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06/10/2015

La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires.

  « En réalité, le vrai débat n’est pas de savoir si le modèle républicain est pertinent économiquement. Il est de savoir s’il fait ou non société. S’il permet de tirer vers le haut les autres territoires et d’intégrer économiquement les catégories modestes qui vivent à l’écart des métropoles ou si le rôle des métropoles se limite à redistribuer un minimum de ressources vers des territoires condamnés et des populations inutiles... Christophe GUILLUY. Champs Actuel 6€. 2014. 186 pages

Les fondements logiques du vote FN. 

Christophe Guilluy est géographe. Il est l’auteur avec Christophe Noyé, de l’Atlas des nouvelles fractures en France (Autrement 2004) et d’un essai remarqué, Fractures françaises (Champs-Flammarion, 2015).

 

Extraits discontinus.

 

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08/09/2015

LA TRAHISON DE François HOLLANDE.

A part les idéologues bloqués  par le déni, ou dans l’enfumage d’un PS malade, les citoyens sont parfaitement conscients de la trahison politique de leur actuel président de la République, François Hollande. Les promesses de sa campagne électorale sont  oubliées, trahies, les deux principales sont rappelées régulièrement par la presse :

 -...Mon adversaire, c’est la finance !

 -...Le dernier traité européen sera renégocié !

 L’hebdomadaire Marianne du 4 au 10 septembre 2015, livre des positions diverses, modulées et fines sur cette trahison. 

Jean-François Kahn, dans son dernier ouvrage « L’ineffaçable trahison- Plon- 180 pages- 10 € » analyse et juge les décisions prises par François Hollande : « Le revirement hollandais n’a jamais été assumé, expliqué, sublimé...L’erreur majeure de François Hollande, celle qu’il est en train de faire payer au pays tout entier, c’est de n’avoir jamais fait le récit de sa trahison... En trois ans de mandat, jamais il n’a fait l’effort (ou cru bon) de théoriser, de justifier, de transfigurer son changement de politique. Au lieu de quoi, le non-dit. Au lieu de quoi, le bazar...

 

Michel Onfray, philosophe, dans son article « Fidèle à l’infidélité » écrit « Pour faire simple, je dirai qu’il y a deux Hollande, celui qui parle et celui qui agit...Mais dans la perspective signalée par Machiavel, Hollande ne s’est jamais posé que deux questions. Celle du passé : que faire pour parvenir au pouvoir ? Celle du présent, quand j’y suis que faire pour m’y maintenir ? La réponse à ces deux questions est : tout. Ce Hollande-là, oui, s’est trahi et a trahi... Mais le Hollande qui agit comme patron du PS pendant dix ans et comme président de la République depuis trois ans, c’est le même et il ne lâche rien à la ligne à laquelle il croit : le libéralisme européen dans le cadre dessiné par Maastricht. A cet idéal, il sacrifie tout. La trahison fait partie des armes utilisées...Il n’y a pas une feuille à papier à cigarette entre un libéral de droite et un libéral de gauche, juste une différence de style, de ton, de caractère, d’emballage. On a vu combien  le « moi candidat »  Hollande s’est désintégré en vol et comment la pratique de cet homme semblait indexée sur celle de Sarkozy, des copains placés par le pouvoir à l’étalage de sa vie privée en passant par le massacre de la langue française ou les pleins pouvoirs donnés à ses communicants.... 

En régime médiatique, autrement dit, le nôtre, celui qui a remplacé le régime démocratique, le plus certain d’être élu est le libéral qui aura le plus surenchéri dans la démagogie...

 

Alain-Gérard Slama, historien et politologue tempère le jugement de Jean- François Kahn. Certains cas de trahison, sont plutôt, d’après lui, « des cas d’ajustements, de nature pragmatique, à une réa3lité que l’on n’avait pas pleinement anticipée. En accomplissant le tournant social-libéral incarné par Emmanuel Macron, Hollande se situe dans ce type d’ajustements... ». 

Pour Alain-Gérard Slama, la trahison est plutôt celle de Nicolas Sarkozy devenu chef des « Républicains », alors que « chacun garde en mémoire son plaidoyer pour la « laïcité positive », son exaltation du rôle éminent du curé, ou sa défense de la « discrimination positive » doublée de la création du CFCM. »

 

Luc Ferry, homme de droite, philosophe, ignore la traitrise. Dans l’article « Pour être généreux, il faut être riche », il reproche à Hollande « de n’avoir pas poussé beaucoup plus tôt et beaucoup plus loin la politique de l’offre, afin d’avoir moins de chômage et plus de richesse à partager. » 

Nicolas Baverez, avocat et essayiste, explique « Déni, mensonge et trahison ». Il rappelle que Machiavel au XVIème siècle a affirmé l’autonomie du politique vis -à- vis de la morale. Pour César Borgia, la moralité des moyens et des fins  doit s’effacer devant le résultat...Nicolas Baverez admet que la trahison puisse être légitimement mise au service des intérêts supérieurs de l’Etat...Dans les exemples qu’il donne, il cite Alexis Tsipras... « La trahison de François Hollande  ne provient pas du non-respect de ses engagements qui étaient placés d’emblée sous le signe du déni de la situation de la France et du monde au XXIème siècle. Elle est plus profonde. C’est une trahison vis-à-vis de la politique et de la République. La politique est action et résultats. Or, après trois ans et demi de pouvoir le quinquennat n’a toujours aucun cap. Les mots n’ont jamais autant juré avec les actes. Les premiers sont désormais sociaux- démocrates : les seconds restent étatistes, malthusiens, antieuropéens. Les résultats de cette indécision permanente sont calamiteux, cumulant stagnation économique, paupérisation des Français, chômage de masse, surendettement public, destruction des pôles d’influence publics, dégradation de l’influence de la France dans le monde et en Europe. Le cynisme de François Hollande est une arme de destruction massive contre les valeurs républicaines et le meilleur allié de l’extrême droite....

 

Jacques Généreux, économiste et anthropologue juge que François Hollande est « trop médiocre pour trahir ». 

« François Hollande et Nicolas Sarkozy sont justes des politiciens qui ont consacré l’essentiel de leur existence à se battre pour devenir présidents, c’est tout. Le mot (trahison) est trop grand pour de si petits personnages »...Les discours gauchisants de la campagne de François Hollande ne s’adressaient qu’aux imbéciles qui se gavent de mots et d’images au lieu de s’informer et de réfléchir. Ceux-là n’ont été trahis que par leur ignorance et leur paresse. »

 

2017 : François Hollande, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen. AU SECOURS ! 

Annie Keszey

 

15/08/2015

DIX PROPOSITIONS PERTINENTES POUR RECONSTRUIRE L'ECOLE.

Jacques Julliard.

La réforme socialiste du collège de Najat Vallaud-Belkacem est une erreur grave due à une totale méconnaissance de l’histoire du système éducatif, de son fonctionnement et de ses évaluations.  

Jacques Julliard propose dix propositions fondées sur une sérieuse expérience. 

  1. Raser la rue de Grenelle. 

Il l’avait déjà écrit. «... Les ministres de la rue de Grenelle ne sont pour la plupart que des prête-noms, des faire-valoir, des fusils à un coup, des fusibles condamnés à calmer les colères des acteurs... Je propose donc la suppression au moins provisoire, du ministère, et son remplacement par un haut-commissariat à l’Education, nommé pour cinq ans, rattaché directement au Premier ministre, et choisi parmi les plus hautes personnalités intellectuelles du pays, en dehors de tout dosage politicien... 

  1. Faire le bilan de L’Education nationale aujourd’hui. 

... Oui comme on nous dit, « un audit ». Examiner ce qui marche – il y a tout de même des choses qui marchent dans le système – et celles qui ne marchent pas...

Le but premier de l’Education est d’éduquer...

L’audit devrait également faire ressortir la persévérance dans l’erreur qui est le malaise profond de notre école...

Il va sans dire qu’un tel audit devrait être mené par des personnalités indépendantes, appartenant à toutes les familles politiques, en dehors de tous les corps constitués et groupes de pression qui vibrionnent sans cesse autour de l’Education nationale. 

  1. Remettre l’enseignement primaire sur ses pieds. 

... Les deux plaies béantes du système éducatif se situent en deçà et au-delà du collège. 20% des élèves (et sans doute davantage) ne savent pas lire, 58.5% des bacheliers échouent en première année d’université...

Il faut ramener l’enseignement primaire à sa fonction primaire... 

  1. Réhabiliter la mémoire. 

... La culture, c’est le savoir que l’on a assimilé. La pensée c’est la restitution des savoirs assimilés... Voilà pourquoi, il faut, à tout âge, exercer sa mémoire par l’apprentissage des mots, des nombres, des poèmes, des dates...

Car restaurer la mémoire, la littérature et l’autorité du maître c’est une seule et même chose. 

  1. Lutter contre le consumérisme scolaire. 

... On doit veiller à ce que l’immixtion permanente des parents d’élèves dans l’école, par angoisse éducative, ne détruise ce qui est au fondement de l’acte éducatif... Au sein de la relation éducative les parents doivent avoir toute leur place dans sa dimension sociale mais pas dans la dimension cognitive...

 

  1. Recruter de grands chefs d’établissement. 

...Tous les praticiens de l’éducation savent que la tenue des établissements, le respect de l’ordre, la réussite des élèves dépendent pour une part insoupçonnée des qualités des chefs.

 

  1. Supprimer le bac. 

... Près de 92% des lycéens l’obtiennent. Pour éliminer 8% des demi-illettrés, quelle mobilisation ! Plus d’un mois retranché de l’année scolaire, un coût financier considérable... Dans l’académie de Versailles, les examinateurs qui seraient considérés comme trop sévères avaient été prévenus qu’ils engageaient leur responsabilité personnelle et qu’ils encouraient des sanctions... Le bac est le grand responsable de la foire du premier cycle universitaire... Pourquoi François Hollande ne liquiderait-il pas le bac au milieu des murmures probables de la gauche ?

 

  1. Réformer le premier cycle de l’enseignement supérieur. 

... L’organisation de la scolarité dans les facultés est déplorable. Les étudiants sont livrés à eux-mêmes dans un no man’s land inorganisé où règnent de véritables friches universitaires... C’est dire qu’il ne faut pas supprimer les prépas, mais au contraire donner aux étudiants du premier cycle un encadrement et des conditions de travail comparables...

 

  1. Briser l’apartheid des générations. 

... Proclamer le droit pour chacun à étudier selon ses besoins et à enseigner selon ses capacités est le principal moyen dont nous disposons pour abolir progressivement la division sociale du travail, qui est le fondement dernier de la domination du capitalisme sur les individus... C’est à l’incapacité des socialistes à imaginer à l’école des positions en rupture avec la logique productiviste que l’on mesure sa soumission intellectuelle inconsciente à l’ordre capitaliste..

 

  1. Faire ratifier par référendum un nouveau pacte éducatif. 

...Les réformes qui se sont succédé depuis un demi-siècle n’ont rien résolu. Il faut donc que le peuple français intervienne en majesté et apporte à l’esprit nouveau le poids de sa souveraineté. Que le Parlement en délibère ; que les diverses familles intellectuelles soient consultées ; que les principes d’une nouvelle orientation soient définis ensemble et que le peuple apporte sa ratification par référendum...

Pour demeurer « une âme, un principe spirituel « (Renan), la France a besoin de son école. D’une école fière d’elle-même. C’est sa dernière chance. Pour n’avoir pas compris cela, pour avoir persévéré dans un bricolage dérisoire à tonalité technocratique et pédagogisante, la gauche a perdu l’estime de son peuple... Croyez-vous vraiment, François Hollande, Manuel Valls, Najat Vallaud- Belkacem que ce que vous proposez aujourd’hui à la jeunesse est à la hauteur de ce qu’elle attend de vous ? Que c’est une réponse à l’immense détresse intellectuelle et spirituelle qui s’est emparée depuis quelque temps du pays ?...

... Toutes les composantes de ce pays doivent collaborer ensemble à la renaissance de notre école...

Alors, agissons ensemble... » 

Le texte complet de ces propositions se trouve dans le numéro spécial de l’hebdomadaire Marianne, numéro 949, du 26 juin au 2 juillet 2015. 

Annie Keszey

 

14:28 Publié dans EDUCATION, POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : réforme de l'éducation, jacques julliard, dix propositions | | |  Facebook