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29/11/2013

CELA DEVIENT CHER D'ÊTRE PAUVRE.

Martin HIRSCH- Parti  pris- Stock. 2013. 212 pages.
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« C’est devenu  cher d’être pauvre  et cela coûte cher à la société de mal traiter la pauvreté…Au-delà de la question morale que posent les questions de vie des plus modestes, l’aggravation de la pauvreté est une menace pour la cohésion de la société toute entière et pour ses fondements démocratiques…Explorer de nouvelles voies pour agir sur la pauvreté est donc un impératif qui justifie d’emprunter des chemins escarpés, quitte à s’écarter des balises habituelles… »

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06/11/2013

ELECTIONS MUNICIPALES. UN MAIRE IDEAL.

Montréal, rupture-et-metamorphose, annie Keszey, élections municipales, Denis Coderre, Bertrand Denanoë, Michael Bloomberg

Le 3/11/2013 ont eu lieu les élections municipales dans 1100 villes et villages de la province canadienne du Québec, dont à Montréal  au scrutin uninominal à un tour. Denis Coderre, un libéral, a été élu maire de Montréal avec 36.1 % des suffrages. Le taux de participation a légèrement augmenté par rapport aux précédentes élections, il y a 4 ans, pour atteindre 40% ! Plusieurs politiques et associations citoyennes avaient pourtant appelé les électeurs à voter. Ces électeurs, sont scandalisés par l’imposante corruption noire de leur classe politique : depuis le 5/11/2012 date de la démission du maire Gérald Tremblay miné par des allégations de corruption, 2 autres maires ont administré la ville, Michael Applebaum, désigné maire par intérim,  accusé de 14 chefs d’accusation de fraudes envers le gouvernement et remplacé par Laurent Blanchard élu le 25/06/2013, par le seul conseil municipal. Trois maires, donc, en un an!
Avant ces élections, François Cardinal, journaliste, conférencier, analyste et écrivain avait rassemblé 80 collaborateurs de haut niveau et de domaines variés, pour participer à l’élaboration d’un programme ambitieux d’une centaine de propositions, proposé sous le titre « Rêver Montréal ». Il décrit lui-même le « maire idéal ». On ne saurait mieux dire !
« Aujourd’hui, nous voulons notre maire décisif, sans être autoritaire, nous le voulons populiste (sens positif en français canadien) mais capable de grandeur, nous le souhaitons consensuel mais capable de trancher, nous exigeons qu’il écoute les électeurs mais certainement pas les sondages, nous le voulons ambitieux mais pas carriériste, nous cherchons un être de conviction capable de s’adapter au contexte, nous lui demandons d’être pragmatique mais aussi audacieux…
Un déplacement du maire une fois par semaine dans les transports en commun est réaliste et hautement souhaitable.
Bref, nous avons de grandes attentes. Et, immanquablement, de grandes déceptions…
La toute première chose, la plus importante d’entre toutes, c’est l’amour passionnel que le maire ressent pour sa ville. S’il y a une chose que les grands maires, les Boris Johnson (Londres), Bertrand Delanoë (Paris), Michael Bloomberg (New York) et voire Jean Drapeau, à l’exception de son absolutisme anachronique (Montréal) et son prédécesseur Camillien Houde, c’est cet attachement intense pour leur métropole qui motive chacun de leurs gestes, chacune de leurs pensées…
La deuxième qualité la plus importante d’un maire fort : aimer être sur le terrain, rencontrer ses concitoyens, s’occuper des petites choses comme s’il s’agissait des plus importantes…
Il faut aimer sortir de son bureau, aimer les gens, aimer communiquer avec le monde, aimer faire du travail de terrain…
Il faut être capable de fixer des priorités claires, Il faut savoir avec précision ce que l’on veut réaliser pendant son mandat. Il faut avoir une liste courte de projets à accomplir coûte que coûte…
Il faut être capable d’affronter les réactions parfois virulentes des citoyens…
Il faut être en mesure d’asseoir les gens aux intérêts divergents ensemble, de les faire travailler de concert. Il faut travailler fort pour bien faire comprendre que l’on vise le bien commun…
Montréal, depuis très longtemps, n’a pas eu de leader fort. La situation de la ville est critique… »

Marie France Bazzo, animatrice à la première chaîne de radio- Canada écrit :
« On en a marre de l’administration kafkaïenne, du festival perpétuel du cône orange, de l’ex- maire jovialité qui a succédé au maire ahuri et de l’absence congénitale de vision pour la ville la plus importante du Québec…
Les révélations quasi-quotidiennes de la Commission Charbonneau à propos de la collusion et de la corruption qui minent la métropole ont eu raison des plus optimistes d’entre nous… »

Yves Desgagnés, metteur en scène, souhaite, à la tête de Montréal, «  quelqu’un qui a autant de talent que sa ville, c’est-à-dire un être sensible à la beauté, qui a du goût, de la culture, de l’envergure. C’est impératif, l’élu devra avoir des idées folles, des projets à première vue irréalistes (Drapeau a fait construire une île au beau milieu du fleuve pour son expo) et surtout, surtout, l’élu devra avoir du raffinement, Beaucoup de raffinement, avec un sens aigu du détail. Car c’est dans les détails qu’on reconnait la grandeur d’une ville : l’élu devra nous tirer vers le haut, non vers le bas. Incontournable: l’élu se devra d’être francophile et s’en vanter. Il devra brandir à chaque souffle la seule réelle particularité de cette ville nord- américaine : le fait français…
Il nous faut un être de talent, sans modèle de gestion préétabli, capable d’imaginer Montréal dans toute sa fulgurance… »

Source : Rêver Montréal, 101 idées pour relancer la métropole, collectif sous la direction de François Cardinal. Les éditions La Presse. 3ème trimestre 2013.
Image : l’Hôtel de ville de Montréal. tripadvisor.fr
Annie Keszey

 

19/10/2013

UN TZIGANE TEMOIGNE.

Belle Cécilia, ex Sarkozy, d'origine tzigane.

cecilia Sarkozy.jpg
Alexandre  Romanès, poète et cofondateur du cirque Romanès, préfère dire Tzigane et non Rom. Il s’exprime dans le journal « Le Monde » du 18/10/2013.
Parole rare.  Alexandre Romanès dénonce les persécutions massives quotidiennes des siens en Roumanie et le détournement des fonds européens  qui n’arrivent jamais aux populations tziganes.
« La communauté tzigane-rom est prise à partie aujourd’hui, avec violence, parce qu’elle n’est plus comprise par une Europe qui s’uniformise. Son rejet est scandaleux et éhonté. Après les propos de Manuel Valls comme après ceux de Nicolas Sarkozy, les gens se lâchent contre les Roms, dans la rue, les medias, les administrations, les cours de récréation…Alexandre Romanès, comme beaucoup, n’a jamais demandé d’allocations familiales et ses enfants n’ont jamais été scolarisés. Sa dernière fille a voulu aller à l’école mais a fait l’objet d’un rejet constant de la part de ses « camarades » de classe. La France s’enfonce dans un climat délétère.
La situation misérable dans certains campements est un problème fabriqué par la France qui n’a pas laissé ce peuple circuler et travailler librement au mépris des conventions européennes. Les malfrats de la mafia, principalement d’origine roumaine et non tzigane, encerclent un campement de village, choisissent 4 ou 5 filles de 17 ou 18 ans, puis les envoient en Europe sous la menace. Elles se retrouvent sur le périphérique à Paris.
Pourquoi la police ne démantèle pas ces réseaux plutôt que les campements des Tziganes?
Les Tziganes ne veulent pas s’intégrer, au sens où le monde sédentaire les a toujours rebutés. Une blague roumaine résume très bien leur étrangeté : « Ces gens-là sont bizarres. Ils mettent leurs chevaux dans leur maison et vivent en dehors ». La réussite, la mode, le sport, le vote ne font pas partie de leurs habitudes.
S’intégrer, mais à quoi ? Aller à l’école jusqu’à 25 ans, être au chômage à 45 ans, faire une dépression à 50 ans, divorcer à 55 ans dans un monde gagné par la perte du sens collectif, par le  repli sur soi, la réussite à tous crins, un monde de familles sans enfants. Et pourquoi pas la cuisine Mobalpa ? Alexandre ne veut que le ciel étoilé au- dessus de lui. Ces Français qui cancanent devraient noter que pour les Roms, chrétiens, seuls comptent Dieu et la famille.
L’identité des Roms est menacée par l’uniformatisation de l’Europe et du monde qui n’accepte qu’un seul mode de vie à la fois précaire et sédentaire, flexible et normé…Leur culture peu à peu s’efface.
Les pays européens si prompts à vouloir un monde sans frontières pour les capitaux empêchent les Tziganes et les Roms de circuler.
Paris et Bordeaux sont des villes accueillantes à partir de médiations pertinentes… »

Manuel Valls, Espagnol naturalisé Français, écoutez les Tziganes et les Roms ! L’intégration ne peut être évaluée par des critères simplistes. Les conditions d’accueil sont décisives. L’approche ethnique, au niveau politique, est stigmatisante et ségrégative. Il faut d’abord connaître ces populations.
Et puis, Monsieur le ministre de l’intérieur,allez au cirque !
Le spectacle du cirque Romanès se tiendra de nouveau à Paris du 19/10/2013 au 23/02/2014. Les artistes du cirque sont talentueux, créatifs, d’une humanité universaliste.
Ce n’est peut-être pas par hasard que ce nouveau spectacle s’appelle « Les voleurs de poules » !
Finesse de l’humour tzigane.
www.cirque-paris.com/romanes
Un cirque de rêve. Télérama. Un très grand moment poétique. Le Monde. De la poésie à l’état pur. Libération. Surprenant et beau comme un battement de cœur. La Croix
Image : www.gala.fr
Annie Keszey.

15:54 Publié dans démocratie, UN MONDE MEILLEUR | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tsygane, rom, romanès, manuel valls, s'intégrer | | |  Facebook