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07/12/2015

TERRORISTES. Les 7 piliers de la déraison.

Marc Trévidic. Le livre de poche. 284 pages.

Le juge Marc Trévidic est l’un des meilleurs spécialistes des filières islamistes.

A partir d’histoires d’apprentis terroristes, il nous fait pénétrer au cœur du Jihad individuel. Il informe avec un grand professionnalisme les citoyens devenus des cibles indifférenciées particulièrement en 2015. La lecture de ces progressions insidieuses vers la déraison est éprouvante. Marc Trévidic fait œuvre de juriste, d’historien, de psychologue, de sociologue : il expose les raisons de nos peurs et nous édifie avec subtilité.

- Pourquoi le Jihad individuel fait-il peur ?

- Pourquoi les loups ne sont-ils pas solitaires ?

- Pourquoi les appelle-t-on terroristes ?

- Pourquoi ne pas les laisser partir ?

- Pourquoi les femmes s’en vont en guerre ?

- Pourquoi prévenir le terrorisme est si difficile ?

- Pourquoi AL Qaida n’est-elle pas morte ?

Mais aussi L’agent double d’AL Qaida, La métamorphose, Le piège à ours, Journal d’un moudjahed, Les histoires d’amour finissent mal, Le petit poisson et le gros, C’est une maison-tour accrochée à la colline...

...L’épilogue, l’histoire d’Alexandre qui aurait pu être grand, histoire brève, si belle puis tragique, synthétise la douleur partagée des meurtres aveugles et constitue, en effet, la meilleure définition du terrorisme que Marc Trévidic pouvait nous donner.

Marc Trévidic a dépassé la seule approche théorique, parce que les petites histoires du terrorisme, celles faites de chair et de sang nous en apprennent plus que les grands discours, surtout si l’on prend en compte le regard des différents acteurs. Le prisme unique est remplacé par un kaléidoscope.

La situation nationale et internationale, l’avenir incertain imposent cette lecture.

Extraits discontinus.

Le terrorisme est une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation et la terreur...

Ce fut après le meurtre de trois enfants et d’un enseignant que la France fut terrorisée. Et depuis la peur subsiste. Elle a du mal à s’éteindre. Et si ça recommençait ? Car il y eut de l’incompréhension, des pourquoi, beaucoup de pourquoi. Pourquoi ce français détestait-il la France au point de tuer des militaires français ? Pourquoi ce jeune homme détestait-il l’humanité au point de tuer de jeunes enfants ? Pourquoi ce délinquant, qui ressemblait à n’importe quel délinquant, était-il parvenu à nous duper ? Cette dernière question était de loin, de très loin, la plus préoccupante.

Que Mohamed Merah détestât la France et voulût la faire souffrir était une évidence. Mais il n’y avait là qu’un peu d’écume recouvrant une lame de fond, un courant souterrain froid et profond. Un courant prêt à emporter les frontières, trancher dans notre histoire de France, décapiter Marianne. Une lame de fond qui lacérait impitoyablement l’idée même de l’Etat-Nation.

Nous en sommes là. Mohamed Merah a montré aux français ce qu’un Français pouvait faire à la France. Mais cela, nous le savions déjà. Nous savions que le radicalisme religieux interdisait l’appartenance nationale et conduisait à la violence. Nous savions que, pour quelques fanatiques, il n’y avait plus de frontières et de pays. Il n’y avait plus que l’islam et l' Oumma islamique, la communauté de croyants. Si ce n’est qu’un savoir intellectuel n’a pas la force du ressenti, de la connaissance charnelle de la souffrance...Mohamed Merah n’était pas le premier à ne plus se sentir français...De nombreux musulmans intégristes, depuis le début des années 1990, ne se sentaient plus chez eux nulle part. Ils ne se sentaient plus français mais ils l’étaient tout de même. Ils étaient avant tout musulmans, mais dans une version originelle qui déplaisait fortement à la majorité de la communauté musulmane. Ils n’étaient pas bien vus en France, pas bien vus dans la rue, pas bien vus dans les mosquées. Mais ils étaient certains d’avoir raison, de suivre le bon chemin, celui du Coran et de la Sunna (les paroles et actes du prophète), sans altération, sans innovation, même si cette route sur la trace des Salafs (les ancêtres) ne menait à rien sur cette terre. A défaut de mener à quelque chose dans ce bas monde, il leur restait du moins la perspective de Firdaws, le paradis des moudjahidins...

Avec le terrorisme islamiste nous ne sommes plus dans le temporaire mais dans la permanence... 

Les Mohamed Merah sont beaucoup plus difficilement décelables qu’on ne le croit. L’art de la dissimulation est une réalité. C’est même une stratégie... 

Initialement tout apprenti jihadiste arrive sur une terre de Jihad avec le désir de combattre comme les moudjahidin vus sur les vidéos des sites islamistes, kalash à la main, luttant contre des soldats impies. Or, ce qu’on lui demande en le renvoyant chez lui est bien éloigné de l’image d’Epinal qu’il s’était forgée. Il va falloir mentir, s’enterrer, avaler, ravaler, être une taupe, serrer des mains, dire bonjour et bonsoir. Et surtout, attendre, attendre, attendre. Cette pratique de la taqiyya en solitaire est très difficile. Certes le décloisonnement est absolu et le risque de fuite ou d’erreur bien moins important que dans un groupe terroriste, mais le Jihad individuel présente l’inconvénient de laisser le terroriste seul avec lui-même...Le jihadiste individuel est la plupart du temps obligé, pour raffermir sa volonté, de rompre l’isolement et de contacter son référent, son émir ou son mentor, par messagerie privée, sur Internet...

Un jeune exclu de la société a tous les risques de basculer, mais le basculement dans le terrorisme est bien particulier...

A la lumière de nos dossiers terroristes, il semblerait que ce cheminement se fasse, la plupart du temps, en trois étapes : la radicalisation, l’exploitation et enfin le passage à l’acte terroriste...La démarche consiste à penser que l’on est dans l’erreur et que, pour retrouver la vérité, il faut revenir au texte fondateur, à la source de la vérité et s’y abreuver. Cette recherche de l’absolu n’est pas un crime. Elle s’apparente à celle d’une innocence perdue, d’un retour à la pureté. Tous les fondamentalistes ont ceci en commun. Celui qui resterait à ce stade de la recherche personnelle, de l’apprentissage personnel de règles de vie exigeantes serait aussi inoffensif qu’un ange. Mais l’homme n’en reste jamais là. Il veut créer autour de lui l’absolu dont il rêve. Il veut que les autres soient comme lui. Il ne se suffit pas à lui-même.

La radicalisation s’opère de diverses façons : lectures, Internet, rencontre d’un mentor. L’autoradicalisation, terme à la mode, est en revanche vide de sens...Puis la radicalisation se conforte. La curiosité initiale fait place à la fascination. On ne cherche plus l’information, on cherche à consolider des informations déjà faites. Le fondamentalisme nous attire et c’est pourquoi on n’ira plus chercher la contradiction. Il nous faudra uniquement des discours qui renforcent nos convictions naissantes...

A part les privations, le radicalisme n’amène rien en ce monde. Il n’est pas apte à gérer les frustrations. Certains jeunes qui s’étaient radicalisés retournent donc en arrière...

D’autres passent à l’étape suivante, celle que l’on appelle souvent l’endoctrinement. Le mot exploitation est plus exact...L’exploitant s’appelle

mentor, gourou, imam, émir, savant, prêcheur, grand frère. On l’appelle comme on veut mais il est indispensable. L’exploitation c’est la phase nécessaire consistant à tirer profit de la radicalisation acquise pour parvenir à légitimer le passage au troisième acte, l’acte ultime, l’acte terroriste ...

L’exploitation de la radicalisation, cependant, ne sera efficiente que si les circonstances politiques le permettent...La situation devient très dangereuse quand le mentor est doué d’une capacité de persuasion importante et que la situation politique lui donne des arguments solides. La conjonction de ces deux facteurs est explosive. Le poids des arguments doit s’apprécier, non de notre point de vue, mais de celui des jeunes radicalisés auxquels ils s’adressent... 

Marc Trévidic nous permet de penser au-delà d’informations médiatiques conventionnelles ou simplistes. Il précise ce qu’est un compromis équilibré entre la sécurité et la liberté, il décrit minutieusement les étapes très difficiles des enquêtes antiterroristes, les dilemmes à dépasser, les intervenants nombreux à harmoniser et nous met ainsi en garde contre toute opinion idéologique, non fondée sur la réflexion, sur la raison.

A la veille d’une nouvelle année, on gardera précieusement ces connaissances lourdes que Marc Trévidic a partagées mais aussi ses constats subtils qui rassurent. Par exemple, en page 144 il écrit : Pour l’instant, personne, en haut de la tour Eiffel, n’appelle à la prière.

Annie Keszey.

27/12/2014

MARC TREVIDIC, JUGE D'INSTRUCTION, CONFIRME NOS CRAINTES.

marc trévidic,juge d'instruction,histoire,justice,petits cochons,petit méchant jugeOui , la Justice est comme le père Noël: elle n'existe que si l'in y croit comme un enfant.

Marc Trévidic, vice-président du pôle anti-terroriste du Tribunal de grande instance de Paris est l’un des meilleurs spécialistes des filières islamistes. Il vient de publier, en octobre 2014, après « Terroristes, les 7 piliers de la déraison », « Qui a peur du Petit Méchant Juge ? », aux éditions Lattès. La préface est de Gilbert Thiel. 

Cet essai retrace les diverses mutations du juge d’instruction depuis Saint-Louis,  dont celles du lieutenant criminel institué par François 1er, la création du juge d’instruction le 20/04/1810 et la situation d’aujourd’hui. C’est une leçon vivante d’Histoire de la Justice que l’école publique oublie d’enseigner pendant la scolarité obligatoire. C’est également une critique sociale profonde, dure et amère parfois d’un amoureux déterminé de la Justice. 

Le style, cependant, inventif et drôle, allège le propos. Pour le lecteur, c’est un plaisir d’apprendre. 

Marc Trévidic confirme nos craintes, mais son expérience lucide de quête de la vérité judiciaire et sa droiture nous encouragent. 

Les extraits discontinus du livre de 300 pages sont en bleu. La page 204, et ce n’est pas la seule, sur la fraude fiscale des Puissants, est d’un humour que l’on partage avec gratitude. 

Oui, la société française reste inégalitaire. Après la Royauté, les Seigneurs et les manants- les privilégiés et le tiers-état- la bourgeoisie et le prolétariat- les riches et les pauvres, Marc Trévidic oppose le CHÂTEAU, lieu de pouvoir des puissants, aux PETITS COCHONS, désignation du peuple anonyme, appellation reprise de la fable les  «Trois petits cochons », qui avaient peur du grand méchant loup, image du Petit Méchant Juge, PMJ… 

Depuis que le monde est monde, il y a toujours eu les Puissants et les autres… 

Oui, la Justice est inégalitaire, elle n’est pas indépendante du pouvoir exécutif. Elle est lente par manque de moyens dont la faiblesse de l’aide juridictionnelle, par exemple, mais aussi par les obstructions… A tous les âges et les régimes, nos gouvernants ont exercé sur la Justice cette pression constante : il leur a fallu trouver un coupable… Et cette aspiration sécuritaire se trouve au cœur de la délicate question de la détention provisoire… 

Le CHÂTEAU a toujours cherché à contrôler les dossiers sensibles… 

Il y a une loi d’un côté et l’obéissance à la hiérarchie de l’autre… 

Les fraudes électorales ne sont jamais jugées ou jugées quinze ans après les faits… 

Depuis que le PMJ souffle sur le CHÂTEAU de brique, il a le sentiment d’être persécuté. 

Les Puissants cherchent à supprimer le PMJ ou, au moins, à limiter sa capacité de nuisance (contre eux, bien sûr). Les PETITS COCHONS devaient être traités sans complaisance. Selon eux, si on leur donnait la main, ils vous bouffaient le bras… 

La Justice est imparfaite dans ses lois et ses procédures. La présomption d’innocence est contredite lors des détentions provisoires, presque tous les motifs légaux pour les concrétiser reposent sur la présomption de culpabilité…Il est difficile de considérer la présomption d’innocence comme autre chose qu’une aspiration philosophique… 

Les scènes de crime, polluées autrefois, le restent encore, rendant parfois impossible le relevé d’indices pertinents… 

Les lois injustes d’autrefois étaient appliquées. Les lois justes d’aujourd’hui ne le sont pas… 

Des tortures aussi inhumaines que dans le passé sont encore appliquées dans le monde, par les Etats- Unis, par exemple, à Guantanamo… 

Le CHÂTEAU. 

Les PETITS COCHONS avaient travaillé dur pour construire le CHÂTEAU et même si corvée après corvée, ils devaient l’entretenir, celui-ci était leur seule protection, quand les barbares des maisons de paille attaquaient la contrée. Au fil du temps le CHÂTEAU se métamorphosa…Il embellissait sans cesse…Peu à peu le CHÂTEAU perdit son rôle protecteur des PETITS COCHONS qui payaient des impôts élevés dans leurs maisons de paille et encore plus élevés dans leurs maisons de pierre…Le CHÂTEAU devint dépensier et festif et les hôtes, aveugles et sourds…Les doléances puis les remontrances des PETITS COCHONS aboutirent à la destruction du CHÂTEAU…Un nouveau CHÂTEAU de brique  fut construit sous la Convention, payé par un inconnu. Il devint de plus en plus  fastueux, en interne, au cours de l’Histoire…Le nombre d’invités ne cessa d’augmenter jusqu’au vingtième siècle où des séances concernent les présidents et ex-présidents, les responsables des principaux partis, des responsables du CAC 40, des banquiers, des avocats. ..Le supérieur de la police judiciaire et celui du procureur vivent au CHÂTEAU…Depuis sa destruction, les PETITS COCHONS, sélectionnés, ne pourront y entrer de nouveau que le 24/12/1974. Un ancien président invita quatre d’entre eux, des éboueurs, au petit déjeuner : un Français, un Sénégalais et deux Maliens…Le président leur posa de nombreuses questions sur leur travail ponctuant chacune de leurs réponses de mots choisis avec soin : Fascinant, Remarquable, Incroyable… Quand le moment vint des adieux, il fut donné à chaque invité un colis de victuailles pour Noël. De mauvaises langues ont prétendu que ce colis contenait une bouteille de cognac…Un Malien musulman ne fête pas Noël et ne boit pas d’alcool. 

Les Puissants sortent parfois du CHÂTEAU pour rencontrer les PETITS COCHONS, au salon de l’agriculture, par exemple. 

LE PATRON. 

Il vit au CHÂTEAU. Il est également un personnage de fiction. Il n’est pas un roi, pas un président, pas un ministre. La fonction du PATRON est pourtant essentielle : maintenir l’ordre établi et il connaît le seul point sur lequel les Puissants s’accordent au-delà de leurs luttes intestines. Leur accord tacite repose sur une volonté de maintenir leurs privilèges quel que soit le régime en place et la forme du gouvernement. Ils ne veulent pas seulement demeurer dans la sphère du pouvoir : ils veulent également que personne n’y entre…  

LE PETIT MECHANT JUGE. 

D’abord petit, puis méchant quand il a commencé à souffler sur le CHÂTEAU, ce juge d’instruction est le personnage principal. Ce n’est pas seulement Marc Trévidic mais un amalgame de tous les juges…Ce PMJ est torturé par son impuissance. Il voudrait que la Justice soit égale pour tous mais ne voit vraiment pas comment faire…  

Le PMJ raconte son histoire à la première personne : « je ». Il est l’acteur principal vivant pendant plus de cinq siècles.C’est sur le divan du DOCTEUR BLEULER que le MPJ retrace  l’évolution de la Justice et de sa fonction de juge : les prérogatives et les dénominations variables du juge d’instruction, les lois, les affaires, les erreurs judiciaires, les statuts divers de la preuve, les tortures anciennes inhumaines, l’évolution des droits de la défense, les rapports à la hiérarchie et au Pouvoir…   

Le DOCTEUR BLEULER est un descendant d’Eugen Bleuler, psychiatre suisse né en 1857, mort en 1939, et célèbre pour son travail sur la schizophrénie… 

La première consultation du PMJ a lieu page 37.

- Bonjour, docteur. Je pense que vous savez qui je suis. Sachez tout d’abord que je n’aurais jamais imaginé venir vous voir un jour. Mais les années ont passé et la République ne ressemble plus à rien. Et puis surtout, il y a quelque temps, un hôte très important du Château de brique a déclaré que j’étais schizophrène. Au début, j’ai pris cette accusation à la légère. Après tout ce personnage ne m’aimait pas. Ce n’était pas la première fois qu’il s’en prenait à la Justice en général et à moi en particulier.

- On peut même dire qu’il était multirécidiviste en la matière, souligna le docteur…

Au cours du récit, en rapport avec les faits, le docteur et son patient vont envisager d’autres troubles : les fractures psychiques, les anxiétés subites, le délire paranoïde, les hallucinations…

-Disons que j’ai commencé à  faire un rêve hallucinatoire : la justice était la même pour tous. J’entrais dans le CHÂTEAU de brique. Je faisais une perquisition.

-Une perquisition dans le CHÂTEAU de brique ! Vous êtes complétement fou !

-Merci docteur…ça fait toujours plaisir à entendre…

Le psychiatre ne confirmera aucun de ces troubles, après analyse. Le PMJ est normal…

Le PMJ raconte trois perquisitions chez les Puissants : l’une à la mairie de Paris, les policiers qui l’accompagnent refusent d’entrer, l’autre à la Préfecture des Hauts-de-Seine où il va seul avec sa greffière, c’est une épreuve et la troisième où, pour la première fois, il rentre au CHÂTEAU dans lequel le directeur du Consortium militaro-nucléaire a été assassiné. Sur tous les objets il trouve l’apposition « Confidentiel défense » « secret défense » y compris sur le cadavre sorti du réfrigérateur…Il ne peut saisir le cadavre : ce n’est plus un humain, mais un objet puisqu’il est mort, c’est donc interdit ! 

Un jour, l’ancien  président qui espérait le redevenir veut supprimer le PMJ devenu populaire auprès des PETITS COCHONS. Des propositions de remplacement sont faites : le remplacer par un procureur aux ordres du pouvoir exécutif, l’appauvrir par une stratégie de pourrissement, réduire le nombre de PMJ …Mais il y a peu de présents à cette réunion, beaucoup  de membres ayant préféré assister à une conférence qui apprend à ne pas payer d’impôts de façon légale. La décision est reportée à un meilleur moment, quand le PMJ soufflera par erreur sur une maison de paille…  

Le VICOMTE défend la vie et l’honneur du PMJ : la dimension romanesque du  Petit Méchant Juge lui a plu, tout comme l’impression peut-être de défendre une cause perdue… 

Le PMJ est l’acteur des nombreuses affaires majeures de l’Histoire, qu’il décrit et reconnaît les erreurs passées du PMJ. Il reprend longuement une erreur judiciaire de la Convention qui a exécuté la veuve Martin, Jean et Marion Fleury le 25/04/1793, pourtant acquittés par la Justice. Le geste de CECILE RENAULT, le 22/05/1794, est comparable, pour lui, à celui de l’étudiant chinois de la place Tiananmen. Le PMJ assiste à la décapitation d’Emile Henry le 22/05/1894, premier exemple du terrorisme aveugle, caractérisé en particulier par des aveux sans remords.

Les aveux sans remords ne sont plus des aveux. Ce sont des insultes. Les victimes le savent mieux que quiconque… 

 

ELLE  a des visages multiples car elle est ce qu’on en fait. Il faut encore croire à quelque chose pour comprendre qui ELLE est et lui pardonner ses excès…

ELLE, la Justice, la liberté, la République, Marianne donc, est jeune et très belle en 1789, année préférée du PMJ qui en tombe amoureux. Mon Dieu qu’elle était jolie quand elle traversait les rues de Paris en chantant à pleine voix. Vous l’auriez suivie comme tous les Petits Cochons. Elle avait des mots magiques qui sortaient de ses lèvres sublimes. Elle voulait l’égalité pour tous. Elle touchait du doigt la quintessence de la justice. Dans ses yeux, j’étais incroyablement beau…

 ELLE va ensuite rester enfermée au CHÂTEAU, s’y enlaidir, vieillir, se prostituer pour retrouver enfin la liberté. Mais le PMJ, maintenant, va prendre sa retraite avec ELLE, dont il est toujours amoureux : ils vont avoir ensemble un bébé, la VIème République…

ELLE était superbe, sans doute encore plus belle qu’en 1789. Le PMJ eut un serrement de cœur :

- ça va aller mon trésor, demanda-t-il.

- Ne t’en fais pas, ça ira, ça ira, ça ira…  

Bonne lecture ! 

Annie Keszey.