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04/12/2016

Révolution. C'est notre combat pour la France. Emmanuel Macron.

Editions XO 2016. 17.90 €.

En noir : les extraits discontinus originels

Ce livre de 268 pages est divisé en 16 chapitres : Ce que je suis. Ce que je crois. Ce que nous sommes. La grande transformation. La France que nous voulons. Investir dans notre avenir. Produire en France et sauver la planète. Eduquer tous nos enfants. Pour vivre de son travail. Faire plus pour ceux qui ont moins. Réconcilier les France. Vouloir la France. Protéger les Français. Maîtriser notre destin. Refonder l’Europe. Rendre le pouvoir à ceux qui font. Chacun d’entre nous est le fruit de son histoire...

Cette courte présentation d’un livre dense, en 3 pages, ne peut suffire et ne se substitue pas à la  lecture complète.

Emmanuel Macron est  candidat à l’élection présidentielle de 2017 : un candidat singulier, instruit, cultivé, expérimenté, de 38 ans. Il n’appartient actuellement  à aucun parti politique, de droite ou de gauche, et s’adresse à tous les Français, au-dessus, au-delà du tripartisme. Ses études supérieures, ses missions et  professions dans de hautes fonctions des secteurs privés et publics lui ont donné une connaissance de la France d’une profondeur exceptionnelle, rare en politique. Il connaît les évolutions des états soumis à la mondialisation et, à partir d’une conscience aigüe des changements en cours, il propose une VISION pour la France.

Il est  un progressiste (terme exceptionnellement utilisé par François Hollande lors de son renoncement), réformateur, libéral à partir de sa confiance en l’homme, un libéral éclairé : « Pour comprendre la dynamique propre du monde il faut faire preuve de discernement : lutter contre la finance sans finalité et encourager la finance qui permet d’investir. Or, depuis la crise de 2008, nous avons collectivement fait le contraire... » Il veut que les plus pauvres et les plus faibles soient protégés sans être discriminés.  Il consent volontiers à être qualifié d’homme de gauche (c’est-à-dire social). Il comprend la dynamique propre du monde qu’il souhaite changer. En effet, ses propositions d’actions inédites dans les secteurs explorés dans ce livre reposent sur une connaissance rare de la situation présente, ce qui lui permet de distancer, de démoder, tous les politiques connus du moment. Il veut avancer vers une grande transformation sans se contenter de rafistoler un modèle créé pour avant-hier, parce que ce n’est pas la France.

Après la lecture du livre, quelques mots et expressions prédominent, tous inscrits dans des développements pensés  et en dehors du cadre traditionnel, usé: liberté, progrès, égalité, humanité,  justice, honneur, réalisme, autonomie, évaluation , innovation, efficacité, prospérité, mobilité, capital humain, transition énergétique, fibre numérique, économie de l’excellence, nouvelle économie, clean- tech, finance verte, nouvelles protections, nouvelles sécurités,  goût de l’avenir, nouvelle démocratie, homme capable...

 [Les boucliers de son projet sont la laïcité, un bouclier de sécurité qui donnerait la visibilité sur cinq ans aux gendarmes et aux policiers et un bouclier social. Emmanuel Macron pense que le déremboursement des petits soins voulu par François Fillon est une erreur.]

Respectueux de sa famille, attaché à la langue française et à  la  littérature, qu’il connaît, il aime la France. « La France est aimée pour le rang qu’elle tient. La voix qu’elle porte. Pour sa culture, sa force, son peuple, sa langue, ses talents. Elle est elle-même, forte et fière, quand elle tient ce rang. Elle y est toujours prête. Il lui faut simplement reconstituer ses forces. Nous en sommes là...

Affronter la réalité du monde nous fera retrouver l’espérance...

Vouloir la France, c’est vouloir ses valeurs...

Si nous voulons avancer, faire réussir notre pays et construire une prospérité du XXIème siècle dans le droit fil de notre Histoire, il nous faut agir. Car la solution est en nous. Elle ne dépend pas d’une liste de propositions qui ne se feront pas. Elle ne saurait émerger de la construction de compromis bancals. Elle se fera grâce à des solutions différentes qui supposent une révolution démocratique profonde. Elle prendra du temps. Elle ne dépend que d’une chose : notre unité, notre courage, notre volonté commune »...

Emmanuel Macron, par sa formation, appartient à l’élite de la Nation, il le sait, sans appartenir au système ni à l’antisystème parce qu’il est libre et l’a prouvé. Son parcours relève de l’excellence : études de philosophie à Nanterre où il  rencontre le philosophe Paul Ricœur. « ... Aux côtés de Paul Ricœur, j’ai appris le siècle précédent et appris à penser l’Histoire. Il m’a enseigné la gravité avec laquelle on doit appréhender certains sujets et certains moments tragiques »...Il entre à l’ENA et y cumule des stages formateurs au service de l’Etat, à l’ambassade de France au Nigeria puis à la préfecture de l’Oise où il se lie à ceux qui resteront ses amis : Michel Jau, Henry Hermand*, Michel Rocard* (décédés). Bien noté à la fin de l’ENA, il peut choisir et opte pour l’inspection des finances. Il sillonne la France, pendant quatre ans et demi, pour apprendre à analyser, décortiquer les mécanismes multiples qui font la vie de l’Etat et de ses agents. Puis, pendant six mois, il devient rapporteur général adjoint de la Commission pour la libération de la croissance française présidée par Jacques Attali. Il a pu s’ouvrir à de multiples sujets qu’il n’a ensuite jamais quittés. Puis, il choisit  de quitter le secteur public pour le secteur privé : il entre à la banque d’affaires Rothschild.

En 2012, librement, il quitte cette banque pour retrouver le service de l’Etat. IL devient Secrétaire général adjoint auprès de François Hollande, jusqu’en 2014, quand il décide de partir. Plus tard, rappelé par François Hollande, il devient ministre   de l’Economie, de l’industrie et du numérique... « Après les attentats de l’automne 2015, la renonciation à une stratégie indispensable pour saisir les nouvelles opportunités économiques dans notre pays, l’absence de véritable volonté réformiste et d’une plus grande ambition européenne et le choix d’un débat stérile autour de la déchéance de nationalité- débat qui divisait le pays sans apporter de réponse à ce qui venait de se produire- me sont apparus comme des erreurs-voire parfois de véritables fautes politiques. Alors que la crise et la désespérance sociale nourrissaient l’extrémisme et la violence, au moment où nos voisins ont su trouver les solutions pour réduire durablement le chômage, le véritable état d’urgence à déclarer était à mes yeux économique et social. Je n’ai pas dissimulé ces désaccords... »

« ...C’est à mon pays seul que va mon allégeance, non à un parti, à une fonction ou à un homme. Je n’ai accepté les fonctions que j’ai eues que parce qu’elles me permettaient de servir mon pays. Je l’ai dit au premier jour et je n’ai pas varié ensuite. Lorsque les obstacles mis sur ma route, l’absence de renouvellement des idées et des hommes, le manque terrible d’imagination, l’engourdissement général, m’ont montré qu’aucune action  utile n’était plus possible, j’en ai tiré les conséquences en démissionnant. Ma conception de l’action publique, ce n’est ni celle de la gestion de carrière ni celle du ticket dans la file. C’est celle de l’engagement partagé fondé sur le service. Rien d’autre ne compte à mes yeux, et surtout pas les critiques, ou les calomnies de ceux dont la loyauté va, non à leur pays, mais à un système dont ils ont parfaitement compris tout ce que le fonctionnement pouvait leur assurer d’avantages et de prébendes... » 

Parce que la réforme majeure est celle du système éducatif, il paraît nécessaire d’observer les propositions d’Emmanuel Macron dans le chapitre VIII : Eduquer nos enfants.

« L’Ecole est le combat premier...Car nous devons refuser tout ce qui conduit à l’assignation des Français à leurs différentes origines...Notre système éducatif maintient les inégalités, voire les accentue au lieu de les réduire... Les élèves manquent de confiance en eux et dans l’institution. Les parents sont anxieux. Surtout les enseignants se battent dans l’indifférence d’un système bureaucratique qui ne sait plus reconnaître ni leurs efforts ni leurs mérites...Commençons donc par l’objectif prioritaire d’une école maternelle et d’une école élémentaire plus performantes et plus justes... »

Emmanuel Macron propose un grand plan de réinvestissement concernant aussi les réseaux d’éducation prioritaire, le dédoublement des classes de CP, la formation et l’accompagnement des enseignants, l’investissement dans des personnels non-enseignants et l’amélioration de la médecine à l’école. Le financement se fera en revenant sur plusieurs des dernières réformes inutiles et coûteuses. Il développera la scolarisation précoce, utile pour tous et surtout pour les enfants des milieux défavorisés  afin d’enseigner davantage le vocabulaire et de parfaire l’acquisition du langage. Ce sont en effet les conditions de base reconnues pour apprendre à lire. Il veut désenclaver les quartiers afin de combattre le déterminisme social et scolaire, rétablir les classes bi-langues, réformer l’orientation avant et après le baccalauréat afin d’éradiquer l’actuel gâchis des 100 000 élèves qui quittent le système sans diplôme ni formation et des nombreux bacheliers égarés dans des formations universitaires inadaptées. L’enseignement professionnel, négligé, doit être développé et les entreprises appelées à participer aux formations. La gestion de ces filières serait transférée aux régions. Les défis de l’université ne sont pas minces. Le nombre d’étudiants s’accroit plus vite que les possibilités d’accueil, des millions d’emplois sont en train d’être transformés dans les usines, les banques et les assurances mais l’université ne saisit pas ces opportunités et le taux de chômage reste élevé.

D’autres correctifs au système sont explicités : le recours à l’e-learning  pour renforcer l’apprentissage de la lecture, par exemple.

« Dans ce contexte, si nous voulons réussir, nous devons leur donner davantage d’autonomie pédagogique et de moyens. Protéger les étudiants les plus modestes avec une véritable aide  sociale, permettre aux universités de faire contribuer les étudiants les plus aisés, avoir les moyens d’attirer les meilleurs enseignants, d’ouvrir les bibliothèques universitaires en soirée et en fin de semaine...Comment y parvenir ? Grâce aux enseignants ! »

Emmanuel Macron veut sortir de la rigidité administrative, celle des règles des mutations, des textes réglementaires dont les circulaires qui maintiennent un fonctionnement lourd  et inefficace du système. Il faut développer l’autonomie des écoles, des équipes, des établissements  pour contrer un mode de fonctionnement paralysant et donc faire évaluer ces nouveaux modes de fonctionnement  par une instance  d’évaluation indépendante et puissante. Des équipes pourraient se regrouper et même s’engager dans la création d’écoles, de collèges, de lycées radicalement nouveaux.

« Alors oui, la Révolution de l’Ecole est possible parce que nous la ferons  avec eux. »

Les faiblesses majeures du système éducatif sont parfaitement connues par Emmanuel Macron qui s’engage à y remédier, ce que n’ont pas fait ses prédécesseurs.

Dans un autre chapitre, Emmanuel Macron écrit : « J’ai conscience que cette refonte de l’organisation de l’Etat viendra heurter des habitudes »...Cela vaut aussi pour le système éducatif.

De nombreuses transformations et particulièrement la transformation des institutions européennes rencontreront certainement de très fortes oppositions. Il lui faudra être pédagogue. 

« Les révolutions numérique, écologique, technologique, industrielle qui se profilent, sont considérables. La France doit y prendre part. Elle ne doit pas laisser l’écart se creuser avec les Etats-Unis ou, plus encore, avec la Chine, ce pays-continent qui démontre, chaque jour un peu plus, sa puissance. Nous n’y parviendrons  qu’à deux conditions : relancer l’Europe, notre chance dans la mondialisation, et retrouver la confiance en nous-mêmes, l’énergie qui nous manque depuis tant d’années, mais que je sais présente dans le peuple français. Pour cela, chacun en France, doit, de nouveau, avoir sa place. Pour mener ce combat, la responsabilité du président de la République est immense. Un président n’est pas seulement investi d’une action. Il porte aussi, de manière moins visible, tout ce qui dans l’Etat transcende la politique : les valeurs de notre pays, la continuité de son histoire, et, de manière cachée, la vigueur et la dignité d’une vie publique.

J’y suis prêt... »

Emmanuel Macron ne nous propose pas des rêves mais de possibles réalités inattendues, surprenantes, motivantes : un renouveau du « politique », un lien fraternel sincère entre un sujet d’élite et le peuple : enfin !

Le programme d’Emmanuel Macron sera analysé avec une  concentration exceptionnelle. Le peuple ne veut plus être trahi par ses représentants.

Annie Keszey.

14:31 Publié dans démocratie, France, POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : emmanuel macron, révolution, progressiste, annie keszey | | |  Facebook

01/12/2016

Merci Monsieur François Bayrou.

La presse rapporte vos propos confirmés sur le site du MoDem : les électeurs démocrates ne peuvent donc que  vous remercier.

Vous ne vous ralliez pas à François Fillon. Avec le projet du député de Paris « ceux qui ont moins auront moins, et ceux qui ont plus auront plus » avez-vous dénoncé. « Il y a aujourd’hui une vague idéologique simple qui consiste à choisir l’augmentation permanente des inégalités ».

Or l’accroissement des inégalités, en France et dans le monde, met en péril la démocratie.

Nous l’avons appris à partir de diverses analyses profondes et convaincantes : Au nom du tiers état/François Bayrou, La société des égaux /Pierre Rosanvallon, L’idée de justice/Amartya Sen, Changer l’Europe/  Les économistes atterrés, Quand le capitalisme perd la tête/Joseph Stiglitz, Le capital au XXIème siècle/ Thomas Piketty...

Vous avez mis en parallèle la suppression de l’ISF pour quelques-uns, d’une part, le travail payé moins et la hausse de deux points de TVA pour tous les consommateurs, d’autre part, mesures contenues dans le projet de François Fillon. Ce sont en effet des mesures d’une droite «hors frontières », caricaturale.

La Mutualité française évalue à 20 milliards d'euros* le coût supplémentaire, pour les ménages français, de l'application du programme de François Fillon en matière de déremboursement de certains soins. (*1 200 € de plus par an pour un couple et deux enfants.)

François Fillon a semblé être un responsable politique engagé mais peut-être n’est-il, lui aussi, qu’un responsable politique intéressé. Le Canard enchaîné se serait informé sur l’entreprise de conseil très lucrative «  2 F Conseil », dont François Fillon est le seul salarié. A son salaire complet de député (député  à temps partiel ?) de 5 357 € net, François Fillon aurait  rajouté près  de 18 000 € par mois provenant de ses activités de conseil. Ces excellentes conditions matérielles  pourraient engager François Fillon à se protéger lui-même, peut-être, dans un avenir proche, contre l’impôt sur la fortune...

Les commentaires médiatiques après « la primaire », requièrent parfois de la part du peuple ordinaire, dont je suis, un petit exercice de réflexion : ainsi, les Centristes (Nouveau Centre et UDI) ne seraient plus centraux ?  

Bon courage Monsieur Bayrou. Continuez à communiquer avec nous!

Annie Keszey.

 

 

 

16:03 Publié dans démocratie, France, POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fillon, bayrou, primaire, inégalités, centre | | |  Facebook

14/11/2016

Cumuler individuellement les votes aux deux primaires.

Une nouvelle nécessité démocratique.

Deux primaires avant l’élection présidentielle de mai 2017 sont  prévues, chacune à deux tours : celle de la droite et du centre, éclatés, celle de la gauche éclatée.

Ce qui est en train de se passer aux Etats-Unis, comme en France, c’est que l’aléa, l’imprévu, renverse la table autour de laquelle les élites banquetaient.  Désormais tout est devenu possible (Joseph Macé-Scaron). Donc, tout futur électeur appartenant, en particulier, aux 70 % des Français qui refuseraient les trois candidats Nicolas Sarkozy,  François Hollande et Marine Le Pen, doit  accroître son poids individuel démocratique en participant aux deux primaires et à leurs deux tours probables. Si d’autres primaires s’ajoutaient ultérieurement il faudrait également y participer.

Caroline Fourest, éditorialiste, fait un reproche essentiel d’actualité à saint Sarkozy de Latran qui loin de méditer sur ses fautes, prétend en 2016 défendre le modèle laïque français. Lorsqu’il était président, il n’a cessé d’appeler de ses vœux une laïcité positive, ouverte, c’est-à-dire accommodante et a souhaité abattre l’article 2 de la loi de 1905, âme de la loi...Le bilan médiocre de son mandat est évalué.

Thomas Piketty, économiste, craint que François Hollande ne soit qu’un social cafouilleur à répétition dans un socialisme de l’usine à gaz...Le bilan interpellant de son mandat est en cours d’évaluation.

Olivier Pastré, économiste, démontre que le programme schizophrène de Marine Le Pen nuira d’abord, rapidement, prioritairement et paradoxalement, aux intérêts de ses électeurs. Un programme cynique pour masochistes.

Pour Mathieu Goar, journaliste, Nicolas Sarkozy et François Hollande soldent leur passé en s’offrant une nouvelle image. 

A chaque primaire, l’électeur  dispose de deux possibilités : voter pour le candidat de son choix, c’est  une action démocratique habituelle pour promouvoir, ou voter contre le candidat auquel il s’oppose,  afin de tenter son exclusion préalable de l’élection présidentielle, en reportant son choix sur un des autres candidats participants : action démocratique inhabituelle, réfléchie, d’affaiblissement. A ce niveau, l’abstention, le vote blanc ou le vote nul restent peu pertinents.

L’exercice fondamental du droit de vote suppose une connaissance sérieuse des bilans des candidats répétitifs et des programmes des nouveaux prétendants au rôle suprême. Les choix d’électeurs fanatiques, idéologues ou ignorants, ont souvent induit, dans l’Histoire, des drames collectifs. Un autre savoir est indispensable : celui du théâtre politique de « faussaires » aux déclamations irréelles que refusent désormais les électeurs, éclairés. Ces électeurs, par exemple, ne croient plus aux promesses grandioses des candidats, trahies depuis des décennies : « Changer la vie-Le droit à la beauté » de François Mitterrand, « En finir avec la fracture sociale » de Jacques Chirac, « Je veux une République exemplaire » de Nicolas Sarkozy, « Le changement, c’est maintenant-Mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance », de François Hollande... D’autre part, la lucidité citoyenne appelle au rejet de la croisade « antisystème » des candidats du système, nombreux,  qui recherchent, en dupant, une arme de mobilisation massive. 

Il n’y a plus de fossé entre le socialisme et le libéralisme : le libéralisme est devenu social-démocrate et le socialisme libéral-productiviste. Manuel Valls et Henri Guaino représentent, autant l’un que l’autre, le socialisme réconcilié avec le libéralisme.

L’avenir de la France ne peut être ni socialiste, ni capitaliste tant ces deux voies  échouent.

Il s’agit de faire de la politique pour un projet qui fasse sens commun : une régénérescence pour quitter l’insécurité culturelle (Laurent Bouvet).

L’économie vire réellement à la folie. Le capitalisme actionnarial, c’est-à-dire le primat de la rentabilité financière, n’est pas seulement injuste et inefficace, il engendre la souffrance au travail, il tue les gens et détruit notre écosystème...La transition démocratique de mai 2017 doit avancer vers un autre système économique et politique (Jacques Généreux).

L’économiste socialiste Bernard Maris, assassiné avec les journalistes de Charlie Hebdo, dans « Plaidoyer (impossible) pour les socialistes » synthétise les échecs des deux voies politiques traditionnelles.

«Le capitalisme mène une guerre permanente à la société en modifiant les structures, les besoins, les marchés, les comportements ; il en institue la pression et le mouvement brownien permanents qui empêchent les hommes de s’arrêter, de penser et de vivre... Le capitalisme d’aujourd’hui est morbide et suicidaire : il sait qu’il tue l’humanité et il le fait...Tout ce qui existe a vocation à passer par l’eau de vaisselle du libéralisme, à être nettoyé dans l’évier graisseux de l’offre et de la demande. Ce monde totalitaire du calcul, de l’évaluation et de la computation peut bien être peint en vert, avec le logo Monsanto écrit en vert, il reste le monde du calcul et de l’horreur économique...Le capitalisme va détruire en deux siècles le pétrole que la terre a mis vingt millions d’années à fabriquer...

Le socialisme moderne est technocratique, statistique, étatique et non démocratique, globaliste, mondialiste, libre-échangiste, oubliant la morale au nom de l’efficacité et de la gestion, refusant le passé au nom du progrès et de la modernité, oubliant l’hymne à la beauté de celui qui voulait, je cite, Marcher et chanter, et délirer même sous les cieux, respirer les larges souffles et cueillir les fleurs du hasard . Les fleurs du hasard ! Y a-t-il métaphore plus anti technocratique?

Ils ont tué Jaurès !...Le socialisme, à son tour, mène la guerre civile perpétuelle pour le compte du capitalisme. Il est devenu le condottiere du capital... 

Alors, adieu. Adieu. Laissons les socialistes gérer la guerre aux vivants avec les libéraux. La vie est ailleurs. » 

Très chers amis électeurs de la présidentielle de 2017, malgré le pessimisme de Jean-François Kahn (Réflexion sur mon échec/ L’Aube) qui estime avoir perdu la quête de sa vie d’un dépassement de la bipolarité débilitante, il n’est pas impossible de trouver, non pas un entre-deux, mais une alternative à la débâcle d’aujourd’hui, la réinvention d’un devenir...

Il faut refuser d’envisager un choix nul, qui induirait, pour chacun, un vote nul : aucune autre issue que de relever la tête !

Nos futurs représentants ne seront plus des désireux de places confortables et bien rémunérées mais des engagés compétents dans la quête du bien commun : presque une révolution !

Il nous faut trouver, en six mois, un candidat (homme ou femme) pragmatique mais visionnaire, talentueux, unificateur, intègre et profondément démocrate. Un candidat que l’on souhaite admirer, soutenir et respecter. Ses engagements définis avec expertise par Thomas Piketty, devront impérativement inclure la réorientation de la mondialisation en luttant contre les inégalités scolaires, sociales, économiques et territoriales pour réconcilier la France d’en haut et celle d’en bas, en servant la protection de la terre au-delà des accords sans contraintes, pour un modèle de développement équitable et durable, en créant une puissance publique européenne forte, juste et fraternelle...Il ne sera plus possible de négocier des traités de libre-échange, en échange de rien...

Un rêve...français.

Annie Keszey.