07.07.2010
LA REPUBLIQUE EXEMPLAIRE
JUILLET 2010.
LA REPUBLIQUE EXEMPLAIRE.
Les faits contredisent le discours politique vertueux. La rigueur pour le peuple ne peut s’accommoder de faveurs pour les nantis.

Image Marianne n° 687.
1. RAPPELS DE FAITS, CONTRE L’OUBLI.
Christine BOUTIN, ministre de la santé, éconduite de son ministère, a reçu, en compensation, une rémunération de 9500 € nets par mois pour « une mission ». Sous la pression médiatique, elle a renoncé à cette rémunération. Elle garde sa voiture avec chauffeur, ses bureaux et son secrétariat particulier. Cette rémunération s’ajoutait à son indemnité de conseillère régionale de 2605 € bruts et à sa retraite de députée voisine de 6000 €.
Rama YADE, secrétaire d’Etat aux sports, a dénoncé le prix élevé des chambres de l’hôtel de luxe de l’équipe de France de football, en Afrique du Sud. Mais la chambre d’hôtel qui lui fut réservée avait un prix supérieur!
Christian BLANC, secrétaire d’Etat au Grand Paris, a dépensé 12000 €, en 10 mois, sur fonds publics, pour ses cigares « havanes ». Il s’est engagé à rembourser 3500 €, puis 1000 € de plus et a recherché un bouc émissaire dans son environnement proche ! Il a démissionné.
Alain JOYANDET, secrétaire d’Etat à la coopération, a obtenu un permis de construire « amical » pour agrandir sa villa provençale, permis d’agrandir auquel il vient de renoncer. Le 22 mars 2010, il avait affrété un jet privé pour une visite éclair aux Antilles. Le coût du déplacement avait été de 116 500 €. Il a démissionné.
Fadela AMARA, secrétaire d’Etat à la ville et Christian ESTROSI, ministre de l’industrie, ont prêté leur logement de fonction, qu’ils n’habitent pas, à leur famille. Fadela a, de plus, prêté le cuisinier attribué par l’Etat!
Eric WOERTH, ministre du travail, au cœur de la négociation sur les retraites, ancien ministre du budget, trésorier de l’U M P, est pris dans la tourmente. Son épouse a géré certains actifs de Liliane BETTENCOURT, héritière de la fortune l’Oréal, soupçonnée d’évasion fiscale. Madame WOERTH vient d’annoncer sa démission de son poste. Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de 17 milliards d’euros de Liliane BETTENCOURT a été décoré de la légion d’honneur, en janvier 2008 par Eric WOERTH. Le ministre du budget, François BAROIN s’engage à ce que l’administration fiscale examine la totalité des actifs de Liliane BETTENCOURT …
Six ministres, Roselyne BACHELOT (à la santé), Michèle ALLIOT- MARIE (à la justice), Patrick DEVEDJIAN (à la relance), Michel MERCIER (à l’espace rural), Henri de RAINCOURT (aux relations avec le parlement) et le secrétaire d’Etat Jean Marie BOCKEL ont renoncé à percevoir leur retraite de parlementaire cumulée à leurs rémunérations de membres du gouvernement : Cumul légal cependant! Hubert FALCO et Alain MARLEIX, par exemple, s’étaient dispensés de faire valoir leurs droits à la retraite parlementaire.
Gérard COURTOIS, dans « Le Monde » du 22/06/2010 montre que l’on assiste à un concours de petits arrangements, de prébendes et de cynisme et cite MONTESQUIEU, toujours d’actualité : « Autrefois le bien des particuliers faisait le trésor public ; mais pour lors, le trésor public devient le patrimoine des particuliers. La République est une dépouille ; et sa force n’est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous ».
Le Premier Ministre, François FILLON, tance, au coup par coup, ceux qui se servent plutôt qu’ils ne servent, mais avec une efficacité réduite car l’exemple parfait de l’indécence financière vient du sommet!
2. LE NEPOTISME.
Extrait de Marianne numéro 687 du 19 au 25 juin.
Une campagne médiatique éphémère contre l’éventualité de l’accession de Jean SARKOZY à la présidence de l’E P A D n’a nullement affecté le népotisme ambiant.
Ce népotisme a concerné tous les gouvernements, tous les partis politiques, depuis 1789 .
Pierre BACHELOT, fils de Roselyne BACHELOT est employé auprès de sa mère depuis 1994 (assistant parlementaire, conseiller parlementaire…responsable de plaidoyer de la santé dans toutes les politiques publiques). Isabelle BARNIER (femme du commissaire européen) émarge au cabinet de Roselyne BACHELOT.
Ludivine OLIVE, nièce de Michèle ALLIOT- MARIE, est son chef de cabinet.
Aurore LONGUET (fille du sénateur Gérard LONGUET) assure la communication du secrétaire d’Etat au commerce Hervé NOVELLI.
Brigitte LONGUET, ex- femme de Gérard LONGUET, est chargée de mission (non rémunérée).
François GUEANT, fils de Claude GUEANT (secrétaire général de l’Elysée) est directeur du cabinet du président des Chambres de commerce
Olivier MARLEIX, fils d’Alain MARLEIX est conseiller technique sur les questions sociales à l’Elysée, il partage son bureau avec Sébastien VEIL, petit- fils de Simone VEIL.
La demi- sœur de Carla BRUNI- SARKOZY appartient à la cellule diplomatique de l’Elysée.
Thomas DEVEDJIAN travaille sous l’autorité de son père Patrick DEVEDJIAN …
« Je vous propose une république fondée sur le mérite » promettait Nicolas SARKOZY en 2007.
3. L’EXEMPLE DU PRESIDENT.
Ce régime devait compter 15 ministres au maximum, ils sont aujourd’hui 40, dont 13 femmes !
Nicolas SARKOZY a fêté son élection au Fouquet’s- Barrière, 5 étoiles. Sur le site www.fouquets-barriere.com l’on apprend que « le luxe durable, c’est vous, c’est nous : une belle histoire d’amour». Puis, le Président est parti voguer sur le « Paloma », yacht particulièrement luxueux prêté par Vincent BOLLORE (la location de ce bateau de 60 mètres coûte 180 000 € par semaine). Dès sa prise de fonction, Nicolas SARKOZY a augmenté son salaire de 172 % (21 133 €/ mois, actuellement). C’était son droit!
L’année 2008 marque un tournant : l’Elysée présente pour la première fois un budget consolidé, intégrant peu à peu l’ensemble des dépenses, et celui- ci est soumis à un contrôle de la Cour des Comptes. C’est un nouveau progrès vers la transparence des comptes « secrets ».
Ainsi, le Chef de l’Etat devra- t- il rembourser 14 123 € de dépenses privées payées sur fonds publics. La Cour des Comptes s’interroge également sur des achats faits dans un supermarché proche de l’Elysée, en 2008, pour un montant de 17 545 €.
En 2009, la Cour des Comptes souligne une somme de 3.8 millions d’euros d’études et de sondages, mais l’Elysée et la majorité U M P, s’opposent à la constitution d’une enquête parlementaire. Le 13 juillet et le 14 juillet 2008, un déjeuner et un dîner lors du sommet de l’Union pour la Méditerranée coûtent 2.3 millions d’euros. En 2009, la réception de l’Elysée, à laquelle 7500 personnes sont invitées coûte 732 826 €. En déplacement à New York, en septembre 2009, l’autre réception pour 4000 invités de la communauté française s’élève à 258 885 €. Les déplacements à l’étranger du chef de l’Etat ont tous des coûts excessifs…Le budget officiel de l’Elysée, de 31 millions d’euros en 2007 est passé à 110 millions d’euros en 2008. La hausse s’est poursuivie en 2009.
Un article du « Canard enchaîné », de mai 2009, sur le site www.politique.net révèle que les autres ministères continuent de payer, en toute discrétion, des dépenses de la Présidence. « Le coût des meetings tenus par l’Elysée est assuré intégralement par le ministère de l’intérieur. A Saint- Quentin, la préfecture a réglé 100 000 € pour les gradins, les sons, les lumières et le buffet. Le ministère des affaires étrangères a réglé les déplacements du Président, entre juillet et décembre 2009 lors de la Présidence française de l’Union Européenne. »
Le journaliste allemand Von A.V.SCHONBERG justifie, par une liste de dépenses, le fait que le Roi Soleil (Nicolas SARKOZY) vive comme un dieu, avec sa Madame POMPADOUR :
- 61 voitures, 2 airbus, 6 jets dont le plus récent de 60 millions d’euros a été baptisé « Carla »,
- 1 million d’euros dépensé chaque année en boissons et 280 000 € de fleurs, pour l’appartement privé de 300 m2,
- 1000 employés (2 fois plus que la Reine d’Angleterre), 44 chauffeurs, 87 cuisiniers dans une cuisine ouverte en permanence, pour des repas servis par des laquais…
La réception du 14 juillet 2010 serait annulée par le Chef de L’Etat et le « train de vie de l’Etat » compressé de 10 %. Ces annonces médiatiques, insuffisantes, n’auront pas l’effet apaisant naïvement escompté et ne restaureront pas la légitimité du Pouvoir. La crise a exacerbé la sensibilité des Français aux dérapages de leurs élites et à leurs mensonges.
« …Je veux être le Président qui va remettre la morale au cœur de la politique. Je veux une démocratie irréprochable. Si l’Etat veut être respecté, il doit être respectable » .C’ était l’engagement pris par Nicolas SARKOZY dans son discours du 14 janvier 2007.
4. L’EQUIPE DE FRANCE DE FOOTBALL ET L’EQUIPE QUI DIRIGE LA FRANCE.
Ces deux équipes prévaricatrices ont « perdu », l’une en sport, l’autre en économie, battues, en particulier, par des pays émergents.
C’est la même immaturité qui explique l’insulte de Nicolas ANELKA, entraînant son exclusion de l’équipe de France, et les insultes de Nicolas SARKOZY proférées au salon de l’agriculture ou devant des pêcheurs en colère. Ces invectives, primitives et brutes, signent un manque de sang froid, une incapacité de dialogue et un déficit de « civilisation ».
La même volonté d’omnipotence de ces 2 équipes, au cœur de cafouillages médiatiques est aujourd’hui démystifiée par la réalité.
Lors de ses vœux du 31/12/2007, Nicolas SARKOZY lança le concept d’une « politique de civilisation » pour re- humaniser la société. Ce projet passait par la rupture: la France devait sortir de l’immobilisme et de la société des avantages acquis.
Ces faveurs pour les nantis et la rigueur pour le peuple français (autrefois régicide) sont une perte de sens, un désordre de l’Histoire.
Sources principales : René Dosière, député de l’Aisne, apparenté socialiste, qui traque depuis 2002 les dérives financières des politiques et accroît la transparence, la Cour des Comptes, les journaux « Le Monde », « Le Figaro », « Le Parisien », « Marianne », « Le Canard enchaîné » les sites « mediapart » et « Rue 89 »…
Annie Keszey.
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30.06.2010
LE METIER DE PROFESSEUR
JUILLET 2010.
« Un professeur transmet des connaissances. L’école publique dans laquelle il exerce, en 2010, est en difficulté ».
Dans le passé, le Ministère de l’Education Nationale, n’a jamais accepté de reconnaître la complexité du métier de professeur au- delà de sa fonction unique, originelle, de transmission d’une matière, par des cours magistraux, de préférence. Le recrutement des professeurs se fait à partir d’examens et de concours qui évaluent des connaissances. Les aptitudes à parler, communiquer, intéresser, gérer des groupes, maintenir l’ordre, travailler en équipe, se former en permanence, prévenir la violence, innover en instruction et en éducation sont des qualités professionnelles indispensables, dont l’apprentissage, paradoxalement, n’est pas ou peu proposé par l’Institution.
Les cadres de l’Education Nationale, majoritairement, ont une idéologie conservatrice, éloignée de la « pédagogie », mot- valise rejeté, déraisonnablement. Ils sont les principaux responsables de l’état actuel, injuste, du Système.
Sébastien Clerc, jeune professeur de Français et d’Histoire vient de publier « Au secours ! Sauvons notre école », aux éditions OH. Après une analyse approfondie des difficultés graves et variées de l’acte d’enseigner, il propose des solutions pour sauver l’école. C’est une rare description du métier de professeur dans sa réalité actuelle qui interpelle, avec sincérité, cette Institution plutôt muette et ses usagers !
La réalité pédagogique décrite est celle d’un lycée professionnel de Seine- Saint- Denis : ce n’est pas la réalité de l’Education Nationale. L’égalité des chances n’est pas harmonieusement répartie, en effet, sur le territoire de la République. »
Les transgressions et les violences au quotidien.

Des comportements hors normes scolaires d’élèves, permanents, découragent et usent les professeurs. Sébastien Clerc, en six ans, les a tous vécus : bavardages permanents, disputes, injures, jets d’objets à travers la classe, retraits de chaises, port de casquettes ou usage de MP3, devoirs non faits, manuels perdus, boules puantes, entrées bruyantes en classe d’éléments extérieurs, retards, absences, conversations collectives sur la sexualité, manifestations « crues » d’irrespect, consommation ou trafic de drogues…
Le professeur doit gérer une véritable guerre civile, dans laquelle il ne parvient pas à protéger les premières victimes « les bouffons » (c’est le nom donné aux élèves sérieux par les perturbateurs).
A l’extérieur des cours, les dégradations s’ajoutent aux désordres : tags nombreux, extincteurs vidés, vols divers, particulièrement des matériels informatiques, coups et blessures, fausses alarmes…En 2005, un bâtiment préfabriqué fut incendié.
Le quotidien est stupidement « coûteux » en cours perdus et réparations matérielles.
Les causes du désordre.
Sébastien Clerc pointe successivement la responsabilité des élèves, des parents, des professeurs, des acteurs de la « vie scolaire », des chefs d’établissement, du Ministère, de la Société et appelle à un décloisonnement de la réflexion sur l’état du système éducatif.
Il réfute la seule excuse de la pauvreté pour justifier certains comportements scolairement déviants. Tel élève ne peut acheter un classeur parce que le bourse n’a pas été versée mais « abuse » de l’usage d’un portable…Le patrimoine éducatif est cependant misérable : l’enfant roi, le manque de patience ou d’affection, les violences parentales, les familles décomposées, les parents absents physiquement ou moralement, le chômage, le racisme, les bavures policières, ne sont pas des conditions structurantes. Le laxisme de professeurs, de parents, d’administrateurs, de surveillants pèse sur le lycée. Les limites ne sont pas rigoureusement posées et les écarts ne sont pas traités.
Le système des sanctions est inadapté.
Après plusieurs mises en garde, l’élève reçoit un avertissement transmis à la famille. Un second avertissement peut suivre ainsi qu’un troisième, tous avertissements annulés après un an. Entre l’avertissement et l’exclusion éventuelle pour faute très grave, il y a le blâme, tellement anachronique qu’il fait rire. Le service de la vie scolaire, débordé, ne transmet pas tous les signalements, les surveillants nullement formés ne s’impliquent qu’inégalement dans leur tâche. L’usage des simples lettres d’excuses n’est pas une réponse adaptée aux situations. Les élèves peuvent donc s’exercer impunément à la guerre d’usure…
Certains professeurs pensent encore que maintenir l’ordre n’est pas leur métier, ils délèguent ainsi leurs problèmes à une administration qui répond par des propos philosophiques superbes mais inopérants. Ces professeurs attendent leur mutation et le renouvellement annuel du corps professoral ne permet pas une action collective suivie. Les titulaires, parfois incompétents, sont privilégiés par rapport aux non- titulaires, même talentueux et aucun correctif n’est apporté à cette situation.
Les syndicats déclenchent des grèves…pour exister !
L’enseignement professionnel n’est pas valorisé.
L’école reçoit l’influence de la société extérieure du zapping opposé à l’effort personnel…
Des solutions.
Sébastien Clair « conceptualise » certaines situations de classe, avant de proposer ses remèdes : Ainsi chaque classe se décompose en trois groupes :
- une infime minorité qui souhaite progresser, surnommée par ses pairs « les bouffons »,
- la minorité des leaders du chahut (un élève sur dix du lycée, mais dont le comportement est ravageur),
- la majorité de la classe, « le ventre mou », qui bascule du bon ou du mauvais côté.
L’enseignant doit apprendre à intervenir, par des mesures de fermeté, à l’instant décisif, pour empêcher tout basculement négatif. Réussir ce défi est un très grand bonheur professionnel et une conquête d’efficacité.
Cette méthode pédagogique pour restaurer l’autorité est développée en particulier, sur le site www.enligne.fr
Tous les acteurs du système sont appelés à entreprendre une démarche de qualité, proche du Kaizen des entreprises japonaises. Le Kaizen consiste à se montrer attentif à tout ce qui n’est pas parfait dans une structure et à réfléchir systématiquement à des solutions. Le perfectionnement permanent transforme peu à peu l’Institution.
Une école des parents devrait être reliée à l’établissement scolaire.
Les professeurs, formés, à la fois, sévères, humains et justes, sont invités à user de l’humour, renforcer les cours d’éducation civique et introduire des cours de politesse. Par une parole claire et percutante, ils posent des règles et ne transigent pas sur leur application.
Les cours préparés, intéressants, structurés à partir d’objectifs utiles et précis, commencent très rapidement pour mettre la pression vers l’effort, et se fondent sur l’obsession d’être compris. Il convient, pour le professeur, de ne jamais perdre son public de vue plus d’une seconde…
Dans un proche avenir, les proviseurs les plus efficaces dirigeraient les lycées difficiles, les professeurs resteraient cinq ans dans un même établissement, afin de stabiliser les projets. Les conseillers d’orientation auraient l’obligation d’être en relation avec les employeurs de la région.
La création d’un bac « chef d’entreprise » introduirait une filière d’excellence dans les lycées professionnels ;
La réduction globale des heures de cours par le passage à des séances de 45 minutes et la réorganisation complète des emplois du temps ne devraient plus être différées.
Observations sur ce livre.
« Sébastien Clerc enseigne dans un lycée très traditionnel. Les modifications dues aux projets d’établissement successifs ne sont pas apparentes. Il n’a pas été aidé par l’Institution mais a tenté de travailler avec bon sens, énergie et passion, semble- t-il.
Il propose d’autres transformations qui existent ou ont existé ailleurs, mais ne le sait pas : les réseaux interne et externe par exemple. Ces réseaux cependant reposent sur des initiatives locales ou individuelles rarement reconnues par le Ministère.
Ainsi, des professeurs ont déjà travaillé en équipe :
- dans les collèges expérimentaux, il y a longtemps, sous la responsabilité de l’Inspecteur Legrand,
- de 1966 à 1976 au collège expérimental audiovisuel Louis Lumière, à Marly le Roi,
- de 1993 à 2002 au collège de Chambourcy…
Des réunions disciplinaires et interdisciplinaires hebdomadaires, payées, conduisaient à la mutualisation des ressources pédagogiques. Les classes fermées (explosives) avaient été remplacées par des groupes mobiles aux effectifs variables. Un élève perturbateur pouvait être invité à changer de groupe : coupé de ses amis, avec un autre professeur de la même matière, il se calmait et ne perdait pas de cours. Sébastien Clerc ne renonce pas à recourir aux exclusions de cours, voire aux exclusions définitives parce que, dit-il, il ne faut pas vouloir sauver tout le monde à tout prix. C’est là une faiblesse, un archaïsme de ses propositions : l’école est obligatoire et « l’inclusion » supplémentaire d’un élève correspond davantage à la mission éducative. Il faut cesser d’exclure.
Des inclusions possibles :
- au Centre de Documentation et d’Information du lycée, avec un travail,
- dans un autre lycée, à partir de conventions d’échanges,
- dans un service communal ou départemental, pour des stages brefs,
- les professeurs et les administrateurs des lycées devraient apprendre l’organisation et l’usage occasionnels de la souplesse de leurs emplois du temps respectifs : une révolution des mentalités.
Un chef d’établissement peut encadrer une retenue avec des élèves atypiques un mercredi après-midi : ainsi les connaîtra- t- il, les mettra- t- il au travail, avec des conseils personnalisés. Il peut aussi sortir de son bureau et se rendre au domicile, sans y entrer, d’un élève trop fréquemment absent, pour y rencontrer la famille sur le pas de la porte. (Cela lui évitera de comptabiliser 100 jours d’absence et d’initier un retrait des allocations familiales !) Un professeur, peut exclure deux élèves de son cours et les envoyer en permanence, à la condition de convoquer ces mêmes élèves, après les cours, un autre jour, pour une mise à niveau, parce que le professeur tient au temps et aux contenus de son enseignement : deux élèves, seuls avec le professeur, dans un lycée presque vide est une situation fortement dissuasive de récidives...et l’information fait, positivement, tache d’huile.
Des Proviseurs et Principaux ont instauré, le jour de la pré- rentrée, en accord avec les professeurs, une politique d’ordre collectif, avec des principes et une organisation :
- secteur précis de responsabilité pour chaque surveillant,
- médiateurs élèves et adultes pour la gestion des conflits,
- slogan de comportement partagé,
- programme annuel de civisme par des intervenants extérieurs (définitions des excès de la liberté d’expression et sanctions, par un avocat père d’élève- assistance des élèves d’un niveau à un procès …)
Tous les proviseurs ne sont pas, confortablement, disciples non éclairés de Rousseau.
Sébastien Clerc, très jeune, reste attaché à la notation. Il propose même une note sur 20, discutable, de comportement. Pourquoi ne préfère-t- il pas les contrôles réguliers individuels ou collectifs des compétences acquises, pour reprendre ensuite, tout simplement, l’enseignement des compétences qui ne le sont pas ? Exact et faux remplaceraient l’échelle de 1 à 20.
Motivé sincèrement par la recherche d’améliorations, ce professeur tente de perpétuer, paradoxalement, sans le vouloir, l’école concurrentielle, celle de la compétition qui humilie inutilement les élèves en difficulté et prépare à cette société capitaliste particulièrement controversée aujourd’hui.
Au secours ! C’est, en effet, par une démarche de qualité de tous les acteurs que l’école sera sauvée ».
Annie Keszey.
www.atelier-idees.org
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23.06.2010
CRACKING ART ET PRECARITE
JUIN 2010. PUTEAUX.
L'épicerie sociale.

MENTION TRES BIEN.
La ville de Puteaux a ouvert son épicerie sociale, le 3 juin, rue Gerhard. Ce lieu d’approvisionnement en produits alimentaires et d’hygiène, local rénové et sobre , accueillera une demi- journée par semaine, le jeudi de 9H à 12 H , les personnes en difficulté, accréditées par un travailleur social, après un entretien sur dossier. Les « demandeurs » se présenteront d’abord au CCAS, créateur de l’épicerie en partenariat avec la Croix- Rouge, au Service Social de la rue Blanche ou au responsable d’une association caritative, après avoir pris un rendez-vous (Informations reçues du Service Social). Pour avoir accès à l’épicerie sociale, il faut être domicilié à Puteaux depuis 5 ans.
[Centre Communal d’Action Sociale : téléphone 01 46 92 93 10.
Service Social, 34 Rue Auguste Blanche: téléphone 01 41 38 30 10.]
Ultérieurement, une ouverture en soirée pourrait être organisée afin d’accueillir les personnes qui travaillent. Provisoirement donc, ces bénéficiaires s’y feront représenter.
Cette initiative de Madame Le Maire, pourtant très tardive, mérite aujourd’hui la mention TRES BIEN, parce qu’elle s’adressera d’abord aux putéoliens concernés par le seuil de pauvreté , même si les conditions générales d’acceptation ne sont pas encore diffusées. Les personnes choisiront leurs denrées et les paieront à 10% du prix du marché. C’est un prix très bas : la plupart des épiceries sociales et des épiceries solidaires proposent les aliments entre 50% et 15% (Emmaüs, à Beauvais) des prix courants.
La déontologie de l’épicerie s’inspire de l’expérience générale acquise par les responsables publics ou privés de structures comparables, en divers lieux : Toulouse, Amiens, Gagny, Montmagny …A partir d’une aide alimentaire essentielle, le but est de favoriser l’insertion sociale, par des échanges cordiaux, réconfortants, respectueux et des conseils nutritionnels. L’utilisation de l’épicerie, à Puteaux, sera possible, pour chacun, deux fois par semaine pendant un temps déterminé. Ce temps varie ailleurs entre deux et six mois. L’aide, temporaire, se distingue de l’assistanat, puisqu’elle se lie à un projet pour chaque participant.
Ce projet, établi en concertation, a le plus souvent pour but d’affecter les économies réalisées à l’extinction de dettes, à une formation qualifiante, à un achat nécessaire mais impossible à réaliser dans les conditions ordinaires de vie…
Après quelques années d’existence, les épiceries sociales et solidaires s’agrandissent puisque la précarité s’accroît; elles dépassent aussi la seule aide alimentaire pour prendre en charge des problèmes de santé, par exemple, tels que le tabagisme et l’alcoolisme, avec des professionnels aux compétences multiples, nutritionnelles, psychologiques, sanitaires et sociales…
La précarité ne peut plus « se traiter » à partir de multiples structures cloisonnées et spécialisées : le soutien global, multidimensionnel, est devenu le plus pertinent.
Nous souhaitons un fonctionnement EXCELLENT au « Grenier des 4 saisons »
Annie Keszey.
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