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23/10/2013

LA DELINQUANCE DES RICHES.

CHAPITRE 2 de LA VIOLENCE DES RICHES, CHRONIQUE D’UNE IMMENSE CASSE SOCIALE.
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. ZONES. Suite.


Extraits. 
La fraude à la Sécurité sociale, c’est la plus terrible et la plus insidieuse des trahisons de l’esprit de 1945. C’est la faute qui ruine les fondements mêmes de la République sociale. «  Cette belle déclaration fut prononcée par Nicolas Sarkozy à Bordeaux le 15 novembre 2011. Il pensait, bien sûr, au salarié prenant quelques jours d’arrêt maladie de complaisance. Pourtant, il n’avait pas beaucoup de grains à moudre : si les fraudes sociales sont estimées à 20 milliards d’euros, les allocataires fraudeurs en représentent seulement 1%, soit 200 millions, d’après la dernière mission d’évaluation des comptes de la Sécurité sociale. En effet, 80% de cette fraude sont liés aux cotisations patronales (16 milliards) que les employeurs ne paient pas parce qu’ils ont recours au travail dissimulé…
La guerre idéologique contre les travailleurs et les personnes les plus démunies ne cesse de les stigmatiser comme assoiffés d’assistanat. Elle porte ses fruits de manière inattendue puisque ce sont chaque année, en France, 4 milliards d’euros dus au titre des prestations qui ne sont pas réclamés par leurs bénéficiaires. En 2012, des chercheurs regroupés dans l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odemore) ont établi que les causes en sont multiples, ntamment le manque d’information, la complexité des démarches ou la timidité sociale des ayants-droits…
En septembre 2013, la demande de la nationalité belge par Bernard Arnault, première fortune professionnelle de France, avec 243 milliards d’euros, selon le palmarès 2013 de l’hebdomadaire Challenges, et onzième fortune du monde selon Forbes, qui le classe derrière Liliane Bettencourt, a déclenché un tohu-bohu médiatique. Cela a été vécu comme une déclaration de guerre aux 9 millions de Français qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté…
En ces temps difficiles, le sentiment de trahison est lié à ce qui est apparu comme la recherche d’une fiscalité moins menaçante. Les plus riches souhaitent non seulement s’affranchir de leurs impôts, mais avec le signal du plus doté d’entre eux, ils refusent désormais les contraintes liées à une identité nationale devenue un frein à l’identité mondiale du capitalisme dérégulé et financiarisé dans lequel Bernard Arnault occupe une place de choix…Environ 140 des 420 sociétés du groupe LVMH qu’il dirige sont localisées dans des paradis fiscaux, ce qui laisse penser que l’optimisation fiscale est bien une préoccupation du groupe…
Malgré sa puissance, Bernard Arnault a été obligé en avril 2013 de renoncer à la nationalité belge, l’Office des étrangers et le parquet de Bruxelles ayant donné des avis négatifs. Mais c’est le patriotisme qu’il met en avant !...

Les hommes politiques riches et sans complexes vis-à-vis de l’argent, avec une cynique indifférence envers l’éthique sont légion: En vrac : Silvio Berlusconi, Dominique Strauss-Kahn, Jérôme Cahuzac, Sebastian Piñera (Chili), Nicolas Sarkozy, Boris Johnson. ..Les oligarques qui mènent la France, l’Europe et peut-être la planète toute entière à sa perte n’ont jamais reconnu leur responsabilité dans la crise financière de 2008. Ils accusent les peuples de coûter trop cher, d’être trop gourmands, de dépenser trop pour leur santé et leur éducation. Ils cherchent ainsi à se défausser sans jamais, eux, remettre en cause leur cupidité financière…
Les sociologues exposent ensuite la justice à deux vitesses.
Les riches fraudeurs bénéficient d’accords à l’amiable avec l’Etat. En 2009, Eric Woerth met en place une « cellule de dégrisement » destinée à traiter le cas de 3000 fraudeurs détenant des comptes en Suisse non déclarés. La liste venait de fichiers copiés par Hervé Falciani, un informaticien de la banque HSBC. 4725 contribuables demandèrent « la paix des braves » en se livrant au fisc triomphant. Mais sur ces 4725, seuls 68 provenaient de la liste fournie ! Les avoirs français déposés en Suisse, non déclarés, sont évalués entre 50 et 90 milliards d’euros…
L’abandon, par l’Etat, de la politique pénale foncière est total…
Les différents délits sont traités avec une logique de classe. La délinquance contre laquelle on lutte dans les Hauts-de-Seine, c’est essentiellement les stupéfiants. Mais la grande délinquance n’est pas celle- là, elle est à la Défense ou dans l’aménagement des berges de la Seine…
Les comparutions immédiates et les peines planchers sont des procédures expéditives chargées de tenir en respect les jeunes en difficulté, alors que les puissants passent le plus souvent au-travers des mailles du filet juridique…
On peut distinguer dans la bouche de certains sénateurs l’ébauche de la construction d’un « ennemi de l’intérieur » dont les travailleurs qui refusent l’asservissement au profit des dominants seraient la cheville ouvrière…
Les journalistes libéraux ne mentionnent jamais la violence des riches. Ils inversent le sens de la responsabilité en attribuant l’origine de la violence aux plus démunis et se gardent bien de mettre en cause les dégâts provoqués par les spéculateurs et la fraude fiscale…
La démocratie française étant devenue, de fait, censitaire, les candidats appartenant déjà aux élites et les électeurs les plus modestes n’allant plus voter, cela explique que l’oligarchie puisse produire un libéralisme de gauche après un libéralisme de droite. »
www.atelier-idees.org
Annie Keszey

26/05/2013

L'IMMIGRATION. LA VERITE DES NOMBRES.

Pierre Henry, directeur de France Terre d’Asile et auteur du dico Atlas des migrations, chez Belin. D’après une publication du Nouvel Observateur n° 2532- 16 mai 2013.


Sur les 7 milliards d’habitants de la planète, seuls 215 millions migrent d’un pays vers un autre pour y résider : 3% de la population mondiale.
Beaucoup d’Européens croient encore que ces 3% viennent frapper à leur porte. Il n’en est évidemment rien.
Les migrations Sud/Sud, des pays en développement vers des pays en développement, concernent 1/3 des migrations, soit 73 millions, à peu près autant que les migrations Sud/Nord, des pays en développement vers les pays à fort développement économique, soit 74 millions.
En Afrique subsaharienne, les « cerveaux » représentent 3% de la population mais 35% des migrants, dont les 2/3 migrent en Afrique. 40 % des travailleurs africains hautement qualifiés  ont quitté leur pays ces dernières années dont 67% du Cap-Vert et 63% de la Gambie.
De 1926 à 2009, la proportion d’étrangers dans la population en France est restée constante: 6%. Ce taux est loin d’être le plus élevé du monde:
-    7.5% en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne, en Autriche…
-    35 % au Luxembourg,
-    69 % au Koweït,
-    86.5% au Qatar !
La France n’est pas non plus la nation qui octroie le plus facilement sa nationalité. En 2010, avec un taux d’acquisition d’environ 2 pour 1000 habitants, elle se plaçait en 8ème position en Europe, loin derrière le Luxembourg, premier pays sur la liste, avec 8 pour 1000 habitants et derrière la Suède, la Belgique, le Royaume-Uni, l’Espagne…
L’Allemagne a accueilli un million d’immigrés en 2012!
L’immigration augmente actuellement à partir des victimes des méfaits du changement climatique. Des milliers de personnes quittent des zones définitivement inondées.
Pourquoi, dans la masse des informations quotidiennes, choisir des données statistiques, de source fiable, sur l’immigration ? Parce que les politiques d’extrême droite tentent de manipuler, tétaniser, effrayer, désespérer les peuples en agitant déraisonnablement l’épouvantail d’une multitude inéluctable, dévastatrice, d’islamistes radicaux en France et en Europe.

Une seconde pratique idéologique destructrice de ces extrêmes est d’ignorer les populations musulmanes équilibrées, modérées, de l’Indonésie pacifique, de la Tchétchénie martyre, du Pakistan, de l’Egypte, de la Turquie, de la Tunisie, de l’émigration… qui militent pour instaurer la démocratie en terre d’Islam ou respectent les démocraties d’accueil.
Habib Kazdaghli, par exemple, est un combattant humble et prestigieux à la fois, doyen de la faculté de lettres de la Manouba, qui a maintenu la laïcité dans son établissement tunisien, depuis la révolution du printemps arabe, malgré la rudesse des oppositions religieuses fanatiques. Ces intelligences libératrices souhaitent être soutenues et non fondues dans un amalgame, par des opportunistes, uniquement soucieux d’accaparer quelques pouvoirs nés de populismes.
Image : news.tunistribune.com
David Cameron, Premier ministre britannique, a déclaré que l’acte meurtrier commis le mercredi 22 mai 2013, à Londres, par deux hommes au discours d’extrémistes islamistes, à l’encontre d’un militaire, était « une trahison de l’Islam ». Il a estimé que ce geste nuisait énormément à la communauté musulmane « qui apporte tant à la Grande Bretagne »… « L’extrémisme sera vaincu en restant unis »…
www.atelier-idees.org        www.notreputeaux.com        Annie Keszey.

22/05/2013

PONCTION NOUVELLE SUR LES RETRAITES.

Lettre ouverte.
Objet : Ponction nouvelle sur les retraites de 0.30% pour financer l’autonomie des personnes âgées.

    Monsieur le Président de la République, François Hollande,
    Monsieur le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault,
    Monsieur le ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici.

Accomplir un devoir national de solidarité est compréhensible et acceptable.
Vous ne sauriez cependant vous en dispenser vous-mêmes en ne respectant pas les citoyens de la Nation. Aux postes- clés de l’Etat, appliquez d’abord les mesures de justice attendues avant de choisir des décisions simplistes, paresseuses et cyniques.
Ce nouvel impôt, me concernant aussi, deviendrait inutile après les innombrables mesures d’économies en attente, dont quelques rappels suivent.
-    Diviser par deux le nombre des ministres du gouvernement.
-  Diminuer très significativement le nombre de sénateurs et de députés.
-  Supprimer un niveau de responsabilités et de dépenses dans l’organisation territoriale (Etat, régions, départements, communes).
-    Supprimer le cumul des mandats.
-  Contrôler strictement les frais de mandat des parlementaires, supprimer le système d’écrêtement, supprimer la réserve parlementaire, dévoiler les prêts avantageux consentis aux députés  et faire auditer les Chambres par la Cour des comptes.
-  Contrôler l’usage des fonds politiques des partis PS, UMP et davantage encore le financement des micros-partis. (source Médiapart)
-   Accorder un pouvoir coercitif défini à la très sérieuse Cour des comptes qui démonte les gaspillages mais ne les supprime  pas. 
-    Passer d’un fonctionnement  gouvernemental de type « monarchie nostalgique » à un fonctionnement de république sobre. L’or des palais, même avec un président ordinaire, est incompatible avec le chômage et la pénurie de logements.
-    Condamner les républiques bananières au sein de l’Etat, paniers percés des deniers publics.
-   Cesser de brader les entreprises publiques pour enrichir des actionnaires.
-   Appliquer les recommandations de l’Inspection générale des Finances pour réduire les surcoûts des agences publiques. (source Marianne)
-    Former les responsables politiques à la rigueur et empêcher les constructions versaillaises et les erreurs tragiques cumulées des collectivités territoriales.

Ces grandes réformes réduiraient considérablement la dette. Des réformes portant apparemment sur « des détails » seraient aussi très efficaces.
-    Les caisses de retraite, dont récemment le groupe Novalis, sont irresponsables financièrement quand elles envoient leurs nouveaux statuts, à leurs très nombreux adhérents, en recommandés et sur papier glacé. Des millions d’euros sont sacrifiés. (source Agarovox)
-    Les magazines luxueux de nombreuses mairies, départements et régions ont un coût public national sidérant, alors que ces publications « à la gloire de » n’ont d’autre but que de justifier qu’on doit réélire les équipes sortantes. D’autres millions d’euros sont sacrifiés.

Plus rapide et parfaitement adapté à l’abandon de nouveaux impôts, Monsieur le Président de la République, serait de réaliser votre promesse de campagne faite au Bourget et d’attaquer votre premier ennemi : la finance. Qu’avez-vous fait dans ce but depuis un an ?
Vos électeurs avaient cru promouvoir un « socialiste » au sommet de l’Etat. Sous le poids de la crise, ils ont compris son évolution en « social-démocrate » mais se désoleraient de découvrir un « néolibéral ».
Gardons l’espoir du réveil de vos énergies éclairées au sein du gouvernement. Merci.

Annie Keszey.