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01/06/2012

LA NORMALITE EXTRAORDINAIRE.

Clothilde LEGUIL, psychanalyste.

La majorité des Français a exprimé ce qui lui manquait : une idée de notre humanité.

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Au président super actif, superhéros, une majorité de Français, pas tous certes, mais la majorité  tout de même, a préféré l’homme normal, François Hollande, sobre, presque discret, simple, qui jusque- là se déplaçait en scooter, et ressemblait à certains égards à tout le monde (bien qu’en réalité son parcours personnel soit exceptionnel). Peut-être alors faut-il s’interroger sur le sens de cette normalité qu’Hollande a lui-même déclinée comme une exemplarité, soit non pas tant la normalité de l’homme du commun, que celle de l’homme juste qui est à même d’incarner la norme pour donner l’exemple…
N’est-ce pas l’homme qui incarne modestement une éthique le traversant, plutôt que celui qui se veut hors du commun et que rien n’arrête qui est l’homme de la situation ? N’est-ce pas l’homme qui n’a pas d’ego ni de narcissisme- puisque c’est ce qui est dit de François Hollande par ceux qui le fréquentent (cela lui permet d’ailleurs d’avoir de l’humour, autre trait nouveau pour un président)- plutôt que l’homme qui en met plein la vue et subjugue tout un chacun par ses performances?...
L’homme normal, celui dont le surmoi lui dit  peut-être de s’effacer derrière la fonction qu’il occupe, devient alors un homme exceptionnel qui, derrière une discrétion et une absence d’extravagance, laisse apparaître une détermination précisément hors du commun…
En ces temps de crise, en choisissant l’homme normal, les Français ont dit ce qui leur manquait, ce qu’ils désiraient : non pas tant de tout avoir et de croire que tout sera un jour possible, mais de préserver, malgré les turbulences économiques, une idée de notre humanité, une idée de la valeur de notre parole et de nos existences, par-delà l’accélération du temps et l’exigence de nouveautés incessantes qui caractérisent les égarements d’une époque insatiable et déshumanisante.
Extraits de la page 29 du n°  787 de Marianne.
www.atelier-idees.org
Annie Keszey.

08/05/2012

6 mai 2012, au soir.

Bain de foule jusqu’à minuit.

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Une vraie foule: épaisse, compacte, mouvante, immobile, écrasante, pressurisant les milliers de personnes venues fêter la victoire de François Hollande.
Elle bouscule, propulse, entraîne dans un courant implacable. Que faire quand le nez à hauteur d’épaules, les côtes corsetées par des bras, des coudes, des manteaux, le souffle circule moins librement ? Quand le cerveau suggère qu’un peu d’espace vital est nécessaire ? Que la toux décide de se manifester ? Crier, pardi. Crier ! Au nord, au sud, vers l’est et vers l’ouest. Crier fort. Suffisamment fort en se mettant sur la pointe des pieds toujours portés par le flot continu et hurler : « Arrêtez de pousser ! Tout est bloqué. J’étouffe. » Alors, tout de suite, les habitués écartent les coudes, les relient et vous ménagent un sas de respiration. Bonheur inexprimable. Seul, un sourire large, rayonnant de la bouche aux yeux, exprime la reconnaissance et dit merci. Le cerveau pense : « Ils sont sympa. » Ensuite, c’est à nouveau la cohue organisée. Ceux qui poussent derrière, ceux qui se fixent au sol, ceux qui pressent en sens inverse, on ne sait pourquoi.
Main accrochée à la parka juste devant, suivez le flot, laissez-vos porter. Il n’y a rien d’autre à faire. Suivre jusqu’à la prochaine ouverture à gauche. A droite, les cabines Hommes/Femmes hermétiquement closes, n’offrent aucune échappatoire. Suivez donc. Avancez. Sentez les ondes. Mobilisez énergie, respiration, sensations tactiles. Les trottoirs sont parfois assez hauts et ils sont invisibles. Evidemment, si vous baissez la tête, vous apercevrez bien une déclivité. Trop tard peut-être. Alors, écoutez votre pointe de pied. Elle vous dira soudain : « Attention ! C’est le rebord. Incline ton articulation et prépare ta cheville au contact du bitume. Voilà; c’est fait».
Et, là, le fleuve trouve un nouveau lit pour charrier les corps agglutinés. La parka, à laquelle votre main est toujours agrippée, s’oriente vers la gauche où apparaissent d’abord une lueur puis une vraie éclaircie. Vous jouez du coude droit, prenez appui sur le talon gauche et modifiez ainsi votre trajectoire. Hourrah ! La mer est à l’étale. Malgré les barrières pour travaux, le véhicule de la Sécurité Civile stationné à droite et les clients de la brasserie d’en face qui squattent le trottoir, il y a de la place. Votre rythme respiratoire s’amplifie, plus besoin de flotter, vos pieds touchent terre. Vous pouvez même vous arrêter. Vite, le portable pour tenter de rallier les trois autres aventuriers de ce dimanche 6 mai au soir.
« Ah ! Ca ira, ça ira, ça ira ! » Mais ça ne va pas du tout! Seul le répondeur à peine audible se fait entendre. Un message et silence radio. La parka, qui se révèle être un ami de longue date, et vous-même reprenez le chemin de l’Hôtel de Ville, bouteille d’eau à la main. Un couple, la quarantaine, croisé au hasard, jette d’une voix ironiquement souriante : « C’est déjà fini La Bastille ? »

Claude Klein
7 mai 2012
Image Public Sénat.

14:02 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la bastille, françois hollande, 6 mai 2012, foule | | |  Facebook

29/01/2012

LES 60 ENGAGEMENTS DE FRANCOIS HOLLANDE.


Merci.

Vos interventions, attendues, ont été rassurantes.

Pourriez-vous définir, lors de votre prochaine intervention, le retour à la croissance?

www.atelier-idees.org

Annie Keszey.

10:31 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : françois hollande, 60 engagements. | | |  Facebook