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15/07/2011

LA CRITIQUE SYSTEMATIQUE INTERDIT UN DEBAT DEMOCRATIQUE.

La raison de la pauvreté du débat politique, en France, est que l’opposition (qu’elle soit de droite ou de gauche) critique de façon systématique et automatique toute réforme du gouvernement, même celle qu’elle aurait elle-même réalisée si elle était au pouvoir …
Cette opposition qui se veut « radicale »
ne trompe personne, parce que chacun a pu constater que, depuis la ratification du traité de Maastricht, gauche et droite mènent des politiques assez voisines lorsqu’elles sont au pouvoir, les marges de manœuvre que leur laissent les traités européens qu’elles ont toutes deux ratifiés étant devenues assez faibles. La législation française est maintenant constituée de près de 70%  de transpositions devenues obligatoires, dans le droit français, des directives de la Commission de Bruxelles…
Le résultat de ce comportement qui se croit radical est la perte de toute crédibilité d’un discours qui est perçu comme « Je ne sais pas encore de quoi il s’agit, mais je voterai contre puisque c’est le pouvoir  qui le propose, même si j’avais voté pour si j’étais au pouvoir » : et, encore une fois, ceci est aussi vrai pour la droite que pour la gauche lorsqu’elles sont dans l’opposition. Ce qui est automatique, mécanique et prévisible n’est jamais crédible…
Ce comportement était justifié lorsque gauche et droite étaient porteuses –au moins en théorie- de deux projets de société totalement différents et incompatibles entre eux ; ce qui n’est plus le cas depuis que le Parti Socialiste s’est rallié à la social-démocratie (1983), puis à l’Union Européenne, puis au social-libéralisme (gouvernement Jospin)…C’est sans doute cette opposition mécanique, systématique  et pavlovienne de l'opposition  (qu’elle soit de droite ou de gauche) qui est responsable de la pauvreté du débat démocratique, en France.

Dans sa publication intégrale  sur un site de la Gauche Moderne du Pays de la Loire, Elie Arié compare le débat démocratique en France aux débats, plus constructifs, dans les autres démocraties occidentales : un « shadow-cabinet »  de l’opposition étudie chaque proposition gouvernementale afin de s’y opposer ou de proposer.

Le texte complet est accessible par google en tapant : critique systématique Elie Arié. L’accès direct au site n’est pas possible.

www.atelier-idees.org

Annie Keszey.



09:58 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : gauche, droite, critique systématique, elie arié. | | |  Facebook

18/05/2011

UNE ACTUALITE VIOLENTE.

17/05/2011.

 

Dear Mr. Obama.  
 

Yesterday, we saw Mr. Strauss-Kahn arrested with handcuffs, between two policemen, before he is judged.
This was an ugly and inhuman picture from the U.S.

We would like you to change this useless practice.
 
Thank you Mr. President.

 

Annie Keszey.

 

 

www.atelier-idees.org

09:45 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : president obama, strauss-kahn, handcuffs | | |  Facebook

03/04/2011

Une légitimation politique consternante du rejet des étrangers.

RETOUR SUR LE DEMANTELEMENT DE LA « JUNGLE » DES REFUGIES AFGHANS DE CALAIS, LE 22 SEPTEMBRE 2009.

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Quel sens a eu cette évacuation tant médiatisée, cette mise en spectacle de ceux qu’on désigne comme des « étrangers », en leur donnant l’apparence de la souillure, de la dégradation et d’une différence absolue associées à  leur rejet ?Un repère de sens à partir duquel le rejet des étrangers se trouve davantage légitimé et banalisé.

Plusieurs jours avant ce 22 septembre, une mise en scène dans les journaux et sur les écrans de télévision a préparé l’évacuation proprement dite : des mots et des images ont largement circulé, montrant un monde marginal, effrayant, le « crime organisé », les «mafias de passeurs », l’horreur de la misère. Les mots et les photos ont transmis l’image de gens « anormaux », dont il fallait se méfier, qu’il valait mieux tenir à l’écart, tenir éloignés. Le jour même de l’évacuation, un quotidien gratuit montrait sur une de ses photos, en très grand format, des Afghans installés à côté d’un tas de  détritus, celui-ci au premier plan.

En réalité, ces gens ne vivaient pas au milieu des détritus. Ils étaient dans des cabanes qu’ils arrangeaient du mieux qu’ils pouvaient, qu’ils rendaient même d’une certaine façon, habitables. Ils servaient le thé aux visiteurs, bavardaient, rangeaient sans cesse leurs abris, les tenaient propres, traçaient quelques allées et attendaient.

Symboliquement, le coup médiatique de l’évacuation de la « jungle » de Calais  a consisté à montrer l’expulsion des étrangers comme si elle avait été réalisée (d’autres photos les montraient, de dos, balluchon sur les épaules, comme s’ils étaient en partance…) Image d’une expulsion prétendument réussie d’étrangers dont on répète qu’ils sont en « situation irrégulière » et sur lesquels s’inscrit le mot « clandestin » en préjugeant d’une criminalité non prouvée. Il s’est agi de rendre réelle la fermeture des frontières et «l’éloignement » des étrangers dans le monde des images médiatiques où réel et fiction se superposent en permanence, et où se joue l’essentiel de la visibilité politique…

Or, 576 personnes étrangères étaient à Calais. 300 avaient quitté les lieux avant l’arrivée de la Police. Sur les 276 personnes évacuées, 140 ont été arrêtées, placées en centre de rétention et libérées par la justice pour défaut de procédure.

Une seule personne de Calais fut  renvoyée de force, par avion, vers Kaboul.

Le Ministre français de l’immigration et de  l’identité nationale, Eric Besson, fut critiqué par le gouvernement afghan, parce que cette personne évacuée ne pouvait se rendre dans sa région d’origine, considérée dangereuse.

Michel Agier est anthropologue, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et membre de l’Institut de recherche pour le développement. Il mène depuis dix ans des enquêtes sur les migrants et les réfugiés dans le monde. Le texte précédent, sur la « jungle » de Calais, est extrait de son livre « Le couloir des exilés », être étranger dans un monde commun, aux éditions du croquant. Face aux politiques de la peur, misérables et impuissantes, l’anthropologue  défend une cosmopolitique de l’hospitalité que l’atelier des idées exposera dans le texte prochain.

Annie Keszey