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16/05/2016

La langue des médias.

La langue des médias.

Destruction du langage et fabrication du consentement.

Ingrid Riocreux. L’Artilleur. 20 €. 333 pages.

L’auteur est un professeur agrégé de lettres modernes et docteur de l’Université Paris-Sorbonne. Son livre est un cours exceptionnel de français et de décryptage de la langue des journalistes. Son parcours analytique et critique concerne la conjugaison, la grammaire, le vocabulaire et la rhétorique. Ingrid Riocreux étudie les nombreuses fautes des journalistes qui méconnaissent la langue, c’est-à-dire leur principal outil de travail. D’autres fautes sont encore plus graves parce qu’elles ne sont pas objectivement repérables. Elles sont le spectre du faux derrière les petits défauts.

Extraits.

...De même que le journaliste reproduit sans fin les formules de ses confrères, reprend sans réflexion leurs mots, adopte par mimétisme grégaire leur parlure, de même il ne cesse de reproduire des tournures de phrases et de répéter des termes qui impliquent un jugement éthique sur les événements. Prenant pour des données objectives et évidentes des opinions qui sont en fait identifiables comme des points de vue propres à des courants de pensée, il contribue à répandre une doxa faite de préjugés, de stéréotypes et de présupposés qui sont au fondement des croyances de notre société...Car si le langage du journaliste fonctionne comme la vitre déformante à travers laquelle on nous montre le présent, il est aussi une fenêtre trompeuse ouverte sur le passé et sur l’avenir. Analyser le discours du journaliste, c’est donc, d’une certaine manière, mettre au jour l’inconscient de notre société dans tout ce qu’il comporte d’irrationnel ...

...Le journaliste est la figure que l’on se représente quand on écoute France Info tous les jours. Ce personnage peut bien changer de voix, il a toujours le même ton, le même accent, il commet toujours les mêmes fautes de français, il emploie toujours les mêmes mots, il construit son discours sur les mêmes sous-entendus : il n’a pas de visage, pas de vêtements, pas ou peu de personnalité. Il est théoriquement le journaliste parfait, qui s’efface au maximum derrière le message qu’il doit délivrer. A l’instar de son discours, il est lui aussi une vitre...

... « Sans-papiers » est un terme forgé par les militants de la gauche radicale altermondialiste pour en finir avec la force péjorative du mot « clandestins ». Enfin, le terme de « migrants » a ceci de commode qu’il réduit des foules de personnes à leur seul déplacement. L’image ainsi suscitée est celle  d’une masse à la progression inexorable et sans fin;  ils ne viennent de nulle part, ils passent. Sans attache et sans objectif, sans culture et  sans idéal, le « migrant » n’est pas un humain, c’est un zombie. Face aux migrants on se résigne : on ne peut pas les empêcher de venir mais ils repartiront. Le mot « migrant » est particulièrement intéressant parce que, contrairement à d’autres termes, il ne convient à personne : les uns l’accusent d’enrober mensongèrement la réalité et contestent son emploi au profit d’ « envahisseurs » quand les autres lui trouvent des « connotations » négatives et lui préfèreraient celui de « réfugiés ». En effet, en tant que zombie, il va sans dire que le migrant n’inspire pas de pitié. Devant la réticence des Français à accueillir les « migrants », ceux-ci furent donc rapidement rebaptisés « réfugiés ».Cela ne changeait rien au phénomène mais cela transformait sa perception...

...Migrants, islamo-fascisme, climato scepticisme, europhobie etc : personne ne s’interroge sur le bien-fondé de toutes ces notions ni même sur ce qu’elles désignent précisément. Ce qui compte ce n’est pas la définition du mot, c’est le consensus qu’il entretient. On ne sait pas ce que ces termes signifient mais, comme on dit « on se comprend, pas vrai ? ». Par politesse, on peut répondre « bien sûr ». Mais on peut aussi refuser cette connivence imposée...

...Le but est de proposer une grille d’analyse afin de former les réflexes d’écoute...On constatera rapidement que les phénomènes répertoriés sont d’une extrême fréquence et que les exemples sont donc uniquement choisis pour leur valeur représentative car ils définissent par excellence la pratique du Journaliste...

...C’est aussi le rôle du Journaliste : c’est un gardien de l’ordre. Ce que réalise la police dans la sphère de l’action publique, le Journaliste l’accomplit dans le domaine du discours public et, espère-t-il, de la pensée qui sous-tend ce discours. Encore une fois, ce n’est pas la pensée non-conforme qu’il condamne ; il la condamne en tant qu’elle nuit à l’ordre social...

L’auteur part des fautes de syntaxe (« La décision qu’a pris le ministre », « C’est une chose sur lesquelles une mise au point est nécessaire », « Nous en s’rons (saurons) plus cet après-midi », « Les blindés bloquent la route qui conduisent à Donietsk » ...Les exemples sont très divers et très nombreux, classés par catégories.  Puis, l’auteur arrive à la manipulation des esprits qui concerne aussi les sites de réinformation également manipulateurs. Elle décrypte le « politiquement correct » qui est le consensus du mensonge, ou plutôt le consensus des demi-vérités. Tout le monde sait que c’est faux ou à peine vrai, mais c’est ce qu’il convient de dire, notamment en public. L’auteur regrette la dégradation de l’enseignement de la langue française et la disparition de l’enseignement des techniques du discours : la rhétorique inventée par la démocratie grecque et qui a atteint son apogée sous la République romaine.

Le livre est un test pour chaque lecteur engagé à mesurer son degré d’imprégnation, de soumission inconsciente à la propagande officielle journalistique. Ingrid Riocreux analyse en profondeur des actualités particulièrement connues : discours de Nicolas Sarkozy, de François Hollande (Moi président de la République, je ...anaphore développée dans sa forme et son contenu en page 297 qui, déjà, devait comporter une virgule après moi), photo d’un enfant « migrant », Aylan, mort noyé sur une plage, informations de David Pujadas, publications d’Éric Zemmour, paroles du FN...

En fin de lecture, il est possible de s’attribuer une note personnelle d’aptitude à résister à tous ces discours «  orientants » et  de s’engager à guérir de toute naïveté ennemie de la rationalité civique.

La dernière page, fondée sur l’analyse, est rude mais juste.

...On a coutume de dire que l’ascenseur social est en panne. Cela signifie que la démocratie est morte, qu’elle a dégénéré en oligarchie. Ceux qui ont le pouvoir le gardent ; ceux qui ne l’ont pas n’ont aucun espoir de l’acquérir. Sous prétexte de tendre la main aux seconds, les premiers leur vendent des entraves séduisantes : à travers les médias serviles, une information « de qualité », à travers une école délétère, une éducation d’ « excellence ». On sait ce qu’il en est. La classe dominante considère qu’il est plus facile de garder sous contrôle une société d’idiots plutôt que de gouverner un peuple intelligent. Mauvais calcul. Car les masses illettrées et incultes ne restent pourtant pas amorphes. Quand on les a privées de la culture et de l’intelligence, quand on les a privées de mots et de la maitrise du langage, il ne leur reste rien comme moyen d’expression - pire comme mode de pensée - que la violence. L’erreur de nos oligarques réside dans le fait de croire qu’une société d’abrutis est un troupeau bêlant, docile et calme, alors que c’est une meute d’individus féroces, en guerre perpétuelle, les uns contre les autres. Elle commence par abattre tous ces petits maîtres, au nombre desquels les « fabricateurs de consentement » qui ont fait dégénérer le rêve démocratique en pensée totalitaire. L’illettrisme  entraîne la violence, et l’insécurité appelle la tyrannie. Le système qui par son œuvre (éducatrice et médiatique) se targuant d’engendrer des personnes libres et responsables, pétries des idéaux les plus nobles, s’écroulera donc sous les coups de ce qu’il a lui-même produit, en réalité : un gibier de dictature.

Annie Keszey.

 

 

 

11/05/2016

L'Espagne d'avril 2016: un panorama dévastateur.

Dans les quotidiens espagnols, El País, El Mundo, El Diario de Mallorca, plusieurs éditorialistes décrivent la défiance du peuple et son désarroi entre le pouvoir politique corrompu, les nombreux faits de délinquance et les difficultés quotidiennes. Dans le Diario de Mallorca du 22/04/2016, Ramon Aguilo décrit un panorama dévastateur. Le pouvoir économique, lâche, est complice du MAL. Il rappelle que, déjà, l’ancien président de l’Espagne José Maria Aznar, inspecteur des finances, prônait l’exemplarité pendant ses deux mandats alors qu’il a triché ensuite lors de ses déclarations d’impôts. Découvert, il a dû payer au fisc une amende totale de près de 270 000 € pour les années 2011 et 2012. Jérôme Cahuzac donnait aussi des leçons de bonne conduite : son nom réapparaît dans le scandale bis de Panama. L’Espagne est parfois le miroir de la France.

Les élections législatives de décembre 2015 n’ont pu aboutir à la formation d’un gouvernement. Les députés ont été payés pendant six mois, sans fonction. Epée de Damoclès, les Espagnols voteront à nouveau le 26 juin 2016. Les deux partis traditionnels, le Parti populaire (PP), très frappé par la corruption et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) sont concurrencés par deux nouveaux partis : Podemos, à gauche et Ciudadanos, au centre. Les Partis n’ont pu trouver un accord malgré quatre mois de diatribe et la médiation du roi. Comme les « indignés français », les Espagnols souhaitent la fin d’une société et d’institutions verticales pour une démocratie horizontale, en continu, qui permettrait aux citoyens de participer aux décisions (au lieu de manifester) entre deux élections. Le gouvernement français, sans majorité, est aussi en survie artificielle, le premier ministre n’a plus d’autorité sur la gauche éclatée et l’usage de l’article « 49.3 » de la constitution est à nouveau envisagé. Le gouvernement de Mariano Rajoy, dans cette période préélectorale, vient de s’engager à rembourser aux fonctionnaires espagnols les 49 % de l’extra- salarial 2012 toujours en attente. Deux versements de 25 % et de 26 % avaient été faits en 2015. Les syndicats y voient une mesure pure et dure électoraliste. Le gouvernement français vient d’augmenter les primes des professeurs d’école. Pourtant les deux pays sont en déficit et endettés. Mariano Rajoy va se représenter devant les électeurs pour former un gouvernement raisonnable et cohérent ! Ricardo Costa, l’ex- secrétaire du PP de Valence est accusé par le ministère public de délits électoraux et de falsification de documents. Il risque huit années de prison pour avoir financé des campagnes électorales du PP avec 3.46 millions d’euros d’argent noir de constructeurs. Il demande à la Justice de convoquer Mariano Rajoy afin qu’il « s’explique » sur les comptes du Parti ! Avenir prometteur.

La commission européenne de Bruxelles bloque les fonds destinés au développement régional espagnol après avoir détecté des irrégularités de gestion. Le chômage atteint plus de 20 % de la population « active ».

La corruption démesurée persiste. Les scandales d’actualité sont ceux d’Ausbanc, de Manos Limpias, de Nóos, de Panama, de Rocamar... Luis Pineda, d’Ausbanc, était le responsable d’une association dédiée à la défense des consommateurs qui recevait des fonds publics, mais dirigeait aussi, aidé par son clan familial et des amis, un groupe criminel d’extorsion de fonds à des banques, des entreprises et des particuliers et occultait ses bénéfices de 10 millions d’euros par an afin de ne pas payer d’impôts. Maria José Pérez-Cejuela, directrice générale du commerce et de la consommation de Madrid, amie de Pineda, pour son implication, est interrogée par la justice. Luis Pineda a été incarcéré dans la prison de Navalcarnero le 16/04/2016 en même temps que le secrétaire général du syndicat Manos Limpias, les Mains propres, Miguel Bernad Remon, associé avec Pineda. Manos Limpias avait une activité voisine de celle d’Anticor, en France, sauf que son responsable pratiquait l’extorsion de fonds en liaison avec Ausbanc. Il utilisait un droit particulier espagnol, l’accusation populaire, pour porter plainte contre diverses personnalités. Par exemple, Manos Limpias avait porté plainte contre le juge Baltasar Garzón qui investiguait sur les crimes du franquisme. Une avocate actuelle de ce syndicat représente Manos Limpias dans le jugement en cours du cas Nóos qui concerne les malversations d’Iñaki Urdangarin et de sa femme l’infante Cristina de Borbón y Grecia, sœur du roi. C’est Miguel Bernad Remon de Manos Limpias, et lui-seul, qui a porté plainte contre l’infante en supposant qu’elle avait participé aux délits fiscaux de son mari. La question de la libération de l’infante est posée pour deux raisons : l’accusateur est en prison pour corruption et il aurait demandé trois millions d’euros à l’infante en échange d’un renoncement de Manos Limpias à porter plainte contre elle. Il aurait pratiqué ce chantage de nombreuses fois avant de déposer d’autres plaintes. La décision pour l’infante Cristina est en attente. Cet imbroglio est alimenté quotidiennement par la presse.

Le scandale mondial récent de Panama Papers concerne des politiques, des banquiers, des sportifs, des avocats, des chefs d’entreprise... De nombreux espagnols, que la presse commence à nommer,  sont éclaboussés: le ministre de l’industrie espagnol, José Manuel Sora (il a démissionné le 15/04), Pilar de Borbón, sœur de l’ancien roi Juan Carlos, le mari de l’infante d’Espagne Iñaki Urdangarin, Pedro Almodóvar et son frère, Maria Luiz- Picasso, petite fille de Pablo Picasso, Micaela Domecq, femme du commissaire européen à l’énergie et à l’action pour le climat, Oleguer Pujol, fils de l’ancien président de la Généralité de Catalogne, Francisco Paesa Sanchez, agent secret, sept footballeurs, la branche espagnole de la famille Thyssen-Bormemisza, la femme de Felipe González ex-président du gouvernement etc. Quant au bureau de Bercy, à Paris, il est dépassé par les demandes de rapatriements financiers des utilisateurs français du paradis fiscal panaméen, révélés publiquement, et doit recruter des contrôleurs.

Le gouvernement des Baléares a déposé plainte en justice pour le cas Rocamar. Un hôtel en ruines a été acheté sur fonds publics pour assurer sa démolition parce qu’il nuisait à la beauté d’un site. Le conseiller du Tourisme et trois autres hauts responsables sont suspectés d’avoir fait une malversation de 697 000 € lors de l’achat.

Le maire de Grenade, Torres Hurtado, accusé de corruption urbanistique a démissionné. Alberto Fabra, l’ex-président du PP de Castellón, condamné en 2014 à quatre ans de prison pour fraude fiscale a pu sortir de prison, en semi-liberté. La femme d’Alfonso Grau, ex-vice- maire de Valence est accusée par la justice de blanchiment d’argent. Lors d’une communication téléphonique avec son fils, elle avait expliqué comment le groupe municipal du PP pouvait blanchir et utiliser pour la campagne électorale l’argent noir du PP de Valence. Son mari insiste sur les problèmes psychologiques de sa femme pour la disculper. Le président des Cortes de Valence, avec vingt-huit autres personnes, sont mis en examen pour association illicite, malversations, prévarication, blanchiment de capitaux et trois délits supplémentaires. L’ex- maire de Valence, quarante-sept autres personnes et le PP comme personne juridique sont mis en examen pour blanchiment supposé d’argent...Ce ne sont là que quelques exemples, la liste est inépuisable...

Le 19/04/2016, la police de Majorque, cette île paisible, arrête un djihadiste de 26 ans, Mohamed Harrak, qui vit avec ses parents... du matériel informatique et des drogues, dans un appartement de Son Gotleu. Ce loup solitaire, arbitre sportif, recrutait sur internet des terroristes pour aller en Irak et en Syrie avec lui et préparait un attentat en Espagne. Mohamed est marocain, la nationalité espagnole lui ayant été refusée après un délit : il avait frappé, avec sa mère, sa sœur de douze ans avec un câble électrique ! Il avait tenté d’appartenir à la Garde civile espagnole, puis à la Légion étrangère, en France, mais avait été refusé. La police a découvert des messages de Mohamed Harrak sur les réseaux sociaux, par exemple : « Un des jours de ma vie les plus heureux fut de voir la terreur sur les visages lors des attentats de Paris, cela n’a pas de prix ! » Les voisins se sont déplacés pour insulter le prévenu. Il a été rapidement incarcéré : le nombre de touristes sur l’île, les trois premiers mois de 2016, a cru de 40 % par rapport à 2015 du fait de la réputation de sécurité de l’île...Mohamed Harrak, présumé djihadiste, plaide non coupable : il n’a aucun lien avec Daech (Daesh en Espagne) dit son avocat.

Les responsables espagnols sont satisfaits d’avoir pu réaliser enfin un modèle impeccable de barrière contre l’immigration entre le Maroc et la ville espagnole de Melilla. En 2014, deux mille migrants avaient pu la franchir, en 2015, cent et en 2016, huit seulement à la date du 30/04. Le journaliste mentionne cependant les agujeros (trous) éthiques de la situation. 

Manuel Benitez, le célèbre toréador El Cordobés, a quitté sa femme après cinquante ans de vie commune. Peu de temps après, le 27/04/2016, une analyse ADN a démontré, après quarante ans, que Manuel Diaz, également toréador, était le fils d’El Cordobés.

Le 27/04/2016, mille cinq cents fils d’exilés espagnols se sont mobilisés pour que la France retire au dictateur Franco la Légion d’honneur, à titre posthume. Franco est indigne de cette décoration proposée par Philippe Pétain et accordée en 1928 comme officier et en 1930 pour attribuer le grade de commandeur. Une résolution de l’ONU de 1946 a reconnu que le régime de Franco était fasciste et ne respectait pas les droits de l’homme. La pétition a été adressée en France à la Grande Chancellerie et au cabinet du Premier ministre d’origine espagnole! « Enlever la médaille à Franco, c’est rendre l’honneur aux principes de la République française. » L’initiative est noble, d’autres Légions d’honneur devraient être retirées dont la dernière accordée au prince d’Arabie saoudite.

La sanctification de la technologie et l’utilitarisme ont semé le discrédit sur les lettres et la philosophie. Les plans d’études des facultés iront de pire en pire, en faveur des banalités générées par le « politiquement correct ». C’est la fin des humanités.

Annie KESZEY.

17:32 Publié dans espagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne, élections, corruption, djihadisme, immigration | | |  Facebook

13/04/2016

MACRON L'ENCHANTEUR.

Ce titre est celui de la chronique de Gérard Courtois, en page 22 du journal Le Monde du 13/04/2016.

Bien pensé.

Extraits.

« Randonne-t-il au centre ? Roule-t-il pour Hollande ? Court-il à la rencontre de son propre destin ? Ou les trois à la fois ? Les spéculations n’ont pas manqué depuis qu’Emmanuel Macron a lancé son mouvement, En marche !, le 6 avril. Il est vrai que la situation est baroque : un jeune homme de 38 ans, ministre depuis vingt mois à peine, sans mandat ni fief, seulement armé d’une popularité atypique et d’une ambition sans complexe, se permet de dresser un constat d’échec du gouvernement dont il est membre et de faillite de la gauche à laquelle il assure appartenir. Sans démissionner pour aller au bout de son audace. Sans être renvoyé, pour prix de son effronterie.

On verra où le mène cette aventure. Mais il serait prématuré de la balayer, dès à présent, d’un revers de main. Car l’initiative a été conçue soigneusement pour cocher toutes les cases du désenchantement démocratique actuel et tenter d’y répondre...

L’entreprise du ministre de l’Economie paraît symptomatique du marasme où est plongée la gauche... »

A suivre donc !

Annie Keszey.