Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/04/2017

DEUX FUTURS.

..« La France est à la croisée des chemins. L’un mène vers l’abîme et la haine de l’autre ; l’autre, quoiqu’incertain, est porteur de renouveau et d’espérance. Résumons. Notre pays, ballotté par la crise, rongé par l’angoisse identitaire, attaqué par  le terrorisme islamiste, fracturé de toutes parts depuis une dizaine d’années, a donc accouché d’un duo de finalistes qui s’opposent en tous points. D’un côté, les tenants d’une France ouverte, partisans de ce que quelques naïfs biens nés appelaient jadis « la mondialisation heureuse », se sont ralliés au panache juvénile d’Emmanuel Macron. De l’autre, les oubliés de la modernité, les perdants de la robotisation, les sacrifiés de la transition numérique, se sont rangés une fois encore derrière l’oriflamme lepéniste.

L’irruption aussi soudaine qu’inattendue d’Emmanuel Macron comme la progression aussi continue qu’inéluctable de Marine Le Pen sont les deux faces d’un même phénomène. Elles illustrent la mort d’un vieux système, l’épuisement de cette alternance pavlovienne entre partis de gouvernement de droite comme de gauche qui se sont succédé en vain au pouvoir depuis trente ans. C’est cette impuissance commune qui a condamné le Parti socialiste et Les Républicains...

Apparu comme un antidote au déclinisme ambiant, Emmanuel Macron doit renouer de toute urgence avec les classes populaires...S’il se fait défricheur de nouvelles pratiques et inventeur d’un nouveau modèle social, Emmanuel Macron peut contribuer à accoucher d’une nouvelle France, plus moderne, plus juste et surtout enfin apaisée"...Extraits de Renaud Dély. (Marianne n°1048.)

..".Ne nous y trompons pas : la défaite de la gauche désormais désertée par le peuple,  est d’abord une défaite intellectuelle. Sur la société moderne, celle dans laquelle nous allons vivre de plus en plus, la gauche n’a rien à dire en dehors de vagues condamnations morales. Et une gauche qui n’a plus de jugement sur le présent ne peut avoir de programme pour l’avenir. Ce n’est plus qu’une droite un peu balourde, un peu vertueuse. Qui n’a pas compris que le revenu universel du gentil Benoît Hamon ne pouvait pas apparaître dans la conjoncture actuelle comme autre chose  que la généralisation préventive à la société entière de l’assurance chômage". Extrait de Jacques Julliard. (Marianne n° 1048.)

Lâché de toutes parts le candidat de la droite a donné les clés de sa campagne à son courant le plus radical, identitaire et réactionnaire, celui de « Sens commun ». Les modérés de son camp n’ont pu le suivre... « La droite est au beau milieu de Ground Zéro ».

Benoît Hamon, le candidat socialiste, au nom de son Parti,  l’UDI, de nombreux politiques de droite, ont appelé à s’opposer au Front National en votant Emmanuel Macron. Ils sont républicains : qualité majeure dans le monde tel qu’il devient. Jean-Luc Mélenchon : dégagez ! Votre refus d’appeler à voter pour Emmanuel Macron trahit les valeurs de la République que vous affirmiez défendre. Membres équilibrés du Parti Les Républicains, contraignez vos « égarés » à expliciter la consigne de vote de votre Parti : conseiller simplement de voter contre Marine Le Pen est une hypocrisie. Ne cédez pas à l’obscurantisme dangereux de Laurent Wauquiez !  Christine Boutin, démissionnez du Parti chrétien-démocrate!  Annie Keszey.

08/06/2014

LE NATIONAL-POPULISME, voilà l'ennemi.

 Jacques Julliard. Marianne  n°893. Extraits. 

…Si l’on fait la somme des europhobes, des eurosceptiques et des abstentionnistes, c’est plus des ¾ des Français qui se désintéressent de la politique…Les diverses extrêmes droites qui vont se retrouver au Parlement européen constituent la plus étrange des internationales : celle du chacun pour soi…Et si tout cela devait se solder par le remplacement du Portugais Barroso par le Luxembourgeois Juncker à la tête de la Commission, alors il faudrait être encore plus inquiet sur l’avenir que nous ne le sommes après notre dimanche noir. A force d’envoyer des médiocres et des cruches dans les institutions européennes, nous avons eu une Europe de médiocres et de cruches… 

Si les 14% des socialistes- qui ont au moins l’excuse du fardeau du pouvoir- sont dramatiques, les 6% du Front de gauche, dans l’opposition ouverte depuis deux ans, sont proprement tragiques. Il y a bien sûr une responsabilité particulière de Jean-Luc Mélenchon qui n’a cessé d’hystériser et d’histrioniser son aversion maniaque pour François Hollande… Mais au-delà de ce cas, ce qui s’est passé dimanche 25 mai est la preuve qu’il n’y a pas présentement  de majorité de rechange à gauche… 

François Hollande manque de leadership démocratique, c’est-à-dire l’art de parler au peuple, de lui proposer une orientation et de l’entraîner avec lui. Au vrai, il n’est pas impopulaire, il est apopulaire et comme extérieur à sa fonction… 

Marine Le Pen est « Mme 25% » et comme un précipité de tous les maux et de toutes les tares de la France actuelle. Il faut donc la combattre pour ce qu’elle représente réellement. Elle est plus que jamais la championne du national-populisme, c’est-à-dire l’exploitation des souffrances et des frustrations populaires au profit d’une idéologie rance du repli sur soi, de l’autarcie économique et de la haine de l’étranger, sous toutes ses formes. Le contraire de la République que nous défendons. Le national-populisme, voilà l’ennemi ! 

Il n’y a pas que de mauvaises nouvelles, les meilleures sont venues d’Italie, où un jeune président du Conseil qui n’a pas froid aux yeux, a pulvérisé, à la surprise générale (avec 40.8 % des suffrages) les divers partis populistes qui pullulent : ceux du bouffon Beppe Grillo, du bouffon de Forza italia, de Silvio Berlusconi, de la feue Ligue du Nord. Dans un pays qui, il y a encore trois mois, était la risée du monde, un européen convaincu et convaincant a renversé la donne. Viva Italia ! 

Rien n’est donc perdu pour la France, fors l’honneur. 

Si nous le voulons, Marine Le Pen ne reverra plus jamais ses 25 %.