un an au Brésil et un autre à Rennes, en Bretagne. Une autre parle un espagnol littéraire après 2 ans en Equateur. 

Dans le cadre parfait du cloître-hôtel de Roggenburg, la réussite scolaire et professionnelle de ces invités, leur volonté de comprendre fraternellement le monde, leurs relations chaleureuses et leur rejet absolu des dictatures qu’ils ont fuies  symbolisent fortement une harmonie et un bonheur européens.  

Au début du repas de  noce le père du marié a fait un discours.  Les Turcs, dans l’histoire, ont combattu et écrasé les Hongrois : à Mohacs, sur le Danube en 1526, puis à Bude. Soliman le Magnifique, sultan de Constantinople, contrôla alors les 2/3 de la Hongrie et Ferdinand, frère de Charles Quint, dut payer un tribut annuel au sultan parce qu’il possédait le  1/3 restant.  La mère, le beau-père, le père, la belle-mère, les sœurs, les demi-frères (une famille recomposée) et Zenep, tous turcs, paraissaient inquiets… Puis le rappel historique a continué par la libération guerrière de la Hongrie sortie de la domination turque, en 1696, pour une autre domination ! Enfin, en 2014, ici, un Hongrois- Allemand, Gabor, est vaincu pacifiquement, de son plein gré, par le charme de Zeynep, femme turque musulmane, jeune, fine, rayonnante.   

Guerres puis paix. 

Le lendemain du mariage, les Allemands élisaient aussi leurs députés européens. Le soir, en petit groupe, des invités changeaient de chaînes de télévision pour connaître, rapidement, les résultats des élections dans divers pays. L’arrivée de l’extrême droite, au second rang derrière les abstentionnistes, a perturbé l’idée positive qu’ils avaient de la France. Il ne s’agissait pas de leur méconnaissance du risque annoncé par sondage, ni d’absence de critiques sur les dysfonctionnements de l’Europe, mais d’incrédulité tant ce choix leur semblait paradoxal. En quelques minutes, les thèmes interrogatifs, développés ensuite, tard dans la soirée, étaient énoncés : 

  • Est-ce bien la France du grand siècle des Lumières ?

  • Pourquoi  le FN s’oppose-t-il à l’immigration, « moyenne » en France et mondialement irréversible ?

  • Le FN qui a une peur pathologique de « l’autre », aurait-il  oublié les invasions barbares colonisatrices françaises?

  • Le retour vers la Gaule antique, par l’autarcie, n’est-il pas un projet économique rustique et suicidaire, frein imparable au processus d’adaptation de  « destruction-créatrice » nécessaire à la nouvelle croissance économique, écologique et humaniste ?..

  • Pourquoi les medias donnent- ils si peu la parole aux immigrés, afin qu’ils soient connus? 

    Marine Le Pen, avocate, Louis Aliot, avocat, Florian Philippot, « énarque », Philippe Martel, énarque, Bernard Monot, économiste et d’autres responsables du FN, solidement diplômés, cadres dans la société française, élite traditionnelle insérée dans un népotisme familial, pensent-ils sérieusement représenter les ouvriers qui ont voté pour eux ? Il est étrange qu’ils n’aient jamais (ou rarement) proposé des mesures volontaires pour établir enfin l’égalité des chances et rétablir l’ascenseur social au sein de l’Education Nationale.  Promouvoir les démunis afin qu’ils réussissent leur vie personnelle et professionnelle serait plus durable que de les « embrigader idéologiquement » par des promesses vides, pour capturer leurs suffrages. Les connaissances aident à penser et à renoncer à certaines convictions erronées, même s’ils sont, eux, responsables du FN, des contre-exemples. En effet, ils feutrent, ripolinent des idées détestables, celles des fondamentaux idéologiques inchangés du parti extrémiste, cachent des notions mortifères sous des noms héroïques, par exemple, ils appellent patriotisme leur retour au nationalisme, cassent l’Europe mais leurs députés élus acceptent d’être rémunérés confortablement par des fonds publics pour tuer l’Union européenne, rémunération certes légale d’une démocratie  parfois paroxystique.

    Aucun parti politique n’a su empêcher, pour l’instant, ce résultat électoral rétrograde et scabreux mais l’avenir de l’Histoire n’est jamais prévisible. Un combat pacifique collectif, obligatoirement  pertinent, contre des sourires politiques prédateurs, élèvera certainement  la France, en Europe.   

     

    www.atelier-idees.org                       www.notreputeaux.com     Annie Keszey.

      

     

 

15:07 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : allemand, hongrois, turc, musulmane, mariage, fn, élection européenne | | |  Facebook