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17/01/2016

POUR UN ETAT FORT. VERS UN NOUVEAU MONDE.

Alain Juppé.

JC Lattès. 265 pages. 12 €

Ce livre suit « Mes chemins pour l’Ecole », présenté précédemment et devrait être suivi par deux autres publications programmatiques du même auteur. Alain Juppé, normalien et énarque, a été dans sa vie publique, Premier ministre, quatre fois ministre, député européen, député de Paris et de Gironde... Il est maire de Bordeaux (pour la première fois en 1995), réélu en 2014 avec 61% des voix : un maire reconnu compétent par ses administrés. Il est président de Bordeaux métropole. La ville de Bordeaux est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Membre du parti Les Républicains (LR), il est candidat à la primaire de son parti devant désigner le candidat LR à l’élection présidentielle de 2017.

Des critiques classiques le visent, prononcées, en particulier, en 2014, par Nicolas Sarkozy toujours incapable de s’appliquer la maîtrise de soi et l’objectivité. Alain Juppé, AJ, serait trop âgé : 72 ans en 2017. Or, l’âge, en situation de santé ordinaire, n’est pas une incompétence. François Mitterrand avait 65 ans quand il a aboli la peine de mort avec l’aide précieuse de Robert Badinter. Nelson Mandela est devenu le premier président noir de L’Afrique du Sud à 76 ans, après avoir lutté toute sa vie contre l’apartheid...Le Recteur, dans la tourmente, de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a 79 ans. Le pape François aussi : il blanchit les instances du Vatican dont la banque interne, modernise l’église crispée dans ses pratiques traditionnelles et publie aujourd’hui Le nom de Dieu est miséricorde. François écrit : « J’ai une relation spéciale avec ceux qui vivent en prison, privés de leur liberté...Je ne me sens pas meilleur que ceux qui sont en face de moi. Et je me retrouve donc en train de répéter et de crier : pourquoi lui et pas moi ? Cela peut scandaliser mais je me console avec Pierre : il avait renié Jésus et il a quand même été choisi... »   

La miséricorde s’applique d’ailleurs à la seconde critique faite à Alain Juppé, portant sur son chemin de croix  avant et après 2004! Alain Juppé a été condamné par la Justice, en appel, à un an d’inéligibilité, peine lourde pour un homme politique. Il a payé, au prix fort, sa dette civique envers la Nation et les citoyens-électeurs ne comptent pas lui en infliger le rabâchage incompatible avec le Droit. Il est actuellement la personnalité politique en laquelle les 2/3 des sondés, de droite et de gauche, ont le plus confiance.

La candidature d’Alain Juppé est légitime.

A partir du titre de son livre, Pour un Etat fort, une certaine presse souligne sa droitisation accompagnant le mouvement politique général des Français. C’est un constat simpliste : Alain Juppé souhaite une démocratie efficace.

Sa méthode d’écriture est la même que dans son livre sur l’Ecole. Le premier tiers du livre donne la parole à des citoyens, des policiers et des personnels de l’Institution judiciaire. Alain Juppé consulte donc et écoute la base : il tient compte de ces nombreux témoignages pour proposer des actions nouvelles. Il se démarque ainsi, en particulier, de François Hollande qui écoute mais n’entend pas. La majeure partie du livre est son entretien avec la journaliste Natacha Polony. Le thème essentiel est celui de la sécurité. A J écrit : je veux un Etat fort pour garantir la liberté de ses citoyens, assurer leur sécurité, rendre la justice de manière efficace, gagner la guerre contre le terrorisme, lutter contre l’immigration illégale et protéger nos valeurs. Nous ne pouvons plus attendre, l’avenir de la France se joue aujourd’hui.

En fin d’ouvrage, A J rassemble ses propositions suivies par cinq annexes : bilan de l’évolution de la délinquance depuis 2012 - moyens et efficacité de la Justice, en France - l’immigration légale - l’intégration des immigrés – l’asile et la crise migratoire.

A J rappelle ses valeurs républicaines. Il refuse clairement le communautarisme, c’est-à-dire une organisation de la Nation en communautés repliées sur elles-mêmes, sur leurs pratiques, leur religion et même leur langue...Il veut s’assurer que, dans leur diversité, les Français partagent tous un bien commun...

Ce bien commun à partager, c’est la langue...Car la langue, c’est plus que des mots, c’est une structure de la pensée...C’est ensuite le socle des valeurs de la République qui créent le sentiment d’appartenance nationale : la devise républicaine « Liberté- Egalité-Fraternité »...Il faut y ajouter la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, la démocratie- c’est-à-dire le gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple-et la laïcité. L’article 2 de notre Constitution met de la chair dans ces concepts :

L’emblème national est le drapeau tricolore bleu, blanc, rouge. L’hymne national est la Marseillaise...

Les témoignages insistent tous sur les difficultés majeures rencontrées actuellement par les polices, la gendarmerie et l’Institution judiciaire : les manques anciens de moyens encore accrus par les nécessités de l’Etat d’urgence, les contraintes administratives pesantes et dévoreuses de temps. De très nombreuses décisions de police et de justice ne sont pas appliquées et ce « laxisme » ou « ces impossibilités » créent une forte désillusion chez les acteurs impliqués. Malgré la densité du travail, les résultats progressent peu : la délinquance, la radicalisation de jeunes, les conditions d’accueil des immigrés, restent préoccupantes. La République française dysfonctionne.

Les réformes proposées par A J sont nombreuses, rassemblées sur quatorze pages. Seule la lecture du livre permet de les connaître toutes, en profondeur.                    

A J veut renforcer les services du renseignement territorial, le plus à même de détecter les signaux faibles de radicalisation et d’en faire état, renforcer le renseignement pénitentiaire, créer une police pénitentiaire et une agence européenne de coordination du renseignement... Les personnels supplémentaires de sécurité annoncés par le Président de la République ne seront pas formés avant deux ans, il faut appeler des réservistes et, à terme, créer une garde nationale...

La lutte contre la radicalisation suppose la transparence sur les financements de lieux de cultes, une formation civique des ministres du culte musulman, l’augmentation des déchéances de nationalité pour les binationaux auteurs d’actes terroristes, la diffusion d’un contre-discours laïque sur Internet...

Un nouveau traité doit remplacer Schengen afin d’assurer le contrôle des frontières de l’Europe, avec une véritable police des frontières. Des accords entre pays doivent rendre effective la réadmission des migrants économiques. Il faut :

- réaliser un vrai travail de simplification de la procédure pénale, investir dans les technologies pour moderniser la sécurité intérieure, systématiser la saisie des trafiquants de drogues, prononcer l’interdiction de séjour d’un an des dealers dans les lieux où le deal a été constaté, rétablir la loi Ciotti sur l’absentéisme scolaire et l’étendre aux parents des petits trafiquants de drogue, étendre les prérogatives des polices municipales, redéfinir la légitime défense des forces de l’ordre...

- supprimer les réductions automatiques de peine, revenir sur les peines de substitution, rétablir les peines plancher, construire 10 000 places de prison pendant le quinquennat, séparer la justice civile qui accompagne le mineur de la justice pénale qui le sanctionne, développer le travail en prison grâce à une agence nationale spécialisée, assurer une vraie évaluation des détenus dangereux, aligner les conditions de nomination des magistrats sur celles des juges...

- encadrer l’immigration légale : faire voter chaque année par le Parlement un plafond d’immigration et une répartition par type d’immigration, conditionner le regroupement familial à l’exercice d’un emploi...

La France doit répondre à une double exigence : défendre une tradition d’accueil des réfugiés politiques et de guerre tout en luttant contre le détournement économique du droit d’asile. La durée d’examen des demandes d’asile doit être réduite...Il faut réformer l’aide médicale d’Etat en la limitant aux cas d’urgence.

Pour faire respecter la laïcité, il est proposé, en particulier, de créer un code de la laïcité reprenant l’ensemble des règles à respecter et de créer un délit d’entrave à la laïcité dans les services publics pour sanctionner son non-respect...Un conseil national des cultes aura pour but de faciliter le dialogue entre les différentes religions et l’Etat.

A J a étudié sérieusement les nombreux problèmes faisant obstacle à la liberté et à la sécurisation des citoyens de l’Etat français et propose les remèdes. C’est un travail d’un pragmatisme simple, de bon sens, mais tellement rare en politique que la démarche reste exceptionnelle. Les propositions sont justifiées, précises, équilibrées, fondées sur la raison et sur l’expérience.

Annie Keszey.

 

 

17:47 Publié dans France, POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alain juppé, état fort, sécurité, immigration légale, laïcité, justice | | |  Facebook

14/12/2015

Remèdes politiques : après le 13/12/2015.

Si l’on refuse de choisir, lors de l’élection présidentielle de 2017, entre les trois candidats François Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, alors il faut SAVOIR puis AGIR.

Dans ce but, les meilleures idées actuelles et à venir sont à diffuser.

Préalable : « Hollande, Sarkozy, qu’ils ne se représentent pas », par la rédaction de Marianne.

1.Un candidat pour un nouveau monde : Alain Juppé.

2. A suivre... (ultérieurement « La nouvelle société du coût marginal zéro » de Jeremy Rifkin.)

Préalable.

Quarante ans, ça suffit ! Depuis quarante ans, l’un et l’autre (Hollande et Sarkozy) œuvrent dans les coulisses, d’abord comme seconds couteaux, avant d’occuper les premiers rôles de la vie politique...Nous avons tous été assommés des photos du très jeune Sarkozy auprès de Chirac et du très jeune Hollande auprès de Mitterrand. Ils ont posé ensemble dans Paris Match pour défendre de concert le traité européen de 2005. Ils ont mené carrière, conquis le sommet de l’Etat, assouvi leur suprême ambition en gagnant l’Elysée. Personne ne peut le leur reprocher. Ils ne se ressemblent pas mais partagent cette obsession de la politique comme objectif unique. Pour quoi faire ? L’un et l’autre ont montré plus d’efficacité dans la conquête du pouvoir que dans la conduite de l’Etat. L’un et l’autre donnent l’impression de gouverner au doigt mouillé, sans conviction, sans ligne directrice. Et cela, on peut le leur reprocher. A force d’aller où le vent les porte, ils se sont usés prématurément. Ils ont une petite soixantaine, un quinquennat chacun et semblent déjà si vieux. Du coup, Marine Le Pen et ses acolytes représentent une certaine « fraîcheur » dans la vie politique. La fille du vieux chef donne l’image d’une self-made woman qui aurait conquis ses victoires à la seule force de son poignet. Peu importe que l’histoire soit autre. C’est la « vieillesse » des autres qui lui permet d’écrire ainsi son propre roman. La question n’est pas l’âge du capitaine, mais son usure et le nombre de récifs qu’il n’a su éviter...Donc Hollande- Sarkozy, la revanche...surtout pas. Ce serait un boulevard offert à Marine Le Pen. Et puisqu’ils prétendent tous les deux se battre contre elle, qu’ils passent la main, ce sera la meilleure manière d’empêcher qu’elle ne s’empare de l’Elysée. C.D.  

  1. Vers un nouveau monde. Mes chemins pour l'école. L’éducation est la mère des réformes. Alain Juppé. JC Lattès. 305 pages.

Alain Juppé, ancien professeur, ancien ministre, maire de Bordeaux, affilié au parti « Les Républicains » est candidat à l’élection présidentielle de 2017. Dans ce but, il a engagé une réflexion sur les réformes prioritaires vers un nouveau monde.

« Apaiser, rassembler et réformer. Le changement ne se décrète pas, il se prépare et ne peut se réaliser que s’il est porté par le plus grand nombre. La réforme de l’école porte toutes les réformes.»

Oui, la réforme de l’école est la plus urgente. Les propositions de la ministre de l’Education nationale, Najat vallaud-Belkacem, ne redresseront pas le système éducatif : elles sont sans professionnalisme. Alain Juppé a pratiqué la démocratie participative afin de recueillir de très nombreuses participations de professeurs, de parents d’élèves, de chercheurs, de spécialistes de l’éducation dont Alain Bentolila, linguiste, le docteur Boris Cyrulnic et Yves Quéré, membre de l’Institut. Leurs interventions composent la moitié du livre et sont suivies d’une interview d’Alain Juppé par Jérôme Saltet novateur en instruction et éducation. En fin de livre des chapitres courts explorent divers points : les dépenses pour l’éducation en France et dans le monde, les résultats de l’enquête PISA, la rémunération des enseignants, la notation des élèves, les inégalités croissantes...

Alain Juppé n’a pas terminé ses consultations : il souhaite rencontrer des élèves, des membres divers de l’Institution, des directeurs, des principaux...

C’est pourtant, à ce stade, un travail rare, remarquable, au-dessus des clivages politiques. Alain Juppé connaît le système éducatif en profondeur. Ses propositions de réformes, précises, exigeantes, portent sur l’essentiel. Il connaît les forces et les faiblesses du système éducatif et mesure la difficulté de son adaptation progressive pour redevenir performant et plus juste. Le bon sens, introuvable jusqu’alors, prévaut

dans ses objectifs évaluables.

Les principales orientations.

Deux priorités nationales.

  1. Assurer à tous les jeunes Français (100%) une maîtrise complète de la langue française et du socle commun des savoirs fondamentaux à la fin du collège. Un jeune sur cinq ne maîtrise pas ce que l’on appelle communément les fondamentaux, aujourd’hui rassemblés dans le socle commun de connaissances et de compétences. Je fais du combat pour la maîtrise de la langue française LA priorité numéro un de mon action future.
  2. Assurer à tous (100%) une véritable qualification à la sortie du système éducatif. 150 000 jeunes sortent chaque année sans aucun diplôme. En 2017, nous aurons « produit » 2,5 millions de citoyens peu ou pas qualifiés, dans l’incapacité ou presque de trouver un emploi, de s’insérer, de vivre tout simplement.

Un objectif général.

         Faire remonter la France de 10 places dans chacun des volets du classement international PISA.

Cinq axes majeurs pour y parvenir (à budget constant pour le ministère de l’Education nationale, par redéploiement de moyens).      

   1. Accroître substantiellement l’effort sur les classes de maternelle et de CP.

Alain Juppé reprend la demande ancienne de Bentolila d’accroître considérablement les acquisitions de vocabulaire, de pratiquer, dès la crèche, des séances de conversation dans une langue soutenue, de réduire les effectifs, de travailler aussi en petits groupes. La formation des enseignants doit porter sur la spécificité des apprentissages, particulièrement linguistiques, en maternelle...

   2. Revaloriser le statut d’enseignant.

Les salaires des enseignants du second degré doivent se rapprocher de ceux de l’OCDE, par une augmentation de 10%. Alain Juppé reconnait la nécessité de la pédagogie : il faut donc accroître aussi, dans la formation initiale des enseignants, la connaissance des processus d’apprentissage, une meilleure connaissance des neurosciences cognitives et permettre la possibilité de reconversion dans d’autres carrières pour les professeurs qui le souhaitent.

   3. Donner de nouvelles responsabilités aux équipes pédagogiques.

Pour les collèges c’est une évolution majeure. Elle envisage une modification de la direction des établissements, plus collégiale. C’est un Conseil éducatif d’établissement travaillant en équipe sous la direction d’un directeur principal qui dirigerait l’établissement et gérerait les moyens. Une plus grande autonomie de répartition des moyens de la dotation horaire globale permettrait d’assouplir les structures et les pratiques de chaque établissement en fonction de son projet. Les professeurs seraient appelés à exercer diverses responsabilités : coordonnateur, responsable de l’orientation, responsable des partenariats...Des regroupements d’établissements pourraient se faire, fondés sur des projets...

  4. Une évaluation indépendante, régulière et performante.

L’évaluation est, pour Alain Juppé, l’indispensable corollaire de la responsabilisation des équipes pédagogiques. Evaluer a pour but essentiel le repérage permanent des élèves « décrocheurs » afin d’y remédier sans tarder et à tous les niveaux, par des séances personnalisées, intensives, de remise à niveaux. Une Agence nationale de l’évaluation, de l’innovation et de la performance scolaire, indépendante, serait chargée du repérage des bonnes pratiques en France et à l’étranger, de favoriser des méthodes d’évaluation efficaces et d’évaluer la progression des établissements, en concertation...

  5. L’orientation et l’apprentissage au service de la qualification et de l’emploi.

Rapprocher les CFA et les lycées professionnels. Confier les lycées professionnels et les CFA aux régions. Améliorer le suivi et l’orientation des élèves, mieux les informer. Adapter les formations aux besoins. Réduire le coût de l’apprentissage pour les entreprises... 

Bien sûr, ces 3 pages ne peuvent résumer les 305 pages denses d’Alain Juppé. Cet essai n’a d’autre but que de nous engager tous à répondre à la question posée : Quelle école voulons-nous ?

http://www.al1jup.com

Après 44 ans dans l’Education nationale, je me permets de dire à Alain Juppé que la notion essentielle d’équipes éducatives doit être concrétisée. Il n’y a pas d’équipes de travail dans les collèges : il faut définir des lieux de réunions, des horaires inscrits dans l’emploi du temps général, leur insertion dans un statut professoral qui les ignore. Cette mutation ne peut être laissée au hasard.

Des « détails » pléthoriques doivent être pensés parce que leurs incidences sont graves. Les professeurs des écoles apprennent-ils à leurs élèves à apprendre leurs leçons et selon quelle méthode ? Aucune ? Des professeurs font encore des contrôles- surprises ou des contrôles portant sur des cours inexistants ! Des professeurs se plaignent en conseils de classes des élèves bavards alors que l’ordre scolaire relève de leur responsabilité. L’autorité s’apprend mais n’est pas encore enseignée dans les centres de formation. Les professeurs se sentent-ils partiellement responsables des « mauvaises notes » qu’ils attribuent à certains élèves, pour rechercher une plus grande efficacité? 20% d’entre eux ?

Les résultats de la démarche d’Alain Juppé sont exceptionnels, il faut poursuivre.

Annie Keszey.

http://www.atelier-idees.org          http://www.rupture-et-metamorphose.org

http://www.notreputeaux.com

12:31 Publié dans EDUCATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : réformes, école, démocratie participative, alain juppé, hollande, sarkozy | | |  Facebook

11/10/2014

BREF ET DELICIEUX PORTRAIT DE BERNADETTE.

BREF ET DELICIEUX PORTRAIT DE BERNADETTE : UNE (EVENTUELLE) MECHANTE.

 

Par Joseph Macé-Scaron.

 

 …En peu de phrases, Bernadette Chirac, ce condensé de méchanceté avec un sac à main, a vitrifié Alain Juppé, adversaire naturel de son champion Nicolas Sarkozy, qui pourtant ne tiendrait pas deux rounds dans l’arène de Game Of Thrones. « Il n’attire pas les gens, les amis, les électeurs éventuels. Il est très très  froid », a-t-elle lâché du bout de ses lèvres, minces comme des rebords de plaie. Venant d’une femme aussi chaleureuse qu’un cilice janséniste, l’accusation pourrait faire sourire. Mais le meilleur vient après. Dans son souci de déconsidérer celui que son Jacques de mari considérait « comme le meilleur d’entre nous », elle a clairement mis en doute sa détermination à partir au combat. « On verra bien, qui vivra verra », a-t-elle grincé comme une roue de charrette laissant entendre-secret de polichinelle- pour qui elle aimerait voter. La vieillesse est un suffrage.

On ne sera pas assez taquin pour se demander comment l’ex première lame peut à la fois conseiller à Nicolas Sarkozy de prendre de la hauteur et de ne pas se présenter à la présidence de l’UMP et se transformer en Tatie Danielle de la droite pour éliminer ceux qui osent s’opposer à sa marche triomphale.

 

L’auteur reste responsable de son jugement, mais cet implacable portrait est délicieusement écrit.

Annie Keszey.