26.11.2011

LA CORRUPTION:UNE RELATION PLURIELLE

Les quatre acteurs d’une situation d’atteintes locales à la probité. Que faire?

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Les contradictions entre intérêts individuels, intérêts collectifs et intérêt général constituent un problème inhérent à toute société organisée. C’est en cela que notre démocratie est corruptible et que la corruption peut être qualifiée de phénomène «  normal » au sens de Durkheim…La corruption est normale dans le sens où les atteintes à la probité présentent des traits réguliers dans les façons d’agir des gouvernants mais aussi des gouvernés : elle est un acte de transgression prévisible. Les atteintes endémiques à la probité…entretiennent la défiance à l’égard des institutions et des activités politiques : on est ici au cœur du désenchantement citoyen. Aucune recette (économique, morale ou répressive)  n’a  été trouvée pour y remédier …La  corruption se définit à partir de normes variables : les normes juridiques, l’intérêt général, les règles d’un marché…

Pierre Lascoumes, directeur de recherche au CNRS, travaille au Centre d’études européennes de Sciences Po. Depuis 2009, par ses publications, il nous livre des analyses précises de la corruption. Les extraits discontinus pour adaptation  aux faits locaux,  publiés ici, proviennent de son dernier livre : « Une démocratie corruptible. Arrangements, favoritisme et conflits d’intérêts ». La République des Idées, aux éditions du Seuil.

La corruption, pour lui, est une relation à trois. Elle met en relation le « décideur »- doté de responsabilités particulières garantes de l’impartialité, mais aussi de pouvoirs que lui permettent de la rompre-, le « solliciteur » (un particulier ou une entreprise)-  demandeur d’un appui favorisant ses intérêts au détriment de ceux des autres-, et le « public », formé par l’ensemble des citoyens, le plus souvent en position de censeurs passifs et d’autant plus ambivalents qu’ils estiment que le décideur est à leur service et qu’il est donc légitime d’en attendre des avantages pour soi-même ou pour le groupe.

Une corruption locale, d’actualité, est, plus précisément, une relation à quatre.

Le Maire de notre commune, « le décideur », fille de l’ancien Maire, exerce ses fonctions au sein du népotisme semi- séculaire familial. Par tolérance ou par un pragmatisme atypique, elle tente de perpétuer cette monarchie élective en favorisant, à trois reprises au moins, la carrière de son fils et reste indifférente aux alertes  citoyennes. Le fils, élu communal puis élu conseiller général aux dernières élections, serait administrateur d’un Syndicat (un organisme), au passé trouble, gestionnaire d’un marché de chauffage urbain. Le grand-père de ce petit-fils, anciens maire et administrateur du même syndicat, est soupçonné d’y avoir reçu des commissions occultes. La justice passera.

Madame Le Maire  aurait aussi possédé un «  très puissant » compte bancaire, et, ou, de l’argent placé, dans des paradis fiscaux.

Elle aurait accordé des logements sociaux à près d’un élu  sur deux de  sa majorité!

Ceci pour l’actualité du moment.

                

« Les solliciteurs », conseillers municipaux statistiquement peut-être trop nombreux à disposer d’un logement social, n’auraient rien sollicité. L’accusation, par un amateur, de ces conseillers municipaux en HLM, n’a pas l’extrême rigueur attendue du «  dénonciateur », quatrième acteur de la situation de manquements à la probité politique. La liste contient un certain nombre d’ayants-droit, livrés à la réprobation souhaitée, par amalgame, dont les noms et les adresses sont divulgués, à tort. Le père du Maire (patriarche d’une famille en dysharmonie)  affirme que sa « fille-Maire actuel », (ennemie publiquement détestée) aurait promis ces logements aux citoyens qui accepteraient d’être sur sa liste électorale pour les élections municipales de 2008.

 

 « Le public ». Il existe des différences majeures dans la perception citoyenne de la corruption. Pierre Lascoumes reprend les distinctions d’Arnold Heidenheimer de 1970, toujours valides: certaines déviances politiques suscitent soit un consensus de réprobation, la zone noire, soit de la tolérance, la zone blanche. D’autres déviances, quand il y a incertitude sur la gravité des faits et leur sanction, sont jugées illicites et dangereuses pour les uns, mais excusables ou tolérables pour d’autres, la zone grise. Ces différents modèles culturels de la relation entre élus et citoyens coexistent. Chaque modèle repose sur des normes et des valeurs spécifiques.

La zone noire s’organise autour de quatre dimensions: la corruption d’élus et de fonctionnaires, le détournement d’argent public, la tromperie et le mensonge et enfin la défense d’intérêts économiques particuliers.

La zone blanche comprend deux dimensions : les rapports de proximité avec les élus et le déni des conflits d’intérêts. Par exemple, le public y banalise l’attribution d’un logement social (ou d’une place en crèche) à un citoyen, biens rares, en dehors de la commission d’attribution. Le contournement de la procédure est considéré majoritairement comme « pas grave » ou « pas grave du tout », dans l’enquête décrite par Lascoumes!

La zone grise est celle des ambiguïtés et des ambivalences, avec trois dimensions de la confusion des rôles : le clientélisme, la confusion entre les intérêts publics et privés, la corruption privée. L’acceptabilité du clientélisme, dans cette zone, par exemple adhérer à un parti politique pour obtenir un logement social  fait « dissensus » : 50% de Très Grave et 50% de Pas Grave ou Pas Grave du Tout. Il en est à peu près de même pour le népotisme !

A partir de ces ambiguïtés, l’on comprend pourquoi les votes qui se dirigeraient sur des candidats « moraux » ou « immoraux » sont des exceptions. La plupart des électeurs  arbitrent entre plusieurs types d’informations sur les candidats. Cela les conduit souvent à minorer les accusations au profit des positions politiques défendues par le candidat. « La fin justifie les moyens » convertit une violation de principes en une finalité acceptable.

Si la vertu était la première condition exigée des candidats, on ne retrouverait pas à des postes- clés d’anciens condamnés pour abus de biens sociaux, fraude fiscale et autres délits. Même la petite partie de l’électorat à haute exigence morale (moins du quart) n’a pas de jugements automatiques !

La public inclut un quatrième acteur, les dénonciateurs ». La dérision et l’ironie constituent une première forme de banalisation de la corruption. C’est le modèle utilisé par les humoristes professionnels. Le Canard Enchaîné ou « Les Guignols de l’info » sont en France les archétypes de cette approche. La répétition des transgressions, petites ou grandes, la constance de leur déni et la faiblesse des sanctions qu’elles suscitent sont la base de scénarios stéréotypés. C’est un registre de comique de répétition : « Encore un », « toujours plus ».

Le Canard Enchaîné dénonce les dérives attribuées au Maire de notre ville.

L’autre dénonciateur, de proximité, présente  une double face, virtuelle et réelle.

C’est un blogueur du MoDem, «  lessiveuse orange pérenne »,  peu drolatique, adepte des « buzz » à ricochets pour railler les dérives morales et s’auto-congratuler quand les sources d’information répétitives prolifèrent.

La réalité, de ce conseiller municipal d’opposition  du MoDem, « recadre »   cependant les messages de la toile : il flingue  le Maire pour prendre sa place lors des prochaines élections municipales, la critique destructive étant son unique munition politique.

En réactualisant fréquemment l’information donnant le nombre de passages sur son blog, peut-être souhaiterait-il une place de communiquant dans l’équipe stratégique, en cours de composition, de François Bayrou, futur candidat à la Présidentielle ? Mais François Bayrou, « ne sera pas le candidat du MoDem, mais du Rassemblement et le logo du MoDem devrait s’effacer de toute la campagne »…

Oui, mais…

La posture morale du blog est un phénomène de surface qui ne résiste pas aux pratiques.

Le blogueur  trempe dans « la zone grise »,  française,  des petits arrangements entre amis et s’en défend, comme toujours, par le déni et spécifiquement par la victimisation. Il a soutenu le mensonge de son acolyte catholique  préféré (e)  falsifiant les résultats électoraux de sa liste sans étiquette lors de la dernière élection municipale. Il a trahi la première charte éthique qu’il avait rédigée au point d’être abandonné très rapidement par les trois quarts de ses colistiers, acteurs de son élection, selon un  fort consensus de réprobation. Entre les deux tours des élections, il a tenté une alliance avec la liste de l’ancien Maire UMP, souhait dont la cohérence morale est soumise à l’appréciation des électeurs.

Il a trahi la charte éthique de son nouveau parti, le MoDem, au sein duquel, localement, il a brillé par son favoritisme (il a permis à un ami étranger à la ville d’être candidat  pour présider la section locale en lui fournissant une fausse adresse, celle de son acolyte), il a brillé par son irrespect des textes fondateurs et des procédures (son ami n’étant pas élu, son clan a contesté les élections, pourtant strictement surveillées et conformes), il a brillé par son inégalité de respect entre citoyens… du même parti !.

Le site www.puteauxdemocrate.fr présente une lettre ouverte à l’ancien sénateur Denis Badré, dont la dernière page, entre autres, détaille finement l’immersion en zone grise  du blogueur, et de son acolyte… 

Un « auto-lessivage » freinerait la chute du clan dans un autre  panier de crabes  comparables aux crabes rencontrés par le Docteur Véronique Vasseur, à Paris, plus agressifs et pitoyables les uns que les autres.

Les mains pures ne sont qu’un affichage, voire une fiction.

 

Que faire ?

Pour commencer, les mesures suivantes changeraient peut-être un vieux système :

-          Décréter non- éligibles les responsables politiques sans vertu et interdire le cumul des mandats.

-          Instaurer un apprentissage constant et modeste des bonnes règles du « Vivre ensemble, parce que l’enjeu de la probité ne concerne pas seulement l’Etat ».

-          Renforcer le statut du Service Central de la prévention de la corruption,  les  commissions molles nationales, celles  des comptes de campagne et des financements politiques,  de  la prévention des conflits d’intérêt et de la commission pour la transparence financière de la vie publique…

Image: nomadiste blogspot.fr

www.atelier-idees.org      Annie Keszey.

 

 

 

 

 

 

 

 

01.01.2011

LA DECLARATION IMPLICITE DE CANDIDATURE DE CHRISTOPHE GREBERT AUX ELECTIONS MUNICIPALES DE PUTEAUX, EN 2014.

1/01/2011.

Christophe Grébert adule son reflet chimérique.

Pour assouvir sa quête de pouvoir il lui faudrait accéder à la sincérité, à la sociabilité et au réalisme.

Par un message de fin décembre 2010, Christophe Grébert entre, semble-t-il, en campagne électorale pour les élections municipales de 2014, à Puteaux.

Il  estime une alternance possible. Certes, mais l’alternance n’est rien sans une Alternative  programmée.

Lorsqu’il écrit « charte éthique », ses anciens colistiers, « mémoire » de son imposture, restent atterrés une seconde, malgré le temps écoulé, par la ruse naïve du discours, puis sourient tant il est devenu « transparent », malgré  lui.

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Et par quel dolorisme citoyen faudrait-il remplacer un Maire actuel qui, selon lui, abuserait du « je », par un autre Maire qui abuse du « je » ? Dans sa publication d' une seule page, Christophe Grébert utilise 13 fois encore ce pronom personnel, auquel il ajoute 11 fois l’usage de moi, ma, mon, mes…Mal chronique.

Les théoriciens de l’art du discours politique dénoncent unanimement cet usage déraisonnable d’un « ego » surdimensionné qui coupe le  «candidat » de ses électeurs potentiels. "Je" est un mur politique.

 Christophe Grébert se souvient, après 2 ans d’amnésie, de sa liste, sans étiquette, « Puteaux Ensemble » aux élections locales de 2008, mais oublie sa stupidité: dès son échec aux fonctions de Maire, il a jeté aux oubliettes, avec immoralité, les artisans de son élection au Conseil Municipal.

Le mensonge, selon les très rares colistiers restés proches de lui, serait une pratique indispensable aux carrières politiques : Christophe Grébert brille et pêche par excès : l’inclusion continue de mensonges dans 4 paragraphes contraint ses lecteurs à la surconsommation de verbiage.

Sa stratégie d’opposition au Maire (son ennemi), contrairement aux stratégies des autres conseillers de l’opposition (ses amis ennemis), s’avère, selon lui, positive et efficace.

L’évaluation scientifique lui échappe.

Un brin de raison l’engagerait à confronter aux faits son adoration de lui-même : il n’intéresse pas le Conseil Municipal. Ses propos rigides et répétitifs, ses « bruits » de potache s’évaporent désormais dans l’indifférence d’un public qu’il ennuie. Il n’est pas suivi.

Et les engagements virtuels héroïques, sur son blog, se diluent dans une réalité fugitive.

 

Le 2d tour d’une élection municipale exige souvent des alliances pour gagner : son enfermement dans sa cellule locale haineuse, avec 2 acolytes, peu assidus, au sein d’un petit Parti national, ne semble pas un choix pertinent, à partir du souvenir d’un échec récent. En effet, lors des élections municipales de 2008, il n'a pu réaliser aucun accord d'opposition pour le 2d tour, tant ses relations étaient inadaptées.

En 2007, Christophe Grébert fut un précurseur apparemment original et courageux. Pour vaincre Le Maire en place, Madame Ceccaldi-Raynaud, aux élections municipales de 2008, il s’adressa à la « démocratie d’en-bas » (de l’indien Amartya Sen ou d’Alain Fontaine). Sans Parti (du moins, le croyait-on), sans soutien, sans cercle large d’amis, avec peu d’argent, il put constituer une liste d’opposition avec des citoyens ordinaires très divers. La campagne, utopique, puisqu’il s’agissait de détrôner une monarchie élective, inscrite dans le puissant réseau des Hauts- de- Seine, impliquée dans des pratiques électorales anciennes, revendiquées, « payantes », telle que le clientélisme, fut passionnante et très sérieuse. Dès les résultats du premier tour, honorables, l’aventure devint forfaiture. Christophe Grébert et sa seconde, Sylvie Cancelloni, du Modem, piétinèrent leur charte éthique de manières diverses et variées (Sylvie Cancelloni commença en falsifiant les résultats sur son blog, pour avantager le MoDem…) L’initiative de «démocratie d’en-bas » fut un échec parce qu’elle manqua d’une condition essentielle : celle d’avoir des responsables exemplaires, respectueux d’autrui et engagés au service de tous. Deux mois après les élections, les trois quarts des colistiers avaient quitté Christophe Grébert et Sylvie Cancelloni, ces deux égocentriques obtus et froids en politique. 

Christophe Grébert soutiendrait judicieusement son ambition s’il dirigeait enfin son regard vers autrui, par exemple, et d’abord, pour « piquer » quelques conseils : la veste forestière Arnys, symbolique, de François Fillon* (!) ou les « Converse » de Daniel Cohn-Bendit*, la dialectique (celle d’Hegel) souvent implacable, mais souriante, de Nathalie Kosciusko-Morizet, l’intelligence experte de Jean-Pierre Jouyet, honnête homme, grand serviteur de l’Etat, capable de transcender les frontières partisanes, l’érudition sur l’Europe de Jean-Claude Juncker, l’éthique de Robert Badinter, le pragmatisme et le charisme du métallo Luiz Inacio Lula da Silva …

 

Monsieur Grébert, pour aborder l’excellence, dévalez de votre cime désertée et entrez en loyauté. Leurrer les électeurs serait votre impasse !

 

Un renouvellement d'élus du 92 est nécessaire à la condition de promouvoir une "élite républicaine" exemplaire, transformatrice et capable d'anticipation. 

Annie Keszey

 www.rupture-et-metamorphose.org

*Nouvel Observateur:Politique attitude.