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13/05/2014

ABSENTEISME ET CUPIDITE D'EURODEPUTES DE FRANCE.

L’actuel Parlement européen compte 754 députés dont 74 pour la France, nombre lié au nombre d’habitants. Ce parlement sera renouvelé en mai 2014, au suffrage universel par 400 millions d’électeurs des 28 états membres : il comptera 751 députés dont le président. 44 millions d’électeurs français vont  élire 74 députés.
Le travail d’un député prévoit l’assistance aux séances plénières mensuelles de  Strasbourg  et la participation aux nombreux travaux parlementaires, à Bruxelles.
Sauf en fiscalité et affaires étrangères le Parlement est « co -décisionnaire » mais doit s’adapter aux compromis entre la Commission et le Conseil des ministres des Etats. Il possède un droit de veto sur le budget 2014-2020, mais ne l’a pas utilisé. Ses propositions sont parfois fortes telles la mutualisation des dettes publiques au moment des difficultés grecques  et  la quarantaine de directives pour réformer et contrôler les banques.
L’indemnité de base est la même pour l’ensemble des députés : 6200 € net/mois. Un retrait financier est pratiqué sur l’indemnité en cas de présence inférieure à 50 % des séances plénières. Pour chaque jour de présence à Bruxelles et Strasbourg, chaque député reçoit 304 € complémentaires, à la condition d’avoir signé le registre de présence. La 3ème indemnité forfaitaire de 4299 €/mois couvre les frais divers et s’y ajoutent divers avantages dont la carte de réduction de 2/3 du coût des voyages en Thalys, par exemple. Le paiement de collaborateurs fixé à 22 000 € est assuré également par les fonds européens
Oui, mais !
Cupidité ou tromperie?
 Les ténors nationaux, députés européens, Philippe de Villiers, Rachida Dati, Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen,  Jean-Luc Mélenchon… manifestent un absentéisme « calculé » à Strasbourg (afin de ne pas perdre leur indemnité sans doute) et ne travaillent pas à Bruxelles.
Ils utilisent l’argent et les structures du parlement, sans rien faire. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon n’y défendent nullement leurs idées (source : Alain Lamassoure).
Le député néerlandais Der Jan Eppink fait remarquer que « s’ils avaient été  dans le privé, ils seraient virés depuis longtemps. »
Philippe de Villiers pourrait avoir des problèmes de santé. Jean-Luc Mélenchon conteste les rapports sur son absentéisme en invoquant son engagement à défendre de multiples causes, en France : les rédacteurs de rapports publient ses contestations mais ne changent pas leurs statistiques !
A l’opposé, des députés européens français, peu médiatisés, sont des exemples de présence, de participation et d’influence : Jean-Paul Gauzès, Pervenche Bérès, Sylvie Goulard, Catherine Trautmann, Alain Lamassoure…Leur réélection serait positive.
Les eurodéputés français intermédiaires ont un taux de présence acceptable  et votent mais restent absents des dossiers tels Brice Hortefeux et Harlem Désir…Paradoxalement Harlem Désir vient d’être nommé, en France, aux affaires européennes ; son intérêt personnel a été mieux servi par le Pouvoir que l’intérêt de tous.
40.5 % de ces députés français sont des « cumulards » de fonctions électives contre 4 %  des députés du Royaume-Uni. Les vedettes politiques nationales qui se cherchent un abri après un incident de parcours politique sont peu motivées, en général, par l’Europe : le cas le plus inacceptable semble être est celui de Rachida Dati. Sa candidature de 2014 est une nouvelle tromperie.
Pour l’élection de mai, d’autres chercheurs d’abris, inexistants dans le domaine des idées, pourraient être les têtes de liste  Nadine Morano, qui fut députée de l’Assemblée nationale pendant 18 mois et présente moins de 2 semaines sur 4, Brice Hortefeux, Eva Joly, Michèle Alliot-Marie…
Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen se représentent.  Par civisme et pour éviter un nouveau gaspillage financier les électeurs devraient les évincer.
Pour voter, il faut SAVOIR. Les sites militant pour la transparence du Parlement européen restent rares mais progressent : VoteWatch Europe, en anglais, par exemple.
Sources : www.observatoiredessubventions.com, www.lepoint.fr, www.lintern@ute.com
Annie Keszey. www.atelier-idees.org  www.notreputeaux.com

 

23/10/2013

LA DELINQUANCE DES RICHES.

CHAPITRE 2 de LA VIOLENCE DES RICHES, CHRONIQUE D’UNE IMMENSE CASSE SOCIALE.
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. ZONES. Suite.


Extraits. 
La fraude à la Sécurité sociale, c’est la plus terrible et la plus insidieuse des trahisons de l’esprit de 1945. C’est la faute qui ruine les fondements mêmes de la République sociale. «  Cette belle déclaration fut prononcée par Nicolas Sarkozy à Bordeaux le 15 novembre 2011. Il pensait, bien sûr, au salarié prenant quelques jours d’arrêt maladie de complaisance. Pourtant, il n’avait pas beaucoup de grains à moudre : si les fraudes sociales sont estimées à 20 milliards d’euros, les allocataires fraudeurs en représentent seulement 1%, soit 200 millions, d’après la dernière mission d’évaluation des comptes de la Sécurité sociale. En effet, 80% de cette fraude sont liés aux cotisations patronales (16 milliards) que les employeurs ne paient pas parce qu’ils ont recours au travail dissimulé…
La guerre idéologique contre les travailleurs et les personnes les plus démunies ne cesse de les stigmatiser comme assoiffés d’assistanat. Elle porte ses fruits de manière inattendue puisque ce sont chaque année, en France, 4 milliards d’euros dus au titre des prestations qui ne sont pas réclamés par leurs bénéficiaires. En 2012, des chercheurs regroupés dans l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odemore) ont établi que les causes en sont multiples, ntamment le manque d’information, la complexité des démarches ou la timidité sociale des ayants-droits…
En septembre 2013, la demande de la nationalité belge par Bernard Arnault, première fortune professionnelle de France, avec 243 milliards d’euros, selon le palmarès 2013 de l’hebdomadaire Challenges, et onzième fortune du monde selon Forbes, qui le classe derrière Liliane Bettencourt, a déclenché un tohu-bohu médiatique. Cela a été vécu comme une déclaration de guerre aux 9 millions de Français qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté…
En ces temps difficiles, le sentiment de trahison est lié à ce qui est apparu comme la recherche d’une fiscalité moins menaçante. Les plus riches souhaitent non seulement s’affranchir de leurs impôts, mais avec le signal du plus doté d’entre eux, ils refusent désormais les contraintes liées à une identité nationale devenue un frein à l’identité mondiale du capitalisme dérégulé et financiarisé dans lequel Bernard Arnault occupe une place de choix…Environ 140 des 420 sociétés du groupe LVMH qu’il dirige sont localisées dans des paradis fiscaux, ce qui laisse penser que l’optimisation fiscale est bien une préoccupation du groupe…
Malgré sa puissance, Bernard Arnault a été obligé en avril 2013 de renoncer à la nationalité belge, l’Office des étrangers et le parquet de Bruxelles ayant donné des avis négatifs. Mais c’est le patriotisme qu’il met en avant !...

Les hommes politiques riches et sans complexes vis-à-vis de l’argent, avec une cynique indifférence envers l’éthique sont légion: En vrac : Silvio Berlusconi, Dominique Strauss-Kahn, Jérôme Cahuzac, Sebastian Piñera (Chili), Nicolas Sarkozy, Boris Johnson. ..Les oligarques qui mènent la France, l’Europe et peut-être la planète toute entière à sa perte n’ont jamais reconnu leur responsabilité dans la crise financière de 2008. Ils accusent les peuples de coûter trop cher, d’être trop gourmands, de dépenser trop pour leur santé et leur éducation. Ils cherchent ainsi à se défausser sans jamais, eux, remettre en cause leur cupidité financière…
Les sociologues exposent ensuite la justice à deux vitesses.
Les riches fraudeurs bénéficient d’accords à l’amiable avec l’Etat. En 2009, Eric Woerth met en place une « cellule de dégrisement » destinée à traiter le cas de 3000 fraudeurs détenant des comptes en Suisse non déclarés. La liste venait de fichiers copiés par Hervé Falciani, un informaticien de la banque HSBC. 4725 contribuables demandèrent « la paix des braves » en se livrant au fisc triomphant. Mais sur ces 4725, seuls 68 provenaient de la liste fournie ! Les avoirs français déposés en Suisse, non déclarés, sont évalués entre 50 et 90 milliards d’euros…
L’abandon, par l’Etat, de la politique pénale foncière est total…
Les différents délits sont traités avec une logique de classe. La délinquance contre laquelle on lutte dans les Hauts-de-Seine, c’est essentiellement les stupéfiants. Mais la grande délinquance n’est pas celle- là, elle est à la Défense ou dans l’aménagement des berges de la Seine…
Les comparutions immédiates et les peines planchers sont des procédures expéditives chargées de tenir en respect les jeunes en difficulté, alors que les puissants passent le plus souvent au-travers des mailles du filet juridique…
On peut distinguer dans la bouche de certains sénateurs l’ébauche de la construction d’un « ennemi de l’intérieur » dont les travailleurs qui refusent l’asservissement au profit des dominants seraient la cheville ouvrière…
Les journalistes libéraux ne mentionnent jamais la violence des riches. Ils inversent le sens de la responsabilité en attribuant l’origine de la violence aux plus démunis et se gardent bien de mettre en cause les dégâts provoqués par les spéculateurs et la fraude fiscale…
La démocratie française étant devenue, de fait, censitaire, les candidats appartenant déjà aux élites et les électeurs les plus modestes n’allant plus voter, cela explique que l’oligarchie puisse produire un libéralisme de gauche après un libéralisme de droite. »
www.atelier-idees.org
Annie Keszey

10/10/2013

QU'EST-CE QUE LA VIOLENCE?

LA VIOLENCE DES RICHES. Chronique d’une immense casse sociale. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. Zones. 17 €.


Les auteurs sont sociologues, anciens directeurs de recherche au CNRS.


Avant-propos.

violence 1.jpg« Qu’est-ce que la violence ? Pas seulement celle des coups de poings ou des coups de couteau des agressions physiques directes, mais aussi celle qui se traduit par la pauvreté des uns et la richesse des autres. Qui permet la distribution des dividendes en même temps que le licenciement de ceux qui les ont produits. Qui autorise des rémunérations pharaoniques en millions d’euros et des revalorisations du Smic qui se comptent en centimes.
    Mobilisés à tous les instants sur tous les fronts, les plus riches agissent en tenue de camouflage, costume-cravate et bonnes manières sur le devant de la scène, exploitation sans vergogne des plus modestes comme règle d’or dans les coulisses. Cette violence sociale, relayée par une violence dans les esprits, tient les plus humbles en respect : le respect de la puissance, du savoir, de l’élégance, de la culture, des relations entre gens du «  beau » et du « grand monde ».
    L’accaparement d’une grande partie des richesses produites par le travail, dans l’économie réelle, est organisé dans les circuits de la finance gangrénée. Les riches sont les commanditaires et les bénéficiaires de cette violence aux apparences savantes et impénétrables, qui confisque les fruits du travail. A travers les chroniques de la guerre sociale en cours, nous allons observer les visages des vrais casseurs en nous appuyant sur du concret, des descriptions de lieux et de faits et l’analyse des mécanismes de cette violence insidieuse venue d’en haut. La crise est celle des vies brisées, amputées de tout projet d’avenir, dans cette immense casse sociale à laquelle les dirigeants politiques de droite et de la gauche libérale se sont associés… »
A suivre.
Image: npa29.unblog.fr
Annie Keszey.
www.notreputeaux.com
www.atelier-idees.org