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14/01/2011

2011. INDIGNEZ-VOUS!

 

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Un grand Résistant, de 93 ans, Stéphane Hessel, appelle les jeunes générations à une insurrection pacifique.

Créer, c’est résister.

Résister, c’est créer.

Le motif de base de la Résistance était l’indignation. Nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux…

Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous !

Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger les conquêtes de la Résistance telles que la sécurité sociale, la retraite, la nationalisation des sources d’énergie et des grandes banques, la subordination des intérêts particuliers aux intérêts généraux…, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée? Sinon parce que le pouvoir de l’argent, tellement combattu par la Résistance, n’a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l’Etat.

Il nous appartient aujourd’hui de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers : pas cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l’égard des immigrés, pas cette société qui remet en cause les acquis du programme du Conseil de la Résistance, pas cette société où les medias sont entre les mains des nantis et qui propose la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition de tous contre tous.

Pour être efficace aujourd’hui, il faut agir en réseau, dans la non-violence et la conciliation de cultures différentes, se fonder sur les droits et utiliser les moyens modernes de communication…

[Extraits de : « Indignez-vous » de Stéphane Hessel aux éditions « Indigène ». 3 €. 2010.]

Stéphane Hessel naît à Berlin, en 1917, d’un père juif écrivain et d’une mère peintre, mélomane. En 1924, la famille s’établit à Paris. Stéphane, naturalisé français en 1937, est mobilisé et connaît la «drôle de guerre.»

En mai 1941, il rejoint la France libre du Général de Gaulle, à Londres. Débarqué clandestinement en France, fin mars 1944, pour une mission de contact avec les réseaux résistants, il est arrêté à Paris, en juillet, par la Gestapo, sur dénonciation. Quelques jours avant la libération de Paris, il est envoyé au camp de Buchenwald. A la veille d’y être pendu, il échange son identité contre celle d’un Français mort du typhus. Sous son nouveau nom, il est transféré au camp de Rottleberode, puis, après une première tentative d’évasion, au camp de Dora dont il s’évadera définitivement.

Cette vie restituée, il fallait l’engager, écrit-il dans ses mémoires.

Diplomate, il participe à la rédaction de la déclaration universelle des Droits de l’homme adoptée le 10 décembre 1948, par les Nations unies, au Palais de Chaillot, à Paris.

Si vous rencontrez quelqu’un qui n’en bénéficie pas, aidez-le à les conquérir.

Pendant la guerre d’Algérie, il milite en faveur de l’indépendance algérienne.

En 2008 et 2009, il se rend dans la bande de Gaza, prison à ciel ouvert et à son retour témoigne sur la douloureuse existence des Gazaouis. Il a été élevé à la dignité d’Ambassadeur de France et de Commandeur de la Légion d’honneur.

Je me suis toujours situé du côté des dissidents, déclare-t-il à la même époque.

[Sylvie Crossman, éditeur : www.indigene-editions.fr]