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15/08/2015

DIX PROPOSITIONS PERTINENTES POUR RECONSTRUIRE L'ECOLE.

Jacques Julliard.

La réforme socialiste du collège de Najat Vallaud-Belkacem est une erreur grave due à une totale méconnaissance de l’histoire du système éducatif, de son fonctionnement et de ses évaluations.  

Jacques Julliard propose dix propositions fondées sur une sérieuse expérience. 

  1. Raser la rue de Grenelle. 

Il l’avait déjà écrit. «... Les ministres de la rue de Grenelle ne sont pour la plupart que des prête-noms, des faire-valoir, des fusils à un coup, des fusibles condamnés à calmer les colères des acteurs... Je propose donc la suppression au moins provisoire, du ministère, et son remplacement par un haut-commissariat à l’Education, nommé pour cinq ans, rattaché directement au Premier ministre, et choisi parmi les plus hautes personnalités intellectuelles du pays, en dehors de tout dosage politicien... 

  1. Faire le bilan de L’Education nationale aujourd’hui. 

... Oui comme on nous dit, « un audit ». Examiner ce qui marche – il y a tout de même des choses qui marchent dans le système – et celles qui ne marchent pas...

Le but premier de l’Education est d’éduquer...

L’audit devrait également faire ressortir la persévérance dans l’erreur qui est le malaise profond de notre école...

Il va sans dire qu’un tel audit devrait être mené par des personnalités indépendantes, appartenant à toutes les familles politiques, en dehors de tous les corps constitués et groupes de pression qui vibrionnent sans cesse autour de l’Education nationale. 

  1. Remettre l’enseignement primaire sur ses pieds. 

... Les deux plaies béantes du système éducatif se situent en deçà et au-delà du collège. 20% des élèves (et sans doute davantage) ne savent pas lire, 58.5% des bacheliers échouent en première année d’université...

Il faut ramener l’enseignement primaire à sa fonction primaire... 

  1. Réhabiliter la mémoire. 

... La culture, c’est le savoir que l’on a assimilé. La pensée c’est la restitution des savoirs assimilés... Voilà pourquoi, il faut, à tout âge, exercer sa mémoire par l’apprentissage des mots, des nombres, des poèmes, des dates...

Car restaurer la mémoire, la littérature et l’autorité du maître c’est une seule et même chose. 

  1. Lutter contre le consumérisme scolaire. 

... On doit veiller à ce que l’immixtion permanente des parents d’élèves dans l’école, par angoisse éducative, ne détruise ce qui est au fondement de l’acte éducatif... Au sein de la relation éducative les parents doivent avoir toute leur place dans sa dimension sociale mais pas dans la dimension cognitive...

 

  1. Recruter de grands chefs d’établissement. 

...Tous les praticiens de l’éducation savent que la tenue des établissements, le respect de l’ordre, la réussite des élèves dépendent pour une part insoupçonnée des qualités des chefs.

 

  1. Supprimer le bac. 

... Près de 92% des lycéens l’obtiennent. Pour éliminer 8% des demi-illettrés, quelle mobilisation ! Plus d’un mois retranché de l’année scolaire, un coût financier considérable... Dans l’académie de Versailles, les examinateurs qui seraient considérés comme trop sévères avaient été prévenus qu’ils engageaient leur responsabilité personnelle et qu’ils encouraient des sanctions... Le bac est le grand responsable de la foire du premier cycle universitaire... Pourquoi François Hollande ne liquiderait-il pas le bac au milieu des murmures probables de la gauche ?

 

  1. Réformer le premier cycle de l’enseignement supérieur. 

... L’organisation de la scolarité dans les facultés est déplorable. Les étudiants sont livrés à eux-mêmes dans un no man’s land inorganisé où règnent de véritables friches universitaires... C’est dire qu’il ne faut pas supprimer les prépas, mais au contraire donner aux étudiants du premier cycle un encadrement et des conditions de travail comparables...

 

  1. Briser l’apartheid des générations. 

... Proclamer le droit pour chacun à étudier selon ses besoins et à enseigner selon ses capacités est le principal moyen dont nous disposons pour abolir progressivement la division sociale du travail, qui est le fondement dernier de la domination du capitalisme sur les individus... C’est à l’incapacité des socialistes à imaginer à l’école des positions en rupture avec la logique productiviste que l’on mesure sa soumission intellectuelle inconsciente à l’ordre capitaliste..

 

  1. Faire ratifier par référendum un nouveau pacte éducatif. 

...Les réformes qui se sont succédé depuis un demi-siècle n’ont rien résolu. Il faut donc que le peuple français intervienne en majesté et apporte à l’esprit nouveau le poids de sa souveraineté. Que le Parlement en délibère ; que les diverses familles intellectuelles soient consultées ; que les principes d’une nouvelle orientation soient définis ensemble et que le peuple apporte sa ratification par référendum...

Pour demeurer « une âme, un principe spirituel « (Renan), la France a besoin de son école. D’une école fière d’elle-même. C’est sa dernière chance. Pour n’avoir pas compris cela, pour avoir persévéré dans un bricolage dérisoire à tonalité technocratique et pédagogisante, la gauche a perdu l’estime de son peuple... Croyez-vous vraiment, François Hollande, Manuel Valls, Najat Vallaud- Belkacem que ce que vous proposez aujourd’hui à la jeunesse est à la hauteur de ce qu’elle attend de vous ? Que c’est une réponse à l’immense détresse intellectuelle et spirituelle qui s’est emparée depuis quelque temps du pays ?...

... Toutes les composantes de ce pays doivent collaborer ensemble à la renaissance de notre école...

Alors, agissons ensemble... » 

Le texte complet de ces propositions se trouve dans le numéro spécial de l’hebdomadaire Marianne, numéro 949, du 26 juin au 2 juillet 2015. 

Annie Keszey

 

14:28 Publié dans EDUCATION, POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : réforme de l'éducation, jacques julliard, dix propositions | | |  Facebook

15/07/2015

LE PARRICIDE.

 

.« Par essence un parti politique fonctionne sur le mode de la horde primitive, la horde primitive freudienne de Totem et tabou : c’est un sas qui accueille et qui rejette, une bande qui se définit par sa différence, voire son opposition à ce qui lui est étranger...  

Le réveil de l’archaïque est toujours possible. Ce qui est très intéressant dans la représentation de la horde  primitive, c’est que le vœu de tuer, de manger et de dévorer  le père, ou un proche en politique, renvoie à une appropriation archaïque de sa puissance ... 

La transmission dramatique est inhérente à nombre d’héritages politiques...

 

Le parricide en politique, l’assassinat d’un proche – et à plus forte raison lorsqu’il s’agit de son géniteur -, n’est pas un élément neutre comme les pincements et tirages de cheveux entre Placé et Duflot, le vote d’une motion de synthèse au PS ou un colloque UMP changeant d’intitulé à mesure que l’on approche de sa date. Non. Cela fait vibrer quelque chose de bien plus fort. Car le meurtre d’un père, d’une mère, d’un proche, symbolique ou réel, accompagne l’humanité à la façon d’un invariant anthropologique. 

 

Plus on avance dans la modernité politique, plus les parricides commis dans le cadre d’une rivalité pour une conquête du pouvoir vont migrer vers le symbolique, sans abandonner leur charge de scandale et de violence... »

Les journalistes Joseph Macé-Scaron, Alexis Lacroix et le psychanalyste Philippe Grimbert, dans le numéro récent 948 de l’hebdomadaire Marianne, étudient les origines, les évolutions et des cas célèbres du parricide. 

Ces analyses de grande qualité du parricide en politique rencontreront certainement un vif intérêt auprès des électeurs et particulièrement des récents électeurs de Puteaux. 

Annie Keszey

 

 

 

03/07/2015

LA DETTE ODIEUSE,ILLEGITIME, DE LA GRECE.

D’après « Les dettes illégitimes. Quand les banques font main basse sur les politiques publiques », de François Chesnais. Raisons d’agir. 155 pages.

François Chesnais est économiste, spécialiste de la globalisation financière et de ses effets.

« L’annulation des dettes en Europe est une mesure de sagesse politique. Le compteur doit être remis à zéro. Il n’y aura pas de sortie de crise sans les deux mesures concomitantes d’annulation de la dette publique et de hausse des salaires (complétée par le plein rétablissement des allocations chômage et du RMI). La première mesure d’accompagnement de l’annulation de la dette est effectivement l’appropriation sociale des banques, leur nationalisation- socialisation et leur reconfiguration, de façon à restaurer leur fonction essentielle et à les mettre au seul service de l’économie réelle. Le contrôle démocratique de l’usage de l’impôt doit être effectif. L’annulation des dettes par un mouvement social européen uni modifierait profondément les rapports de force entre le capital et le travail.

Saisir les banques ! Oui, en incluant la BCE dans leur nombre. »

Renaud Girard, dans son article du Figaro du 30/06/2015, « Crise grecque : des torts très partagés » en appelle aussi à l’annulation de la dette grecque qui ne sera d’ailleurs de toute façon jamais remboursée, tout en exigeant désormais un excédent budgétaire systématique du gouvernement grec

« L’endettement des gouvernements est aujourd’hui une arme pour imposer les réformes propres au capitalisme libéralisé, financiarisé et mondialisé. Un document du FMI de novembre 2010 l’énonce sans détour « les pressions des marchés pourraient réussir là où les autres approches ont échoué. » Avec la crise financière, le piège de la dette publique se resserre : l’impôt qui pèse principalement sur les revenus du travail assure le service de la dette et réalise, au-delà de toutes les espérances du capital, un transfert gigantesque vers les banques et les fonds de placement financiers aux dépens des salariés.

En 2011, les agences de notation, l’agence Moody’s en tête se sont acharnées contre la Grèce. Depuis, le PIB grec chute, le ratio de la dette publique au PIB augmente fortement, les risques d’insolvabilité croissent. Les obligations grecques à trois ans ont atteint 20% ! Pour les Hedges Funds, indépendants ou filiales de banques, c’est du tout bénef ! »

La Grèce, démocratie directe en d’autres temps, rappelle, à tous les européens, à la fois l’imperfection des démocraties représentatives et l’absence de politique démocratique de l’Europe. Les Grecs lors des élections diverses, antérieures à 2014, de leurs représentants, n’ont nullement voulu un tel gouffre de la dette : ils ont été trompés par leurs gouvernants, ceux qui ont trahi, impunément, la souveraineté du peuple.

« En 2008-2009, en Grèce comme partout ailleurs, la récession mondiale a provoqué la chute des rentrées budgétaires. Elle a interdit de cacher plus longtemps l’état des finances publiques que le gouvernement de Costas Karamanlis avait dissimulé avec l’aide de Goldman Sachs en 2001. Les mécanismes de base dont la dette publique est issue sont les mêmes que dans d’autres pays. Les mesures de baisse des impôts (sur  le revenu, le patrimoine et les sociétés) réduisent les recettes budgétaires et créent un déficit public qui est financé par l’endettement. Les cadeaux aux riches y sont même peut-être plus importants qu’ailleurs, ainsi la Constitution de 1975 comporte dans son texte même, l’exemption fiscale des armateurs grecs, de leurs familles et de leurs sociétaires. Un tel privilège peut être considéré comme étant déjà un élément constitutif des traits de dette odieuse...Elle désigne une dette contractée par un régime despotique (nous dirions aujourd’hui dictature ou régime autoritaire), pour des objectifs étrangers aux intérêts de la Nation, aux intérêts des citoyens. Les dettes odieuses sont celles qui ont été contractées contre les intérêts des populations d’un état, sans leur consentement et en toute connaissance de cause du côté des créanciers.La dette de la Grèce a d’abord  été contractée par la dictature militaire  dite des colonels, quadruplant entre 1967 et 1974. Elle a continué à augmenter sous les gouvernements civils suivants, les sommes empruntées aidant à organiser la corruption à très grande échelle. Les Jeux olympiques en 2004 et les achats d’armes ont grevé les finances publiques grecques sans que l’on connaisse les montants des commissions occultes.

La Grèce a été un des cinq plus gros importateurs d’armes en Europe entre 2005 et 2009. Les grands producteurs, vendeurs d’armes, la France, l’Allemagne, les Etats-Unis, la Russie et la Grande Bretagne vendent à la Grèce et la poussent donc à accroître sa dette. Ces achats de la Grèce relèvent de la problématique de la dette odieuse : la combinaison entre l’endettement  externe contracté à l’égard des banques  et des fonds de placement originaires des mêmes pays que les entreprises qui vendent des armes relève d’une forme de subordination économique et politique caractéristique de l’impérialisme.

La Grèce, par exemple, a été le 3ème client de l’industrie de défense française au cours de la dernière décennie : 25 Mirage 2000 pour 1. 6 milliards d’euros, 70 véhicules blindés VBL, des hélicoptères NH90, des missiles MICA, Exocet, Scalp et des drones Sperwer. La Grèce était en discussion avancée pour acheter des Rafale à 50 millions d’euros pièce ! L’Allemagne a vendu à la Grèce pour plusieurs milliards d’équipements entre 2005 et 2009 !

Pendant cette période, les grandes banques européennes ont utilisé les liquidités que leurs fournissaient leurs banques centrales pour augmenter leurs prêts. Elles ont chargé la barque jusqu’au moment où l’ampleur du déficit a été connu et qu’a commencé la phase de crise ouverte et d’attaques spéculatives sur les taux de refinancement exigés de la Grèce. »

La dette, illégitime, de la France, se fonde aussi sur la profonde complicité des gouvernements avec la finance. François Hollande, pourtant socialiste, dès son élection, a piétiné la souveraineté du peuple. L’endettement de la France s’accélère, la dette publique atteint 2 100 milliards d’euros, 97.5% du PIB.

Aléxis Tsípras et Yánis Varoufákis sont des responsables politiques qui ont changé totalement de logique par rapport à l’Europe. Ils veulent servir leur engagement  fait devant le peuple. Ils s’opposent à l’oligarchie, à la kleptocratie et  aux créanciers européens. L’échec de la politique imposée par l’Europe à la Grèce est total. L’excédent comptable promis et réalisé depuis deux ans, en Grèce, est capturé par les créanciers et ne sert aucune relance de l’économie. C’est intenable à court et long termes. Le référendum prévu est une arme contre les diktats financiers de Bruxelles.

Les conservateurs dénigrent le gouvernement grec. Ils désinforment. Peu soucieux des peuples, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en 2011 avaient dissuadé Papandréou d’utiliser le référendum dont ils craignaient les effets imprévus sur l’euro.

L’Europe doit changer son idéologie économique. Les peuples doivent œuvrer pour la démocratie continue, celle théorisée par Dominique Rousseau, par exemple.

Démocrates de France signons la pétition www.marianne.net/SauvonsLesGrecs

Annie Keszey.

09:04 Publié dans démocratie, ECONOMIE, GRECE, POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grèce, europe, dette, référendum, diktat, merkel, tsipras | | |  Facebook