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30/09/2012

LA LAICITE FALSIFIEE.


la laicite falsifiée.jpgLa laïcité  UMPénisée  ne supporte pas la diversité religieuse et discrimine les minorités. Elle effectue le mouvement inverse de celle de 1905: bloquée au niveau de l’Etat, elle restreint la liberté de conscience de certains citoyens. Nouvelle valeur de la droite, elle s’éloigne des droits de l’homme, valeur de la gauche. La laïcité historique était politique et démocratique alors que la « nouvelle laïcité » devient culturelle et identitaire.
Jean Baubérot, professeur émérite de la chaire histoire et sociologie de la laïcité à l’Ecole pratique des hautes études, dans « La laïcité falsifiée », Edition « La Découverte », démonte  avec rigueur les mécanismes de la « nouvelle laïcité », invite à lutter contre « les chauffards de la laïcité » qui voudraient poursuivre en toute impunité leur conduite dangereuse. Il propose un programme républicain pour refonder la laïcité.
jeanbauberotlaicite@blogspirit.com

Extraits discontinus.
Ce qui me fait peur, c’est qu’on puisse jouer avec nos peurs.
La laïcité doit pénétrer les esprits et débusquer les dogmatismes jusqu’au cœur de chaque individu par une discipline permanente. La laïcité est à la fois une organisation collective, (c’est-à-dire une organisation de l’Etat) et une ascèse individuelle, une conquête de soi sur soi-même. Il faut lutter, au plus intime de sa conscience, contre tout ce qui incite au renoncement à avoir une opinion à soi pour se fier à une vérité toute faite…Cultivons  notre laïcité intérieure ! Résistons !
La loi de 1905 s’avère une loi d’équilibre, articulant les diverses libertés et les divers droits des citoyens d’une société démocratique…
Cette loi est plus célèbre que connue. Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, François Baroin, Claude Guéant, Marine Le Pen, Riposte laïque …, artisans d’une laïcité UMPénisée, falsifiée,  sont invités à la lire. Ils prônent, en effet, par méconnaissance, xénophobie ou esprit de division, une « nouvelle laïcité », antagoniste de la laïcité historique.
TITRE  PREMIER. Principes.
ARTICLE PREMIER. - La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public… www.assemblée-nationale.fr/
La loi (qui ne contient pas le vocable laïcité) établit des principes dont aucun ne peut être atrophié : la neutralité, la séparation entre les Eglises et l’Etat, la liberté de conscience  incluant la liberté religieuse et l’égalité des droits.
 L’UMP commet deux fautes importantes : réduire la liberté de conscience à la seule liberté religieuse, exfiltrer cette liberté de conscience de la laïcité. Ces  falsifications fonctionnent dans les débats actuels sur la laïcité et les polluent.
Il existe aujourd’hui deux profils différents de partisans déclarés de la laïcité. Le premier se situe dans l’actualisation, plus ou moins réfléchie, d’une culture laïque historique. Pour le second, l’attachement proclamé à la laïcité est en réalité proportionnel à une hostilité à l’égard de l’islam et des immigrés. C’est cette dernière représentation de la laïcité, à la fois réduite et hypertrophiée, qui, véhiculée par l’actuelle culture de masse, masse conditionnée par la liberté d’expression « cathodique », semble s’être imposée de manière dominante.
L’auteur démonte les procédés pernicieux utilisés par ces politiques, relayés par des medias producteurs « du réel-fiction fabriqué » sur une montée  menaçante des intégrismes, pour transformer et assujettir les mentalités collectives. Par exemple, Marine Le Pen, leader frontiste, lors de la campagne présidentielle, a dénoncé   les prières de rue de culte musulman : elle a parlé de dix ou quinze endroits. Il s’agit en réalité de moins d’une dizaine. En restant mesurée, elle est restée crédible. Le leader frontiste n’a pas voulu qu’une exagération outrancière vienne rendre litigieuse la teneur même de son propos.   Mais, le bruit médiatique a amplifié artificiellement le message. L’Institut Harris – Interactive a effectué ensuite un sondage et à la question ouverte : « Selon vous, combien y a-t-il en France de rues dans lesquelles les musulmans prient le vendredi ? » Le nombre moyen donné par les sondés est cent quatre-vingt- cinq ! Dans cet échantillon de sondés, la réponse des jeunes de 18-24 ans est de trois cent vingt, celle des cadres et professions libérales… de deux cents. Ce sont les anciens qui temporisent à partir d’une redoutable amplification cependant.
En hypertrophiant « un problème », on façonne la lepénisation de la société.
Jean Baubérot expose d’autres exemples  de cette fabrication d’un « système de masse » qui vire à droite, [« Le monstre doux » de Raffaele Simone], gravement erroné et dangereux quand il stigmatise les musulmans, en particulier. Après Marine Le Pen, Jean- François Copé, piètre imitateur, a présidé son…débat-débâcle, destructeur : sa laïcité est douce pour le catholicisme, dure pour l’islam. Quant à Nicolas Sarkozy, à partir de son « idyllique passé franchouillard », sa  nouvelle laïcité privilégie  les racines  alors que la laïcité historique se réclamait, elle, du progrès. De plus, le pluralisme (déséquilibré) des racines ainsi évoqué  est trompeur. Dans « le magnifique héritage de civilisation » légué à la France, essentiellement par la chrétienté, conflits, persécutions, discriminations liés à la société de chrétienté et au gallicanisme, sont totalement absents. Dans ce récit tronqué, il est question des racines juives, mais nul pogrom contre les juifs du Moyen-Age, nulle expulsion des juifs au XIVème siècle ne sont  jamais évoqués. Les rapports avec l’islam se réduisent à quelques inscriptions, rien n’est dit sur les croisades et l’empire colonial, sur le fait qu’être musulman constituait alors une catégorie juridique qui faisait de vous un sujet français et non un citoyen, à partir du code de l’indigénat de 1881.Nicolas Sarkozy s’oppose  aux appels à la prière…mais il n’y en a pas en France ! L’historique de la laïcité publié par le Haut Conseil à l’Intégration (HCI), successeur de La Haute Autorité de lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité, globalement positif pour la France, est faux. Il nie les conflits et l’exploitation de la peur de l’autre par l’Etat. En 1920, par exemple, période réputée tranquille, le travailleur immigré, les démobilisés, les chômeurs, le capitaliste allogène, le métèque, le délinquant, tout étranger, quelle que fut sa nationalité était jugé dangereux, comme avant et après !

chapeau de deuil.jpgPour la laïcité UMPnisée, l’habit fait le moine. Le port d’un voile interpelle plus que les inégalités de salaires hommes-femmes, que les  cent cinquante mille viols annuels de femmes, que les pensions alimentaires non payées aux femmes, que les femmes battues. Penser que la religion doit être réduite à une réalité confinée à la sphère intime et qu’elle ne peut s’exprimer dans l’espace public est contraire au sens défini dans la loi de 1905. Cette loi de 1905 a admis des accommodations intelligentes identiques pour toutes les familles de pensée. En fin de livre, dans son audition devant la mission parlementaire sur le voile, Jean Baubérot défend la différence essentielle entre les éléments réversibles pour lesquels il est utile de réglementer quand certaines nécessités de la vie publique l’exigent et les éléments irréversibles requérant de légiférer.
Le court-circuit opéré entre égalité des sexes et laïcité réduit la laïcité au seul islam, alors qu’elle devrait être le combat pour de nouvelles libertés laïques et permet de masquer le sexisme quotidien, structurel de la société toute entière…
…Ce qui est d’abord en jeu, c’est l’écœurant conformisme de ceux qui passent leur temps à fustiger les minoritaires et les exclus, mais ils ne sont que bassesse et obséquiosité à l’égard des dominants…

Dans la conjoncture actuelle, un « Front républicain » peut s’opposer à ceux qui falsifient la laïcité et s’en servent comme un masque stigmatisant. Trois conditions sont requises :
- Il faut articuler deux éléments complémentaires : d’une part un débat interne à la gauche et plus largement aux républicains, et, d’autre part, le combat contre l’exclusion et la xénophobie, même quand elles se parent des plumes de la laïcité.
- En Europe, la droite dure et l’extrême droite progressent, une droite nouvelle devient globale et planétaire, la gauche recule, « s’édulcore avant de fondre » parce qu’elle n’a pas pris la mesure de la mutation des dominations. Elle ne livre pas les combats majeurs qui devraient être les siens: combat contre les dominations traditionnelles et contre la domination totalitaire du « mimétisme social ». Et si, précisément, le premier mimétisme s’effectuait entre l’ultra-capitalisme de la société mondialisée et les intégrismes qui constituent les contestations, en apparence, les plus radicales de la société ?
- Un effort de pédagogie doit conduire à une distinction claire entre sécularisation et laïcité. La nouvelle droite et le Front National se spécialisent dans les courts- circuits nullement innocents entre ces deux notions.
La première série de mesures consistera à remettre au cœur de la laïcité de nouvelles libertés laïques, liées à la séparation de la loi civile avec des normes religieuses et morales particulières. Une autre initiative consistera à transférer le bureau des cultes du ministère de l’intérieur vers le ministère de la justice, afin de sortir d’une vision sécuritaire de la religion. Des mesures pour l’égalité de toutes les convictions religieuses et non religieuses apaiseront la France. De même le HCI doit être dépossédé de ses prérogatives : il n’est pas compétent et trop idéologue
La lecture du livre de Jean Baubérot oriente vers un sujet dont on est rarement spécialiste, afin de ne pas se tromper de « militance ». La mise en cause des structures dominantes de la société elle-même s’avère nécessaire. Le rôle d’Aristide Briand, il y a plus d’un siècle,  initiateur d’une laïcité historique « de sang- froid », dépasse en efficacité politique la nouvelle laïcité « intégrale », productrice irresponsable de ressenti victimaire.
Image: listesetbidules.blogspot.com
www.atelier-idees.com
Annie Keszey.




02/03/2011

UNE LAIQUE IGNORANCE.

Comme en 1900, la laïcité française est à une croisée des chemins. Des manifestations et révolutions d’actualité interpellent légitimement l’avenir.
La nouvelle menace serait la norme salafiste publique, vision étroite et rigoriste de l’Islam, religion hégémonique de l’identité arabe. Des collectifs français prétendent défendre la laïcité mais occultent un siècle d’évolutions souples, pluralistes, pour la cohésion sociale et proposent un modèle laïque rétrograde, figé et répressif. Leur démarche, conflictuelle, est une agitation médiatique, dangereusement provocatrice.
Or, il faut progresser, avec sang-froid, et puiser dans une tradition arabe et musulmane qui, pendant des siècles, a multiplié les espaces d’autonomie culturelle.

UNE LAIQUE IGNORANCE.

laicite plantu.jpgL’Education Nationale n’a pas développé dans ses programmes scolaires la notion politique, essentielle, des «LAICITES » : l’ignorance assez répandue de l’histoire, de la géographie, de la sociologie, du droit, constructeurs de cette notion fine, complexe et évolutive, dessert la paix sociale.

Jean Baubérot, universitaire, professeur émérite de la chaire histoire et sociologie de la laïcité à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes et Micheline Milot, universitaire du Québec, dans « LAICITES SANS FRONTIERES » aux éditions du Seuil, nous invitent à revenir aux fondamentaux.
http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com
La LAICITE ne se limite pas au cas français et se distingue de la sécularisation et du sécularisme. La laïcisation anglaise a commencé dans le domaine juridique en 1215, 1679, 1689… La loi française de séparation des églises et de l’Etat en 1905, s’est inspirée de l’Ecosse et de plusieurs états américains, réalisant un équilibre de frustration, elle avait de quoi déplaire à tout le monde. Si le contexte idéologique de la séparation a été conflictuel, les lois de 1905 à 1908 ont su prendre, avec sang-froid, une distance structurelle avec ce contexte.
Depuis le 17ème siècle, l’idée laïque a pris corps progressivement dans le principe de tolérance à l’égard des cultes, dans le déliement de l’appartenance citoyenne et de l’appartenance religieuse et dans le déplacement de la légitimité de l’Etat, des religions dominantes à la souveraineté du peuple.

Les finalités de la laïcité.
Les finalités visées par la laïcité sont la liberté de conscience et l’égalité des citoyens .Il s’agissait d’identifier la cause principale des persécutions et des affrontements sociaux continus où les religions étaient impliquées et d’imaginer une solution pour mettre fin aux effets délétères sur le vivre-ensemble que ces tourments occasionnent, qui vont de l’assimilation à l’élimination de ceux qui ne croient pas comme l’impose la religion dominante .John Locke (Anglais né en 1632) souhaite retirer à l’Etat tout pouvoir coercitif sur les convictions : « En servant dieu chacun à leur manière, les citoyens ne nuisent en rien aux intérêts temporels de leur voisins ».Pour Locke et Thomas Jefferson, il s’agit du fondement même de la tolérance. Afin que tous puissent jouir sans discrimination de la liberté de conscience, le pouvoir politique ne doit plus imposer une conception totalisante de la vérité ni favoriser certains individus optant pour certaines convictions plutôt que d’autres. Le principe d’égalité a constitué le socle le plus déterminant dans la recherche d’un mode d’organisation politique qui puisse favoriser la tolérance entre les différents groupes sociaux et entre l’Etat et chacun d’eux.

Les moyens de la laïcité.
Au fil des siècles, la séparation du politique et du religieux et la neutralité de l’Etat c’est-à-dire l’impartialité de la gouvernance à l’égard des groupes aux convictions diverses de la société civile, ont graduellement été conçues comme les moyens nécessaires à l’établissement du régime de liberté.

Une définition.
La laïcité est un aménagement du politique où la liberté de conscience se trouve, conformément à une volonté d’égale justice pour tous, garantie par un état neutre à l’égard des différentes conceptions de la vie bonne qui coexistent dans la société. Elle concerne donc l’aménagement politique, puis la traduction juridique, de la place de la religion dans la société civile et dans les institutions publiques.

Six idéaltypes de laïcité.
Les quatre principes fondamentaux de la laïcité (liberté, égalité, séparation et neutralité) s’articulent différemment dans le temps, selon les pays et les enjeux sociaux .Il n’existe pas de réalité absolue ni essentialiste de la laïcité, ses combinatoires sont multiples.
La laïcité séparatiste fait de la séparation une norme surdéterminante qui limite la liberté de conscience, l’égalité et la neutralité.
La laïcité autoritaire, celle de la France de Napoléon, de la Turquie d’Atatürk, de la Tunisie d’hier, correspond toujours à une demande de limitation de la liberté d’expression, au nom du conformisme et de l’homogénéité. Là réside le germe de l’autoritarisme.
La laïcité anticléricale, celle de la France au moment de l’Affaire Dreyfus qui devient antireligieuse. Emile Combes Président du conseil de 19O2 à 1905, évitera soigneusement que l’Etat soit subverti par l’aile antireligieuse de la libre-pensée.
La laïcité de foi civique inhibe la liberté d’expression, appelle une logique d’allégeance et repose sur une conception faible de la neutralité. Elle exige l’effacement du religieux « autre » devant une norme majoritaire, tout particulièrement quand elle se fait visible et reste soupçonnée d’affaiblir l’adhésion à la société politique.
La laïcité de reconnaissance privilégie l’autonomie morale de la personne, sa liberté de conscience : elle est ainsi suspectée de favoriser le communautarisme puisqu’on craint que la loyauté première de l’individu soit celle qui l’attache à une communauté de croyants. Cette laïcité est propice à faire surgir des conflits de valeurs et même des conflits de droit (entre la liberté de religion et l’égalité des sexes par exemple), elle accentue la valeur du pluralisme.
La laïcité de collaboration se fonde sur la liberté religieuse des groupes et leur expression dans la sphère publique : Nicolas Sarkozy et le pape Benoit XVI l’appellent laïcité positive. La neutralité est mise à mal car elle doit s’exercer dans un équilibre délicat entre des forces sociales dont le poids peut s’avérer très inégal (l’ancienneté, par exemple).
Ces laïcités sont IMPARFAITES. La laïcité doit rassembler tous ces éléments, en équilibre.
L’enjeu social de la laïcité.
Dans la défense de la laïcité, les acteurs défendent leurs intérêts et souvent deux groupes se sont affrontés et s’affrontent toujours :
- Ceux qui tentent de réduire la laïcité à la seule finalité de la liberté de conscience et qui minorent les moyens qui permettent d’assurer cette liberté pour tous
- Ceux qui hypertrophient les moyens, la séparation et la neutralité, au risque de transformer subrepticement la finalité de la liberté de conscience pour tous en une émancipation à l’égard de la religion, confondant ainsi laïcité et sécularisation.
Aucun de ces groupes ne respecte les principes d’égalité et de non- discrimination.

Les accommodements raisonnables
Les lois et décrets appuyant l’évolution d’une laïcité équilibrée, le plus souvent sous la pression des groupes minoritaires, ont inclus des accommodements nombreux, compatibles avec le modèle français, afin de maintenir la cohésion sociale.
L’Etat entretient des édifices cultuels et les met gratuitement à la disposition de religieux, il verse un salaire aux dirigeants de cultes (en Alsace- Moselle), le calendrier civil est calqué sur la division temporelle des fêtes de la religion majoritaire, des écoles privées sont subventionnées. La télévision diffuse des messes et les femmes ne peuvent être prêtres dans la religion majoritaire. Les catholiques influencent fortement encore l’établissement de la loi : IVG, euthanasie…Il existe un syndicat chrétien des employés du commerce… Le Président de la République française est Chanoine d’honneur de la Basilique Saint Jean de Latran !...Les débats sur la burqa rappellent les débats de 1905 sur la proposition, non retenue, d’interdire les soutanes dans les lieux publics pour LIBERER les prêtres. L’abbé Pierre était appelé « abbé » et portait « l’habit » à l’Assemblée Nationale …

Certains mouvements et associations français d’aujourd’hui, défenseurs « bruyants » de la LAICITE, faute d’avoir travaillé leur sujet, se trompent d’époque et de notion et renouvellent, dans une totale confusion doctrinaire, des prophéties à haut risque d’autoréalisation. Leurs discours rigides et leurs comportements intolérants contre un Islam fantasmé pourraient produire ce dont ils veulent se prémunir, au moins en partie, par leurs actions plus idéologiques que stratégiquement efficaces.

Un nécessaire accès à la pensée complexe.
Musulmans dans l’espace public-Catholiques dans l’espace public, à Fatima-Cathédrale catholique, avec clocher, en Algérie!

 

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Egorgement d’un mouton- gavage des oies- torture ludique d'un taureau…

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La bibliothèque ancienne et nouvelle d’Alexandrie
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Une erreur de méthode pour défendre la République.
Un collectif particulier prétend défendre, souvent dans une fureur médiatique, la laïcité républicaine. Le mouvement de l’Histoire de la laïcité, virages effectués sur une route de montagne, intégrant progressivement le pluralisme et les apports culturels de la mondialisation est ignoré pour un retour nostalgique à la posture du XIXème siècle d’une laïcité autoritaire et de foi civique, inapte à prendre en compte les exigences qui découlent de la diversité profonde des sociétés actuelles.
La République est en danger et la laïcité serait menacée : cela fait des décennies que dure ce discours parce que l’on se dispense du « savoir » en matière de laïcité. Il y a 150 ans, les catholiques mexicains pensaient être engloutis par les protestants…Pour ce collectif militant, l’Etat ne doit plus être NEUTRE mais VIGILE face à l’ISLAM lourdement confondu avec l’ISLAMISME RADICAL. La liberté de conscience, la tolérance et l’égalité, conquêtes ardues, sont balayées par la « frousse tricolore » d’une inquiétante déstabilisation par la charia. La quête revendiquée de valeurs universelles bute sur le désir d’exclusion du village -terre de plus d’un milliard d’êtres humains. Est-ce raisonnable?
Aucune recherche sérieuse ne permet de valider que l’expansionnisme inévitable des normes des religions minoritaires modifie les valeurs majoritaires de la société.
Ce caractère patrimonial de la laïcité, sans visée accommodante, devient répressif. Ce qui choque ou dérange doit retourner à l’invisibilité sociale .La méthode de combat DISCRIMINE et DIVISE.

Une autre méthode de défense, ouverte et exigeante.
Une politique protectrice de la laïcité républicaine favoriserait la suppression des ghettos d’immigrés, la lutte contre le chômage des jeunes et contre la pauvreté, le soutien d’une école publique « chaleureusement neutre », le renforcement de la Justice et des structures de santé, la réprobation des dictatures, le soutien aux nouvelles démocraties et l’exemplarité des élites.
www.atelier-idees.org Annie Keszey.