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10/03/2015

MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE, MANUEL VALLS.

 10/03/2015. Lettre ouverte.  

Objet : votre  appel à combattre le Front National. 

 

                        Monsieur le premier ministre, 

 

            Vous auriez dit : 

« Le danger (le FN, aux portes du pouvoir) est là devant nous, il est immense. Tout le monde le sait, et pourtant, il y a comme une étrange accoutumance, presque une forme d’endormissement généralisé...Où sont les intellectuels ? Où sont les grandes consciences de ce pays, les hommes, les femmes de culture, qui doivent monter, eux aussi, au créneau ? Où est la gauche ? »  

Vous ne vous réveillez que quinze jours avant des élections, vous ne semblez pas avoir lu les nombreuses études publiées sur le FN, par des écrivains, des politiques et des journalistes, vous réduisez le peuple français, (que vous ne connaissez pas et que vous méprisez  dans vos propos, involontairement peut-être)  aux seuls intellectuels.  

Vous cherchez la gauche, vous n’êtes pas le seul. Mais, la gauche, n’est-ce pas d’abord vous-même ? 

Citoyenne banale, ordinaire, je vous informe m’opposer au FN, sans avoir attendu votre leçon de civisme: de nombreux autres citoyens que vous ne voyez, ni n’entendez,  coupé d’eux tous dans votre cocon élitiste, font de même. 

Veuillez trouver ci-joints quelques exemples de publications, contre le FN, faites sur de modestes blogs, la liste n’est pas exhaustive : 

  • 30/06/2014 : Enquête au cœur du nouveau Front National. Sylvain Crépon*. Nouveau monde 2012. Extraits.

  • 8/06/2014 : Le National-populisme, voilà l’ennemi. Jacques Julliard. Extraits.

  • 24/02/2015 : Marine Le Pen prise aux mots. Décryptage du nouveau discours frontiste. Cécile Alduy et Stéphane Wahnich. Seuil. Extraits.

  • 26/02/2015 : Puteaux. Incitation muette au rejet racial et religieux.

  • 2/03/2015 : Puteaux. Le zoo frontiste de Gérard Brazon. 

Michel Wieviorka qui a publié « Le Front National, entre extrémisme, populisme et démocratie, Maison des Sciences de l’homme, 2013. »  est autorisé à dire que le problème ne vient pas du silence des intellectuels mais de l’indifférence des politiques. Il s’est mis à votre disposition par courrier et attend toujours une réponse de votre part. Gaël Bustier, chercheur spécialiste de l’extrême droite et proche du PS partage cette opinion : Les appareils politiques ne peuvent pas anesthésier le débat public et en même temps reprocher aux autres d’être responsables de l’endormissement qu’ils dénoncent. (Le Monde du 7/03/2015.)  

En tapant sur google « Livres publiés sur le Front National », vous aurez une idée de l’implication des intellectuels et pourrez  commencer à vous informer. 

Vous êtes en première ligne : au-delà de vos mots déferlants, le peuple attend des actes urgents de votre part pour combattre le Front National. Il espère toujours une vision d’avenir crédible, novatrice, intelligente*, une République exemplaire et donc transparente, une République légale et morale.  

Avez-vous lu « Le capital au XXIème  siècle de Thomas Piketty, aux éditions du Seuil » ? Qu’en avez-vous fait ? Au lieu d’aider les très pauvres en ponctionnant les « un peu moins pauvres » comme vous venez de le faire, pourquoi ne ponctionnez-vous pas les rentes ou les actions ? 

Avez-vous lu « La France périphérique. Comment on sacrifie les classes populaires ? »  de Christophe Guilluy, auteur également des Fractures françaises ? Le PS a perdu les électeurs ouvriers et précaires Que faites- vous ? Ce sont ces mêmes populations  qui souffrent de l’Etat hors-la-loi quand il n’applique pas, souvent impunément, sa loi DALO. Retirez l’attribution des logements sociaux aux responsables politiques locaux tentés par le clientélisme. Ils ne peuvent être objectivement justes.  

Que faites-vous pour la jeunesse en désespérance ? Trois ministres socialistes successifs  (et leurs prédécesseurs bien sûr) n’ont pas encore soulevé la question dramatique des dizaines de milliers d’élèves qui quittent l’Education Nationale sans diplôme. Ces ministres ont joué et « jouent » avec des  sujets mineurs fortement médiatisés : les mots, pour eux aussi, se substituant aux actes. Pourtant la solution ne serait nullement complexe : elle heurterait certains principaux et proviseurs statiques. Il faudrait donc ce courage politique concret, inexistant.  

La morale ? Aucun parti politique n’est indemne. Le doute citoyen est permanent. 

Les Français n’oublient pas, moins encore quand ils sont mal informés et parce que la justice est lente. Tous les partis politiques ont des condamnés par la Justice, votre gouvernement aussi.  Le président d’honneur du Front National, Jean- Marie Le Pen, est le plus déshonoré, condamné un nombre extrême de fois, mais il survit dans un parti reconnu « républicain ». C’est une offense, ce sont des offenses, faites aux citoyens attachés aux valeurs fondatrices. Marquez votre temps Monsieur Valls, proposez une loi « évacuant » de la politique tous les représentants imparfaits dont les casiers judiciaires ne sont pas vierges!

Vous serez observé par les peuples européens et certainement suivi, par «Podemos », par exemple.  

Ces quelques  actes anti- FN ne seraient que le début d’une belle politique de gauche. 

www.atelier-idees.org 

www.rupture-et-metamorphose.org 

www.notreputeaux.com 

Annie Keszey.

 

02/02/2015

DEUX CARENCES FAUTIVES QUI BOUTENT L'ETAT HORS LA LOI.

2/02/2015.

Sources d’information : Les chiffres du logement et de l’hébergement dans les Hauts-de-Seine-2013.  Politique publique www.hauts-de-seine.gouv.fr

Le rapport public 2013, de 148 pages, de la Mission interministérielle d’inspection du logement social www.ladocumentationfrançaise.fr

L’observation des démarches et des épreuves de deux familles de Puteaux après qu’elles aient été reconnues prioritaires pour recevoir en urgence un logement social.

 

En ces moments d’incertitudes, le Président  et les membres de l’exécutif rappellent, par de beaux discours, la Grandeur de la République et la force de ses valeurs fondatrices.

Les carences fautives, durables de l’Etat, dans le domaine du logement social, n’en deviennent alors que plus inacceptables encore.

 

 

«   La loi 2007-290 du 5 mars 2007  institue le Droit au logement opposable ou DALO. Elle désigne l’Etat comme autorité responsable, définit dans le temps l’entrée en vigueur du droit o

pposable, crée une instance de recours amiable, la Commission de médiation du droit au logement opposable et désigne le tribunal administratif comme juridiction chargée des recours contentieux.

Six catégories prioritaires de demandeurs d’un logement social peuvent recourir au DALO, ainsi que les ménages en attente depuis 4 ans au moins et aux conditions requises ».

 

La Commission de médiation s’est réunie 33 fois, en 2013, dans le Hauts-de-Seine par exemple, à la Préfecture. Elle a reçu 4 947 dossiers déposés DALO, 25,6% de plus qu’en 2012, a examiné 7 044 dossiers. 1 346 ménages ont été reconnus prioritaires et devant être logés d’urgence en fonction de leurs besoins exprimés dans des dossiers conséquents.

 

 

Chaque ménage admis par la Commission de médiation a reçu alors une lettre de la Préfecture, indiquant la date de la décision et la date, six mois plus tard, avant laquelle le logement doit être attribué en urgence et prioritairement par le préfet.

Or, alors que les décisions de cette Commission sont créatrices de droit, certains ménages désignés n’ont reçu aucune proposition de relogement pendant cette période. C’est une première carence fautive de l’Etat qui porte un double préjudice aux victimes : matériel, par le trouble imposé dans les conditions d’existence quotidienne et moral, par le doute déstabilisateur sur la fiabilité de la parole de l’Etat.

 

Chaque ménage en attente, s’il est bien informé toutefois,  adresse alors un recours au Tribunal administratif, celui de Cergy-Pontoise pour les Hauts-de-Seine, appuyé sur un dossier de pièces justificatives.  Ce Tribunal examine cette demande dans des délais acceptables. Le Tribunal, dans la majorité des cas, condamne l’Etat, représenté par le préfet, à exécuter la décision de la Commission de médiation du DALO et indique une date butoir correspondant à une attente moins longue que la précédente. En cas de non-attribution du logement avant cette date, et sur décision de justice, l’Etat est contraint au paiement d’astreintes, jusqu’au relogement effectif, au Fonds national d’accompagnement vers et dans le logement. Ces amendes servent à financer des mesures d’accompagnement social en faveur des ménages prioritaires.

Certains ménages ne reçoivent aucune proposition malgré cette condamnation en justice de l’Etat qui reste non exécutée. C’est une seconde carence fautive de l’Etat qui accroît le double préjudice subi par les ménages concernés.

En 2013, 311 requêtes ont été enregistrées auprès du  greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, soit 38% de recours contentieux supplémentaires par rapport à 2012. 304 jugements ont été rendus, dont 299 ont abouti à la condamnation de l’Etat, soit 98%.

Il restait fin 2013, 2 315 ménages prioritaires à reloger en urgence (PU), 38% du total : la commune de Puteaux avait 55 PU, 3 ont été logés sur la commune et 7 hors commune.

Comment l’Etat justifie-t-il ses manquements au Droit qui le situent dans l’illégalité ?

Les logements sociaux ne seraient pas assez nombreux, particulièrement dans les grandes villes !

La loi du 18/01/2013 impose aux communes d’atteindre 25% de logements sociaux en 2025. Dans les Hauts-de-Seine, la commune ayant le taux le plus élevé est Bagneux, avec 66,88% de logements sociaux, Neuilly-sur-Seine a le taux le plus bas : 4,71% ! (Quel responsable politique a osé réactiver le terme « d’apartheid », territorial et social ?).

22 communes du département ont des taux inférieurs à 25%. Puteaux avait 30.21% de logements sociaux en 2012 et 30, 05% en 2013.  Le département des Hauts-de-Seine avait un taux de 27,7% au 1/01/2013.

3 561 logements sociaux nouveaux ont été créés en 2013, dans le département : l’objectif était de 3 600.

Que faire après ces temps  d’attente inattendus, éprouvants, injustes du logement promis?

Joindre le bureau de la Commission de médiation du DALO, à la Préfecture, est dans l’ordre des choses, même si l’on sait que ces responsables très compétents et humains font face à un problème très complexe qu’ils ne peuvent pas résoudre dans l’instant. Une des familles observée de Puteaux, avec deux enfants mineurs, prioritaire, vient de se voir attribuer un logement social de quatre pièces, refait à neuf, près de la mairie de Courbevoie, un an après la décision de la Commission de médiation. Le  cauchemar est fini après quinze ans de dépôts annuels de dossiers, c’est-à-dire près de 400 pages parsemées de lettres stéréotypées d’autorités diverses qui ont affirmé sereinement et malencontreusement, de nombreuses fois, qu’ils suivaient ces dossiers annuels avec la plus grande attention! Un nouveau temps d’attente est cependant nécessaire jusqu’à la réunion de la Commission locale d’attribution du logement de Courbevoie, de sa visite guidée puis de la signature du bail.

La seconde famille, avec quatre enfants mineurs, dans 36 m2, est toujours en attente d’attribution, un an et demi après la décision de la Commission du DALO, confirmée par le Tribunal.

Le double préjudice imposé  requiert, pour le demandeur lésé, un dédommagement indemnitaire sérieux de la part de l’Etat qui ne se substitue évidemment pas à l’attribution du logement. La complexité du droit administratif impose le recours à un avocat, professionnel qui saura imposer, sans défaut, le lien de causalité entre le préjudice et la carence de l'Etat  ainsi que le caractère certain du préjudice.

La défense de l’Etat fondée sur le manque de logements sociaux est relativisée à partir des rapports publics de la Mission interministérielle d’inspection du logement social ou MIILOS, publiés sur les sites de défense des consommateurs Que choisir et CLCV et sur le site de la Documentation française. Ce sont des rapports lourds, nombreux, dégageant le positif des gestions modèles d’organismes de logements sociaux mais aussi le négatif d’autres gestions. Une restructuration de l’ensemble du parc social est engagée afin d’accroître la concentration des patrimoines pour abaisser les coûts de gestion et perfectionner les fonctionnements. Des organismes de gestion, déviationnistes, sont parfois visés par des actions en justice après la publication des rapports les concernant.

 Un « amical chambardement »,  dans les trop nombreuses commissions d’attribution de logements sociaux, égarées, améliorerait l’ordre et le respect des priorités.

Que propose la MIILOS ?

Lutter contre le favoritisme et l’arbitraire, le respect des règles et des prérogatives des organes délibérants compte beaucoup car elles favorisent l’objectivité et de ce fait contribuent à établir la confiance.

Combattre le trop grand nombre de cas où l’attribution est entourée de « flou », d’entorses aux règles et de pressions extérieures sur la Commission d’attribution.

Ne pas attribuer de logement social quand le plafond de ressources est dépassé, ne pas en attribuer, hors commissions, à des agents de l’Office.

Définir les orientations fixant les priorités avant les attributions et veiller à la visibilité des choix.

S’opposer aux demandes de passe-droits et aux refus des maires d’accepter certaines familles.

Renforcer la place des représentants des locataires dans les commissions, respecter l’ancienneté des demandes, examiner les dossiers avec humanité, en étudier trois avant d’en attribuer un.

Atténuer l’influence  des services administratifs de l’organisme HLM et/ou/ de la mairie pour renforcer le rôle de la Commission.

Accroître la transparence.

Le rapport définitif n°2013-025 sur OPH-SEINE-OUEST-HABITAT- 92  relève, avec la froideur technique des rapports, des points faibles...tragiques !

La population logée est peu sociale et les objectifs des accords collectifs ne sont pas atteints.

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Le rapport de la préfecture conclut : l’effort collectif, en matière de relogement de ces publics, doit être poursuivi.

 

Annie Keszey.

 

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27/12/2014

MARC TREVIDIC, JUGE D'INSTRUCTION, CONFIRME NOS CRAINTES.

marc trévidic,juge d'instruction,histoire,justice,petits cochons,petit méchant jugeOui , la Justice est comme le père Noël: elle n'existe que si l'in y croit comme un enfant.

Marc Trévidic, vice-président du pôle anti-terroriste du Tribunal de grande instance de Paris est l’un des meilleurs spécialistes des filières islamistes. Il vient de publier, en octobre 2014, après « Terroristes, les 7 piliers de la déraison », « Qui a peur du Petit Méchant Juge ? », aux éditions Lattès. La préface est de Gilbert Thiel. 

Cet essai retrace les diverses mutations du juge d’instruction depuis Saint-Louis,  dont celles du lieutenant criminel institué par François 1er, la création du juge d’instruction le 20/04/1810 et la situation d’aujourd’hui. C’est une leçon vivante d’Histoire de la Justice que l’école publique oublie d’enseigner pendant la scolarité obligatoire. C’est également une critique sociale profonde, dure et amère parfois d’un amoureux déterminé de la Justice. 

Le style, cependant, inventif et drôle, allège le propos. Pour le lecteur, c’est un plaisir d’apprendre. 

Marc Trévidic confirme nos craintes, mais son expérience lucide de quête de la vérité judiciaire et sa droiture nous encouragent. 

Les extraits discontinus du livre de 300 pages sont en bleu. La page 204, et ce n’est pas la seule, sur la fraude fiscale des Puissants, est d’un humour que l’on partage avec gratitude. 

Oui, la société française reste inégalitaire. Après la Royauté, les Seigneurs et les manants- les privilégiés et le tiers-état- la bourgeoisie et le prolétariat- les riches et les pauvres, Marc Trévidic oppose le CHÂTEAU, lieu de pouvoir des puissants, aux PETITS COCHONS, désignation du peuple anonyme, appellation reprise de la fable les  «Trois petits cochons », qui avaient peur du grand méchant loup, image du Petit Méchant Juge, PMJ… 

Depuis que le monde est monde, il y a toujours eu les Puissants et les autres… 

Oui, la Justice est inégalitaire, elle n’est pas indépendante du pouvoir exécutif. Elle est lente par manque de moyens dont la faiblesse de l’aide juridictionnelle, par exemple, mais aussi par les obstructions… A tous les âges et les régimes, nos gouvernants ont exercé sur la Justice cette pression constante : il leur a fallu trouver un coupable… Et cette aspiration sécuritaire se trouve au cœur de la délicate question de la détention provisoire… 

Le CHÂTEAU a toujours cherché à contrôler les dossiers sensibles… 

Il y a une loi d’un côté et l’obéissance à la hiérarchie de l’autre… 

Les fraudes électorales ne sont jamais jugées ou jugées quinze ans après les faits… 

Depuis que le PMJ souffle sur le CHÂTEAU de brique, il a le sentiment d’être persécuté. 

Les Puissants cherchent à supprimer le PMJ ou, au moins, à limiter sa capacité de nuisance (contre eux, bien sûr). Les PETITS COCHONS devaient être traités sans complaisance. Selon eux, si on leur donnait la main, ils vous bouffaient le bras… 

La Justice est imparfaite dans ses lois et ses procédures. La présomption d’innocence est contredite lors des détentions provisoires, presque tous les motifs légaux pour les concrétiser reposent sur la présomption de culpabilité…Il est difficile de considérer la présomption d’innocence comme autre chose qu’une aspiration philosophique… 

Les scènes de crime, polluées autrefois, le restent encore, rendant parfois impossible le relevé d’indices pertinents… 

Les lois injustes d’autrefois étaient appliquées. Les lois justes d’aujourd’hui ne le sont pas… 

Des tortures aussi inhumaines que dans le passé sont encore appliquées dans le monde, par les Etats- Unis, par exemple, à Guantanamo… 

Le CHÂTEAU. 

Les PETITS COCHONS avaient travaillé dur pour construire le CHÂTEAU et même si corvée après corvée, ils devaient l’entretenir, celui-ci était leur seule protection, quand les barbares des maisons de paille attaquaient la contrée. Au fil du temps le CHÂTEAU se métamorphosa…Il embellissait sans cesse…Peu à peu le CHÂTEAU perdit son rôle protecteur des PETITS COCHONS qui payaient des impôts élevés dans leurs maisons de paille et encore plus élevés dans leurs maisons de pierre…Le CHÂTEAU devint dépensier et festif et les hôtes, aveugles et sourds…Les doléances puis les remontrances des PETITS COCHONS aboutirent à la destruction du CHÂTEAU…Un nouveau CHÂTEAU de brique  fut construit sous la Convention, payé par un inconnu. Il devint de plus en plus  fastueux, en interne, au cours de l’Histoire…Le nombre d’invités ne cessa d’augmenter jusqu’au vingtième siècle où des séances concernent les présidents et ex-présidents, les responsables des principaux partis, des responsables du CAC 40, des banquiers, des avocats. ..Le supérieur de la police judiciaire et celui du procureur vivent au CHÂTEAU…Depuis sa destruction, les PETITS COCHONS, sélectionnés, ne pourront y entrer de nouveau que le 24/12/1974. Un ancien président invita quatre d’entre eux, des éboueurs, au petit déjeuner : un Français, un Sénégalais et deux Maliens…Le président leur posa de nombreuses questions sur leur travail ponctuant chacune de leurs réponses de mots choisis avec soin : Fascinant, Remarquable, Incroyable… Quand le moment vint des adieux, il fut donné à chaque invité un colis de victuailles pour Noël. De mauvaises langues ont prétendu que ce colis contenait une bouteille de cognac…Un Malien musulman ne fête pas Noël et ne boit pas d’alcool. 

Les Puissants sortent parfois du CHÂTEAU pour rencontrer les PETITS COCHONS, au salon de l’agriculture, par exemple. 

LE PATRON. 

Il vit au CHÂTEAU. Il est également un personnage de fiction. Il n’est pas un roi, pas un président, pas un ministre. La fonction du PATRON est pourtant essentielle : maintenir l’ordre établi et il connaît le seul point sur lequel les Puissants s’accordent au-delà de leurs luttes intestines. Leur accord tacite repose sur une volonté de maintenir leurs privilèges quel que soit le régime en place et la forme du gouvernement. Ils ne veulent pas seulement demeurer dans la sphère du pouvoir : ils veulent également que personne n’y entre…  

LE PETIT MECHANT JUGE. 

D’abord petit, puis méchant quand il a commencé à souffler sur le CHÂTEAU, ce juge d’instruction est le personnage principal. Ce n’est pas seulement Marc Trévidic mais un amalgame de tous les juges…Ce PMJ est torturé par son impuissance. Il voudrait que la Justice soit égale pour tous mais ne voit vraiment pas comment faire…  

Le PMJ raconte son histoire à la première personne : « je ». Il est l’acteur principal vivant pendant plus de cinq siècles.C’est sur le divan du DOCTEUR BLEULER que le MPJ retrace  l’évolution de la Justice et de sa fonction de juge : les prérogatives et les dénominations variables du juge d’instruction, les lois, les affaires, les erreurs judiciaires, les statuts divers de la preuve, les tortures anciennes inhumaines, l’évolution des droits de la défense, les rapports à la hiérarchie et au Pouvoir…   

Le DOCTEUR BLEULER est un descendant d’Eugen Bleuler, psychiatre suisse né en 1857, mort en 1939, et célèbre pour son travail sur la schizophrénie… 

La première consultation du PMJ a lieu page 37.

- Bonjour, docteur. Je pense que vous savez qui je suis. Sachez tout d’abord que je n’aurais jamais imaginé venir vous voir un jour. Mais les années ont passé et la République ne ressemble plus à rien. Et puis surtout, il y a quelque temps, un hôte très important du Château de brique a déclaré que j’étais schizophrène. Au début, j’ai pris cette accusation à la légère. Après tout ce personnage ne m’aimait pas. Ce n’était pas la première fois qu’il s’en prenait à la Justice en général et à moi en particulier.

- On peut même dire qu’il était multirécidiviste en la matière, souligna le docteur…

Au cours du récit, en rapport avec les faits, le docteur et son patient vont envisager d’autres troubles : les fractures psychiques, les anxiétés subites, le délire paranoïde, les hallucinations…

-Disons que j’ai commencé à  faire un rêve hallucinatoire : la justice était la même pour tous. J’entrais dans le CHÂTEAU de brique. Je faisais une perquisition.

-Une perquisition dans le CHÂTEAU de brique ! Vous êtes complétement fou !

-Merci docteur…ça fait toujours plaisir à entendre…

Le psychiatre ne confirmera aucun de ces troubles, après analyse. Le PMJ est normal…

Le PMJ raconte trois perquisitions chez les Puissants : l’une à la mairie de Paris, les policiers qui l’accompagnent refusent d’entrer, l’autre à la Préfecture des Hauts-de-Seine où il va seul avec sa greffière, c’est une épreuve et la troisième où, pour la première fois, il rentre au CHÂTEAU dans lequel le directeur du Consortium militaro-nucléaire a été assassiné. Sur tous les objets il trouve l’apposition « Confidentiel défense » « secret défense » y compris sur le cadavre sorti du réfrigérateur…Il ne peut saisir le cadavre : ce n’est plus un humain, mais un objet puisqu’il est mort, c’est donc interdit ! 

Un jour, l’ancien  président qui espérait le redevenir veut supprimer le PMJ devenu populaire auprès des PETITS COCHONS. Des propositions de remplacement sont faites : le remplacer par un procureur aux ordres du pouvoir exécutif, l’appauvrir par une stratégie de pourrissement, réduire le nombre de PMJ …Mais il y a peu de présents à cette réunion, beaucoup  de membres ayant préféré assister à une conférence qui apprend à ne pas payer d’impôts de façon légale. La décision est reportée à un meilleur moment, quand le PMJ soufflera par erreur sur une maison de paille…  

Le VICOMTE défend la vie et l’honneur du PMJ : la dimension romanesque du  Petit Méchant Juge lui a plu, tout comme l’impression peut-être de défendre une cause perdue… 

Le PMJ est l’acteur des nombreuses affaires majeures de l’Histoire, qu’il décrit et reconnaît les erreurs passées du PMJ. Il reprend longuement une erreur judiciaire de la Convention qui a exécuté la veuve Martin, Jean et Marion Fleury le 25/04/1793, pourtant acquittés par la Justice. Le geste de CECILE RENAULT, le 22/05/1794, est comparable, pour lui, à celui de l’étudiant chinois de la place Tiananmen. Le PMJ assiste à la décapitation d’Emile Henry le 22/05/1894, premier exemple du terrorisme aveugle, caractérisé en particulier par des aveux sans remords.

Les aveux sans remords ne sont plus des aveux. Ce sont des insultes. Les victimes le savent mieux que quiconque… 

 

ELLE  a des visages multiples car elle est ce qu’on en fait. Il faut encore croire à quelque chose pour comprendre qui ELLE est et lui pardonner ses excès…

ELLE, la Justice, la liberté, la République, Marianne donc, est jeune et très belle en 1789, année préférée du PMJ qui en tombe amoureux. Mon Dieu qu’elle était jolie quand elle traversait les rues de Paris en chantant à pleine voix. Vous l’auriez suivie comme tous les Petits Cochons. Elle avait des mots magiques qui sortaient de ses lèvres sublimes. Elle voulait l’égalité pour tous. Elle touchait du doigt la quintessence de la justice. Dans ses yeux, j’étais incroyablement beau…

 ELLE va ensuite rester enfermée au CHÂTEAU, s’y enlaidir, vieillir, se prostituer pour retrouver enfin la liberté. Mais le PMJ, maintenant, va prendre sa retraite avec ELLE, dont il est toujours amoureux : ils vont avoir ensemble un bébé, la VIème République…

ELLE était superbe, sans doute encore plus belle qu’en 1789. Le PMJ eut un serrement de cœur :

- ça va aller mon trésor, demanda-t-il.

- Ne t’en fais pas, ça ira, ça ira, ça ira…  

Bonne lecture ! 

Annie Keszey.