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19/03/2018

LaREM : vers les élections européennes de 2019.

Les éditions Flammarion, en 2009, ont publié « Les grands discours du XXème siècle », présentés par Christophe Boutin. Cinquante - deux discours de chefs d’États internationaux ou de personnalités influentes dont l’Abbé Pierre, Martin Luther King, Simone Veil, Aimé Césaire, Robert Badinter...consignent, pour l’Histoire, des événements marquants du siècle passé.

 Le 25 juillet 1914, Jean Jaurès prononce un discours à Lyon-Vaise : « Citoyens, Je veux vous dire ce soir que jamais nous n’avons été, que jamais depuis quarante ans l’Europe n’a été dans une situation plus menaçante et plus tragique que celle où nous sommes à l’heure où j’ai la responsabilité de vous adresser la parole... » Le 18 juin 1940, par message radiodiffusé depuis la BBC, Charles de Gaulle, s’oppose à la demande d’armistice du gouvernement français de Philippe  Pétain : « ...Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste empire derrière elle, elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser, sans limites, l’immense industrie des Etats-Unis... »  Le 25 août 1944, Charles de Gaulle sur le perron de l’Hôtel de Ville, déclare la Libération de Paris : « Paris ! Paris outragé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré par lui-même avec le concours des armées de la France, avec l’appui et le concours de la France toute entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle... »  Le 9 mai 1950 , Robert Schuman  (allemand de naissance), reconnu aujourd’hui comme le père de l’Europe, propose de faire l’Europe en liant d’abord économiquement les États entre eux , avant une union politique qu’il ne voit pas encore se dessiner et avec comme premier objectif les domaines alors essentiels du charbon et de l’acier ...Le 30 avril 1952, Jean Monnet prononce son discours sur l’Europe fédérée  devant la National Press  Club, à Washington. « ...Finalement, les Européens restent divisés entre eux. Dans ce cadre, la  coopération s’arrête quand les  intérêts nationaux  divergent et la guerre demeure leur ultime recours. L’établissement d’institutions et de règles communes assurant la fusion des souverainetés nationales unira les Européens sous une autorité commune et éliminera les causes fondamentales des conflits... » « L’appel de Cochin » de Jacques Chirac, le 6 décembre 1978, marque le début de la campagne pour les premières élections au suffrage universel du Parlement européen : ...C’est pourquoi nous disons NON. NON à la politique de supranationalité. NON à l’asservissement économique. NON à l’effacement international de la France...Avec gravité et résolution, je vous appelle dans un grand rassemblement de l’espérance, à un nouveau combat, celui pour la France de toujours et l’Europe de demain... » Le dernier discours du livre est celui de Barack Obama, prononcé à Chicago le 4 novembre 2008 : « Yes, we can. »  Américain, ce titre nous convient cependant !

Le 26 septembre 2017, le Président de la République, Monsieur Emmanuel Macron, a prononcé un long discours, de deux heures environ, titré « Initiative pour l’Europe », dans le grand amphithéâtre  de la Sorbonne, devant de jeunes étudiants. Ce discours pourrait avoir sa place  dans « Les grands discours du XXIème siècle ». La langue française de ce discours, parfaitement maîtrisée, soutient l’exposé d’une vision érudite d’une grande densité,  cohérente et ambitieuse de l’Europe de demain. L’Union serait à plusieurs vitesses et la réalisation du projet serait, bien sûr, longue.

Arnaud Benedetti, professeur de communication à la Sorbonne, a jugé que l’Europe vécue comme une fatalité parfois désastreuse fut ainsi réinvestie de sa puissance onirique, par  ce discours. 

Pour voter, il faut savoir. Ce discours est accessible, en totalité, sur de nombreux sites dont www.elysée.fr ou https://en-marche.fr (discours-page 2)

Le président souligne que les passions tristes de l’Europe sont bien là. L’Europe est exposée aux bourrasques de la mondialisation et aux idées ( néfastes) du nationalisme et du protectionnisme, en particulier...Le réveil de l’obscurantisme est un peu partout en Europe...Choisir la voie du repli national serait un naufrage collectif...A partir d’une impulsion franco-allemande décisive et concrète l’avenir  sera la refondation d’une Europe aux trois défis : la souveraineté, l’ unité et la démocratie. L’idéal de Robert de Sorbon « Vivre collégialement » et celui de Monnet « Unir les hommes » aboutiront à une Europe juste et protectrice...

Assurer l’unité sans chercher l’uniformité...

Les propositions sont très nombreuses, complexes et la dureté des négociations, à venir, ne peut  être sous-estimée. Certaines propositions sont anciennes, jamais abouties, comme celles touchant à la souveraineté ou à la solidarité financière entre États ! Le projet contient la création de nombreuses structures communautaires : une force commune d’intervention, un budget de défense commun, un super-ministre des finances, un Parlement et un budget de la zone euro, la création d’une Académie européenne du renseignement, la création d’un Parquet commun contre  la    criminalité organisée et le terrorisme, un Office européen de l’asile et de l’immigration, une Force européenne de protection civile, une police des frontières, une politique commune en Méditerranée et en Afrique, une taxe carbone aux frontières de l’Europe, une agence européenne pour l’innovation de rupture, une politique de transition énergétique commune, une taxation de la valeur créée, là où elle est produite, des interconnexions énergétiques, une assiette commune consolidée de l’impôt sur les sociétés, une autre politique agricole commune...

Il faut reconstruire la grammaire d’un modèle social rénové et construire là aussi des convergences...Des listes transnationales pour les élections européennes de 2019 sont souhaitables. Elles pourraient constituer la moitié du Parlement européen en 2024...

Le nouveau modèle productif de l’Europe ne sera pas qu’un modèle économique mais sera un modèle de société, de civilisation, qui permettra aussi de repenser les inégalités, les externalités d’une société dont les principales victimes des déséquilibres sont les plus faibles et les plus fragiles...

Les  principaux obstacles prévisibles, malgré la volonté très forte d’Angela Merkel et d’Emmanuel Macron, sont  le nouveau gouvernement allemand, les risques d’un nouveau protectionnisme après les menaces de Donald Trump, les divisions de Bruxelles, les replis de certains états dont la Hongrie et la Pologne, les stagnations idéologiques des extrêmes de gauche et de droite. Le scepticisme actuel de Français quant aux bienfaits de l’Europe  se guérira si, avant les élections européennes, on peut constater, en France, des résultats positifs des nombreuses réformes entreprises. La confiance reviendra.  Le projet visionnaire, concret, d’Emmanuel Macron, n’a pas de concurrence. Les oppositions traditionnelles  de Jean-Luc Mélenchon, de Marine Le Pen ou de Florian Philippot sont partielles  et évanescentes.

La feuille de route prochaine entre la France, l’Allemagne et « Bruxelles » sera, espérons-le, validée et sortira grandie à partir de sa confrontation avec les analyses variées, parfois divergentes, des chercheurs sur l’Europe : Jürgen Habermas, Jean-Claude Barbier, Edgar Morin, Thomas Piketty, Camille Landais, Emmanuel Saez, Bernard Maris, Michel Aglietta, Susan George, Hubert Védrine et les nombreux auteurs des livres du Parlement européen...  

A suivre donc, plus tard ! Annie Keszey, comité « historique » de LaREM de Puteaux.

(Domaines : notreputeaux.com/ rupture-et-metamorphose.org/ atelier idées.org) 

 

 

24/10/2010

ALTRUISME ET CONCURRENCE

ALTRUISME ET CONCURRENCE.

 

La politique de Bruxelles est stupide.

  

 « …Une question se pose à nous : peut- on aller, par la concurrence, peu à peu, vers l’efficacité? C’est toute la politique de Bruxelles qui est en cause, toute la politique économique des nations du Nord (et du Sud d’ailleurs, avec l’intervention des pompiers pyromanes du Fonds Monétaire International). Une autre façon de poser la question serait : faut- il, par exemple, décentraliser au nom de l’efficacité ? Bien sûr que non.

            Non, car il n’existe pas de théorie économique qui permette de dire qu’en libéralisant petit à petit, on va, pas à pas, vers plus d’efficacité.

            Imaginons qu’un marché parfait existe et qu’on veuille aller vers lui. On peut, petit à petit, souhaiter libéraliser les marchés, celui du travail, des capitaux, puis privatiser, flexibiliser, supprimer les monopoles, mettre des péages là où il n’y en avait pas, bref, on peut souhaiter faire un peu comme l’Europe mais il y a toujours des îlots de non- concurrence, par exemple des monopoles publics. Je ne suis pas tout à fait en concurrence par conséquent mon économie n’est pas tout à fait efficace. Que faire? En tant que commissaire européen à la concurrence, je constate que les monopoles des postes, des transports aériens, du tabac, des alcools, l’exclusivité du service public de l’enseignement, de la santé, représentent autant d’entraves à la concurrence. Alors, démantelons. Que se passe- t- il ?

            …On ne peut aller pas à pas vers la concurrence, car la concurrence est un tout. C’est un résultat destructeur. Privatiser, par exemple, n’a aucune justification économique…

            La libéralisation progressive est une utopie, une pure volonté idéologique, un rêve de bureaucrate ou de fanatique, un calcul économique de puissant, le calcul du renard libre dans le poulailler libre et n’a par là même aucun intérêt pour l’efficacité économique. Mais alors, la politique de Bruxelles ? Elle est stupide, car supprimer un à un les monopoles publics conduit à des situations globalement pires. Vous avez « rationalisé » la poste ? Plus de bureau dans les petits villages, parce que trop coûteux ? Bienvenue à l’émigration vers les villes, à la perte d’efficacité. Vous avez supprimé les petits trains de banlieue, déficitaires, pour ne conserver que les TGV, rentables, concurrence avec le transport aérien oblige ? Bienvenue à la ruine des économies locales, à l’émigration, à l’entassement, à l’utilisation excessive de la voiture, à la pollution et ainsi de suite. Tout se tient, et si vous coupez un fil social, tout risque  d’être pire, voire de tomber.

            Et pourtant, il y a de l’équilibre. Et pourtant, il existe de l’harmonie sociale. Pourquoi ? Parce que subsistent d’autres liens non économiques, évidemment, car les liens économiques livrés à eux- mêmes sont purement destructeurs. On trouve ainsi du lien social, de l’affection, de l’amitié, du lien féodal, de la soumission, de l’altruisme, de la coopération, du don, de la confiance, de la gratuité, de la convention, de la coutume, de la loi…Mais surtout, il y a énormément de gratuité dans les actions humaines…

            L’homme n’est ni cupide, ni généreux, il est les deux. L’économie a réussi à accaparer de nombreux mythes : la liberté (le marché libre), l’égalité (l’égalité des consommateurs, des actionnaires), le bien-être, sans doute, le bonheur.

            Et pourtant, il doit paraître clair que la gratuité et la solidarité font la croissance, l’invention, la richesse malgré la concurrence essentiellement inefficace…

            Le capitalisme n’a pu fonctionner que parce qu’il a hérité de types anthropologiques qu’il n’a pas créés : des juges incorruptibles, des fonctionnaires intègres, des éducateurs qui se consacrent à leur vocation, des ouvriers qui ont une conscience professionnelle…Ces types ne surgissent pas et ne peuvent surgir d’eux-mêmes, ils ont été créés dans des périodes antérieures, par référence à des valeurs consacrées et incontestables : l’honnêteté, le service de l’état, la transmission du savoir… Or, nous vivons dans des sociétés où ces valeurs sont, de notoriété publique, devenues dérisoires, où seuls comptent la quantité d’argent que vous avez empochée, peu importe comment et le nombre de fois où vous êtes apparus à la télévision. Le système marchand ne survit que parce qu’il phagocyte tout ce qui relève de la gratuité et de la solidarité…

 

            Il nous faut démasquer inlassablement les rapports de pouvoir derrière les fausses évidences de l’économie marchande et refuser impitoyablement toutes les fausses lois.

            Mais faisons un rêve : lorsque l’économie et les économistes auront disparu, ou du moins auront rejoint l’arrière- plan, auront aussi disparu le travail sans fin, la servitude volontaire et l’exploitation des humains. Règneront alors l’art, le temps choisi, la liberté. Qui rêvait ainsi ? Keynes, le plus grand des économistes. »

 

Source : Le théorème de Lipsey- Lancaster, exposé par Bernard Maris, dans  son   « Antimanuel  d’Economie », Editions Bréal. Tome 1 : les fourmis.

www.atelier-idees.org

Annie Keszey.

10:55 Publié dans ECONOMIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : concurrence, altruisme, bruxelles, europe, harmonie sociale | | |  Facebook