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27/12/2012

BELLES ET FAUSSES PROMESSES DE François HOLLANDE.

Extraits du discours de François Hollande, au Bourget, le dimanche 22 janvier 2012.
BELLES PROMESSES.  Mes chers amis, vous qui êtes ici, vous qui me regardez de loin, de plus loin même, je suis venu vous parler de la France, et donc de la République. Je suis venu vous parler de la France qui souffre, mais aussi de la France qui espère…Présider la République, c’est à cette fonction que je me suis préparé. J’en sais la grandeur, la dureté. Je veux le faire en étant digne de votre confiance et en restant fidèle à moi-même. Tout dans ma vie m’a préparé à cette échéance : mes engagements, mes responsabilités, mes réussites, mes épreuves. J’ai toujours suivi la ligne que je m’étais fixée…J’ai été maire de Tulle, une ville petite par la taille, à peine 17 000 habitants, mais grande par l’histoire. Tulle a été une cité de la Résistance. Elle a souffert le martyre : 99 pendus, 200 déportés le 9 juin 1944, emportés par la barbarie nazie… J’ai leur nom dans la tête. Ce sont mes héros. Je ne les oublierai jamais. Ils me font avancer. Ils me rappellent à chaque moment la belle leçon d’humanité de ceux qui ont sacrifié leur vie, leur vie pour notre liberté. Ces résistants n’ont pas eu de célébrité, pas de récompense, pas de médaille. Ils ne cherchaient rien, ils ne demandaient pas des bonus ou des stocks- options pour leurs actions. Ils étaient des hommes, des femmes fiers. Ce n’était pas l’ambition ou la cupidité qui les animaient. Ceux-là ont sauvé notre honneur parce qu’ils croyaient d’abord dans les valeurs de la France. Et bien c’est leur lutte qui m’éclaire aujourd'hui…La confiance est un mot qui ne figure pas dans les lois ou dans les règlements, qui ne coûte rien mais qui peut rapporter beaucoup. Elle commande beaucoup de choses. Elle ne résout rien par elle-même, mais elle autorise tout si on sait la saisir. Et c’est pourquoi je veux redonner confiance aux Français…


FAUSSES PROMESSES...Mais avant d’évoquer mon projet, je vais vous confier une chose. Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies. Désormais, il est possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes d’argent vertigineuses, de menacer des Etats…Cette emprise est devenue un empire. Et la crise qui sévit depuis le 15 septembre 2008, loin de l’affaiblir, l’a encore renforcée. Face à elle, à cette finance, les promesses de régulation, les incantations du « plus jamais ça » sont restées lettre morte. Les G20 se sont succédé sans résultat tangible. En Europe, 16 sommets de la dernière chance ont été convoqués pour reporter au suivant la résolution définitive du problème. Les banques, sauvées par les Etats, mangent désormais la main qui les a nourries. Les agences de notation, décriées à juste raison pour n’avoir rien vu de la crise des subprimes, décident du sort des dettes souveraines des principaux pays, justifiant ainsi des plans de rigueur de plus en plus douloureux. Quant aux fonds spéculatifs, loin d’avoir disparu, ils sont encore les vecteurs de la déstabilisation qui nous vise. Ainsi, la finance s’est affranchie de toute règle, de toute morale, de tout contrôle… Si la finance est l’adversaire, alors il faut l’affronter avec nos moyens et d’abord chez nous, sans faiblesse mais sans irréalisme, en pensant que ce sera un long combat, une dure épreuve mais que nous devrons montrer nos armes. Maîtriser la finance commencera ici par le vote d’une loi sur les banques qui les obligera à séparer leurs activités de crédit de leurs opérations spéculatives. Aucune banque française ne pourra avoir de présence dans les paradis fiscaux…Les produits financiers toxiques, c’est-à-dire sans lien avec les nécessités de l’économie réelle seront purement et simplement interdits. Les stocks options seront supprimés. Et les bonus encadrés…
LE CHANGEMENT, C’ETAIT MAINTENANT !

25/11/2012

BLANCHIR L'UMP.

Le théâtre misérable de l’UMP valide la thèse du sociologue Luc Boltanski, auteur de « De la critique. Précis de sociologie de l’émancipation » aux éditions Gallimard.

tricheur.jpgSous le rapport de leur assujettissement aux règles, dominants et dominés sont dans une position symétrique et inverse : les premiers, les dominants, ,les font, mais sont assez libres de s’y soustraire; les seconds les reçoivent comme imposées de l’extérieur, mais ils doivent s'y conformer…Tandis que les responsables peuvent utiliser les règles comme s’il s’agissait de règles techniques, c’est-à-dire de façon instrumentale, les mêmes règles sont imposées aux subordonnés sur le mode de la règle morale, c’est-à dire comme si elles valaient pour elles-mêmes. La sanction accompagne alors la violation de la règle, interprétée comme une transgression quels qu’aient été ses effets, et non les échecs auxquels a pu conduire le fait de ne pas l’avoir suivie…
Est-ce à dire que les responsables n’auraient pas de morale ? Certes non, mais ils ont une morale « supérieure ». Prétendant incarner la totalité, ces « grands » considèrent ne pouvoir être évalués qu’à l’aune de la réussite ou de l’échec final de leurs entreprises…La maîtrise de la durée est ainsi pour les responsables un enjeu de grande importance…
L’objectif principal d’un responsable est donc de se placer dans la perspective d’un horizon temporel défini de façon que la réalité lui donne finalement raison, même si, mesurées aux épreuves actuelles, ses actions semblent plutôt vouées à l’échec .C’est ce qui s’appelle survivre ou encore, dans le langage des élites, rebondir. En ce sens, le responsable dominant est comparé au survivant ; Il veut avant tout être encore là alors que les autres, ses fidèles aussi bien que ses concurrents et ses ennemis seront tombés, ce qui l’assure qu’il est bien le plus grand : « celui qui réussit à survivre est un héros ». Il est plus fort. Il possède davantage de vie. Les puissances supérieures lui sont propices. Le responsable qui dure, qui survit, ne le sait qu’en voyant les morts s’accumuler autour de lui. La survie est pour lui, l’indice, le seul indice de sa victoire…
C’est donc d’abord d’avoir affronté le risque au moment de la décision et en contournant les règles que le responsable, dominant, tire un orgueil  personnel sur lequel il prend appui pour mépriser les dominés…
Ceux qui appartiennent aux catégories intermédiaires, vivant dans la proximité de Hauts Placés ont touché du doigt la relation, à leurs yeux scandaleuse, que les dominants entretiennent avec l’ordre de la règle, mais ils n’en continuent pas moins de penser qu’il doit bien exister quelque part des responsables intègres, c’est-à-dire conformes aux idéaux auxquels ils voudraient eux-mêmes pouvoir adhérer, malgré tout. Ils continuent à croire à la possibilité d’une société dans laquelle règles, qualifications et formats, appliqués de façon littérale -à la lettre- feraient corps avec une réalité tout d’une pièce…
La théorie sociologique se confronte avec un certain succès à la réalité, même s’il n’est plus certain aujourd’hui de rencontrer un seul citoyen, même dans les classes moyennes, convaincu de la moralité des politiques.
Les congrès de Metz, de Rennes, de Reims et l’élection récente à l’UMP conduisent à une rupture du lien entre les représentants politiques et leurs électeurs.
Il faut révolutionner cette structure politique dévoyée.
En 2005, un responsable politique, mesuré et maîtrisé comme chacun sait, voulait « nettoyer au karcher les cités » afin d’en extirper les jeunes délinquants et les trafics.
Il n’est pas question de meurtre aujourd’hui, mais malgré tout de délinquance d’adultes responsables : délinquance occultée, sans hypothèse de sanctions contre les nombreux tricheurs, menteurs, falsificateurs  de listes, de bulletins, de procurations de l’UMP.
« L’Excité et le Taiseux » (titre synthétique d’un journal étranger), englués dans leur haine déferlante, après s’être livrés à des échanges hypocrites courtois durant cinq ans, devront rendre des comptes à la République.
Image:malaika.overblog.com
www.atelier-idees.org
Annie Keszey  

19:56 Publié dans POLITIQUE, PUTEAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ump, élection, délinquance, haine, tricheurs | | |  Facebook

10/11/2012

LE MYTHE DE L'ISLAMISATION.

Essai sur une obsession collective.

islamisation.jpgDes mouvements, des associations, des politiques, des extrémistes paranoïaques partagent l’obsession collective de « l’islamisation ». Leur méthode de propagande criarde est une stratégie de méconnaissance. Nullement touchés par le « doute » philosophique, ils s’appuient sur des sources unilatérales d’informations convergentes, erronées, pour renforcer leur mythe d’une islamisation progressive et nuisible en  France, en Europe et dans le monde.
RAPHAEL LIOGIER, professeur à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, directeur de l’Observatoire religieux, déconstruit et réfute l’argumentaire constitutif de l’épouvantail de « l’islamisme ». Son essai, précis, concis, spécialisé, de 213 pages, ne peut être résumé. Quelques passages du texte sont publiés, ici, dans leur intégralité. Tous les sujets d’actualité récurrents utilisés par les diffuseurs de l’obsession collective du péril islamique sont analysés par l’auteur dans leur complexité, critiqués, contredits, stabilisés avec justesse par des preuves. L’auteur interroge avec une lucidité experte et paisible les thèmes paranoïaques : chiffres de la terreur, bombe démographique, jihad nataliste, déferlement migratoire et conversions, pataphysique et idéologies de la conspiration, interprétation délirante des apparences, esprit de conquête et prises de territoire, banlieues vecteurs de radicalisation islamique, Coran bréviaire antimoderne, obsession transnationale, mesures prophylactiques liberticides, contresens européen…

La  bombe démographique musulmane qui serait prête à éclater et à submerger l’Europe relève du fantasme, écrit RAPHAEL LIOGIER. Le plus grand pays musulman du monde, l’Indonésie, a vu son taux de fécondité décroître en même temps qu’augmentait le taux d’alphabétisation des femmes ; Il est de 2,08 enfants par femme, ce qui est inférieur au seuil de remplacement correspondant à 2,1  enfant  par femme, en- dessous donc de celui des françaises. L’Iran détient le record de la chute du taux de fécondité devenu, 1,7 enfant en 2009 et donc très inférieur au seuil de renouvellement des générations. Cet affaiblissement des taux de natalité, général, concerne aussi la Turquie, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie (2.09 enfant en 1999 et 1, 5 prévu en 2014).
Le Maghreb dans son ensemble, qui est, avec la Turquie, au cœur de l’angoisse européenne d’islamisation par un débordement de population, a connu la plus forte baisse du taux de fécondité au monde, en dehors de la Chine et de l’Iran…

Au total, de l’Atlantique à l’Oural (et même légèrement au-delà), l’Europe compte un peu plus de 38 millions de musulmans, soit 5,2 % d’une population de 740 millions d’individus. Si l’on en reste à l’Union Européenne, on en dénombre, selon les sources démographiques entre 12 et 16 millions pour une population de 500 millions d’individus (entre 2,4% et 3,2% donc)…très loin des 50 millions fantasmés… En opposition totale avec les idées reçues les enquêtes démographiques sérieuses prévoient une diminution de la proportion des musulmans dans la population générale.
De même l’idée d’un déferlement migratoire n’a aucune base scientifique : le taux d’accroissement migratoire de la population, pour la France était de 1,1/1000 en 2009, inchangé depuis 1980 …L’immigration laborieuse est majoritaire (65%). Quant à l’Europe, les immigrants marocains, par exemple, sont moins nombreux que les polonais ou les roumains…
Le nombre de conversions à la religion musulmane au sein de l’Europe n’interpelle pas si on le rapproche du nombre de conversions dans chacune des autres religions : juive, protestante ou évangélique…
Alors pourquoi cette vision, au sens mystique du terme,  d’une marée musulmane nous balayant sur son passage ? Est-ce à dire qu’un musulman compte pour plus qu’un fidèle d’une autre religion, seulement parce qu’il est musulman ? Sans doute.  Lorsque certains décomptent les musulmans, ils ne dénombrent pas seulement une population religieuse, mais évaluent l’intensité d’une menace…
Depuis le milieu des années 2000, le regard européen, mêlant la condescendance postcoloniale à la peur d’une expansion de l’islam, s’est donc synthétisé dans un sentiment nouveau, celui qu’il existerait un complot musulman visant à détruire l’Europe, à faire disparaître sa culture. Cette thèse du complot peut prendre la forme d’un pressentiment diffus, vague, où désigner des conspirateurs précis, des leaders qui, néanmoins, comme tous les conjurés, agissent davantage dans l’ombre que dans la lumière…Dans le théâtre tragique de l’islamisation, il n’y a pas de place pour l’analyse dépassionnée. En tant qu’Européen non musulman, je ne peux être au mieux qu’un « idiot utile » au pire un traître à la solde d’occultes puissances islamiques…
Les idéologies de la conspiration sont contradictoires, de l’infantilisme aux versions géopolitiques et géoéconomiques élaborées .Elles se fondent toutes sur le postulat d’une volonté musulmane unifiée de conquête. Ainsi dans le « Choc des civilisations », Samuel Huntington évoque l’éventualité d’une nouvelle guerre mondiale  entre des groupes « civilisationnels », vraisemblablement des musulmans d’un côté contre des non-musulmans de l’autre. Or, Olivier Roy ou Gilles Kepel démontrent pourtant que l’homogénéité religieuse, comme politique des pays arabo-musulmans, est une pure illusion d’optique qui recouvre d’énormes fractures, dissensions, stratégies contradictoires d’une inextricable complexité… 
L’influence  idéologique de la thèse d’Eurabia, de 2005, élaborée par Bat Ye’or, une britannique, née en Egypte et vivant en Suisse, est considérable en France, en Italie, en Europe, aux Etats-Unis…
Tous les idéologues du mythe de l’islamisation échafaudent des systèmes, à partir desquels ils prophétisent, anticipent, réinterprètent l’histoire…A l’instar des gourous des sectes millénaristes et de leurs adeptes, ils semblent nous dire qu’il y a un code secret que seuls les initiés, dont ils font évidemment partie, peuvent déchiffrer. La passion du fait « révélateur », déjà repéré par Sartre chez l’antisémite, s’est transformée en passion des statistiques déviées propres à justifier les hypothèses les plus improbables. Dès lors les malheurs qui s’abattent sur notre existence ne sont pas absurdes ; ils ont une signification profonde, parce qu’ils ont une cause identifiable. Si rien ne va plus, des déboires économiques au manque de confiance dans la vie, en passant par les cataclysmes et les guerres, c’est que le musulman est là, derrière les gouvernements, qui souffle la discorde…
Plus on parle de l’islam, moins on écoute les musulmans. Leurs paroles sont submergées par le flot continu des déclarations, des prises de position, des débats auxquels ils ne sont pas conviés.
Franck Frégosi démontre que l’islam contemporain est non seulement compatible avec la laïcité mais qu’il s’est déjà acclimaté et reconstitué en elle dans l’espace français. L’islam n’est pas une civilisation unitaire rivée à une interprétation littéraliste du Coran…

Pour perdurer, les organisations islamistes et les réseaux terroristes ont un intérêt vital à ce que les musulmans européens ne se sentent  pas chez eux ; ils ont intérêt à envenimer les antagonismes imaginaires, source de violence antimusulmane, pour attirer dans leurs filets des populations humiliées et réactives.
Telle est l’ultime planche de salut de l’islamisme : que la croyance en un péril islamique provoque des actions arbitraires contre les citoyens musulmans européens afin d’en faire des soutiens, voire des recrues potentielles…Les islamistes ont donc pour alliés objectifs les nouveaux populistes européens, parce qu’ils sont les relais politiques et médiatiques majeurs du mythe de l’islamisation.
Ce sont eux les « vrais idiots utiles » à la solde de l’islamisme…
Et puis, parce que l’Europe est faible, que les européens se sentent menacés par la globalisation, qu’ils ne réussissent plus à courir en tête dans la compétition mondiale, ils ont besoin d’un ennemi intérieur !
www.atelier-idees.org     www.rupture-et-metamorphose.org  www.notreputeaux.com
Annie Keszey