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26/02/2017

MARINE LE PEN PRISE AUX MOTS.

 Décryptage du nouveau discours frontiste. Seuil. 310 pages. Nouvelle publication.

Cécile Alduy, professeur de français à l’université de Stanford, en Californie et Stéphane Wahnich, professeur de communication politique à Paris-Est-Créteil, nous livrent le résultat de leur analyse lexicale, littéraire et statistique de 500 discours, textes et déclarations de Marine Le Pen afin d’en saisir la logique interne et d’expliquer l’efficacité rhétorique. 

C’est un livre profond, qui libère définitivement le lecteur de l’éventuelle emprise inconsciente qu’auraient pu avoir les discours frelatés de Marine Le Pen. 

Extraits discontinus. 

« Marine Le Pen garde très majoritairement le programme de son père Jean-Marie Le Pen, (le nationalisme, l’identité nationale, l’immigration, etc.) celui d’une  extrême droite nationaliste et xénophobe. Elle y ajoute quelques notions fortes, biaisées pour brouiller les repères : la laïcité, l’égalité contredite par la priorité nationale, épine dorsale structurelle du programme de discriminations... Elle reprend en permanence tous les thèmes  fondamentaux de l’extrême droite : décadence de la France, dénonciation des élites, diabolisation du monstre européiste, de la mondialisation, de l’islamisme, réquisitoire contre les féodalités et les communautés... 

Pour atteindre la dédiabolisation du parti, elle modernise le vocabulaire, les thèmes et l’image. Elle s’est forgé un style propre, incluant des concepts politiques porteurs (République, liberté, laïcité...) et de nouveaux mots codés (communautarisme pour immigrés). La mise en sourdine des mots et des thèmes les plus controversés de Jean-Marie Le Pen et l’adjonction d’un vocabulaire emprunté au camp républicain permettent à Marine Le Pen de décaler le centre de gravité de son discours vers un point d’acceptabilité plus proche de la norme environnante. 

Son discours est double. Tout d’abord, elle adapte ses argumentaires selon ses auditoires. Sur l’immigration par exemple, elle parlera dans les grands medias de politique « dissuasive » et mettra en avant une rationalité comptable. Elle réservera aux militants la logique xénophobe: l’allusion « au grand remplacement » et l’insistance sur le risque de «submersion démographique » et de conflits multiethniques. Elle use du doublage des mots de la République qu’elle accapare d’un sens second, contestable ou abusif, qui infléchit subrepticement leur signification originelle vers une interprétation politique tendancieuse : L’exemple le plus flagrant est celui de  « laïcité » redéfinie dans un sens restrictif et instrumentalisée comme une arme contre les populations d’origine immigrée. Ce double langage correspond enfin à la dualité inscrite au cœur de la stratégie de dédiabolisation elle-même, tiraillée entre les impératifs de la normalisation et ceux d’un positionnement antisystème. En dépit de ce double langage Marine Le Pen ne se contredit jamais. Son discours est « étagé », les mots et les argumentaires sont choisis en fonction des publics, mais les référents et les mesures proposées restent les mêmes. 

Le programme de Marine Le Pen s’inscrit en porte-à-faux avec les principes fondateurs de la démocratie française : il renie l’article premier du préambule de la constitution de 1958 et trahit la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 alors que Marine Le Pen, sans honte, s’en réclamait dans son discours d’investiture de 2011. 

La laïcité « sacrée » et « Mon peuple » de Marine Le Pen, par Cécile Alduy. 

La laïcité est aux antipodes de l’idéologie du FN historique. Jean-Marie Le Penn a pour compagnons de route des catholiques intégristes. Il manifeste pour l’école libre en 1984 contre « les laïcards », invoque Dieu dans ses discours et cite Benoît XVI. Entre 1990 et 2005, il aborde la question une dizaine de fois, soit dans 2% de ses interventions. 

Marine Le Pen s’est lancée dans une véritable croisade pour la laïcité, ce « principe français sacré ». Entre 2011 et 2013, elle en parle plus de trente fois, soit dans 25% de ses interventions. Si elle dit vouloir « l’application de la loi (de 1905), toute la loi, rien que la loi », elle défend une conception maximaliste et discriminante de la laïcité. La neutralité religieuse devrait s’appliquer à tout l’espace public (rues, entreprises, universités), et elle cible la religion musulmane (plus de 150 mentions contre 12 pour les juifs et 2 pour les catholiques) développant une logique de l’hyperbole anxiogène et de l’amalgame. « La République laïque n’est plus qu’un souvenir évanoui par des années d’immigration massive, de soumission aux revendications des fondamentalistes ». Une exagération martelée depuis les attentats de Mohamed Merah et contre Charlie Hebdo, toute croisade devant désigner des infidèles : «islamistes », «fondamentalistes musulmans », « racailles radicalisées », et plus largement « ces minorités visibles, communautarisées et organisées, à qui tout est dû et auxquelles on donne tout ». 

Marine Le Pen a réussi une véritable OPA sémantique sur le concept de laïcité, qu’elle transforme en une arme politiquement correcte contre les musulmans et les immigrés. C’est un procédé classique de « rétorsion » : emprunter à l’adversaire ses propres mots, les retourner et l’en déposséder. Chez elle, la laïcité ne correspond plus au principe de séparation des églises et de l’Etat, garantissant à la foi la liberté religieuse et la neutralité républicaine, mais à un levier contre l’islam et l’immigration.  

Mon peuple. 

Le national-populisme de Jean-Marie Le Pen s’exprime à travers le double mythe d’un peuple miraculeusement uni et sain  mais trahi par les élites, et du chef qui l’incarne et le guide. D’où le slogan de la présidentielle de 1988 : « Le Pen, le Peuple ». C’est un populisme ethnicisé qui exalte un sang gaulois immémorial et dénonce la disparition du peuple français sous la pression d’une immigration de peuplement. 

Marine Le Pen reprend cette mythologie mais insiste sur la dimension politique d’une souveraineté populaire confisquée par l’UMPS et la caste européenne. Elle veut donc rendre le pouvoir aux Français. Pour cela elle milite pour une démocratie directe référendaire censée donner la parole au peuple. Mais elle n’abandonne pas l’idée nationale populiste du guide. Son slogan de 2012 « La voix du peuple, l’esprit de la France » la présente comme l’incarnation du souffle collectif. Elle ne serait ni de droite ni de gauche mais « en plein milieu du peuple français, à le défendre ». Dans ses discours, elle parle de mon peuple et affirme « Je suis la France » sur TF1, le 15/09/2012. 

Marine Le Pen parle du peuple soit comme demos, source de la souveraineté démocratique, soit au sens des catégories populaires, soit comme ethnos, groupe défini par l’ascendance c’est-à-dire « les français de souche ». Elle louvoie entre ces définitions, entretient en permanence la confusion, dissimulant sous un vernis démocratique ou social les fondements ethnoculturels du « peuple » mariniste. C’est ainsi qu’elle peut appeler à « rassembler la communauté nationale...des gens qui auront des origines différentes, des religions différentes » puis, quelques minutes plus tard, donner une définition exclusive de l’appartenance à «la nation » : la maison du peuple français, c’est la France, et il a le droit, chez lui, de décider qui vient et qui reste ». (France 5, 7/10/2012.) 

Les deux auteurs du livre  décryptent donc ainsi la plupart des doubles-mots marinistes pour en déjouer la pernicieuse et redoutable imposture : l’ «Etat-nation », « l’immigration massive », « liberté-égalité », «l’âge d’or et l’unité », « décadence et renaissance », « le complot », « Prophètes et messie », « une mystique de l’histoire », « négation de l’histoire et impensé du discours »...  

Les conditions d’une réception favorable du discours mariniste. 

C’est vraisemblablement dans la rencontre entre ce nouveau discours et une situation sociopolitique difficile qu’il faut rechercher les raisons de la dynamique actuelle du Front national. 

Le vote Front national est d’abord une réaction face à l’évolution sociétale plus large de notre pays. La carte du taux d’immigration par département, celle de l’insécurité et celle des inégalités sont beaucoup plus proches de la carte électorale du Front national que ne l’est celle du chômage. Ce vote semble être d’abord l’expression d’une fragilisation sociale. Plus on est éloigné du centre de l’agglomération, plus on a le sentiment d’être oublié, déclassé, plus on a tendance à accorder sa voix au parti de Marine Le Pen. Il s’agit en réalité d’un vote de protection. 

Dans certaines régions, dont l’Ouest, relativement épargnées par l’immigration, il s’agit d’une réaction surdimensionnée, prudentielle, provoquée par des discours excessifs de la presse sur la réalité, qui aident Marine Le Pen à activer les peurs liées aux représentations des banlieues. 

Le vote Front national est aussi une réaction face à l’impuissance des politiques à réguler la société française aussi bien socialement qu’économiquement. La politique d’accueil des populations étrangères, par la droite et la gauche, est incertaine depuis des décennies : assimilation, puis intégration, puis inclusion qui pourrait se réduire, en France, à une mise en place non officielle de communautarisme confus... 

Le rapport des citoyens aux politiques est, depuis de nombreuses années, teinté de scepticisme et de suspicion. Les manquements démocratiques des élus et leur manque de pédagogie multiplient les abstentionnistes. 

Les discours des candidats à l’élection présidentielle de 2012 ont été plus marqués du sceau de la dénonciation qu’à celui de la proposition. Le recours aux boucs émissaires, coupables, a fait florès : Jean-Luc Mélenchon en voulait aux riches, François Hollande à la finance, par un appel à l’idée d’un complot secret qui en une phrase expliquait les maux des Français. Nicolas Sarkozy mettait en accusation les «  corps intermédiaires » et l’immigration. Ainsi ont-ils tous favorisés, par leurs thèmes, en les banalisant, les discours de Marine Le Pen. 

De nombreux politiques ont dérapé dans leurs propos, réhabilitant ainsi le discours du FN ; Charles Pasqua, Michel Rocard, Laurent Fabius, François Mitterrand, Jacques Chirac, Valery Giscard d’ Estaing, Nicolas Sarkozy (le Kärcher, les racailles et le discours de Grenoble). Certains autres ont frôlé sans états d’âme l’antisémitisme : Jean-Luc Mélenchon (un balai à la main), Christian Jacob (le mythe du « juif apatride »), Jean-François Copé (le pain au chocolat arraché...) 

Les affaires créent un climat délétère qui favorise les extrêmes : DSK menotté, Cahuzac, le Fouquet’s et le yacht privé d’un grand patron en 2007, Thomas Thévenoud, Copé-Fillon... 

Marine Le Pen occupe désormais une place incontournable dans les medias : elle garantit « une belle audience ». 

La bataille des idées-contre Marine Le Pen- n’est pas encore perdue. Encore faut-il choisir ses armes-SES MOTS-pour la mener. 

Les politiques, en urgence, doivent proposer un modèle explicatif clair du monde avec des propositions simples pour un bel avenir. 

 

Le parti lepéniste a forcé les portes de la République. Il s’emploie aujourd’hui à en squatter les valeurs. Il est urgent d’en décrypter les ruses. Les condamnations morales ont fait long feu. Plus que jamais c’est un combat politique. (LA FRANCE AU FRONT – Pascal Perrineau-Fayard- 2014.) 

Autres sources : Le Monde 9/01/2015 et 21/02/2015.) 

Annie Keszey.

 

17/01/2016

POUR UN ETAT FORT. VERS UN NOUVEAU MONDE.

Alain Juppé.

JC Lattès. 265 pages. 12 €

Ce livre suit « Mes chemins pour l’Ecole », présenté précédemment et devrait être suivi par deux autres publications programmatiques du même auteur. Alain Juppé, normalien et énarque, a été dans sa vie publique, Premier ministre, quatre fois ministre, député européen, député de Paris et de Gironde... Il est maire de Bordeaux (pour la première fois en 1995), réélu en 2014 avec 61% des voix : un maire reconnu compétent par ses administrés. Il est président de Bordeaux métropole. La ville de Bordeaux est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Membre du parti Les Républicains (LR), il est candidat à la primaire de son parti devant désigner le candidat LR à l’élection présidentielle de 2017.

Des critiques classiques le visent, prononcées, en particulier, en 2014, par Nicolas Sarkozy toujours incapable de s’appliquer la maîtrise de soi et l’objectivité. Alain Juppé, AJ, serait trop âgé : 72 ans en 2017. Or, l’âge, en situation de santé ordinaire, n’est pas une incompétence. François Mitterrand avait 65 ans quand il a aboli la peine de mort avec l’aide précieuse de Robert Badinter. Nelson Mandela est devenu le premier président noir de L’Afrique du Sud à 76 ans, après avoir lutté toute sa vie contre l’apartheid...Le Recteur, dans la tourmente, de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a 79 ans. Le pape François aussi : il blanchit les instances du Vatican dont la banque interne, modernise l’église crispée dans ses pratiques traditionnelles et publie aujourd’hui Le nom de Dieu est miséricorde. François écrit : « J’ai une relation spéciale avec ceux qui vivent en prison, privés de leur liberté...Je ne me sens pas meilleur que ceux qui sont en face de moi. Et je me retrouve donc en train de répéter et de crier : pourquoi lui et pas moi ? Cela peut scandaliser mais je me console avec Pierre : il avait renié Jésus et il a quand même été choisi... »   

La miséricorde s’applique d’ailleurs à la seconde critique faite à Alain Juppé, portant sur son chemin de croix  avant et après 2004! Alain Juppé a été condamné par la Justice, en appel, à un an d’inéligibilité, peine lourde pour un homme politique. Il a payé, au prix fort, sa dette civique envers la Nation et les citoyens-électeurs ne comptent pas lui en infliger le rabâchage incompatible avec le Droit. Il est actuellement la personnalité politique en laquelle les 2/3 des sondés, de droite et de gauche, ont le plus confiance.

La candidature d’Alain Juppé est légitime.

A partir du titre de son livre, Pour un Etat fort, une certaine presse souligne sa droitisation accompagnant le mouvement politique général des Français. C’est un constat simpliste : Alain Juppé souhaite une démocratie efficace.

Sa méthode d’écriture est la même que dans son livre sur l’Ecole. Le premier tiers du livre donne la parole à des citoyens, des policiers et des personnels de l’Institution judiciaire. Alain Juppé consulte donc et écoute la base : il tient compte de ces nombreux témoignages pour proposer des actions nouvelles. Il se démarque ainsi, en particulier, de François Hollande qui écoute mais n’entend pas. La majeure partie du livre est son entretien avec la journaliste Natacha Polony. Le thème essentiel est celui de la sécurité. A J écrit : je veux un Etat fort pour garantir la liberté de ses citoyens, assurer leur sécurité, rendre la justice de manière efficace, gagner la guerre contre le terrorisme, lutter contre l’immigration illégale et protéger nos valeurs. Nous ne pouvons plus attendre, l’avenir de la France se joue aujourd’hui.

En fin d’ouvrage, A J rassemble ses propositions suivies par cinq annexes : bilan de l’évolution de la délinquance depuis 2012 - moyens et efficacité de la Justice, en France - l’immigration légale - l’intégration des immigrés – l’asile et la crise migratoire.

A J rappelle ses valeurs républicaines. Il refuse clairement le communautarisme, c’est-à-dire une organisation de la Nation en communautés repliées sur elles-mêmes, sur leurs pratiques, leur religion et même leur langue...Il veut s’assurer que, dans leur diversité, les Français partagent tous un bien commun...

Ce bien commun à partager, c’est la langue...Car la langue, c’est plus que des mots, c’est une structure de la pensée...C’est ensuite le socle des valeurs de la République qui créent le sentiment d’appartenance nationale : la devise républicaine « Liberté- Egalité-Fraternité »...Il faut y ajouter la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, la démocratie- c’est-à-dire le gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple-et la laïcité. L’article 2 de notre Constitution met de la chair dans ces concepts :

L’emblème national est le drapeau tricolore bleu, blanc, rouge. L’hymne national est la Marseillaise...

Les témoignages insistent tous sur les difficultés majeures rencontrées actuellement par les polices, la gendarmerie et l’Institution judiciaire : les manques anciens de moyens encore accrus par les nécessités de l’Etat d’urgence, les contraintes administratives pesantes et dévoreuses de temps. De très nombreuses décisions de police et de justice ne sont pas appliquées et ce « laxisme » ou « ces impossibilités » créent une forte désillusion chez les acteurs impliqués. Malgré la densité du travail, les résultats progressent peu : la délinquance, la radicalisation de jeunes, les conditions d’accueil des immigrés, restent préoccupantes. La République française dysfonctionne.

Les réformes proposées par A J sont nombreuses, rassemblées sur quatorze pages. Seule la lecture du livre permet de les connaître toutes, en profondeur.                    

A J veut renforcer les services du renseignement territorial, le plus à même de détecter les signaux faibles de radicalisation et d’en faire état, renforcer le renseignement pénitentiaire, créer une police pénitentiaire et une agence européenne de coordination du renseignement... Les personnels supplémentaires de sécurité annoncés par le Président de la République ne seront pas formés avant deux ans, il faut appeler des réservistes et, à terme, créer une garde nationale...

La lutte contre la radicalisation suppose la transparence sur les financements de lieux de cultes, une formation civique des ministres du culte musulman, l’augmentation des déchéances de nationalité pour les binationaux auteurs d’actes terroristes, la diffusion d’un contre-discours laïque sur Internet...

Un nouveau traité doit remplacer Schengen afin d’assurer le contrôle des frontières de l’Europe, avec une véritable police des frontières. Des accords entre pays doivent rendre effective la réadmission des migrants économiques. Il faut :

- réaliser un vrai travail de simplification de la procédure pénale, investir dans les technologies pour moderniser la sécurité intérieure, systématiser la saisie des trafiquants de drogues, prononcer l’interdiction de séjour d’un an des dealers dans les lieux où le deal a été constaté, rétablir la loi Ciotti sur l’absentéisme scolaire et l’étendre aux parents des petits trafiquants de drogue, étendre les prérogatives des polices municipales, redéfinir la légitime défense des forces de l’ordre...

- supprimer les réductions automatiques de peine, revenir sur les peines de substitution, rétablir les peines plancher, construire 10 000 places de prison pendant le quinquennat, séparer la justice civile qui accompagne le mineur de la justice pénale qui le sanctionne, développer le travail en prison grâce à une agence nationale spécialisée, assurer une vraie évaluation des détenus dangereux, aligner les conditions de nomination des magistrats sur celles des juges...

- encadrer l’immigration légale : faire voter chaque année par le Parlement un plafond d’immigration et une répartition par type d’immigration, conditionner le regroupement familial à l’exercice d’un emploi...

La France doit répondre à une double exigence : défendre une tradition d’accueil des réfugiés politiques et de guerre tout en luttant contre le détournement économique du droit d’asile. La durée d’examen des demandes d’asile doit être réduite...Il faut réformer l’aide médicale d’Etat en la limitant aux cas d’urgence.

Pour faire respecter la laïcité, il est proposé, en particulier, de créer un code de la laïcité reprenant l’ensemble des règles à respecter et de créer un délit d’entrave à la laïcité dans les services publics pour sanctionner son non-respect...Un conseil national des cultes aura pour but de faciliter le dialogue entre les différentes religions et l’Etat.

A J a étudié sérieusement les nombreux problèmes faisant obstacle à la liberté et à la sécurisation des citoyens de l’Etat français et propose les remèdes. C’est un travail d’un pragmatisme simple, de bon sens, mais tellement rare en politique que la démarche reste exceptionnelle. Les propositions sont justifiées, précises, équilibrées, fondées sur la raison et sur l’expérience.

Annie Keszey.

 

 

17:47 Publié dans France, POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alain juppé, état fort, sécurité, immigration légale, laïcité, justice | | |  Facebook

14/01/2015

MESSAGE A MADAME CECCALDI-RAYNAUD,MAIRE DE PUTEAUX.

 Madame,

 

Votre parti, l’UMP, a accepté l’Union nationale voulue par le Président de la République, pour répondre aux carnages terroristes. Vous-même avez approuvé cet appel et vous êtes associée publiquement à l’hommage rendu aux victimes  de Charlie Hebdo, de l’hypermarché  casher et des forces de sécurité : « Nous sommes Charlie ».

Vous avez défendu la liberté d’expression et la liberté de la presse.

L’Union nationale est un rare moment  de paix parfaite et de fraternité, au-dessus des partis, qui suspend les rivalités et les critiques fondées ou infondées. Votre engagement, particulier, est à saluer : vous avez été une cible de Charlie Hebdo, qui vous a caricaturée,  et pourtant vous avez défendu la mémoire des dessinateurs, avec le même engagement apparent que le peuple anonyme.

L’un de vos opposants, conseiller municipal du MoDem, justicier permanent d’un tribunal populaire fantôme, s’est fait prendre en photo, au sein du cortège défenseur de la liberté d’expression, or, ce blogueur censure son blog ! Il s’est approprié la notoriété funèbre des «  Charlie Hebdo » en rééditant des caricatures  vous concernant : mitrailleur  opportuniste, cassant ainsi l’Union  locale de Puteaux par sa recherche exténuante de   promotion politique. Ce n’était pas le moment de réactiver le combat permanent interpartis, dont  les  nombreux électeurs abstentionnistes sont lassés. Bien sûr, de nombreux extraits de Charlie Hebdo ont envahi la presse et les réseaux sociaux, mais sans capturer le prestige des auteurs. L’erreur humaine   cesse d’être répréhensible quand elle est corrigée avant de nuire: ainsi, le directeur de BFM TV qui avait publié le nombre anormalement élevé de téléspectateurs sur la chaîne en liaison avec l’horreur djihadiste a-t-il vite effacé ses statistiques publicitaires, conscient de leur indécence.

Votre opposant est un dissident à l’intérieur de son parti. François Bayrou, en précurseur visionnaire, le 15 mai 2014, demandait « l’Unité nationale pour conduire une politique de restructuration et reconstruire massivement les piliers qui font la France »… L’erreur fut de ne pas l’entendre.

La belle France « debout » contre ce terrorisme barbare, est d’une  haute conscience,   rassurante, au-delà des partis. Chacun sait les graves préoccupations et les divergences que recouvre  cette apparente unité.

La France est un conglomérat de communautés diverses qui interroge l’indivisibilité républicaine, sans que cette lente évolution, irréversible, n’ait été prise en compte par les responsables politiques. Les confrontations et les ajustements sont devant nous.

Les politiques, en tête de cortège, ont récupéré la tristesse collective, sans pouvoir embrigader cependant la foule éprouvée et lucide qui avait, la première, défendu les valeurs républicaines. Les présences du ministre turc des affaires étrangères, du chef de la diplomatie russe, du premier ministre hongrois et du président gabonais, en particulier, représentants de régimes peu portés sur la liberté de la presse, n’ont pas fait illusion. La question de Reporters sans Frontières « Au nom de quoi les représentants de régimes prédateurs de la liberté de la presse viennent-ils défiler à Paris ? » était aussi la question des citoyens ordinaires. En ajoutant les représentants de l’Egypte, de l’Algérie et des Emirats arabes unis, il était très difficile de légitimer la seule exclusion « conceptuelle » du FN français, parti   d’extrême droite, mais toujours reconnu légal par la République! L’extrême gauche défilait !

La foule, convaincue du fait que « nous sommes en guerre asymétrique », n’a  pas davantage succombé aux discours atténués, contournés, enlisés dans l’impuissance relative des responsables chargés de la prévention des massacres terroristes. Amedy Coulibaly a été condamné sept fois, en douze ans, à vingt-deux ans de prison! Ce 13/01/2015, l’ennemi est clairement désigné en haut lieu : l’islamisme radical.

« Je suis Charlie » slogan unitaire remarquablement rassembleur de Français endeuillés   n’a pas signifié non plus l’adhésion à un art unique de la caricature: celui de Charlie Hebdo, art aux confins de la provocation courageuse et dangereuse.

Le peuple de la France laïque, a confirmé  sa Liberté. Il a reconnu l’efficacité de la Présidence de la République, de l’Exécutif et des Forces de sécurité pendant ces jours de traque.

La liberté d’expression, celle de la presse ne sont pas absolues. Des lois en marquent les limites. Les représentants politiques d’aujourd’hui et de demain devraient maîtriser pour tous, et donc d’abord pour eux-mêmes, cette valeur collective républicaine. Dans les Hauts-de-Seine, par exemple, le PS accepterait la candidature aux prochaines élections  d’un condamné, au pénal, pour diffamation, par la Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Nanterre. Le candidat a été sanctionné pour ses expressions  violentes et son extrême virulence. Ce choix est-il compatible avec la nouvelle rigueur des « engagés » qu’impose le risque national ? Non !

 

Le changement, c’est maintenant : laïcité ferme, éducation, instruction, autorité de la Justice, force du renseignement, sécurité de l’emploi, égalité et fraternité. 

Madame Ceccaldi-Raynaud, poursuivez, sans faillir, la défense de la liberté d’expression.

Chantez la Marseillaise, tous ensemble, lors du prochain conseil municipal, comme viennent de le faire, spontanément, tous les députés.

 

Annie Keszey.