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11/05/2016

L'Espagne d'avril 2016: un panorama dévastateur.

Dans les quotidiens espagnols, El País, El Mundo, El Diario de Mallorca, plusieurs éditorialistes décrivent la défiance du peuple et son désarroi entre le pouvoir politique corrompu, les nombreux faits de délinquance et les difficultés quotidiennes. Dans le Diario de Mallorca du 22/04/2016, Ramon Aguilo décrit un panorama dévastateur. Le pouvoir économique, lâche, est complice du MAL. Il rappelle que, déjà, l’ancien président de l’Espagne José Maria Aznar, inspecteur des finances, prônait l’exemplarité pendant ses deux mandats alors qu’il a triché ensuite lors de ses déclarations d’impôts. Découvert, il a dû payer au fisc une amende totale de près de 270 000 € pour les années 2011 et 2012. Jérôme Cahuzac donnait aussi des leçons de bonne conduite : son nom réapparaît dans le scandale bis de Panama. L’Espagne est parfois le miroir de la France.

Les élections législatives de décembre 2015 n’ont pu aboutir à la formation d’un gouvernement. Les députés ont été payés pendant six mois, sans fonction. Epée de Damoclès, les Espagnols voteront à nouveau le 26 juin 2016. Les deux partis traditionnels, le Parti populaire (PP), très frappé par la corruption et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) sont concurrencés par deux nouveaux partis : Podemos, à gauche et Ciudadanos, au centre. Les Partis n’ont pu trouver un accord malgré quatre mois de diatribe et la médiation du roi. Comme les « indignés français », les Espagnols souhaitent la fin d’une société et d’institutions verticales pour une démocratie horizontale, en continu, qui permettrait aux citoyens de participer aux décisions (au lieu de manifester) entre deux élections. Le gouvernement français, sans majorité, est aussi en survie artificielle, le premier ministre n’a plus d’autorité sur la gauche éclatée et l’usage de l’article « 49.3 » de la constitution est à nouveau envisagé. Le gouvernement de Mariano Rajoy, dans cette période préélectorale, vient de s’engager à rembourser aux fonctionnaires espagnols les 49 % de l’extra- salarial 2012 toujours en attente. Deux versements de 25 % et de 26 % avaient été faits en 2015. Les syndicats y voient une mesure pure et dure électoraliste. Le gouvernement français vient d’augmenter les primes des professeurs d’école. Pourtant les deux pays sont en déficit et endettés. Mariano Rajoy va se représenter devant les électeurs pour former un gouvernement raisonnable et cohérent ! Ricardo Costa, l’ex- secrétaire du PP de Valence est accusé par le ministère public de délits électoraux et de falsification de documents. Il risque huit années de prison pour avoir financé des campagnes électorales du PP avec 3.46 millions d’euros d’argent noir de constructeurs. Il demande à la Justice de convoquer Mariano Rajoy afin qu’il « s’explique » sur les comptes du Parti ! Avenir prometteur.

La commission européenne de Bruxelles bloque les fonds destinés au développement régional espagnol après avoir détecté des irrégularités de gestion. Le chômage atteint plus de 20 % de la population « active ».

La corruption démesurée persiste. Les scandales d’actualité sont ceux d’Ausbanc, de Manos Limpias, de Nóos, de Panama, de Rocamar... Luis Pineda, d’Ausbanc, était le responsable d’une association dédiée à la défense des consommateurs qui recevait des fonds publics, mais dirigeait aussi, aidé par son clan familial et des amis, un groupe criminel d’extorsion de fonds à des banques, des entreprises et des particuliers et occultait ses bénéfices de 10 millions d’euros par an afin de ne pas payer d’impôts. Maria José Pérez-Cejuela, directrice générale du commerce et de la consommation de Madrid, amie de Pineda, pour son implication, est interrogée par la justice. Luis Pineda a été incarcéré dans la prison de Navalcarnero le 16/04/2016 en même temps que le secrétaire général du syndicat Manos Limpias, les Mains propres, Miguel Bernad Remon, associé avec Pineda. Manos Limpias avait une activité voisine de celle d’Anticor, en France, sauf que son responsable pratiquait l’extorsion de fonds en liaison avec Ausbanc. Il utilisait un droit particulier espagnol, l’accusation populaire, pour porter plainte contre diverses personnalités. Par exemple, Manos Limpias avait porté plainte contre le juge Baltasar Garzón qui investiguait sur les crimes du franquisme. Une avocate actuelle de ce syndicat représente Manos Limpias dans le jugement en cours du cas Nóos qui concerne les malversations d’Iñaki Urdangarin et de sa femme l’infante Cristina de Borbón y Grecia, sœur du roi. C’est Miguel Bernad Remon de Manos Limpias, et lui-seul, qui a porté plainte contre l’infante en supposant qu’elle avait participé aux délits fiscaux de son mari. La question de la libération de l’infante est posée pour deux raisons : l’accusateur est en prison pour corruption et il aurait demandé trois millions d’euros à l’infante en échange d’un renoncement de Manos Limpias à porter plainte contre elle. Il aurait pratiqué ce chantage de nombreuses fois avant de déposer d’autres plaintes. La décision pour l’infante Cristina est en attente. Cet imbroglio est alimenté quotidiennement par la presse.

Le scandale mondial récent de Panama Papers concerne des politiques, des banquiers, des sportifs, des avocats, des chefs d’entreprise... De nombreux espagnols, que la presse commence à nommer,  sont éclaboussés: le ministre de l’industrie espagnol, José Manuel Sora (il a démissionné le 15/04), Pilar de Borbón, sœur de l’ancien roi Juan Carlos, le mari de l’infante d’Espagne Iñaki Urdangarin, Pedro Almodóvar et son frère, Maria Luiz- Picasso, petite fille de Pablo Picasso, Micaela Domecq, femme du commissaire européen à l’énergie et à l’action pour le climat, Oleguer Pujol, fils de l’ancien président de la Généralité de Catalogne, Francisco Paesa Sanchez, agent secret, sept footballeurs, la branche espagnole de la famille Thyssen-Bormemisza, la femme de Felipe González ex-président du gouvernement etc. Quant au bureau de Bercy, à Paris, il est dépassé par les demandes de rapatriements financiers des utilisateurs français du paradis fiscal panaméen, révélés publiquement, et doit recruter des contrôleurs.

Le gouvernement des Baléares a déposé plainte en justice pour le cas Rocamar. Un hôtel en ruines a été acheté sur fonds publics pour assurer sa démolition parce qu’il nuisait à la beauté d’un site. Le conseiller du Tourisme et trois autres hauts responsables sont suspectés d’avoir fait une malversation de 697 000 € lors de l’achat.

Le maire de Grenade, Torres Hurtado, accusé de corruption urbanistique a démissionné. Alberto Fabra, l’ex-président du PP de Castellón, condamné en 2014 à quatre ans de prison pour fraude fiscale a pu sortir de prison, en semi-liberté. La femme d’Alfonso Grau, ex-vice- maire de Valence est accusée par la justice de blanchiment d’argent. Lors d’une communication téléphonique avec son fils, elle avait expliqué comment le groupe municipal du PP pouvait blanchir et utiliser pour la campagne électorale l’argent noir du PP de Valence. Son mari insiste sur les problèmes psychologiques de sa femme pour la disculper. Le président des Cortes de Valence, avec vingt-huit autres personnes, sont mis en examen pour association illicite, malversations, prévarication, blanchiment de capitaux et trois délits supplémentaires. L’ex- maire de Valence, quarante-sept autres personnes et le PP comme personne juridique sont mis en examen pour blanchiment supposé d’argent...Ce ne sont là que quelques exemples, la liste est inépuisable...

Le 19/04/2016, la police de Majorque, cette île paisible, arrête un djihadiste de 26 ans, Mohamed Harrak, qui vit avec ses parents... du matériel informatique et des drogues, dans un appartement de Son Gotleu. Ce loup solitaire, arbitre sportif, recrutait sur internet des terroristes pour aller en Irak et en Syrie avec lui et préparait un attentat en Espagne. Mohamed est marocain, la nationalité espagnole lui ayant été refusée après un délit : il avait frappé, avec sa mère, sa sœur de douze ans avec un câble électrique ! Il avait tenté d’appartenir à la Garde civile espagnole, puis à la Légion étrangère, en France, mais avait été refusé. La police a découvert des messages de Mohamed Harrak sur les réseaux sociaux, par exemple : « Un des jours de ma vie les plus heureux fut de voir la terreur sur les visages lors des attentats de Paris, cela n’a pas de prix ! » Les voisins se sont déplacés pour insulter le prévenu. Il a été rapidement incarcéré : le nombre de touristes sur l’île, les trois premiers mois de 2016, a cru de 40 % par rapport à 2015 du fait de la réputation de sécurité de l’île...Mohamed Harrak, présumé djihadiste, plaide non coupable : il n’a aucun lien avec Daech (Daesh en Espagne) dit son avocat.

Les responsables espagnols sont satisfaits d’avoir pu réaliser enfin un modèle impeccable de barrière contre l’immigration entre le Maroc et la ville espagnole de Melilla. En 2014, deux mille migrants avaient pu la franchir, en 2015, cent et en 2016, huit seulement à la date du 30/04. Le journaliste mentionne cependant les agujeros (trous) éthiques de la situation. 

Manuel Benitez, le célèbre toréador El Cordobés, a quitté sa femme après cinquante ans de vie commune. Peu de temps après, le 27/04/2016, une analyse ADN a démontré, après quarante ans, que Manuel Diaz, également toréador, était le fils d’El Cordobés.

Le 27/04/2016, mille cinq cents fils d’exilés espagnols se sont mobilisés pour que la France retire au dictateur Franco la Légion d’honneur, à titre posthume. Franco est indigne de cette décoration proposée par Philippe Pétain et accordée en 1928 comme officier et en 1930 pour attribuer le grade de commandeur. Une résolution de l’ONU de 1946 a reconnu que le régime de Franco était fasciste et ne respectait pas les droits de l’homme. La pétition a été adressée en France à la Grande Chancellerie et au cabinet du Premier ministre d’origine espagnole! « Enlever la médaille à Franco, c’est rendre l’honneur aux principes de la République française. » L’initiative est noble, d’autres Légions d’honneur devraient être retirées dont la dernière accordée au prince d’Arabie saoudite.

La sanctification de la technologie et l’utilitarisme ont semé le discrédit sur les lettres et la philosophie. Les plans d’études des facultés iront de pire en pire, en faveur des banalités générées par le « politiquement correct ». C’est la fin des humanités.

Annie KESZEY.

17:32 Publié dans espagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne, élections, corruption, djihadisme, immigration | | |  Facebook

10/11/2014

PODEMOS

Yes, we can ! PODEMOS - Nous pouvons ! 

L’Espagne vit le tremblement de terre PODEMOS. C’est le nom du récent parti politique représenté par Pablo Iglesias. Un dernier sondage sur les intentions de vote, virtuelles, des Espagnols, place PODEMOS au premier rang des partis espagnols, devant les deux grands et vieux partis traditionnels : le parti populaire (PP), de droite et le parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), de gauche. 

La presse explique  cette ascension galopante  par la colère, de tous les Espagnols désenchantés, contre la corruption très étendue, persistante et mal sanctionnée de leurs responsables politiques sans honte ni dignité, de droite et de gauche ! La Justice a souvent les ailes coupées, les causes importantes s’éternisent dans des jugements, le manque de moyens et la législation imparfaite favorisent les retards. 

Les deux partis historiques, informés « des affaires», se pressent peu  pour freiner l’amoralité et la cupidité de leurs élus. 

http://ts1.mm.bing.net/th?&id=HN.608021881742165292&w=300&h=300&c=0&pid=1.9&rs=0&p=0Pablo Iglesias, superstar de 36 ans, attire : il est intelligent, préparé, fondamentalement sincère et charismatique. Sa queue de cheval est intouchable mais sa nouvelle stratégie politique est de chercher un plus ample spectre d’électeurs pour occuper un espace politique central. Le quotidien El Mundo du 8/11/2014 le compare à Robert Redford !  

Ce seul journal d’un jour nous informe que Cristina, sœur du roi, va bien être jugée pour deux délits fiscaux, dans le cas Nóos, dévoilé en 2006. Le principal accusé  reste son mari Iñaki Urdangarin soupçonné de prévarication, de fraude, de trafics d’influence, de malversations, de falsifications et de blanchiment de capitaux.  Seize autres personnalités importantes sont également concernées dont l’ex-président du gouvernement des Baléares, le vice- maire de Valence, le directeur de l’Institut « Balear » du tourisme, des ex-directeurs financiers, comptables, conseillers, responsables juridiques… 

Le roi d’Espagne, Felipe VI, a exprimé son respect de l’indépendance judiciaire et précisé que Cristina n’est pas membre de la famille royale…Le nouveau roi vient en effet de s’engager à faire de l’exemplarité et de l’intolérance à la corruption la marque de son règne ! 

Antonio Monago, président du PP d’ Estrémadure est épinglé pour plus de trente voyages qu’il aurait fait à Tenerife de 2009 à 2010, sur fonds publics, alors qu’il était sénateur et marié, pour y rencontrer sa belle maîtresse colombienne  

Isabel Pantoja, chanteuse célèbre et actrice espagnole de cinquante-huit ans, entra comme un tourbillon dans la vie du maire de Marbella, marié, Julián Muñoz, en  2002. Depuis, la valeur estimée de son patrimoine est de 10 millions d’euros : des immeubles, des fermes dont une de 500 hectares, un chalet de 650 m2 construit sur 3 000 mètres de terrain, un appartement de 1 000 m2, des entreprises bénéficiaires et d’autres endettées. La provenance de tous ces fonds est illégale. Elle fut condamnée à deux ans de prison et à une amende de 1 million d’euros. Depuis 2010, ses avocats ont initié tous les recours possibles, mais la Justice vient d’imposer définitivement son entrée en prison. Son entourage ne cesse de répéter que la Justice n’est pas la même pour tous ! 

Julián Muñoz, son amant, dans  le cas Malaya, a été condamné à plusieurs peines de prison, il a déjà été détenu de 2006 à 2008, pour subornation, malversation de fonds publics, prévarication, concession de licences illégales… 

Le fils entrepreneur de Josep Lluís Núñez, sur les pas de son père, ex-président du Barça de Barcelone qui fut emprisonné, va entrer en prison pour deux ans et deux mois, condamné lui aussi dans le cas Hacienda, pour corruption financière de longue durée et non- paiement d’impôts. Le gouvernement lui a refusé l’indulgence demandée parce qu’il n’a manifesté aucune marque de regret ou de contrition. 

Le Ministère de l’Intérieur vient d’autoriser la sortie de jour de la prison pour l’ex-président des Baléares, Jaime Matas,  afin qu’il puisse travailler. Il est obligé de revenir chaque soir à la prison pour y dormir. 

La consultation illégale, interdite par l’Etat, du dimanche 9/11/2014, sur l’autonomie de la Catalogne, ravive, dans la presse, le passé récent de l’ex-président de la Généralité de Catalogne, Jordi Pujol. Ce dernier avait l’apparence d’incarner les aspirations différentielles de la Catalogne nationaliste, pendant vingt-trois ans, jusqu’à ce que l’on découvre et juge une organisation délinquante qui lui a procuré une immense fortune en volant l’Etat et les entreprises qui voulaient travailler avec le gouvernement catalan. Il est difficile de séparer le nationalisme de ces fraudes. L’idée du nationalisme de Pujol a reposé sur une montagne d’ordures. Il n’a pas seulement détenu de l’argent à l’étranger pendant des décades, ce qu’il a confessé en 2014, mais Il a créé un réseau de commerces illicites qui bénéficia à une caste politique corrompue. Le montant colossal de son blanchiment d’argent  public détourné, dans   des paradis fiscaux, n’est pas encore totalement connu. Deux de ses fils sont interrogés par la Justice pour des activités financées à partir de placements « off-shore ». Jordi Pujol a été plusieurs fois décoré, en particulier de la légion d’honneur française et par l’institut culturel de Bretagne. 

Cette collection de dérives, sur un jour, montre l’ampleur de la dégradation du système politique espagnol.  

Sur l’ensemble du mois d’octobre, les affaires consternent.  Quelques exemples. 

Le 28/10/2014, la garde civile met en marche l’opération Punica : cinquante et un détenus dont six maires des régions de Madrid, Murcie, Léon et Valence sont arrêtés, soupçonnés de négociations illicites sur l’attribution de marchés immobiliers, avec des entreprises leur ayant permis de s’approprier entre 5 et 7 millions d’euros en deux ans sur 250 millions de tractations. Francisco Granados, ancien vice-président conservateur de la région de Madrid fait partie des suspects. Il avait quitté ses fonctions après la découverte, par les autorités, de son compte en Suisse. 

Rodrigo Rato, ex vice -président du gouvernement et ex-président de Bankia a mis en place des cartes bancaires opaques, clandestines, qui permettaient aux porteurs choisis de tirer secrètement de l’argent de la banque sans que la comptabilité ne le mentionne. Quatre-vingt-trois bénéficiaires de Caja Madrid et de Bankia auraient tiré 15.5 millions d’euros en dépenses personnelles entre 2003 et 2013. Les limites de ces cartes oscillèrent entre les 2 500 € mensuels pour les conseillers sans pouvoir et les 12 000 € que pouvaient utiliser Rato et ses directeurs. 

Le numéro deux du parti socialiste de Castille, Julio César Fernandez, a renoncé quarante-huit heures après sa  désignation à son rôle de vice-président du PS. Les perturbations de sa vie personnelle risquaient de nuire davantage encore au parti. Il fut, à la fois, fonctionnaire de prison et administrateur d’une bodega : deux emplois incompatibles. D’autre part, pendant plusieurs années, bien que payé, il ne se rendit pas à son travail de fonctionnaire ! 

Une entreprise de formation de Palma de Mallorca exigea des professeurs  impliqués de déclarer que le coût de chaque heure était de 31 €, au lieu de 7 € en réalité : procédé finement élaboré pour détourner des subventions publiques pour chômeurs. Un professeur éclairé a averti la Justice. 

Les électeurs français sont solidaires des électeurs espagnols. Et, n’oublions pas : nous POUVONS ! 

Sources : El Mundo et El País. Image : You tube.com. Annie Keszey.

 

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10:41 Publié dans espagne, POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : podemos, pablo iglesias, felipe 6, cristina, autonomie, catalogne, corruption, pp, psoe | | |  Facebook

17/09/2014

L'ESPAGNE MIROIR DE LA FRANCE.

Le taux d’abstention aux élections espagnoles ne cesse  de s’élever. Les électeurs sont excédés par la corruption des principaux partis politiques : le PSOE, parti socialiste ouvrier espagnol et le PP, parti populaire, de droite. Ils demandent un durcissement des sanctions contre les politiques qui volent à partir de leurs charges publiques et une limitation des mandats.  Les citoyens exigent un discours économique crédible, une stimulation de l’emploi et une délimitation claire de la réforme territoriale.

 

Trente et un « politiques » des Baléares  cumulent 163 années de prison. Huit échappent à leurs peines. Par exemple, l’ex-président de l’exécutif des  Baléares, Jaume Matas, est incarcéré à Ségovie, pour fraude à l’administration, trafic d’influence, pour 9 mois. Il a porté dommage à la dignité des institutions en utilisant sa charge sans le moindre égard pour l’intérêt public.

Le 30/07/2014, le juge Pablo Ruiz a impliqué 45 personnes dans « le cas GÛRTEL », dont l’ex-trésorier du PP. Ce dernier utilisa une entreprise pour déposer ses fonds, 48 millions d’euros en 2008, en Suisse. Cet ex-trésorier et sa femme, complice, ont leurs comptes bancaires, leur maison à Madrid et leur chalet de montagne saisis depuis juillet 2013. L’ex-président de la Généralité catalane, Jordi PUJOL, a régularisé ses comptes en Andorre. Il admet avoir oublié de déclarer 4 millions d’euros hors d’Espagne pendant 34 ans- héritage de son père- ce politique s’était pourtant spécialisé dans les leçons de morale…Il est contraint de renoncer à sa solde d’ex-président de 82 000 €/an, à son bureau, son chauffeur, ses charges honorifiques et ses titres. L’un de ses fils, englué dans une affaire frauduleuse à Acapulco et sa femme, sont aussi convoqués par le juge Ruiz.

 

Le PSOE est en danger d’évaporation ! Ainsi vient-il de changer de secrétaire. Pedro Sanchez, nouvel élu, veut mettre fin aux tendances indépendantistes, instaurer la transparence des comptes du parti, mettre fin à leur financement privé, limiter à 2 tout mandat et retrouver la confiance du peuple.

La guerre des « egos », pour de futures places lucratives, est ouverte dans le PP de Madrid.

 

Le PP se présente toujours comme un excellent gestionnaire mais la légalité de l’appel d’offres pour la construction, terminée, du très grand hôpital de Palma est interrogée  par la justice. La gestion de cet « IB salut » dégage un surcoût de 486 millions d’euros à partir de déficiences de toutes sortes. Le délai d’’attente d’une mammographie y est de 225 jours et de 96 jours pour une opération. Le chantier du nouveau palais des congrès, à Palma, a été arrêté pendant 2 ans, le coût dépassant le devis. Pendant ces 2 ans, les structures métalliques ont rouillé, il manque donc encore 600 000 € pour le terminer...

Des dizaines d’Espagnols combattent avec les combattants de l’Etat islamique. L’Espagne est une plate-forme de départ également pour des Français et des Marocains. L’Etat  réfléchit aux modalités de leur interpellation, quand ils reviennent. L’Espagne, depuis 2008, aurait versé 8.2 millions d’euros à « Al-Qaïda » et la France 43.3 millions d’€ pour le sauvetage de séquestrés.

La pauvreté sévère touche 4 millions d’Espagnols : moins de 657 €/ mois pour 2 adultes et 2 enfants. La population souhaite une écotaxe et un impôt sur les grandes fortunes.

Le milieu éducatif est en ébullition : aux Baléares 87% des centres éducatifs auraient refusé le projet TIL, rendant le trilinguisme obligatoire : le catalan, l’espagnol et l’anglais.

Les taxis s’opposent, par la grève, à la concurrence venant de véhicules ou de motos illégaux.

 

Ce ne sont-là que quelques exemples…Le passage de la France à l’Espagne et inversement ne demande actuellement aucun effort d’adaptation.

 

Sources, du 27/07 au 30/08/2014: El Mundo, Ultima Hora, El País, La Quarta Vía.

Annie Keszey.

 

 

19:10 Publié dans espagne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : psoe, pp, corruption, justice, surcoûts, prison, abstention, pauvreté | | |  Facebook