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08/02/2017

NOTE SUR LA SUPPRESSION DES PARTIS POLITIQUES. SIMONE WEIL. EDITIONS CLIMATS.

Un texte ancien, très actuel.

 

 SIMONE WEIL.jpg

Simone Weil, agrégée de Philosophie, est décédée en 1943. Les extraits suivants proviennent de la « Note sur la suppression générale des Partis Politiques. » écrite à l’époque du Communisme soviétique, du Nazisme et du Fascisme.

Alain jugea la note : « J’avais déjà toutes ces idées ; seulement elles étaient sans puissance, comme il arrive quand on ne combat pas, comme dit Descartes, avec toutes ses forces ».

 

 

…Le mot « parti » est pris dans la signification qu’il a sur le continent européen. ..

…L’idée de parti n’entrait pas dans la conception politique française de 1789, sinon comme mal à éviter, mais il y eut le club des Jacobins…

…Notre idéal républicain procède entièrement de la notion de volonté générale due à Jean Jacques Rousseau…

…La vérité est une. La justice est une. Les erreurs, les injustices sont indéfiniment variables. Ainsi les hommes convergent dans le juste et le vrai, au lieu que le mensonge et le crime les font indéfiniment diverger…

 

…Il y a deux conditions indispensables pour appliquer la notion de volonté générale :

-qu’il n’y ait dans le peuple aucune passion collective

-que le peuple ait à exprimer son vouloir à l’égard des problèmes de la vie publique et non pas à faire seulement un choix de personnes… C’est en 1789, seulement, que s’exprima une pensée collective dans les cahiers de revendications (de doléances)…

 

…Pour apprécier les partis politiques selon le critère de la vérité, de la justice, du bien public, il convient d’en discerner les caractères essentiels :

-          un parti politique est une machine à fabriquer de la passion collective

-          un parti politique est une organisation construite de manière à exercer une pression collective sur la pensée de chacun des êtres humains qui en sont membres,

-          la première fin et, en dernière analyse, l’unique fin de tout parti politique est sa propre croissance, et cela sans aucune limite…

 

 

…Par ce triple caractère, tout parti est totalitaire en germe et en aspiration…

 

…La croissance matérielle du parti devient l’unique critère par rapport auquel se définissent en toutes choses le bien et le mal…

…Dès lors que la croissance du parti constitue un critère du bien, il s’ensuit inévitablement une pression collective du parti sur les pensées des hommes. Cette pression s’exerce en fait, elle s’étale publiquement. Elle est avouée, proclamée. Cela nous ferait horreur, si l’accoutumance ne nous avait pas endurcis…

…Les partis sont des organismes publiquement, officiellement constitués de manière à tuer dans les âmes le sens de la vérité et de la justice…

…La pression collective est exercée sur le grand public par la propagande…

…Les partis parlent, il est vrai, d’éducation à l’égard de ceux qui sont venus à eux, sympathisants, jeunes, nouveaux adhérents. Ce mot est un mensonge. Il s’agit d’un dressage pour préparer l’emprise bien plus rigoureuse exercée par le parti sur la pensée de ses membres…

…Supposons un membre d’un parti, député, candidat à la députation, ou simplement militant, qui prenne en public l’engagement que voici : « Toutes les fois que j’examinerai n’importe quel problème politique ou social, je m’engage à oublier absolument le fait que je suis membre de tel groupe, et à me préoccuper exclusivement de discerner le bien public et la justice. Ce langage serait mal accueilli. Les siens et beaucoup d’autres l’accuseraient de trahison…

 

…Si un homme, membre d’un parti, est absolument résolu à n’être fidèle en toutes ses pensées qu’à la lumière intérieure exclusivement et à rien d’autre, il ne peut pas faire connaître cette résolution à son parti. Il est donc vis- à- vis de son parti en situation de mensonge. ..

…C’est une situation qui ne peut être acceptée qu’à cause de la nécessité qui contraint à se trouver dans un parti pour prendre part efficacement aux affaires publiques. Mais alors cette nécessité est un mal, et il faut y mettre fin en supprimant les partis…

…On tenterait vainement de s’en tirer par la distinction entre la liberté intérieure et la discipline extérieure. Car il faut alors mentir au public, avec qui tout candidat élu a une obligation particulière de vérité…

De ces 3 formes de mensonge, au public, au parti et à soi-même, la première est de loin la moins mauvaise. Mais si l’appartenance à un parti contraint toujours, en tout cas, au mensonge, l’existence des partis est absolument, inconditionnellement un mal.

Le mensonge, l’erreur- mots synonymes- ce sont les pensées de ceux qui ne disent pas la vérité, et de ceux qui désirent la vérité et autre chose en plus. Par exemple qui désirent la vérité et en plus la conformité avec telle ou telle pensée établie.

 

…Les partis sont un merveilleux mécanisme, par la vertu duquel, dans toute l’étendue d’un pays, pas un esprit ne donne son attention à l’effort de discerner, dans les affaires publiques, le bien, la justice et la vérité…

…Il en résulte que- sauf un très petit nombre de coïncidences fortuites- il n’est décidé et exécuté que des mesures contraires au bien public, à la justice et à la vérité…

…Si l’on confiait au diable l’organisation de la vie publique, il ne pourrait rien imaginer de plus ingénieux…

 

…La conclusion, c’est que l’institution des partis semble bien constituer du mal à peu près sans mélange. Ils sont mauvais dans leur principe, et pratiquement leurs effets sont mauvais…

 

…La suppression des partis serait du bien presque pur. Les candidats diraient aux électeurs, non pas : « j’ai telle étiquette »- ce qui pratiquement n’apprend rigoureusement rien au public sur leur attitude concernant les problèmes concrets- mais je pense telle ou telle chose à l’égard de tel, tel, tel grand problème ».Les élus s’associeraient et se dissocieraient selon le jeu naturel et mouvant des affinités…

Hors du Parlement, comme il existerait des revues d’idées, il y aurait tout naturellement autour d’elles des milieux. Mais ces milieux devraient être maintenus à l’état de fluidité…

…On en est arrivé à ne presque plus penser, dans aucun domaine, qu’en prenant position  « pour » ou « contre » une opinion. Ensuite on cherche des arguments, selon le cas, soit pour, soi contre, c’est exactement la transposition de l’adhésion à un parti.

…D’autres ayant pris position pour une opinion, ne consentent à examiner rien qui lui soit contraire. C’est la transposition de l’ ESPRIT TOTALITAIRE…

Presque partout- et même souvent pour des problèmes purement techniques- l’opération de prendre parti, de prendre position pour ou contre, s’est substituée à l’opération de la pensée. …C’est là une lèpre qui a pris origine dans les milieux politiques et s’est étendue, à travers tout le pays,  presque  à la totalité de la pensée…

…Il est douteux qu’on puisse remédier à cette lèpre, qui nous tue, sans commencer par la suppression des partis politiques.

 

Image : simone.weil.free.fr

Annie Keszey. www.atelier-idees.org

10:57 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suppression des partis, parti totalitaire, nazisme, fascisme, mensonge | | |  Facebook

27/01/2017

Christophe Grébert, analphabète en Droit, juge d'un tribunal populaire.

Christophe Grébert, quêteur professionnel de  «  buzz », ce retentissement médiatique, perçu comme étant à la pointe de la mode, a lancé une pétition, étrangement acceptée par le site Change.org. Un buzz, c’est une agitation et la transmission rapide d’informations autour d’un nouveau concept, d’une idée, d’une personne...

Blogueur s’érigeant en procureur de la République, Il interpelle  Madame Penelope Fillon.

« Pleureur » professionnel quand une plainte en justice est déposée contre lui, il piétine aujourd’hui la « présomption d’innocence ». Juge, usurpateur, d’un tribunal populaire, il fixe des projecteurs publics sur une citoyenne capturée ainsi, qu’il interroge médiatiquement, avant de l’avoir consultée.

La présomption d’innocence signifie qu’un individu même suspecté de la commission d’une infraction ne peut être considéré comme coupable avant d’avoir été jugé par un tribunal. C’est un principe qui fait reposer sur le procureur de la République la charge de rapporter la preuve de la culpabilité du prévenu.

Le « grand » juge Marc Trévidic a déjà déploré que la présomption d’innocence soit souvent détournée, faute d’un civisme éclairé, en présomption de culpabilité.

Une enquête préliminaire a été ouverte par la Justice. Madame Penelope Fillon sera interrogée et jugée selon la  procédure légale. Nous en serons informés.

Christophe Grébert qui tente de « laver plus blanc » devrait travailler la perfection de son éthique personnelle, avant de corriger autrui. Légitimement intéressé par la liberté d’expression, initiateur sur son blog d’un mouvement pour la liberté d’expression, il censure ce même blog quand des articles contredisent, avec raison, ses affirmations...

La Justice, en démocratie, ne peut être rendue par des « analphabètes » en Droit.

La présomption d’innocence nous protège, tous, à égalité.

Annie Keszey

23/01/2017

Le "serpent de mer" du revenu universel d'existence.

« L’origine de l’expression « serpent de mer » proviendrait d’une analogie avec le monstre marin mythique qui apparaissait aléatoirement dans toutes les mers du monde sans que l’on puisse prouver son existence. Fréquemment évoqué par les marins, cela donnait lieu à de virulents débats quant à la véracité des événements relatés... »

Benoît Hamon, au nom de la gauche du passé, réactive le paradoxe idéologique du revenu universel. Son coût éléphantesque, dans un État surendetté, serait couvert (serait non-couvert), en particulier, par une augmentation de la taxe foncière qui concerne 62 % des Français...

Pour s’exprimer avec rigueur et sagesse, si possible, lors du second tour de  la primaire de la gauche, la  lecture de l’important article, très sérieusement documenté, de Wikipédia, par exemple, sur le revenu universel, est une aide précieuse quand on veut savoir avant de voter. Les analyses complexes et fortement contradictoires demandent un temps assez long pour une clarification nette.

Et puis, est-il pertinent de « réanimer » une fois de plus  cette idée de théologiens chrétiens du premier millénaire ? Est-il pertinent de promouvoir l’utopie d’un jardin d’Éden controversé?

Annie Keszey.