01.02.2011

MISSION SPECIALE POUR HAITI

21 JANVIER 2011.

SOLIDAIRES ICI, SOLIDAIRES AILLEURS, SOLIDAIRES TOUJOURS.

OUI, MAIS COMMENT? HAITI.

 

Cette formule sur la solidarité partout et toujours, remarquablement humaniste, ne se réalise que très imparfaitement puisqu’elle est sous contrainte: les actions de solidarité publiques relèvent de choix raisonnés, planifiés, coordonnés et surtout hiérarchisés, tant les besoins sont immenses, d’importances inégales et de coûts variables.

La solidarité exclusivement émotionnelle, majoritairement privée, est libre dans ses choix. Souvent éphémère et médiatique, parfois efficace pour les situations d’urgence, elle n’est pas la plus adaptée aux aides de longues durées.

 

Il y a 8 millions de pauvres en France dont 1.8 millions avec moins de 602 €/ mois et 90 000 sans-logis. Il y manquerait 800 000  logements.

421 millions d’individus, dans le monde, vivent dans une extrême pauvreté.

776 millions d’adultes sont analphabètes.

9 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de maladies que l’on sait guérir…

 

Le Maire de PUTEAUX vient de charger une conseillère municipale d’opposition d’une mission d’observation, à HAITI, afin d’étudier la faisabilité d’une action concrète de solidarité, dans le cadre de la coopération décentralisée.

La coopération décentralisée est développée sur des sites tels que www.cités-unies-france.org ou www.cncd.diplomatie.gouv.fr

C’est la première fois, depuis les élections de 2008, que le Maire, par cette nomination, pratique une ouverture politique et accorde publiquement sa confiance à une militante du PS, sérieuse et compétente : lueur encourageante dans l’enfermement idéologique du Parti UMP. L’acceptation, par le PS, de coopérer avec un maire UMP, est un progrès complémentaire.

 

La solidarité avec HAITI, pays dévasté mais lointain, suppose des conditions.

1. La Cour des comptes publie sur son site www.ccompte.fr les deux tomes de son rapport 2011 sur l’usage des dons financiers reçus par les organisations humanitaires lors du tsunami du 24/12/2004. Ces rapports font suite aux précédents de 2006 et 2008. Les avertissements, les conseils et l’inventaire des bonnes pratiques (chapitre 2) sont des informations à connaître absolument avant toute nouvelle initiative dans la situation comparable d’un tremblement de terre. La Cour des comptes met en garde contre l’excès d’intervenants, l’inexpérience de certains, les conséquences fâcheuses du manque de coordination (constructions  neuves paradoxalement inutilisées), la dérive générale des prix, le haut niveau de corruption… La comptabilité de grandes organisations humanitaires telles que la «Croix Rouge » ou « Action contre la faim », par exemple, portant sur l’affectation des dons, reste imparfaite, 7 ans après le cataclysme !

 

L’Organisation des Nations Unies vient de publier un rapport (www.reliefweb.int)

sur la situation de la reconstruction à HAITI. En 2010, un financement de 400 millions de dollars a manqué pour des opérations nécessaires de gestion et de coordination. Actuellement manque un financement pour la lutte contre le choléra et sa prévention dans les écoles : 3000 morts, 150 000 contaminés et 400 000 contaminations attendues…3 milliards de dollars de projets viennent d’être adoptés par l’ONU pour 2011.

 

3. Les organisations spécialisées dans l’aide humanitaire n’exposent pas leur personnel à des risques inutiles. La place d’une conseillère municipale, que l’on souhaite garder, est-elle à HAITI ?

De très nombreuses régions sont déconseillées par le gouvernement français, dont CAP-HAITIEN, sauf pour raisons professionnelles impératives. De plus, dit encore le gouvernement, la période électorale actuelle est très incertaine, il faut faire preuve d’une très grande prudence, se tenir à l’écart des fréquentes manifestations, éviter les jets de pierre. En cas de manifestations politiques il faut faire des stocks d’eau, de nourriture et de médicaments et rester confiné chez soi. Les incivilités, les délits, les homicides, les enlèvements dont les enlèvements d’étrangers s’ajoutent aux risques de nouvelles catastrophes naturelles, aux redoutables piqûres d’insectes et à l’extension d’une épidémie violente de choléra. De nombreuses assurances refusent les prises en charge pour HAITI. 

Ce n’est pas tout : les conseils aux voyageurs, complets, ont été actualisés le 12/01/2011, sur le site www.diplomatie.gouv.fr

 

4 La Mairie envisagerait, par exemple, la construction d’une école à KATI, au MALI. C’est un investissement lourd.

La jeune et talentueuse première titulaire de la chaire « Savoir contre pauvreté » du Collège de France, Esther Duflo,  définit les conditions d’une scolarisation réussie dans les pays pauvres : construction scolaire, mais ensuite, entretien des bâtiments, organisation des inscriptions et des recrutements, surveillance des qualifications, des salaires, des motivations et de l’assiduité des enseignants et des élèves (la moitié des enfants inscrits à l’école, en Inde, ne sait pas lire),  implication continue des familles y compris par des aides ou des pénalités financières, selon le cas. Les programmes de telles écoles demandent aussi des adaptations.

Cette nouvelle pratique, efficace, de la solidarité, est exposée par Esther Duflo dans « Lutter contre la pauvreté ». La république des idées aux éditions du Seuil et sur le site

www.college-de-france.fr

Construire une école est une politique de solidarité, sur un temps long, afin de sortir du gaspillage actuel des fonds publics investis dans les politiques de développement. Cette politique doit être chiffrée.

 

5. La mairie de PUTEAUX peut-elle utiliser les fonds des contribuables pour des actions de solidarité extérieure? En théorie, les transferts de fonds sont possibles puisque la ville est riche, trop riche. La responsabilité de cette situation enviable, n’est pas locale, elle repose sur un étrange système de répartition, inégalitaire, entre les communes françaises et sur l’interdiction de placer des fonds pour prévoir des lendemains qui déchanteraient.

Il faut donc TOUT dépenser, chaque année. Les choix d’investissements sont très critiquables,  surtout la construction d’immenses et nombreux palais dont l’usage ne fait l’objet d’aucun « audit », pour en vérifier la pertinence (taux d’occupation des surfaces, par heure et pour quelle activité…) Les conseillers de la majorité et parfois même d’une certaine opposition approuvent ces choix déraisonnables. Ce gaspillage local d’argent public, dans un état en « faillite », (mot de François Fillon) dénature la solidarité en la situant dans un cadre absurde de choix.

La ville devrait appliquer une gestion modèle, à exporter, à partir d’objectifs précis à atteindre pour couvrir, en priorité, les besoins de base de tous les habitants : les besoins « ici ». C’est le premier devoir du maire, avant HAITI, KATI ou en même temps.

En ce mois de janvier, tous les élèves des cours préparatoires de PUTEAUX ont-ils acquis les bases de l’apprentissage de la lecture? Non. Or, c’est l’entrée garantie dans l’échec scolaire et l’échec scolaire c’est une forte probabilité d’être chômeur.

15% des élèves des CM2 n’obtiendront pas des résultats suffisants aux évaluations nationales.

Qui est solidaire, ici, de ces enfants- là ? Solidaire jusqu’au but.

Pourquoi les mamans d’enfants handicapés doivent-elles attendre une aide à domicile pendant plusieurs années, après leur inscription sur une liste?

La Mairie pourrait-elle s’associer, par exemple, à la construction de logements à HAITI ?  D’ailleurs il n’y a pas encore de maçons formés aux constructions antisismiques à HAITI. L’UNESCO vient de s’associer à un programme de formation.

Certains enfants, ici, y compris en centre ville, rentrent dans la pièce unique et délabrée du logement familial, ils n’ont ni bureau, ni lit, faute de place…Des familles vivent à quatre dans 16 m2, avec leurs imperméables pour couvertures parce que l’eau tombe du plafond. Des « sans- domicile » dorment sur les paliers d’immeubles…

Beaucoup a été fait. TOUT pouvait l’être à partir d’une autre idéologie gestionnaire.

Une mission spéciale, ici, complèterait judicieusement la liste des tâches de la municipalité.

L’argent public de PUTEAUX est d’abord pour la population de la ville. La fin des gaspillages, le passage modeste à une gestion rationnelle, sans citoyen oublié, est la condition pour légitimer les actions de générosité extérieure.

[L’épicerie sociale (très peu fréquentée, sans doute par insuffisance d’information en direction des personnes concernées), la récente maison du droit sont, par exemple, des décisions du maire très adaptées à la population dont elle est responsable.]

 

6. Parler de don français, pour HAITI, c’est occulter l’Histoire.

En 1825, HAITI avait dû payer à la FRANCE 150 millions de francs-or en échange de son indépendance.

Du 7 février 1986 au 16 Janvier 2011, l’ex-président à vie de HAITI, Jean-Claude Duvalier, « baby-doc »,  remarquable tyran corrompu, successeur de son père, chassé par une révolte populaire, a vécu en FRANCE, dans le confort, aux frais des Haïtiens. Il aurait détourné  300 millions de dollars lors de sa présidence  de 1971 à 1986. Avec un avion d’Air France, il vient de rentrer à HAITI, dans cette période d’incertitude entre les deux tours d’une élection présidentielle controversée. Ni les gouvernements français successifs, ni l’Assemblée nationale (à laquelle appartient le député- maire de Puteaux), ne se sont indignés de la présence, ici, de ce voleur du peuple…

Allons donc ! Comme ça, l'air de rien du tout, par un froid petit matin de janvier, une nouvelle parmi d'autres : « Baby Doc » est de retour au pays, ou du moins dans ce qu'il en reste politiquement parlant, pour rester diplomate. Finies vacances dorées aux frais du « Prince Peuple », bénies par une France mal voyante et à demi-sourde aux souffrances des torturés pour rien .Oubliés « Tontons Macoute » à la gâchette facile et aux mains rouges. Allons donc ! Haïtiens je vous le dis, le devoir d'ingérence dans vos affaires s'impose. 

Jean Gaëtan Tardino, sur www.jeta.blog.tdg.ch

Le site www.france-info.com annonce l’interpellation par la justice de HAITI, de  Jean Claude Duvalier, pour corruption, vol et détournement de fonds. Javier Zuniga, conseiller spécial d’Amnesty International estime que les violations des droits de l’homme, par Duvalier, équivalent à des crimes contre l’humanité.

 

Le plus grand chantier est de promouvoir un Etat de Droit, à HAITI, sinon tous les efforts partiront en fumée.

Selon Mirlande Manigat, arrivée en tête du premier tour de l’élection présidentielle, si

 l’ ONU partait maintenant ce serait le chaos.

 

Une voie actuelle de dons privés pour HAITI semble utilisable. Sean Penn est un intervenant direct : il dirige le camp de Pétionville, de 50 000 réfugiés. Le site de son organisation. www.jphro.org ( Jenkins-Penn Human Relief Organization) énumère les produits sanitaires urgents dont a besoin son centre de soins, pour lutter contre le choléra. La communication peut se faire par courriel (info@iphro.org) ou par téléphone, les numéros sont sur son site.

 

Images : www.photos.blogs.liberation.fr, www.securikids.fr, www.scoutsducanada.ca

www.atelier-idees.org  Annie Keszey.

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24.01.2011

L'AVENIR DE L'EUROPE ET DU MONDE APRES LA CRISE.

Prévisions d’une science économique qui ne sait pas prévoir.

 

Guy Sorman, essayiste, dans « Le Figaro » du 6/01/2011, estime que le capitalisme a digéré la crise, car les marchés, en forçant l’euro à la baisse, vont favoriser nos exportations et la croissance soldera nos dettes. Mais il envisage une « croissance sans emploi », parce qu’une partie de la population française (et européenne) n’est pas qualifiée pour les métiers complexes tandis que les métiers manuels sont exportés là où les salaires sont bas. . Il s’agit donc d’élever le niveau et la spécialisation de l’éducation, ce qui prendra une génération. Une réindustrialisation, à partir de nouvelles techniques, offrirait aussi une nouvelle source d’emplois de qualification moyenne

 

Le dernier bulletin en ligne du Fonds Monétaire International, le FMI, sur le site

www.imf.org publie un entretien de Jeremy Clift avec Olivier Blanchard, chef économiste du FMI.

Pour Olivier Blanchard, l’année 2011, sera vraisemblablement marquée par une reprise mondiale à deux vitesses : la faible croissance des pays avancés suffira à peine à faire baisser le chômage tandis que les pays émergents devront s’acquitter de la rançon de la réussite, notamment en évitant la surchauffe et en gérant des afflux massifs de capitaux.

Olivier Blanchard a rappelé que les pays devraient continuer de rééquilibrer leur économie durant l’année à venir, notamment par des mesures structurelles et des ajustements de taux de change

Durant cette interview, Olivier Blanchard a évoqué le rôle primordial du Groupe des vingt pays avancés et émergents (G-20) pendant la crise mondiale et rappelé que la coopération restait nécessaire pour affermir la reprise ainsi que les perspectives de l’Europe et des pays à faible revenu.

Extraits de l’entretien.

Passons maintenant à l’Europe. Quelles sont les perspectives pour le vieux continent ?

Olivier Blanchard : Il ne fait aucun doute que plusieurs pays d’Europe vont devoir subir un ajustement économique difficile et prolongé. La crise mondiale n’a fait que rendre les choses plus ardues. Pour les pays qui font partie de la zone euro et qui, par conséquent, fonctionnent avec un taux de change fixe, cela va nécessiter un travail long et pénible.

Mus par ce qui s’est révélé être un optimisme exagéré, ils avaient accru leur demande intérieure de façon excessive, aussi bien sous la forme de consommation que d’investissement immobilier et certains d’entre eux avaient accumulé des déficits extérieurs courants considérables. Ils doivent miser davantage sur la demande extérieure, sur les exportations. Les programmes sociaux sont essentiels, à la fois en tant que tels et pour assurer un large soutien politique…

Je comprends parfaitement que les pays rechignent à demander un programme conjoint de L’Union européenne et du FMI. Mais ces programmes peuvent être utiles de deux manières : en plafonnant le taux d’intérêt annuel auquel les états peuvent emprunter et en renforçant la crédibilité de leur engagement pour rassurer les marchés…

 

 

 

Tim Jackson , professeur et chercheur à l’université du Surrey, en Grande Bretagne, spécialiste du développement durable, dans « Le Monde » du 4/01/2011, estime très improbable la reprise de la croissance, en Europe, en 2011. Les mécanismes  destinés à maintenir la croissance ont fragilisé le système économique en développant un endettement toxique qui a conduit à l’effondrement des marchés. L’autre aspect de la question est de savoir si l’on peut poursuivre la croissance sans dommages environnementaux irréversibles sachant que nous vivons dans un monde fini. Pour y parvenir, il faudrait créer de la valeur économique non dans les biens, mais dans les services : éducation, santé, loisirs…

Pour remodeler le système économique, il faut suivre trois démarches.

-         La première est d’admettre que l’expansion économique a ses limites, nos ressources ne sont pas infinies.

-         La deuxième est de réguler le marché financier, c’est-à-dire l’investissement et le profit. Il faudrait ramener le profit au bénéfice de la communauté.

-         Le troisième point vise à changer la logique sociale : le gouvernement peut fournir aux gens les moyens de s’épanouir d’une manière moins matérialiste.

 

Si l’on admet que la hausse continue de la productivité du travail est la clé du progrès économique, la réduction du temps de travail permettrait de combattre le chômage.

Si l’on opte pour la fin de la hausse de la productivité, il y aura certes une baisse des profits mais plus d’emplois à créer dans les services sociaux, l’éducation, le maintien des espaces publics, la rénovation des bâtiments…

 

 

Dans  cet ouvrage, « Prospérité sans croissance » proposé, en particulier, sur le site :

 www.fondation-nicolas-hulot.org ,

Tim Jackson fait le procès de la croissance économique illimitée. Dans les économies avancées, il devient  clair que la croissance de la consommation n’augmente pas le bonheur et peut même lui nuire. Et, il est encore plus évident que les écosystèmes qui portent nos économies sont en train de s’effondrer sous l’impact de cette croissance. A moins que nous ne réduisions radicalement l’impact environnemental de l’activité économique- et rien ne prouve que cela soit possible- nous allons devoir construire une prospérité qui ne repose pas sur la croissance continuelle. Hérésie économique ou opportunité pour construire une prospérité durable en dehors de la dictature du marché ?

 

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Alain Touraine, sociologue et économiste, dans « Après la crise » aux éditions du Seuil, décrit la situation « post-sociale » d’un monde nouveau, après l’affaiblissement actuel des acteurs sociaux, la disparition des classes sociales et la mort des sociétés post-industrielles.

Pour arrêter la finance, cette machine folle qui détruit nos sociétés occidentales, il appartient à chacun de se révolter pour sauver la démocratie.

Dans Télérama du 8 au 14/01/2011, Vincent Rémy s’entretient avec Alain Touraine :

Mais les peuples ne se révoltent pas, pas encore : la population anglaise a voté pour les conservateurs dont la seule préoccupation est de reconstruire la city, la machine à fric. Et c’est pour la city, qui a ruiné leur pays, que les Anglais se serrent la ceinture…

Aujourd’hui, nous n’avons plus de modèle social. L’Europe est entièrement à droite- hormis Zapatero- dont chacun sait qu’en cas d’élections, il tomberait…Les sociaux- démocrates sont liquidés partout. Les syndicats, la sécurité sociale, les services publics, tout ça est remplacé par l’argent, le simple argent…

Que peut-on construire pour résister à ce tsunami financier ? On peut compter sur deux forces : l’une vitale, c’est l’écologie et l’autre c’est l’individu. L’écologie nous dit qu’il faut gérer les rapports nature et culture et donc imposer des limites à l’économie. L’individu privilégie la recherche des droits, droits à la dignité et au respect. La reconnaissance des droits des plus faibles qui entraîne la reconnaissance des droits de tous : c’est l’universalisme.

Pour recréer de l’esprit démocratique, pour réveiller les consciences, il ne faut plus partir d’en haut, mais évaluer la capacité concrète qu’a chaque individu d’atteindre certains objectifs : l’éducation, la santé, la mobilité sociale. C’est une nouvelle démocratie « par le bas ».

Ce qui définit un mouvement démocratique, c’est sa capacité à « fabriquer de l’acteur », à faire que les gens soient actifs, à fabriquer de la citoyenneté.

Des militants exemplaires, grandes personnalités engagées au service de tous seront aptes, sans structure sociale, à créer un mouvement collectif  (Popolo Viola y est parvenu, en Italie). Ils diront : nous parlons au nom de la survie de la terre et au nom de la défense des droits universels.

 

La persistance d’une apathie citoyenne conduirait à la violence parce que les dirigeants politiques d’aujourd’hui restent inconscients des quatre records qui devraient être battus en 2011 :

-         les profits des banques,

-         les montants des bonus distribués dans la finance mondiale,

-         les taux de chômage et l’exclusion des jeunes,

-         Les écarts indécents entre les riches et les pauvres.

 

www.atelier-idees.org

Annie Keszey

09:42 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : entrer des mots clefs | | |  Facebook

14.01.2011

2011. INDIGNEZ-VOUS!

 

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Un grand Résistant, de 93 ans, Stéphane Hessel, appelle les jeunes générations à une insurrection pacifique.

Créer, c’est résister.

Résister, c’est créer.

Le motif de base de la Résistance était l’indignation. Nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux…

Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous !

Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger les conquêtes de la Résistance telles que la sécurité sociale, la retraite, la nationalisation des sources d’énergie et des grandes banques, la subordination des intérêts particuliers aux intérêts généraux…, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée? Sinon parce que le pouvoir de l’argent, tellement combattu par la Résistance, n’a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l’Etat.

Il nous appartient aujourd’hui de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers : pas cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l’égard des immigrés, pas cette société qui remet en cause les acquis du programme du Conseil de la Résistance, pas cette société où les medias sont entre les mains des nantis et qui propose la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition de tous contre tous.

Pour être efficace aujourd’hui, il faut agir en réseau, dans la non-violence et la conciliation de cultures différentes, se fonder sur les droits et utiliser les moyens modernes de communication…

[Extraits de : « Indignez-vous » de Stéphane Hessel aux éditions « Indigène ». 3 €. 2010.]

Stéphane Hessel naît à Berlin, en 1917, d’un père juif écrivain et d’une mère peintre, mélomane. En 1924, la famille s’établit à Paris. Stéphane, naturalisé français en 1937, est mobilisé et connaît la «drôle de guerre.»

En mai 1941, il rejoint la France libre du Général de Gaulle, à Londres. Débarqué clandestinement en France, fin mars 1944, pour une mission de contact avec les réseaux résistants, il est arrêté à Paris, en juillet, par la Gestapo, sur dénonciation. Quelques jours avant la libération de Paris, il est envoyé au camp de Buchenwald. A la veille d’y être pendu, il échange son identité contre celle d’un Français mort du typhus. Sous son nouveau nom, il est transféré au camp de Rottleberode, puis, après une première tentative d’évasion, au camp de Dora dont il s’évadera définitivement.

Cette vie restituée, il fallait l’engager, écrit-il dans ses mémoires.

Diplomate, il participe à la rédaction de la déclaration universelle des Droits de l’homme adoptée le 10 décembre 1948, par les Nations unies, au Palais de Chaillot, à Paris.

Si vous rencontrez quelqu’un qui n’en bénéficie pas, aidez-le à les conquérir.

Pendant la guerre d’Algérie, il milite en faveur de l’indépendance algérienne.

En 2008 et 2009, il se rend dans la bande de Gaza, prison à ciel ouvert et à son retour témoigne sur la douloureuse existence des Gazaouis. Il a été élevé à la dignité d’Ambassadeur de France et de Commandeur de la Légion d’honneur.

Je me suis toujours situé du côté des dissidents, déclare-t-il à la même époque.

[Sylvie Crossman, éditeur : www.indigene-editions.fr]