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08/04/2017

L'obscurantisme dictatorial du logiciel "APB". (Admission post-bac.)

Benoît Hamon fut un ministre éphémère de l’Education nationale, il est actuellement un candidat socialiste à l’élection présidentielle. Najat Vallaud- Belkacem, actuelle ministre de l’Education nationale, soutient la campagne de Benoît Hamon. Tous deux socialistes, ils devraient accorder leurs actes à leurs discours, quand ils militent en particulier pour la transparence ! Or, le logiciel d’orientation après le bac, dont ils sont co-responsables, méprise les parents d’élèves et les élèves tant il est d’une « opacité extrême* ».

En juillet 2016 pourtant, Thomas Piketty*, directeur d’études à l’EHESS, un des conseillers actuels de Benoît  Hamon, dans une chronique pour le journal Le Monde, s’élevait contre le logiciel APB qui organise l’orientation et l’affectation dans l’enseignement supérieur de quelque 700 000 bacheliers chaque année en France. Il souhaitait  que le débat sur le logiciel et la sélection à l’université soit inscrit dans la campagne électorale ! Thomas Piketty a-t-il  été entendu ? Pas encore !

Extraits de la chronique.

« Disons-le clairement : l’attitude du Ministère de l’Education nationale sur ce dossier est proprement scandaleuse. Il maintient une opacité extrême sur les critères utilisés dans le logiciel et ne distille les informations qu’au compte-gouttes, tout en promettant régulièrement une plus grande transparence, jamais réellement appliquée. C’est d’autant plus regrettable que le système APB pourrait permettre de sortir par le haut de cette très ancienne querelle française sur la question de la sélection à l’université.

Rappelons les faits : sur l’accès à l’enseignement supérieur, la France se caractérise par la cohabitation d’un modèle hyper-sélectif (les classes préparatoires aux grandes écoles richement dotées) et d’un secteur universitaire supposé parfaitement égalitaire (chaque bachelier est censé y avoir accès, sans sélection, mais les moyens sont faibles). APB conduit à exposer au grand jour les contradictions du système : les lycéens classent leurs choix dans le logiciel (prépas, universités, IUT etc..), les filières sélectives classent les lycéens, mais les universités ne classent rien du tout. Sauf qu’en pratique il existe de multiples exceptions et rafistolages dans le système, jamais assumés publiquement par le ministère. Lorsqu’il existe un trop plein de candidatures, on pratique allègrement le tirage au sort, alors qu’on pourrait prendre en compte des critères objectifs, comme les notes, la distance à l’établissement, ou bien un objectif clair de mixité sociale, ou encore un mélange assumé de tout cela. On laisse les étudiants s’entasser dans des premières années surchargées, comme en médecine, avant de pratiquer une sélection drastique à la fin de la première année, où le premier critère de réussite est souvent la capacité des parents à payer des cours privés en lieu et place des amphis saturés. En 2013, les députés avaient voté un dispositif visant à réserver des places en filières sélectives aux meilleurs élèves des lycées défavorisés. Mais cette mesure n’a jamais été évaluée, et la façon dont elle a été paramétrée dans APB est totalement obscure.

Cette opacité ne peut plus durer... »

« Thomas Piketty propose alors des modifications d’APB pour promouvoir un modèle européen d’égalité et de justice dans l’éducation défini dans les pages 258 et 259 de son livre « Aux urnes citoyens ! », éditions «  Les liens qui libèrent », publié en octobre 2016. »

Le logiciel APB ne peut être modifié positivement que si l’Education nationale devient efficace en luttant contre l’échec scolaire pour atteindre, dans les résultats, l’égalité des chances.

L’orientation en classes supérieures d’élèves en difficultés scolaires est insensée.

Les programmes pour l’Education des candidats à l’élection présidentielle ne sont pas  à la hauteur de la situation. Ils ne prennent pas suffisamment en compte la nécessaire formation  disciplinaire et interdisciplinaire des professeurs à un  métier complexe, mal théorisé, mal explicité, mal transmis par la plupart des formateurs. Les structures de l’école restent trop figées : nul candidat à la présidentielle n’envisage le travail en équipe des professeurs, à moyens financiers constants ce qui est possible,  pas davantage la possibilité de structurer des classes parallèles en groupes de besoins occasionnels, à partir d’emplois du temps novateurs. Les soutiens scolaires, indispensables à l’intérieur des horaires des disciplines,  tout au long de la scolarité, restent rares, et leurs modalités concrètes indéfinies. Le statut des enseignants, rigide, devrait être assoupli en ajoutant aux heures de cours  des heures de présence dans l’établissement, pour le travail en équipe hebdomadaire ou pour la formation continue rendue obligatoire...Il sera certes difficile de convaincre cet électorat attaché à son actuel statut. Mieux vaudrait s’attaquer aussi à des réformes qualitatives plutôt que quantitatives. Aucun rapport n’assure que la diminution des effectifs des classes, par exemple, soit liée à une amélioration des résultats s’il n’y a pas une transformation des pratiques professorales. Un assouplissement de la mentalité collective impliquerait que chaque professeur se sente co- responsable des notes  qu’il attribue aux élèves et s’engage à lutter contre les mauvaises notes en travaillant à une amélioration  de son efficacité professionnelle. La priorité est accordée pour le primaire et des moyens prévus pour y combattre l’échec scolaire inégal selon les appartenances sociales, mais il faut aussi accroître considérablement l’apprentissage du vocabulaire à l’école maternelle, afin de faciliter l’apprentissage de la lecture, par exemple...Ces mesures et d’autres, oubliées, sont connues des enseignants, des parents d’élèves et des élèves : peut-être n’est-il pas trop tard pour en informer les candidats ? 

Annie Keszey.

 

Annie Keszey.

30/08/2016

Une épreuve pernicieuse du baccalauréat.

Travaux personnels encadrés (TPE) : l’épreuve pernicieuse du baccalauréat. 10/05/2016.

Envois aux destinataires de la liste en fin de publication.

A partir de témoignages de lycéens concernés de classes de 1ère de lycées généraux nait une hypothèse : l’épreuve des TPE paraît arbitraire, injuste, non maîtrisée par l’Education nationale et au service d’une nouvelle inégalité des chances. Les trois témoignages suivants sur les défaillances de l’épreuve sont ceux de très bons élèves, félicités par leurs professeurs, très travailleurs au sein de leurs lycées « réputés », l’un privé, les deux autres publics des Hauts-de-Seine et de Paris, et aidés par des familles aidantes et qualifiées. Alors que leur réussite est normale au lycée, l’épreuve de TPE aux buts théoriques intéressants, novateurs quant au système classique, les a déstabilisés, découragés, parfois même désespérés par l’excès des dysfonctionnements répréhensibles subis et l’extrême lourdeur de la tâche.

Certes, il faut transformer le système actuel de l’Education nationale qui présuppose que la meilleure façon d’apprendre pour un élève, est de rester assis des heures sans bouger devant des professeurs omniscients qui lui bourrent la tête d’informations*. Mais le passage vers un enseignement de l’autonomie de la recherche et de l’autogouvernance ne peut être laissé au hasard comme c ‘est le cas dans les TPE. Les responsables réformistes devraient s’informer et se former à partir d’exemples expérimentés. Les pages 142 à 148 de l’ouvrage Reinventing Organizations - Vers des communautés de travail inspirées, de Frédéric Laloux*, éditeur  diateino, approfondissent, en particulier,  « l’école Opale », « le modèle ESBZ » au centre de Berlin dont le moteur est le professeur Magret Rasfeld, innovatrice radicale d’un autre système éducatif.

Que ressentent alors les candidats des TPE, dans leur diversité? Comment s’organisent ceux dont les parents ne sont pas disponibles ? Le département de l’évaluation vient de reconnaître à nouveau que l’implication parentale compte parmi les clés du succès scolaire. Une vaste enquête  intrusive et ferme des inspecteurs pédagogiques  nationaux s’avère urgente  afin que la transparence effective sur les anomalies inacceptables des TPE permette de les corriger. Cette enquête pourrait aussi perfectionner la mise en place, en 2016,  des enseignements pratiques interdisciplinaires au collège : les professeurs, pour des raisons valables, y sont actuellement opposés.

Internet permet d’accéder aux sites  gouvernementaux et aux bulletins officiels qui définissent avec précision la nature de cette épreuve. Elle remonte au ministre Claude Allègre et fut introduite, prudemment, en classe de terminale à partir de 2001-2002, comme épreuve facultative du baccalauréat, supprimée en 2005-2006 à ce niveau, puis instaurée en classe de première des séries générales S, ES et L des lycées, comme épreuve obligatoire du baccalauréat. On supposera ces textes consultés : le but de cette lettre étant de consigner certaines des applications concrètes déviantes de l’épreuve.

2015 : dans une classe de 1ère ES, Jean a deux ans d’avance. Il est concentré, fortement engagé dans ses études, rigoureux, persévérant et très bon élève, inscrit au tableau d’honneur. Le sujet de TPE est : « Quelles sont les origines de la culture de la grève d’aujourd’hui en France ? » Ce sujet est particulièrement complexe et les origines non situées dans le temps historique. Les deux autres élèves du groupe, désignés par le corps professoral, ne travaillent pas. L’intervention des parents de Jean, pour tenter d’améliorer cette situation, auprès de la direction d’un lycée qui requiert pourtant la solidarité entre élèves, ne sert à rien. Il est déraisonnable de la part de l’Institution d’imaginer que des élèves aux engagements scolaires  très inégaux vont se transformer au sein d’équipes d’élèves livrées à elles-mêmes. Il est utopique (ou indécent) de penser  qu’un seul élève à partir d’un « leadership » que n’ont pas eu les professeurs, pourrait motiver des coéquipiers notoirement réticents : il ne saurait que rarement se plaindre de la situation. Jean n’a pu trouver au CDI les documents indispensables pour définir et approfondir « culture de la grève », oui, culture, alors que les textes officiels l’imposent ! Plusieurs librairies dites spécialisées du quartier latin ne disposaient d’aucune étude sur ce sujet d’actualité. Plusieurs heures ont été indispensables pour constituer une bibliothèque ciblée, aux ouvrages très consistants. L’aide des professeurs a été inexistante et le soutien des parents de Jean indispensable et maximale. Jean a travaillé sur sa recherche pendant des dizaines d’heures, surtout à la maison et n’a été joint par ses deux coéquipiers qu’en fin de parcours : ils souhaitaient être bien intégrés au travail afin de bénéficier d’une note satisfaisante. Leurs participations écrites au travail collectif, remises au tout dernier moment, étaient  d’une rare médiocrité et ils ont mal préparé l’oral. C’est Jean, soutenu par son père, qui a préparé la présentation matérielle, très élaborée du sujet,  un travail considérable de présentation du dossier sous forme journalistique : une présentation originale est en effet attendue par les examinateurs. A partir d’observations sur le type de présentation de la part des examinateurs, par exemple « la reliure du dossier par des spirales est bien banale », on peut s’interroger sur la part de la notation de la forme au détriment du contenu. C’est Jean aussi qui est surtout intervenu à l’oral  et a corrigé les réponses fausses des deux autres. A la question de l’examinateur « D’après vous quelle est la singularité de la grève en France ?», un coéquipier de Jean a répondu, en analphabète de la recherche, « Les Français font la grève parce qu’ils sont feignants. » Un moment, partagé, difficile à vivre pour Jean.

La note sur 20, dite, par commodité, « individuelle », ne peut avoir de rigueur objective sur sa totalité  L’épreuve terminale orale, de 5 minutes par élève, est notée par des professeurs extérieurs qui n’ont nullement encadré le travail des équipes. Ces professeurs sont appelés, d’autre part, à noter des sujets qu’ils ne connaissent pas, en général ! L’arbitraire s’est concrétisé quand les coéquipiers de Jean, au travail minimal,  ont obtenu la même note que Jean qui a planché pendant ses dimanches et ses vacances sur le sujet, du fait de la spécificité du travail dit « fait en commun ».

C’est injuste.

2016 : dans une autre classe de 1ère ES de lycée. Anne, élève sérieuse de 13 ans, motivée et volontaire travaille très régulièrement, en profondeur, et obtient de très bons résultats. Le sujet pour l’épreuve de TPE est : « Dans quelle mesure la culture ouvrière a-t-elle influencé la société française pendant l’entre-deux-guerres ? » Anne a travaillé seule pendant des mois, ses deux camarades ne s’étant que très peu engagés. La seule réalisation de la présentation matérielle du dossier, très créative, a pris plusieurs jours.  Lors de l’oral elle a su parfaitement répondre aux questions portant sur son dossier. Elle a su répondre aussi à des questions plus approfondies et plus subtiles portant sur des informations qui ne figuraient pas dans son dossier-journal. Un des examinateurs, professeur de français venu de l’extérieur comme cela est prévu, lui a alors posé la question : « Quel est le courant du cinéma en Italie après la seconde guerre mondiale ? ». Anne ne connaissait pas la réponse et en a  donné la raison : je ne sais pas car ce n’est pas la période que j’ai étudiée. Cette examinatrice a répondu : quand on maîtrise un sujet, il faut savoir aller au-delà ! Reconnaissons à cette examinatrice l’art honteux de savoir déstabiliser une élève méritante. Puis, la même examinatrice a posé à Anne  la question suivante : Puisque vous m’avez fait remarquer que je ne dois pas poser de questions en dehors de l’entre-deux-guerres, je suis certaine que vous pourrez me citer le nom d’un grand cinéaste anglais pendant l’entre-deux-guerres ? Anne n’a pas osé lui dire que cette question était aussi hors sujet parce que son dossier traitait de la société française. Un professeur habituel d’Anne est intervenu pour dire à sa collègue « ça reste une question éloignée de leur sujet ». Anne, parce qu’elle est fragile, est convaincue d’avoir tout raté, elle a perdu sa confiance en elle et doit attendre sa note pendant trois mois : mais pourquoi donc un si long temps de charmante petite torture scolaire ? 

2016 : également dans une autre classe de 1ère scientifique. Julie est une élève exemplaire, félicitée par le corps professoral pour son travail. Le sujet de TPE de son équipe de trois élèves était : « La station spatiale internationale. Une prouesse technique au service de l’humanité ? » (Ce projet a débuté en 1998.)  Le travail en équipe a été, peut-on dire, parfait jusqu’au bout, d’une grande cohésion, pendant un temps extrêmement long de 80 heures environ dont la moitié au domicile de Julie. La vingtaine de sources sur Internet dont des documents YouTube, six livres et un entretien avec Isabelle Sourbès- Verger, remarquable source, ont demandé à chaque élève une vingtaine d’heures individuelles de consultation. Le très beau dossier final a été imprimé à titre onéreux chez un imprimeur professionnel. La maman de Julie, qualifiée, a encadré avec exigence et rigueur, la préparation de l’oral. Les 3 candidates étaient parfaitement prêtes.  Mais, le jour dit, pendant la dernière partie de l’épreuve orale, celle où un examinateur extérieur pose des questions, une des candidates a dépassé son temps de parole de 5 minutes sans être interrompue par l’examinateur. Il ne restait plus qu’un temps très court, inégalitaire pour Julie, alors que la notation est, rappelons-le, paraît-il, individuelle. Rapidement, elle a dû répondre, en particulier, aux deux questions suivantes dont on pourra juger de la pertinence : « Les femmes ont- elles leurs règles dans l’espace et utilisent-elles des tampons ? », « Pour quelles raisons la Chine n’a pas participé à l’ISS ? »  A cette seconde question Julie a répondu que les américains ne souhaitaient pas que la Chine copie les avancées technologiques des USA et de l’ISS...Elle a rencontré le visage  offusqué de l’examinateur qui lui a fait remarquer l’anachronisme d’un tel jugement erroné sur la Chine ! Pour Julie, ce fut une fin déstabilisatrice et décourageante : une autre injustice ressentie. La maman de Julie qui a  travaillé pour des entreprises également installées en Chine a envoyé au proviseur « un cours de réalités »,  sur la Chine, s’opposant à l’idéologie de l’examinateur.  En 2012, Isabelle Sourbès-Verger écrivait encore à propos des raisons poussant la Chine à envoyer une femme dans l’espace : ...Cela attire les médias, mais en réalité la Chine suit simplement une logique d’imitation. Elle ne fait que reproduire ce qui a été déjà fait par les USA et la Russie...Julie ne souhaite plus qu’on lui parle de l’ISS.

Donc.

Le mot « équipe » est très usité par tous les acteurs de l’Education nationale. Or, il n’y a pas d’équipes de travail des professeurs dans les collèges et lycées. L’épreuve de TPE, projet de recherche interdisciplinaire, supposerait un travail d’équipe de professeurs pour préparer les sujets, en dehors de la présence des élèves, temps  rémunéré et prévu dans les emplois du temps des établissements. Cela n’a existé, autrefois, que dans quelques rares établissements dont le collège expérimental de Marly-le- Roi...La formation des professeurs ne brille pas davantage par l’apprentissage de la dynamique des groupes qui leur  permettrait de conseiller avec pertinence les équipes  d’élèves obligatoires des TPE, de 2, 3 ou 4 élèves avec une préférence annoncée pour les équipes de 3 . Les élèves choisissent ou se voient imposer leurs coéquipiers : c’est la première grande difficulté. Des élèves très travailleurs œuvrent parfois auprès d’élèves moins motivés sans qu’aucun adulte ne régule obligatoirement les investissements individuels lors des séquences.  Le temps de travail à l’extérieur de la classe dépasse le temps officiel défini pour l’épreuve de 36 heures encadrées,  très insuffisamment  encadrées, en le doublant ou en le triplant : ce qui est inconnu, très excessif, non maîtrisé par les adultes responsables ou irresponsables de l’Education nationale. Les différences de milieux familiaux influencent ces TPE dont l’exécution est fortement transférée hors des cours.  

La formation des professeurs est strictement disciplinaire. Ils n’ont pas de compétences interdisciplinaires reconnues, faute de formation spécifique et pourtant ils sont invités à  noter « souverainement » des TPE dont ils ne peuvent tous connaître les sujets.

Les équipes d’élèves n’ont pas toujours rencontré, dans les Centres de  documentation des lycées, les documents nécessaires à leur sujet comme l’imposent les directives officielles. Il n’y a pas de manuels interdisciplinaires, le plus souvent aucun cours antérieur n’a appris aux élèves le repérage des sources fiables. Utilisateurs d’Internet les élèves ne connaissent pas préalablement à cette recherche la langue des médias**. Le statut de «  Wikipédia » comme source d’information acceptée ou refusée par les professeurs est, en particulier, un indice de l’arbitraire des jugements professoraux. La nature de nombreux sujets ne permet pas davantage aux élèves d’exercer leur esprit critique parce qu’ils n’ont pas eu  de cours antérieurs en liaison avec leurs recherches. Les thèmes ministériels sont d’une abstraction plus à la portée des candidats à l’agrégation qu’aux futurs bacheliers : l’aléatoire, l’insolite, le prévisible/ Lumière, lumières/Matière et forme ...Le travail d’équipe des élèves aboutit à des notations individuelles en 3 parties. La 3ème partie est scindée en deux épreuves orales : la dernière, de 5 minutes environ par candidat, demande à chaque membre de l’équipe de répondre à des questions d’un examinateur venu d’un autre établissement. Le temps d’égalité de parole entre les candidats n’est pas imposé par certains  examinateurs et pourtant un nombre de points sur 3 est attribué à chaque candidat appelé à répondre sur des questions posées sur le sujet traité. Alors que l’importance exceptionnelle de  certains travaux est évidente, des examinateurs dépassent ces overdoses en posant des questions encore étrangères aux sujets des équipes...

La permanence des difficultés pourrait développer l’économie souterraine naissante des TPE. D’anciens élèves proposent leurs recherches, à titre payant, aux nouveaux arrivants en classe de première. Des parents paient des professeurs particuliers pour prendre en charge la réalisation des TPE de leurs enfants. Des parents, impliqués et donc légitimement préoccupés, ont demandé parfois à un proviseur d’interférer dans la démarche des TPE afin de la perfectionner. Ils ont rencontré le béton armé de la liberté pédagogique du professeur et du jury souverain. Un jury n’est souverain que s’il œuvre en respectant strictement les lois, les  valeurs de l’Etat de droit français et les règles institutionnelles.

**La langue des médias. Destruction du langage et fabrication du consentement. Ingrid Riocreux. L’Artilleur.

Annie Keszey, chef d’EPLE retraité.

Destinataires : Bernard Cazeneuve/ Emmanuel Macron/Jean-Yves Le Drian/ Xavier Bertrand/ Alain Juppé/Valérie Pécresse/ Anne Hidalgo/ Nathalie Kosciusko- Morizet/Laurence Rossignol/René Dosière/Elisabeth Badinter. Les syndicats SNPDEN/Synadic/SNCEEL/SNES/SNUIIP- SU/SNACL/SNE/PEEP/FCPE/UNEF/

UNAAPE/UNEF/FIDL/FSU/SNIEN-UNSA. Najat Vallaud-Belkacem. Le Monde/ Le Figaro/ Marianne/Mediapart.

 

 

02/04/2013

L'ECHEC DU LYCEE AGORA DE PUTEAUX.

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Le lycée public, général et technologique, 120 rue de Verdun à Puteaux, est le moins efficace des lycées du département des Hauts-de-Seine, d’après la dernière évaluation du Ministère de l’Education nationale et les interprétations raisonnées de la presse. Cette grave situation requiert une  séance de travail, pour établir un plan urgent et exigeant de rétablissement du lycée, entre tous les responsables impliqués : Recteur, Proviseur, représentants des professeurs, des parents et des élèves, représentants de la région, du département et Maire de Puteaux. Les niveaux d’enseignement, avant le lycée, écoles maternelles, écoles élémentaires, collèges ne sont peut-être pas eux-mêmes performants.
Les participants pourraient être porteurs des dernières connaissances sur les réformes à entreprendre diffusées par des spécialistes : Claude Thélot, Marcel Gauchet, Philippe Meirieu, Richard Descoings…Ce dernier, le 2 juin 2009, après avoir parcouru la France et réalisé un grand nombre d’entretiens a remis ses préconisations au Président de la République, Nicolas Sarkozy, dans un rapport précieux.
Les résultats de l’évaluation des lycées proviennent du Ministère de l’Education nationale. Les classements divers entre établissements sont des déductions qui proviennent d’autres sources.
Le lycée Agora est classé dernier du département des Hauts-de-Seine, d’après le journal « Le Parisien »: 51ème sur 51! Le lycée public, Frédéric et Irène et Joliot- Curie de Nanterre, occupe la 50ème place. Le lycée privé sous contrat, Madeleine Daniélou, de Rueil-Malmaison, est premier. Le journal appuie ce classement sur les données ministérielles.
Au classement régional, le lycée Agora est 446ème sur 463 et au classement national 2270ème sur 2297.

Les indicateurs de valeur ajoutée des lycées évaluent non seulement la réussite des élèves de terminale d'un établissement au baccalauréat, mais aussi la capacité de cet établissement à accompagner le maximum d’élèves de seconde jusqu'à l'obtention de ce diplôme, en prenant en compte les caractéristiques sociodémographiques et scolaires des élèves. Ils offrent en cela une analyse plus fine que le taux de réussite au baccalauréat qui ne permet pas d’apprécier le caractère plus ou moins sélectif des établissements et le parcours scolaire des élèves depuis leur entrée au lycée jusqu’au baccalauréat.
Trois indicateurs sont utilisés pour mesurer la "valeur ajoutée", valeur précieuse, d'un établissement.
Le taux de réussite au baccalauréat, c’est-à-dire la proportion de bacheliers parmi les élèves ayant passé le baccalauréat : le taux global de réussite au baccalauréat 2011- 2012, 63%, du lycée Agora, est très inférieur au taux moyen attendu calculé par le ministère pour des élèves d'âge, d'origine sociale, de sexe et de niveau scolaire comparables et scolarisés dans des lycées comparables en termes d'âge, d'origine sociale et de sexe de l'ensemble de l'académie de Versailles, 77% . La valeur ajoutée attendue n’est pas atteinte, moins 14% ! Le taux de réussite au baccalauréat du lycée public Louis Pasteur de Neuilly, 13ème sur 51, par exemple, est de 98%. La valeur ajoutée attendue est exactement atteinte.

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Le lycée privé breton Diwan de Carhaix-Plouguer, lycée bilingue, est remarquable d’efficacité, malgré ses classes surchargées. La valeur ajoutée attendue est dépassée! Le Figaro du 28 mars 2013 le classe 1er des lycées d’enseignement général de France. Les enseignements se font en breton par une pédagogie d’immersion. 
Le taux d’accès au baccalauréat, qui est la proportion d’élèves de seconde ou de première qui obtiennent le baccalauréat en restant dans l’établissement : cette proportion pour le lycée Agora est de 39%. Pour le lycée Louis Pasteur, par exemple, elle est de 87%.
3. La proportion de bacheliers parmi les élèves qui quittent l'établissement.
72% des élèves de terminale quittent le lycée Agora avec leur BAC en poche, en prenant en compte les redoublements. Au lycée Louis Pasteur, la proportion de bacheliers qui quittent l’établissement est de 98 %, redoublements également pris en compte.

Le ministère de l’Education nationale ne souhaite pas réaliser un classement des lycées mais  proposer, à travers cette notion de « valeur ajoutée », une image de la réalité complexe et relative que constituent les résultats d'un établissement. La presse et les usagers traduisent les résultats en classements, parfois durs mais toujours positifs s’ils induisent les nécessaires modifications des projets d’établissement.
D’autres données, non encore exploitées publiquement par le ministère, interpellent. Au lycée Agora, sur 36 élèves reçus au baccalauréat général, 2 ont eu la mention «Très bien » et 7 la mention «  Assez bien ». Au lycée Pasteur, sur 86 élèves reçus au Baccalauréat général, 50 ont eu la mention « Très bien », plus de 50% donc, et 10 la mention « Assez bien ». Titulaires d’un baccalauréat national, les élèves du lycée Agora, sans mention, rencontrent une autre inégalité quant à l’accès aux Grandes écoles ou aux inscriptions en classe préparatoire. Ils ne sont pas préparés à cette autre compétition.


La situation de ce lycée Agora est contraire aux objectifs fondamentaux de l’égalité des chances et de la réussite scolaire. L’objectif de promotion de la jeunesse n’est pas atteint. Le déterminisme social ne semble pas dépassé. L’évolution des résultats depuis 2008 interpelle.


Des grilles nombreuses d’analyse des établissements scolaires, depuis des décennies, ont été construites par des experts. Ont-elles été utilisées depuis 2008, au lycée Agora ? Quelques critères:
-    Les exclusions d’élèves par le proviseur ou le conseil de discipline sont supprimées. Les élèves perturbateurs sont inclus, en heures supplémentaires, au CDI, dans une autre classe, dans un atelier… pour y travailler.
-    Les jours ou heures d’absence, sauf dans les cas justifiés, sont récupérés. Les devoirs sont obligatoirement faits et les leçons sues. Un groupe d’adultes spécialement constitué interdit l’absentéisme et les pertes d’élèves en cours de scolarité.
-    L’emploi du temps prévoit le travail, en équipes disciplinaires, des professeurs, une heure par semaine .L’alignement d’une heure au moins de chaque discipline dans l’emploi du temps de plusieurs classes, d’un même niveau, permet d’ouvrir la classe pour l’organiser en groupes de besoins. La liberté pédagogique du professeur ne peut être revendiquée en situation d’échec. La cohésion, l’entraide, l’échange de documents de cours entre enseignants doivent prévaloir.
-    Chaque élève, en début d’année, pense et rédige son projet scolaire annuel et son désir d’orientation. Les parents sont impliqués.
-     Le proviseur, travailleur, présent, accessible, sévère, exigeant, très juste est formé à la pédagogie et aux évaluations scientifiques. Souple quant aux statuts rigides dépassés, il soutient les professeurs en difficultés par des aides concrètes et s’engage dans les initiatives les plus complexes pour les élèves en difficultés. Avec les équipes, il instaure, implacablement, un climat collectif studieux de respect mutuel. Il écoute et donne confiance.
-    Des formations collectives, régulières, sur place, apportent des réponses scientifiques, modernes aux vieilles questions et inventent une pédagogie « vraiment éclairée »…
Le site www.lycee-agora.fr ne publie aucun résultat, ce 1er avril 2013.  

Images : puteaux.fr et Ouest-France. Annie Keszey. www.notreputeaux.com