15.01.2012

UN AVENIR ECONOMIQUE AU-DESSUS DES CLIVAGES POLITIQUES.

 

La France a rompu avec le modèle économique qui a prévalu pendant les Trente Glorieuses pour se tourner vers un modèle libéral-financier.

Elle doit maintenant faire le chemin inverse. Vers  un avenir libéral-financier  qui ne correspond pas à son identité, elle perdra toujours face aux Etats-Unis et à la Grande Bretagne. Elle ne concurrencera  jamais la City. Son adaptation  à un modèle commercial-industriel, (vers lequel tous les pays d’avenir  se tournent), qui ne renie pas sa spécificité qu’est l’art de vivre, est plus facile et souhaitable. Vraiment, il est temps de choisir.

 

Jean-Louis Beffa, Président d’honneur de la Compagnie de Saint-Gobain et coprésident du Centre Cournot pour la recherche en économie publie « La France doit choisir », 286 pages, au Seuil.

Le site: www.saint-gobain.fr rappelle sa carrière.

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C’est donc un Grand Patron français qui expose, avec une rare rigueur, la complexité économique du monde et définit plusieurs scénarios d’avenir pour le France et l’Europe, pour n’en défendre qu’un.

Au lecteur ordinaire, il transmet d’abord une méthode très structurée d’interrogation, valable pour tous les modèles économiques:

Pour repérer les effets économiques de la mondialisation et pour distinguer les 4 grands modèles économiques actuels, il faut discerner les 2 types d’entreprises dominants, reconnaître les 2 modèles du rôle des actionnaires, les 3 types d’innovation des entreprises, les 3 attitudes possibles des Etats, les 3 sortes de relations sociales, les 3 conceptions des relations entre les Etats et les entreprises. L’analyse du modèle français d’aujourd’hui permet de prévoir 4 avenirs possibles : la poursuite aveugle de l’orthodoxie libérale, voulue par Nicolas Sarkozy et le MDEF, le dirigisme teinté de « baba-coolisme » dur et interventionniste de Jean-Luc Mélenchon, le déclin dû aux hésitations et absence de choix politiques actuels et la solution, proposée par Jean-Louis Beffa, d’un nouveau pacte national.

 

Au sein de l’évolution de l’environnement concurrentiel des firmes occidentales, la nature du métier d’une entreprise est devenue un critère de gestion essentiel. Il convient à ce titre de  distinguer les

 « métiers mondiaux » des « métiers régionaux ».Les métiers mondiaux sont ceux où la production d’un pays donné est en concurrence directe avec les productions d’un autre pays même lointain (mémoires électroniques, logiciels informatiques transmis par satellite ou  réseaux optiques à grande vitesse)…Dans ce type de métiers, les entreprises doivent, pour maintenir leur avantage concurrentiel, disposer, en permanence d’un niveau de technologie élevé, d’inventivité et de service au client supérieur à celui de leur concurrentes . Elles réalisent l’essentiel de leur effort de recherche et de développement sur leur territoire national, pour préserver aussi leurs secrets industriels. Elles exportent à l’extérieur une part importante de leur production. Telle est la stratégie d’entreprises comme Siemens en Allemagne ou Toyota au Japon.

Les métiers régionaux sont ceux où les concurrents, au contraire, se situent à une faible distance dans un même pays ou un pays voisin et disposent du même coût de travail et du même coût d’énergie.

Certaines firmes à métier régional, dont Saint-Gobain, se mondialisent et inévitablement, le marché d’origine pèse de moins en moins dans le chiffre d’affaires global de ces sociétés.

Internet est une incroyable machine à mondialiser les métiers régionaux, dans le secteur des biens culturels, par exemple.

La nouvelle donne économique ne fera qu’accentuer la disparité entre ces deux catégories d’entreprises.

Aujourd’hui l’économie n’est plus définie par l’affrontement entre le capital et le travail, mais par la bataille entre les Etats pour les ressources rares. Dans cette optique, le nerf de la guerre se trouve pour chaque état dans ses industries nationales exportatrices. C’est par trois choix politiques qu’un état délimite les moyens d’action pour former des champions nationaux: le rôle des actionnaires, l’innovation des entreprises, les relations sociales.

1.

Le rôle des actionnaires.

Dans le modèle de la primauté actionnariale, typique de l’idéologie libérale, les dirigeants (conseil d’administration et direction générale) doivent gérer l’entreprise dans l’intérêt exclusif des actionnaires. Cette position se retrouve dans les pays anglo-saxons, en Europe  et en France. Elle favorise la déstabilisation des entreprises par des actionnaires activistes, vise à empêcher tout acte de défense émanant du conseil d’administration lors d’offres publiques d’achat hostiles…Cette idéologie actionnariale participe d’une déconnexion entre économie financière et économie réelle : elle est défendue par les instances européennes et nationales et par la City de Londres qui gagne de l’argent sur toutes les opérations financières qui affaiblissent les entreprises. L’actionnariat familial cependant vise plus la pérennité de l’entreprise que sa rentabilité maximale (Bouygues, l’Oréal…). La primauté  donnée à l’actionnariat ne va pas sans risque.

 

Le modèle de l’intérêt partagé.

L’intérêt social. Les sociétés et leurs dirigeants agissent en tenant compte de tous les ayants-droit de l’entreprise, salariés et environnement économique compris. Il facilite une gestion responsable et transparente qui prend en compte le long terme.

La cogestion. Elle est surtout présente en Allemagne. C’est le modèle le plus avancé de la participation des salariés aux décisions de l’entreprise. Les représentants des salariés siègent en tant que tels au conseil d’administration de l’entreprise. La négociation collective et la cogestion recherchent un consensus.

Si un état considère le solde positif de son commerce extérieur comme un des objectifs indispensables à sa politique économique, il doit rééquilibrer la balance entre les actionnaires d’une part,  les gestionnaires d’autre part (et les salariés).

2.

L’Etat et l’innovation des entreprises. Pour rester en situation de leadership, les entreprises doivent maintenir coûte que coûte leur avance technologique, contrainte essentielle dans les métiers mondiaux. Dans une typologie des systèmes d’innovation, le système de marché, le système dirigé par l’entreprise, le système public-privé, c’est ce dernier que l’on observe en France et en Allemagne, avec des différences notables. En France, l’interaction entre le public et le privé manque d’efficacité.

L’action de l’Etat dans la promotion de l’innovation, devrait être continue et cohérente dans ses choix, c’est-à-dire mettre en œuvre un véritable modèle économique. Or, la France est incertaine, changeante, quant à son modèle économique.

3.

Les relations sociales.

Le modèle coopératif allemand et japonais développe un fort lien d’appartenance entre le salarié spécialisé et la firme dans laquelle il évolue. En France, il ne concernerait que 40% des salariés.

Le modèle de la dominante professionnelle qui s’est développé avec l’apparition de professions extrêmement qualifiées donne aux détenteurs de compétences, les traders, par exemple, de véritables rentes de situation et un excellent rapport de force avec les employeurs. Les plus importants salaires  des banques françaises  sont 428 fois plus élevés, en 2006, que le salaire brut moyen. En France, ce modèle concernerait 10% des salariés du privé.

Le troisième modèle, celui de la flexibilité du marché prévaut dans toutes les entreprises qui emploient des personnes peu qualifiées. En  matière  de protection sociale, ce modèle est inférieur aux autres : mobilité, variabilité des horaires, masse de chômeurs, faible syndicalisation. Ce modèle  est  devenu dominant en France puisqu’il concerne 50% des salariés.

4.

Le  rôle  des Etats.

Dans l’approche  libérale, la législation du travail est fondée sur le contrat de travail lequel peut être rompu à tout moment, selon des modalités définies, sans recours pour le salarié. Cette approche coexiste aux Etats-Unis avec d’autres secteurs très protégés par les syndicats. L’approche réglementaire, en France par exemple, inspire largement des textes législatifs : l’Etat reste le pivot des relations sociales dans la mesure où les partenaires sociaux n’ont pas une tradition de négociation.

Le modèle coopératif, allemand, par exemple, dans la cogestion, donne aux syndicats un droit à l’information sur la stratégie des firmes, un droit de consultation et de décision.

5.

Les modèles économiques des Etats.

Jean-Louis Beffa décrit quatre modèles: le libéral-financier (pays anglo-saxons, Etats-Unis), le commercial-industriel (Allemagne, Japon, Chine), le rentier (Les Emirats arabes unis, l’Arabie Saoudite)  et l’autocentré sur la demande interne (Brésil, Inde).

L’indécision et l’inconstance historique  française quant à son modèle mérite réflexion.

Le Général de Gaulle, à partir de 1958, Georges Pompidou avaient défendu un modèle commercial-industriel dont la politique s’inscrivit dans ELF, la CEA, Areva, EDF, Airbus, Ariane, la SNECMA, le TGV…

Raymond Barre d’abord, puis Pierre Bérégovoy sous la présidence socialiste de François Mitterrand, ont impulsé la transition vers le modèle libéral-financier dans les années 1990, poursuivie sous les présidences de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy.

[ Jean-Louis Beffa ne cite ni Dominique Strauss-Kahn, ni Lionel Jospin, ni Martine Aubry qui n’ont nullement inversé cette tendance dans les années 2000, années de croissance, pendant lesquelles la puissance publique n’a pas équilibré les dépenses et les recettes, n’a pas réindustrialisé].

Le changement de modèle, plus  idéologique que savant, a marqué les réglementations nationales et inspiré les doctrines des régulateurs de marchés financiers.

L’ouverture aux mouvements de capitaux étrangers s’est accompagnée d’un alignement du comportement des gestionnaires de l’épargne française sur les idéologies élaborées à Wall Street et à Londres. Sous ces influences un profond changement de la gouvernance s’est mis en place dans les entreprises du CAC 40, en particulier. Les groupes diversifiés ont éclaté en groupes monométiers lesquels ont la préférence des investisseurs anglo-saxons. La Compagnie Générale d’Electricité, CGE,  s’est éparpillée (Alcatel, Alstom Nexans…). Siemens, en Allemagne, concurrent de la CGE, solide et diversifié, s’est maintenu. La compagnie générale de radiologie du groupe Thomson a été vendue au groupe Général Electrics et la France ne dispose plus d’une seule entreprise de rang mondial dans le domaine des appareils médicaux. Siemens vient de renforcer son secteur médical.

Le mouvement de l’association des travailleurs à la gouvernance de l’entreprise, la cogestion  lancés par le Général de Gaulle ont disparu. La gouvernance des entreprises vise la primauté de l’actionnariat et le système des stocks-options influence les dirigeants en alignant leurs intérêts sur ceux des actionnaires.

Le régime du modèle libéral- financier a favorisé en France une déconnexion croissante entre les intérêts du pays tels qu’ils sont incarnés par les entreprises des métiers mondiaux et les entreprises leaders françaises centrées sur des métiers régionaux, entreprises qui se développent très bien aussi à l’étranger.

Cette scission, profonde est alarmante. Elle se traduit par une séparation de la France industrielle en deux secteurs : l’un multirégional et prospère, l’autre exportateur et en difficulté de compétitivité. C’est bien l’acceptation de la primauté de l’actionnaire qui est à l’origine de la désindustrialisation française et du déficit croissant du commerce extérieur.

Le primat de la concurrence vive, libre et non faussée, les charges accrues imposées aux entreprises pour l’amélioration de l’environnement, la protection excessive du consommateur, les augmentations irréalistes des salaires ont également dégradé la compétitivité française.

L’Etat, autrefois incitateur, est devenu inerte. Sans vision industrielle à long terme il a assujetti la France aux forces du marché. Nicolas Sarkozy devenu Président a mis fin immédiatement à l’Agence de l’Innovation industrielle créée par Jacques Chirac.

 

La France doit faire un choix quant à son modèle économique et quant à son rapport au travail, à partir d’un scénario raisonnable et réaliste : celui d’un nouveau pacte national. Il faut renforcer les acquis essentiel de l’art de vivre français et développer les industries du luxe, des loisirs, de la gastronomie de qualité, des activités culturelles par une vision plus organisée et plus industrielle du secteur. Il faut valoriser les entreprises productrices d’énergies nouvelles, économiser les énergies, mettre fin à la primauté de l’actionnaire pour des stratégies de long terme et stabiliser le capital des entreprises. Les producteurs ne doivent plus être pénalisés par des mesures disproportionnées en faveur des consommateurs : il leur faut créer des emplois compétitifs. La hausse des impôts est inévitable et l’effort doit être large. La pression fiscale sur les métiers mondiaux doit diminuer, parce qu’ils affrontent la concurrence. L’Etat doit définir le cadre général des stratégies industrielles mais ne pas gérer à la place des entrepreneurs. L’association directe des syndicats est indispensable à la réussite du changement.

Renforcer la coopération avec l’Afrique serait, positivement, s’opposer aux futurs monopoles de la Chine et des Etats-Unis, déjà présents.

L’ABANDON DU MODELE LIBERAL- FINANCIER POUR RECONSTRUIRE UN MODELE COMMERCIAL-INDUSTRIEL EST URGENT POUR LA FRANCE.

 

L’AVENIR DE L’EUROPE FAIT FACE A 2 POSSIBILITES :

-         L’EFFONDREMENT DE LA MONNAIE UNIQUE,

-         LE RENFORCEMENT DE L’INTEGRATION EUROPEENNE AUTOUR DE L’AXE FRANCO-ALLEMAND ET  UN NOUVEAU COMPROMIS AUTOUR DU MODELE COMMERCIAL-INDUSTRIEL.

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Image : www.saint-gobain.com

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Annie Keszey.

 

10.01.2012

L'AUSTERITE JUSTE: contre les privilégiés de l'Etat.

Supprimer Le Sénat.

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En 1969, le Général de Gaulle tenta de supprimer le Sénat qui avait perdu son pouvoir essentiel- celui de renverser un gouvernement- au profit de l’Assemblée Nationale.

Le Sénat est une institution obsolète et inutile, repliée sur elle-même, comme assise sur un tas d’or, plutôt étrangère à la loi républicaine et qui rend peu de comptes.

La suppression totale du Sénat pourrait intervenir progressivement et s’achever en 2017, les sénateurs élus en octobre 2011 l’ayant été pour 6 ans. Les attributions sénatoriales seraient alors réparties, par exemple, entre l’Assemblée Nationale, le Conseil Constitutionnel et le Conseil Economique et Social…

L’économie annuelle minimale de l’Etat, si sa dotation actuelle restait constante serait proche de :

340 millions d’euros!

Le beau Palais du Luxembourg et ses jardins, protégés, pourraient, de plus, développer des activités internationales, rentables en devises. Un accueil touristique fondé sur l’Art de Vivre à la française attirerait les Chinois, Japonais ou Indiens dont le nombre ne cesse de croître à Paris.

Les nombreux appartements acquis par le Sénat dans ce quartier favorisé seraient loués ou vendus aux prix du marché.

En complétant ainsi l’abolition des privilèges de la nuit du 4 août 1789, plus d’un demi- milliard d’euros  allégerait la dette de l’Etat.

 

Yvan Stefanovitch, en 2009, avait énuméré les raisons de cette suppression. Ses observations restent justes. Deux modifications du mode de fonctionnement sont cependant intervenues depuis :

-          Le Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts Comptables, organisme extérieur au Sénat, contrôle les comptes et transmet les résultats à la Cour des Comptes. Ces résultats sont également accessibles sur le site www.senat.fr

-          Le nombre des logements à titre gracieux a été réduit.

Sur  348 sénateurs (nombre en augmentation), dont l’âge moyen est voisin de 60 ans, un quart travaille régulièrement, un autre quart épisodiquement et la moitié n’y travaille jamais, mais tous les sénateurs sont rétribués mensuellement! Le Sénat et ses 1222 fonctionnaires*, bardés de privilèges, sont coupés du réel de la vie et des Français. A qualification égale, pour 32 heures par semaine et 9 mois et demi de travail payés 12 mois, les salaires de ces fonctionnaires sont 50 % plus élevés que ceux de la fonction publique et 25 % supérieurs à ceux du privé. Tous les personnels touchent des primes de nuit (même les jardiniers), nuit qui débute à 19 H 05, alors qu’un tiers des personnels seulement assiste aux séances nocturnes. Tout en haut de la pyramide trônent les 220 administrateurs* et 131 administrateurs adjoints*, qui, en début de carrière émargent à 7800 euros, brut, mensuels et terminent à 20 000 euros comme secrétaire général du Sénat ou de la questure. Trois questeurs sont les grands ordonnateurs de ces privilèges : deux d’entre eux, en 2010, logeaient, gratuitement, dans des logements de fonction de 340 m2, avec personnel de maison, voiture de fonction avec chauffeur. Ces questeurs et plusieurs hauts fonctionnaires disposent aussi, chacun, d’un pied-à-terre dans une aile du château de Versailles. Les nombreux personnels hébergés luxueusement, sans justification professionnelle, par le Sénat, peuvent louer leurs propres logements inoccupés et bénéficier de prêts à taux préférentiels. La poche sans fond du contribuable a permis au Palais du Luxembourg  de se transformer en propriétaire d’une bonne partie des immeubles des rues de Tournon, Bonaparte, Garancière : tout cela résulte d’un dévoiement antidémocratique, unique au monde, du système parlementaire…

Le Sénat c’est le hit-parade des 4 P : Pognon, Privilèges, Planque et Pouvoir.

Quant au président du Sénat, outre son indemnité parlementaire nette de  5405.46 euros, il reçoit une indemnité de fonction de 7270.55 euros brut. L’Etat lui fournit, pour son logement de fonction, tout le personnel de maison nécessaire et prend en charges toutes ses dépenses quotidiennes. Ce président bénéficie d’une dotation téléphonique de plus de 6000 euros par an, d’une carte SNCF de première classe, de deux voitures 607 de fonction, avec chauffeur...

Le Sénat des Etats- Unis d’Amérique compte 100 Sénateurs (2 par état) pour une population de 307 millions d’habitants !

Les dérives monarchiques, les gaspillages et le luxe du Sénat, exposés dans le livre « Aux frais de la princesse. Enquête sur les privilégiés de la République » d’Yvan Stefanovitch, condamnent cette Institution.  

*Données de 2009.

Images: www.journeesdupatrimoine.culture.fr

 

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Annie Keszey.

 

15.08.2011

UN QUARTIER DURABLE: FRIBOURG-EN-BRISGAU.

La ville Fribourg-en-Brisgau, capitale « écologique » depuis 1992, est située dans la région la plus ensoleillée de l’Allemagne, dans la Forêt Noire. La ville accueille 10 000 emplois directement liés aux activités environnementales. Elle est le siège, en particulier, de la Solar Fabrik 1.

Proche de la centrale nucléaire redoutée de Fessenheim, en Alsace, Fribourg a créé un concept local d’approvisionnement en énergie visant la protection contre le réchauffement climatique : la consommation d’énergie, d’eau et de matières premières est réduite, l’emploi de nouvelles technologies énergétiques et des énergies renouvelables est accéléré.

Le quartier écologique Vauban naît après le rachat, par la ville, en 1992, d’anciennes casernes, sur un terrain de 4 hectares. Ces casernes, rénovées, sont affectées aux 220 logements alternatifs du collectif SUSI (association dans laquelle se trouvent d’anciens occupants illégaux des casernes, légalement relogés), à 600 logements pour étudiants, à la maison de quartier et au centre culturel des associations.

Les 34 hectares restants contiendront ensuite 2000 logements et un site d’activités artisanales et industrielles regroupées.

L’éco-quartier se fonde sur la mixité sociale et la convivialité, à partir de services publics situés à de courtes distances dont les jardins d’enfants et les écoles. Ces écoles enseignent l’écologie et le développement durable. Les commerces, accessibles, vendent  les produits de la ceinture verte agricole de Fribourg.

La conception, l’évolution et la gestion du quartier sont prises en charge par une association privée et démocratique de résidents : le Forum Vauban. Les impasses conflictuelles, nécessitant les décisions de la seule municipalité ont été rares depuis 15 ans, de l’ordre de 10% des problèmes à résoudre.

Le site boisé, traversé par un ruisseau, est à 4 kilomètres du centre-ville.

Les déplacements doux sont privilégiés: le vélo, les bus et le tramway dont le tracé fut défini dans le plan d’aménagement. Chaque logement n’a droit qu’à une place de stationnement, très coûteuse à l’achat, dans 2 garages-silos collectifs à l’entrée du site. Les places privées sont rares, à la périphérie du site, et ne concernent que 25% des logements construits à cet endroit.  Certains habitants s’engagent à ne pas avoir de voiture.

Le modèle urbain de « cité-jardin durable » limite l’extension et la population. L’architecture est particulièrement variée quant à ses formes strictement pensées et à ses couleurs. L’isolation est de 40 cm pour les murs extérieurs et de 35 cm sous les toits, souvent à couvertures végétales. Les jardins privatifs et les espaces verts restent sans clôture, arrosés par l’eau de pluie filtrée dans du sable.

Des maisons passives, en bandes, sans ombre portée, avec triple vitrage, ne consomment que 15kWh/m2/an. 

D’autres maisons, positives, produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment : la maison construite par l’architecte Rolf Disch, maison de bois à triple vitrage, suit le soleil pour optimiser les gains de l’énergie  fournie par des panneaux photovoltaïques et des capteurs solaires thermiques sous vide. 

Tous les  logements sont soumis au label habitat à basse énergie inférieur à 65kWh/m2/an.

La ville a construit une usine de cogénération alimentée à 80% par des copeaux de bois et à 20% par du gaz naturel.

L’éco-quartier est l’œuvre, en particulier, de 3 acteurs remarquables : la ville de Fribourg, le forum Vauban et la coopérative de construction Genova.

Une première évaluation globale par usage de l’Analyse du Cycle de Vie et du logiciel GEMIS juge l’expérience positive. En particulier, les émissions de CO2 ont été divisées par 2.

Un rapport technique approfondi sur les quartiers durables est téléchargeable sur le site :

www.areneidf.com

 

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Annie Keszey

 

14.01.2011

2011. INDIGNEZ-VOUS!

 

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Un grand Résistant, de 93 ans, Stéphane Hessel, appelle les jeunes générations à une insurrection pacifique.

Créer, c’est résister.

Résister, c’est créer.

Le motif de base de la Résistance était l’indignation. Nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux…

Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous !

Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger les conquêtes de la Résistance telles que la sécurité sociale, la retraite, la nationalisation des sources d’énergie et des grandes banques, la subordination des intérêts particuliers aux intérêts généraux…, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée? Sinon parce que le pouvoir de l’argent, tellement combattu par la Résistance, n’a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l’Etat.

Il nous appartient aujourd’hui de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers : pas cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l’égard des immigrés, pas cette société qui remet en cause les acquis du programme du Conseil de la Résistance, pas cette société où les medias sont entre les mains des nantis et qui propose la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition de tous contre tous.

Pour être efficace aujourd’hui, il faut agir en réseau, dans la non-violence et la conciliation de cultures différentes, se fonder sur les droits et utiliser les moyens modernes de communication…

[Extraits de : « Indignez-vous » de Stéphane Hessel aux éditions « Indigène ». 3 €. 2010.]

Stéphane Hessel naît à Berlin, en 1917, d’un père juif écrivain et d’une mère peintre, mélomane. En 1924, la famille s’établit à Paris. Stéphane, naturalisé français en 1937, est mobilisé et connaît la «drôle de guerre.»

En mai 1941, il rejoint la France libre du Général de Gaulle, à Londres. Débarqué clandestinement en France, fin mars 1944, pour une mission de contact avec les réseaux résistants, il est arrêté à Paris, en juillet, par la Gestapo, sur dénonciation. Quelques jours avant la libération de Paris, il est envoyé au camp de Buchenwald. A la veille d’y être pendu, il échange son identité contre celle d’un Français mort du typhus. Sous son nouveau nom, il est transféré au camp de Rottleberode, puis, après une première tentative d’évasion, au camp de Dora dont il s’évadera définitivement.

Cette vie restituée, il fallait l’engager, écrit-il dans ses mémoires.

Diplomate, il participe à la rédaction de la déclaration universelle des Droits de l’homme adoptée le 10 décembre 1948, par les Nations unies, au Palais de Chaillot, à Paris.

Si vous rencontrez quelqu’un qui n’en bénéficie pas, aidez-le à les conquérir.

Pendant la guerre d’Algérie, il milite en faveur de l’indépendance algérienne.

En 2008 et 2009, il se rend dans la bande de Gaza, prison à ciel ouvert et à son retour témoigne sur la douloureuse existence des Gazaouis. Il a été élevé à la dignité d’Ambassadeur de France et de Commandeur de la Légion d’honneur.

Je me suis toujours situé du côté des dissidents, déclare-t-il à la même époque.

[Sylvie Crossman, éditeur : www.indigene-editions.fr]

 

08.06.2010

LE TRIOMPHE DE LA CUPIDITE

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Extraits.

 

Joseph STIGLITZ, économiste aux prévisions justes, décrypte la crise actuelle d’un capitalisme dévoyé. Il définit les conditions pour créer un nouveau système financier, économique et politique, basé sur un idéal éthique, apte à réduire la fracture entre les nantis  et les autres.

 

            Joseph E. STIGLITZ, économiste américain, Prix Nobel en 2001, est l’un des rares à mettre en garde, depuis plusieurs années, contre la libre circulation des capitaux, la financiarisation du marché et les déréglementations…

            Son dernier livre, de février 2010, « LE TRIOMPHE DE LA CUPIDITE », publié chez « Les Liens qui Libèrent », est un combat d’idées fondé sur une analyse de la « fabrication » de la crise, des responsables, des réponses politiques et des hypothèses quant à l’avenir du monde.

            Dix chapitres structurent cette étude dont le quatrième expose l’une des principales causes directes de la crise : le scandale des prêts hypothécaires américains. La conclusion, à la page 465, envisage deux issues possibles pour l’avenir du monde : l’une, tragique, reconduirait le même système capitaliste dévoyé, l’autre, développée par l’auteur, mettrait à plat les fondements de l’économie mondiale afin de réformer une science économique qui s’est fourvoyée entraînant dans son sillage l’accroissement des inégalités, de la pauvreté, de la crise environnementale et une faillite de la morale.

 

LA FABRICATION DE LA CRISE.

 

            …Marché déréglementé, saturé de liquidités et de taux d’intérêts faibles, bulle planétaire de l’immobilier, hausse astronomique du prêt à risque : le mélange était explosif. Ajoutons les deux déficits des Etats- Unis, le budgétaire et le commercial et l’accumulation correspondante de gigantesques réserves en dollars, en Chine, dans un contexte d’une économie mondiale et il était clair que tout avait affreusement déraillé.

 

LES RESPONSABLES.

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            L’énumération suivante ne reprend que quelques niveaux de responsabilités.

-         Les initiateurs de prêts immobiliers agissant pour les sociétés de crédits hypothécaires, avec la complicité des banques et des agences de notation,

-         Les présidents de la Federal Reserve, Alan Greenspan, puis Ben Bernanke qui n’ont rien régulé,

-         Les dirigeants d’entreprise, par leur gouvernance inadaptée et la mise en œuvre inadéquate des lois de la concurrence,

-         Les investisseurs imparfaitement informés du risque et peu formés aux transactions financières.

 

            Quant à Bush et Obama, ils ont « sauvé » des banques avec l’argent des contribuables (les taxpayers) sans exiger de contreparties !

 

LE SCANDALE DES PRETS HYPOTHECAIRES AMERICAINS.

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            Avant l’arrivée des innovations financières modernes, les banquiers- prêteurs vivaient dans un monde assez simple. Ils évaluaient le risque de crédit, consentaient des prêts à taux fixe, les surveillaient pour vérifier que l’emprunteur dépensait bien l’argent de la façon promise et encaissaient les remboursements avec intérêt. Entre les prêteurs et les emprunteurs existait une relation de confiance : la confiance que l’argent déposé à la banque serait rendu. Les coûts de ces transactions efficientes  étaient faibles. Le profit des banques était constitué par la différence entre les intérêts des emprunteurs et  ceux versés aux  déposants.

            Cependant, en 100 ans, de nombreuses paniques bancaires ont engagé les déposants à se ruer sur les guichets des banques, par peur de ne pas récupérer leur argent…

            Depuis plusieurs décennies, les institutions financières « subprime » d’Amérique ont créé un large éventail de prêts immobiliers dont le but principal était de maximiser, pour les banques, les commissions des transactions. Il s’agissait de soutirer le plus d’argent possible à l’emprunteur. [Les professionnels de ces prêts, cupides, raffolent toujours de ces multiples commissions].

            Pour le prêt hypothécaire à 100%, les banques prêtent 100% de la valeur de la maison, voire davantage. Si le prix de la maison augmente, le propriétaire garde la différence, si le prix diminue, il rend les clés et s’en va. Il ne peut en acquérir une autre sans être alors en défaut de paiement. Plus la maison est grande, plus le gain peut être gros, ainsi de nombreuses familles, financièrement analphabètes et abusées ont-elles investi de l’argent qu’elles ne pouvaient gagner et, tout perdu.

            Le prêt à taux d’appel, avec des taux d’emprunt très bas au départ et qui explosent ensuite ou le prêt « ballon », à coût de départ avantageux mais qui doit être renégocié au bout de 5 ans avec de nouvelles commissions enrichissent les prêteurs et ruinent les emprunteurs. Quant au « prêt menteur », quiconque pouvait l’obtenir sans annoncer ses revenus ou en les surestimant, sans rien prouver, parfois même le banquier se chargeait de ce mensonge. Les acheteurs, incapables d’assumer leur dette, apprenaient parfois, par le premier futur acheteur, que leur maison avait été mise en vente aux enchères par leur banque !

 

 

            Ces formules de prêts, très nombreuses et inventives postulaient toutes que les prix des maisons augmenteraient, alors que c’était déjà une quasi- impossibilité économique à l’époque, elles ignoraient, de plus, l’hypothèse du chômage et la très importante augmentation des taux d’intérêt.

            Pour partager et diversifier  les risques, les banques locales ont « titrisé » les prêts hypothécaires : elles ont regroupé les crédits pour les vendre, avec commissions, en suivant une longue chaîne d’investisseurs  du monde entier. Tout le mécanisme de la titrisation reposait sur la théorie du plus fou : elle supposait qu’il existait des fous à qui l’on pouvait vendre des prêts hypothécaires toxiques et les périlleux morceaux de papier fondés sur eux. L’ignorance ne les empêchait pas de se jeter avidement sur ces titres…et d’importer partout la crise américaine.

           

            Les impacts de ces pratiques prédatrices sur la vie des citoyens sont des cauchemars : la maison de Doris Canales a été menacée de saisie après 13 refinancements en 6 ans. Ces prêts, sans document, étaient versés sur le compte de Doris, à la suite d’un coup de téléphone. 3 millions de propriétaires ont été en défaut de paiement en 2009, 2 millions ont perdu leur maison. Ces nombres vont croître jusqu’en 2012.       

 

 

LA CONCLUSION.

            … Les défauts de notre système financier illustrent des vices généraux de notre système économique, et les vices de notre système économique reflètent des problèmes de fond dans notre société. Nous nous sommes lancés dans les renflouements (des banques) sans avoir une idée claire du type de système financier auquel nous voulions parvenir et le résultat a été déterminé par les mêmes forces politiques qui nous avaient plongés dans le chaos. Nous n’avons pas changé de système politique donc peut-être ne faut-il pas nous en étonner…

            Il est certain que les choses vont changer à cause de la crise. Le retour au monde d’avant crise est exclu….

            Dans certains domaines, les règlementations sont améliorées : il est presque sûr qu’on va limiter les excès du levier. Mais dans d’autres, l’absence de progrès est frappante : on laisse les banques trop- grandes- pour- faire – faillite poursuivre leurs activités à peu près comme avant ; l’usage des dérivés gré à gré, si ruineux pour les contribuables, continue presque sans fléchir ; et les dirigeants reçoivent toujours des primes démesurées. Dans tous ces domaines on prendra des mesures cosmétiques mais très inférieures à ce qu’il faudrait. Sur d’autres points la déréglementation va continuer à bon rythme, aussi scandaleux que cela puisse paraître : sans un sursaut populaire pour l’empêcher, il est clair que les protections fondamentales des investisseurs ordinaires vont être minées par un affaiblissement crucial du Sarbanes- Oxley act, voté au lendemain de l’affaire Enron…

            Sur plusieurs points déterminants, les choses se sont aggravées pendant la crise. Nous avons modifié non seulement nos institutions- en encourageant encore plus de concentration dans la finance- mais les règles même du capitalisme. Nous avons annoncé que pour des institutions privilégiées, il n’y aurait que peu ou pas de discipline de marché. Nous avons créé un ersatz de capitalisme aux règles floues mais aux résultats prévisibles : de futures crises ; des prises de risque inacceptables aux frais de la population…et davantage d’inefficacité. Nous avons fait des discours sur la transparence mais nous avons élargi les possibilités qu’ont les banques de manipuler leurs comptes. Dans les crises précédentes on s’inquiétait de l’aléa moral, des incitations négatives que créent les renflouements ; mais l’échelle de la crise a donné à ce concept un sens nouveau.

            Les règles du jeu ont changé également au niveau mondial…Autrefois, on pouvait éventuellement débattre du degré d’équité des règles du jeu dans la concurrence entre pays développés et moins développés ; aujourd’hui, il ne peut y avoir aucun débat…

            Nous avons vu le danger.

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            Saisirons- nous l’occasion de retrouver l’équilibre entre le marché et l’Etat, entre l’individuel et le collectif, entre l’homme et la nature, entre les moyens et les fins ? Il nous est aujourd’hui possible de créer un nouveau système financier, qui fera ce que les êtres humains attendent d’un système financier ; possible de fonder un nouveau système économique, capable de créer des emplois qui ont un sens, d’assurer un travail décent à tous ceux qui veulent travailler, et où la fracture entre les nantis et les autres se réduira au lieu de s’élargir ; et, possible surtout de créer une société nouvelle, où chacun aura les moyens de réaliser ses aspirations et de vivre au niveau de ses potentialités, où il y aura des citoyens capables d’être à la hauteur d’idéaux et de valeurs partagés, et une collectivité qui traitera notre planète avec le respect qu’à long terme elle va certainement exiger. Toutes ces occasions sont là. Le danger réel, aujourd’hui, est de ne pas les saisir.

 

Images : www. newsweek.com (deux prédateurs, Fannie May et Freddie Mac). Ces deux prédateurs s’adressent à un contribuable : Soyez mignons, retenez- nous quand nous atterrirons !)

                www.seeker 401.wordpress.com

Annie Keszey. www.atelier-idees.org

 

 

20.05.2010

Temps des crises

le temps des cerises.jpg

Temps des crises. Michel Serres.

Manifeste ! Le pommier ! 09/09/2009.

[Extraits discontinus].

Les politiques ne connaissent pas cette science complexe qu’est l’écologie. La sortie de crise, pour Michel Serres, académicien,  suppose l’implication, éthique, des savants.

 Mais que révèle le séisme financier et boursier  qui nous secoue aujourd’hui ?

Si nous vivons une crise, aucun retour n’est  possible. Les termes relance et réforme sont hors de propos. Il faut donc inventer du nouveau.

Financière et boursière la crise qui nous secoue aujourd’hui cache et révèle des ruptures qui dépassent, dans le temps, la durée même de l’Histoire.

 

Les ruptures.

1. L’agriculture.

Au 20ème siècle, le néolithique se termine : l’humanité occidentale, bien qu’elle continue à se nourrir d’elle, quitta donc, ici au moins, la terre.

Parallèlement, la proportion d’humains vivant dans les villes avoisinera les 75%, en 2030.

Or, lorsque se déterritorialise ainsi la majorité des humains, le rapport au monde se transforme.

Premier coup : tout devient politique, du grec polis, la ville.

Second coup : or, précisément, à ce moment-là, le monde se venge et menace les hommes. Dès lors, rien ne sera plus vraiment politique au sens traditionnel.

Basculement.

2. Les transports.

La mobilité des hommes a cru. En 2008, elle s’élève, pour le transport aérien, à trois mille milliards de kilomètres- passagers. La distance d’où proviennent les marchandises dans les hypermarchés se chiffre par milliers de kilomètres. La France devient une cité  dont le TGV est le métro et les autoroutes, les rues.

3. La  santé.

Après les années 50 émerge un organisme humain d’une nouveauté dont nous ne nous formons peut- être pas encore une idée assez juste : moins de souffrances, moins de maladies incurables, moins de traces de ces douleurs sur la peau. Le temps de naître, les pics de douleur, la durée des maladies dépendent en partie de nous désormais, même peut- être le moment de la mort que nous pouvons , en partie, différer.

      4. La démographie.

Le nombre des humains passera bientôt à 7 milliards, le plus souvent serrés en gigantesques mégalopoles. L’espérance de vie augmente de 3 à 6 mois par an. C’est une recomposition du paysage humain qui n’est pas accompagnée des transformations en profondeur des institutions et des coutumes.

   5. La connexion.

   Après le monde et le corps : nos relations. Les dites nouvelles technologies changent nos liens, nos  voisinages, nos savoirs et nos manières d’en prendre connaissance. Le connectif remplace le collectif.

6. Les conflits.

   La seconde guerre mondiale fut le premier conflit où, selon les experts, les humains réussirent à tuer plus de leurs semblables que ne le firent les microbes et   les bactéries au cours des précédents    affrontements. Quel modèle atroce de domination. Il n’est pas sûr que le plus fort, même de plus en plus fort, reste très longtemps le maître. En dépensant plus de mille milliards de dollars, l’hyper- puissance  incontestable n’a pu gagner, en ces jours, une guerre contre l’un des pays les plus faibles de la planète.

   Etrange crise de la puissance.

 

   En quelques décennies se transformèrent radicalement : le rapport au monde et à la nature, l les corps, leur souffrance, l’environnement, la mobilité des humains et des choses, l' ’espérance de vie, la décision de faire naître et parfois de faire mourir, la démographie mondiale, l’habitat dans l’espace, la nature du lien dans les collectivités, le savoir et la puissance.

 

La crise globale.

L’ensemble de nos institutions connaît désormais une crise qui dépasse de fort loin la portée de l’histoire ordinaire.

Etrange et dangereuse chose, malgré ces transformations majeures, nos institutions politiques, religieuses, militaires, universitaires, hospitalières, financières, continuèrent à peu près comme si rien ne se passait.

La crise ne touche pas seulement le marché financier, le travail et l’industrie, mais l’ensemble de la société, mais l’humanité entière.

Le jeu à deux qui passionne les foules et qui n’oppose que des humains, le maître contre l’esclave, la gauche contre la droite, les républicains contre les démocrates, telle idéologie contre une autre quelconque, les verts contre les bleus…disparaît en partie dès lors que ce tiers intervient. Et quel tiers ! Le monde soi- même. Ici la lise, demain le climat. L’eau, le feu, la terre, flore et faune, l’ensemble des espèces vivantes, ce pays archaïque et nouveau, inerte et vivant : la Biogée.

Fin des jeux à deux ; début d’un jeu à trois. Voilà l’état global contemporain… 

La Biogée peut- elle devenir un sujet de droit ?

Le nouveau triangle se nomme : Sciences- Société- Biogée.

 

La biogée.

Qui donc aura l’audace de fonder non plus des institutions internationales où ces jeux à deux vainement perpétrés restent ou aveugles ou dommageables au monde, mais une institution à la lettre mondiale. Dans un livre récent, je l’appelai WAFEL, avec les initiales anglaises des quatre éléments et des vifs. S’y réuniraient non pas les députés des nations mais les représentants de l’eau, de l’air, du feu, de la terre et des vivants, bref de cette Biogée pour dire la Vie et la Terre.

Fonte des glaces, montée des eaux, ouragans, pandémies infectieuses, la Biogée se met à crier…

Mais qui aurait la parole en ce parlement de muets ? Sûrement pas, en tout cas, les politiques actuels, dont la désuétude se mesure à leur ignorance des paroles et des choses du monde…

Qui va parler au nom de la Biogée? Les savants.

 

L’avenir des Sciences.

Les six grands bouleversements cités proviennent, tous, sans aucune exception, de la recherche scientifique et de ses applications : agronomie, pharmacie, biochimie, physique nucléaire, sciences de la vie et de la terre.

Seule la Science a le souci du long terme qui peut aider à l’anticipation. Le corpus global des Sciences a toujours joui d’un centre, or, ce centre, dans l’histoire, se déplace : le logos mathématique (Grecs), les forces mécaniciennes (de Galilée à Auguste Comte), la mathématique des grands nombres, la physique et la chimie des particules. Ces Sciences sont faciles puisqu’elles traitent d’objets préalablement minutieusement découpés. Les Sciences de la Vie et de la Terre, (SciViTe) désormais, prennent le relais, nouveau centre de gravité du savoir, qui se réfère plus aujourd’hui à la Connaissance dans son ensemble. Sciences difficiles parce qu’elles entrent dans la réalité des liens qui unissent les choses entre elles et les Sciences qui parlent des choses entre elles. Difficiles mais accessibles…

Devenons des SciViTes plutôt que des civiques. La Biogée comprend, en effet, le monde et les humains.

Je ne demande pas que les savants prennent le pouvoir, hélas tombé dangereusement en une telle déshérence que n’importe qui pourrait aujourd’hui le ramasser, mais qu’ils prennent la parole au nom des choses, la parole des choses elles- mêmes.

Par le rayonnement de cette nouvelle « boule », toutes les sciences, plus ou moins, se mettent à ressembler à l’écologie, ce savoir d’une inextricable difficulté…L’écologie ne découpe rien, elle associe, allie, fédère, entre dans le détail et dessine les paysages…

[Inquiétude impertinente : combien de soi-disant écologistes politiques savent un minimum d’écologie vraie ? Riant, je propose d’ouvrir de petits stages où, accroupis sur l’herbe, ils apprendraient…]

Les SVT couvrent aussi les sciences humaines, dont les sciences cognitives.

Comment penser désormais la politique, le droit, l’économie, comment même construire une sociologie, sans référence à notre plongement dans les éléments et les vivants de la Biogée?

 

Deux serments.

 

Pour ce qui dépend de moi, je jure : de ne point faire servir mes connaissances, mes inventions et les applications que je pourrais tirer de celles-ci à la violence, à la destruction ou à la mort, à la croissance de la misère ou de l’ignorance, à l’asservissement ou à l’inégalité, mais de les dévouer au contraire, à l’égalité entre les hommes, à leur survie, à leur élévation et à leur liberté.

 

Que les savants puissent parler au nom de la Biogée exige qu’ils prêtent d’abord un serment dont les termes les libèrent de toute inféodation aux trois classes : la religion, qui géra les hommes en prétendant les défendre, l’armée qui les gouverna et, souvent, les asservit et enfin l’économie qui se mit à régir leurs vies, parfois implacablement. Pour devenir plausibles, il faut que, laïques, ils jurent ne servir aucun intérêt militaire ni économique.

A ce prix seulement, ils pourront prendre la parole à la WAFEL, au nom de la biogée.

 

Des sorties de crise ?

L’universalité de l’accès au savoir peut fonder une vraie démocratie : la hiérarchie précédente se fondait sur la rétention de l’information…Or, la hiérarchie, c’est le vol.

Cet accès universel change la nature même du pouvoir. La liberté, c’est l’accès. Non seulement l’accès possible, mais l’intervention active (de tous, dans toutes les affaires publiques). L’égalité règne aussi bien pour l’intervention libre, que pour l’accès, facile.

Intervention et accès concernent ici l’information que les spécialistes disent « douce » et non la puissance brute, le sabre du gendarme ou la bombe nucléaire, marteau ou faucille, durs.

Face à la dureté de la Biogée, l’homme doit changer d’intelligence : encore du côté du venin et du croc, elle doit muter, au plus vite et sous risque gravissime, de la volonté de puissance au partage, de la guerre à la paix, de la haine à l’amour.

Douces, les trois révolutions de l’écriture, de l’imprimerie et de l’ordinateur ont bouleversé l’histoire des conduites, les institutions et les pouvoirs dans nos sociétés de manière plus fondamentale que les changements durs, ceux des techniques du travail, par exemple.

Je le répète, dur se dit du travail à l’échelle entropique : coups de marteau sur un burin, fonte de l’acier, moteurs, bombes nucléaires. Doux se dit des actes d’échelle informationnelle : traces, marques, signes, codes et leur sens. Je n’ai cessé de citer les quatre opérations concernant l’information : la recevoir, l’émettre, la stocker, la traiter. Elles spécifient toutes les choses du monde, sans exception, nous compris. De même que nous communiquons, entendons et parlons, les choses inertes, comme les vivants émettent et reçoivent de l’information, la conservent et la traitent. Nous voici à égalité. Asymétrique et parasite, l’ancien partage sujet- objet n’a plus lieu ; tout sujet devient objet ; tout objet devient sujet. Toute la connaissance change et la pratique et le travail et la conduite…

Voici donc le secret du livre et de la crise : les écarts qui, béants, s’ouvrent entre le casino de la Bourse et l’économie réelle, les chiffres de nos conventions fiduciaires et la Biogée des vivants et de la Terre, tout autant que celui qui sépare le cirque médiatique de l’état évolutif des personnes et de la société, ces distances équivalent, en somme, à la bifurcation du dur et du doux. Je promets, pour demain, un long livre sur ce Doux. Image : dorure.rmc.fr- Annie Keszey. www.atelier-idees.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

09.05.2010

L'agenda 21

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mains piece.jpgL’agenda 21, adopté par 173 Chefs d’Etat au sommet de la terre de Rio de Janeiro, en 1992, repose sur un précepte : penser globalement et agir localement.

Ce programme d’actions de développement durable, pour le 21ème siècle, défini dans 40 chapitres et 27 principes, est encadré , en France, par des textes fondateurs. Le développement durable devra satisfaire les besoins des générations actuelles et futures…

La méthodologie de l’agenda 21, accessible, par exemple, sur le site www.agenda21france.org et sur le site www2.ademe.fr, pour l’agenda local , induit « que le développement durable sonne le glas d’une culture technocratique et d’un pouvoir hiérarchisé et repose sur un partage des savoirs, des pouvoirs et des responsabilités : il introduit un nouveau mode d’évaluation, de décision et d’action politiques, un changement de posture du monde ».

 

La réalité de l’agenda 21 confirme- t- elle cet idéal de démocratie participative?

 

L’agenda 21 de Puteaux a été voté lors du conseil municipal du 27/04/ 2009, après diverses concertations.  Les 27 et 28 Mars 2010, le Maire de Puteaux a organisé les journées du développement durable pour faire le point sur l’avancement des 97 actions planifiées et maintenir la mobilisation citoyenne. Trois ateliers, d’une heure chacun, se sont tenus dans la salle du tribunal sur la biodiversité, la qualité de la vie et l’activité économique (dont la mobilité). Moins de dix participants, (les trois- quarts restant silencieux), dans une ville de 44 278 habitants, ont suivi ces ateliers! La chargée de mission de l’agenda 21 n’est pas responsable de cette situation : ses exposés furent agréables et construits…

Certes, il y avait des visiteurs à l’exposition, sur la place, mais on peut faire l’hypothèse d’une fréquentation voisine de 1% de la population. Ce n’est pas seulement le cas de Puteaux. Par contre, à Laval, au Québec, 10 % de la population participe aux actions concrètes de développement durable. La région Rhône- Alpes dispose d’un panel de 10 000 personnes qui participent aux débats. La Suisse procède, elle, à des «  votations »…Maintenir la démocratie en éveil n’est pas impossible mais suppose des conditions à réunir, volontairement. La ville de Porto Alegre, au Brésil, est bonne conseillère.

Aucune enquête locale n’est accessible sur les attentes des habitants de Puteaux  mais de nombreuses données nationales clarifient le contexte des agendas 21, peu propices à l’investissement citoyen.

 

Le pouvoir de décision excessif des Maires.

Les lois de décentralisation et la modification de la constitution ont accru considérablement le pouvoir des maires, déjà surdimensionné par le système des élections municipales. Les possibilités d’agir sont concentrées dans les mains de quelques adjoints et hauts fonctionnaires, soutenus par la  majorité muette des élus. C’est une situation de mimétisme par rapport aux conseils des ministres : le philosophe feutré et ex-ministre, Luc Ferry, s’étonne toujours de « la servilité » de nombreux représentants du peuple. Il n’y a pas un réel contre- pouvoir communal qui pourrait relativiser la manière autoritaire dont les responsabilités sont dévolues aux conseillers municipaux : l’opposition municipale est dans la quasi- impossibilité de se faire entendre et d’autant plus virulente qu’elle est inefficace. La décentralisation a engendré un centralisme local et les citoyens, dans ce carcan, se savent, malgré les apparences, d’une grande impuissance, paradoxale, puisqu’elle touche à des sujets qui les concernent directement.

 

La pesanteur hiérarchique nationale sur le pouvoir local.

L’état pèse par ses lois, décrets et normes dont les normes comptables. De plus, en général, le Maire est tenu par la discipline de son Parti politique. Une mesure hiérarchique telle que la suppression de la taxe foncière, par l’incertitude qu’elle entraîne sur les finances locales re- oriente, autoritairement, les politiques prévues. La suppression, sans concertation, de la taxe carbone, signe, en particulier, l’inanité de l’engagement de citoyens et, pire encore, des associations de défense de l’environnement, en général plus écoutées. Elle dévoile l’engagement provisoire et électoraliste de l’Etat, au lieu d’un engagement urgent, responsable.

 

L’interrogation sur la pertinence de l’espace local, strictement délimité, pour engager un développement durable.

La démocratie locale est plus dans une logique de concurrence, voire de rupture avec les territoires voisins que dans une logique de coopération seule apte aujourd’hui à traiter les problèmes à grande échelle. [Le mur étanche entre Neuilly et Puteaux, sur l’île en copropriété, est symboliquement anachronique quant aux préoccupations  écologiques]. Quelle est l’étendue réelle du pouvoir des institutions locales face aux puissances démesurées qui les traversent ? Les objectifs de la préservation du climat, de l’eau, de la biodiversité, de la défense des équilibres écologiques nécessaires à la vie et à la vie humaine, peuvent-ils être pris en charge au niveau local ? Saint Brieuc, par exemple, dans les côtes d’Armor, peut consulter les citoyens sur le ramassage des algues vertes, putrides, de ses plages, mais ne peut résoudre, localement, la question des nitrates. La concertation se fait au niveau du territoire hydrographique des bassins versants afin d’assurer une gestion cohérente des eaux. Entre le débat public, pourtant, et le document réputé en être issu, les « comités de l’eau », rédacteurs des conclusions, insèrent des « filtres administratifs notables ». De la libre décision des usagers ne peut naître une réglementation. Des habitants des Côte d’Armor estiment maintenant plus pertinent de déposer plainte contre le Préfet, pour pollution et mise en danger des populations, plutôt que de se couler dans les régimes de décisions existants aux mains des élus et d’associations dépendantes des fonds de collectivités territoriales.

A Puteaux, une action volontariste devrait ramener les papillons sur une pelouse de l’Ile : c’est poétique et esthétique. Mais quel est l’impact sur la protection des « corridors » de la biodiversité ? Les indicateurs pour mesurer les situations de la biodiversité sont encore en construction : ils pourraient être universels pour contourner les « lobbies ».

Actuellement, la multiplication des structures et l’enchevêtrement des compétences nuit à la clarté des mesures, inégales et éclectiques.

 

La compétence en question des responsables.

L’écologie est une science très difficile, transdisciplinaire, qui suppose l’intervention de nombreux savants, complémentaires. Or, ces savants ne sont pas en nombre suffisant et  les communes disposant d’une cellule de compétences transversales, pour penser le développement durable, sont rares. La population française d’aujourd’hui n’a pas une culture écologique, l’école publique ayant négligé l’enseignement des Sciences de la Vie et de la Terre. Dans ce contexte, les confusions sont nombreuses. La bonne volonté ou la mode médiatique n’est pas la pertinence.

 

Des résultats scientifiques controversés.

Le débat entre le Groupe des Experts Intergouvernementaux sur l’évolution du climat (GIEC) et les climato- sceptiques que sont Claude Allègre et Vincent Courtillot, en particulier, n’est pas tranché. Une tentative de clarification est prévue entre experts. Les inconvénients des éoliennes se multiplient. L’opposition à l’énergie nucléaire ne progresse pas faute de proposer des alternatives de même importance productrice. Le procédé de calcul des émissions de CO2 est en cours de révision afin d’intégrer et de situer géographiquement les importations et les exportations…

 

Des informations pour juger rarement complètes.

Quelle est la situation de départ du développement à parfaire? Il existe déjà un certain nombre de mesures  (nombre de pauvres, cartes du bruit, analyses de l’eau, poids des déchets…) mais très techniques  pas toujours accessibles et ne recouvrant pas le seul territoire de concertation. Quel est le but de l’action entreprise ? Comment mesurera- t- on les résultats ? Quelle sera la démarche ?

La ville de Puteaux vient de réaliser le bilan carbone des bâtiments et des services municipaux pour 2008, de suggérer une démarche et d’annoncer un but chiffré : une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20%, en 2020. Toutes les actions proposées devraient s’inscrire dans des cadres évaluables localement puis nationalement or, très peu le sont. La ville de Chalon- sur- Saône, engagée en 2002 dans l’agenda 21 a déjà diminué en 3 ans ses émissions de GES de 5, 2 %...C’est précis.

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Malgré ces imperfections générales, il ne faut pas renoncer à sa parole citoyenne, pour interroger la politique:

-         N’y a- t- il pas beaucoup trop d’actions, de plus aux évaluations non posées, engagées sur Puteaux ? Les pages 4 et 5 de Puteaux- infos d’Avril 2010 présentent le catalogue des promesses électorales dont certaines sont dites « faites » et d’autres à venir. En aucun cas le recours au catalogue ne permet de comprendre pour juger la politique écologique.

-         Toutes relèvent- elles du développement durable?

-         Pourquoi ne sont- elles pas ordonnées en fonction du poids des investissements qu’elles supposent, de leur efficacité attendue et de leur urgence?

-        Une articulation raisonnable entre les structures publiques et les structures privées défaillantes est- elle impossible ? Est-il  « humaniste » d’investir l’argent des contribuables dans le centre de La Falaise, dans les Yvelines, pour améliorer la fête annuelle des guinguettes, certes conviviale, en sachant que des familles avec enfants vivent dans des taudis de Puteaux ?

-         Les écoliers d’une classe de l’école Jacotot sont initiés au lombriposteur afin de développer de nouveaux gestes éco- citoyens. C’est une initiative  charmante et sans doute utile mais les écoliers de Puteaux ont-ils tous un ordinateur scolaire ? La Ville et l’ Education Nationale, ensemble, ont- elles éradiqué l’échec scolaire et les exclusions des élèves de Puteaux?...

Toutes les mesures pourraient être soumises à la question…

Des mots clés d’actualité sont  totalement absents des communications : immigré, chômeur…

Ces malentendus majeurs sur la finalité, la portée et l’efficacité des pratiques de concertation locales ne permettent pas de clarifier la démocratie participative : est-ce une légitimation des décisions prises ou une mobilisation pour des actions éco- citoyennes ? Est- ce une motivation électoraliste éphémère ou un simulacre pour métamorphoser la contrainte réglementaire en adhésion volontaire ?

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Toute politique est perfectible. La publication de résultats locaux, situés dans divers ensembles plus vastes, récompenserait le travail fait par l’équipe du développement durable  de Puteaux et impliquerait peut-être davantage la population.

Sources : cahiers philosophiques – M Fœssel- M Kœbel- M Maesschalk- L Blésin- A Bertrand. ADEME.

Images : www.developpementdurable.com

              Le jardin aux camélias.Puteaux.

Annie Keszey

www.atelier-idees.org

07.05.2010

PAROLE DONNEE AUX INVISIBLES

7//05/2010.

 

Le quai de Ouistreham. Florence Aubenas. Edition de l’Olivier.

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Florence AUBENAS, née en 1961, fut journaliste à Libération, avant de devenir grand reporter au Nouvel Observateur. Elle est présidente de l’Observatoire international des prisons.

De février à juillet 2009, elle a résidé, dans une chambre meublée, à Caen, afin d’y chercher anonymement du travail. Elle a conservé son nom, ses papiers et s’est inscrite au chômage, avec un baccalauréat pour seul bagage et sans références professionnelles.

Ce livre rend compte de son expérience.

 EXTRAIT. Le monde féroce du ferry.

            « …Mauricette, la chef d’équipe, est désignée pour nous former. Elle a les cheveux très courts, blond platine, un physique taillé pour l’ouvrage. Son humeur monte et descend comme la mer et nul ne sait quelle Mauricette va répondre quand on s’adresse à elle. Ça lui plaît. Elle en joue.

            Marilou et moi restons collées l’une contre l’autre, en essayant de ne pas commettre d’impairs. « Vous deux, là, vous allez faire les sanis. C’est le premier mot que j’apprends à bord. Sanis veut dire « sanitaires » qui lui-même signifie « toilettes ». Faire les sanis, c’est laver les toilettes, tâche majoritaire à bord et exclusivement féminine. Parfois, on dit à un employé homme : « tu vas faire les sanis » mais ça ne se réalise jamais, c’est forcément pour faire une blague, même avec les fortes têtes ou les souffre- douleur. Les hommes passent l’aspirateur, l’auto- laveuse, nettoient les restaurants ou les bars, dressent les couchettes pour les traversées de nuit, jamais ils ne frottent la cuvette des WC.

            Aujourd’hui, donc, nous allons être formées aux sanis des cabines passagers. Mauricette nous met dans les mains un panier en plastique, avec deux pulvérisateurs et une vingtaine de chiffons, puis nous entraîne en courant dans le premier des interminables couloirs du ferry, si étroit qu’il faut se plaquer contre la paroi quand on se croise. Les cabines sont d’un seul côté, environ tous les deux mètres. Mauricette ouvre la porte de la première et se précipite dans l’espace minuscule où s’imbriquent quatre couchettes superposées et un cagibi de toilette, comprenant lui- même un lavabo, une douche et des WC . Elle se jette à terre, si brusquement que je pense d’abord qu’elle a trébuché. Je veux la relever, mais, sans même un coup d’œil derrière elle, elle s’ébroue pour me repousser et, à genoux sur le carrelage, se met à tout asperger avec un pulvérisateur, du sol au plafond. Puis, toujours accroupie, elle chiffonne, sèche, désinfecte, astique, change le papier- toilette et les poubelles, remet des savonnettes et des gobelets en une rangée impeccable au- dessus du lavabo, vérifie le rideau de la douche. Tout a duré moins de trois minutes : c’est le temps imparti pour cette tâche.

            Mauricette se rue hors du cabinet de toilette. Dans la cabine, elle époussette tout ce qui peut l’être, fait briller les miroirs, ramasse les papiers (trente secondes). Dans le même temps et le même espace, s’agitent au moins deux autres employés, qui changent les draps des couchettes (on dit « faire les bannettes ») et passent l’aspirateur (on dit « être d’aspi »). Tous réussissent à s’éviter, les bras et les jambes se croisent au millimètre près, le drap s’envole au ras des têtes, sans les frôler, à un rythme parfait, que la frénésie déployée par chacun dans sa tâche et l’étroitesse des lieux rendent particulièrement spectaculaire. Une des filles chante « il jouait du piano debout », d’autres rythment le refrain d’un coup de hanches.

            Mauricette se retourne : « Tout doit être impeccable. Faites surtout attention à ne laisser aucun cheveu, n’oubliez pas de prendre un chiffon de couleur différente pour les waters, d’éponger chaque goutte dans la douche surtout si elle a servi récemment, de ne laisser aucun savon usagé, de jeter tous les rouleaux de papier- toilette entamés. » J’oublie tout immédiatement, dans un effarement proche de la panique. Quand Mauricette annonce : « Maintenant, allez- y », je manque me trouver mal. Elle nous fait un grand sourire. « Vous avez de la chance, elle est de bonne humeur », dit une fille.

            En un quart d’heure, mes genoux ont doublé de volume, mes bras sont dévorés de fourmis et j’écume de chaleur dans le pull que j’avais cru prudent de garder. Je n’arrête pas de me cogner dans les gens, les meubles, je ne suis pas loin d’éborgner une collègue avec un pulvérisateur pendant qu’elle fait les bannettes. Elle ne se trouble pas : « Moi, le mois où j’ai  débuté, j’avais des crampes dans tout le corps. J’ai perdu au moins six kilos… »

 

Image : www.connexions-normandie.fr 

Publié antérieurement sur:www.atelier-idees.org

 

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18.03.2010

PREMIER TOUR DES ELECTIONS REGIONALES 2010: L' ABSTENTION.

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Parler de l’abstention, ce n’est qu’émettre des hypothèses. Les enquêtes sur les motivations des abstentionnistes, groupe instable, sont rares.

 

L’abstention est une possibilité d’expression démocratique donnée aux citoyens français, contrairement à certains citoyens de pays  étrangers concernés par l’obligation de voter.

 

L’analyse de l’abstention ne peut se détacher du type d’élection. Les élections régionales, historiquement récentes, ne sont pas celles qui captent les masses, pour des raisons légitimes :

-          Les élus régionaux ne sont pas tous connus,

-          Les actions régionales sont rarement médiatiques,

-          Les bilans sont difficilement accessibles et quand ils sont évoqués dans les medias, ils ne sont pas exacts : ainsi disait-on que les bilans des équipes sortantes étaient, en général, satisfaisants, alors que tous les conseils généraux ont augmenté régulièrement les dépenses de fonctionnement, ce qui nuit à l’avenir.

-          Les programmes et leurs nuances n’ont pas été présentés dans les medias.

-          Les enjeux sont restés flous et il n’y a pas eu de controverses utiles.

 

Dans cette situation de carence de l’information politique, seuls les citoyens attachés à un Parti et désireux de le soutenir inconditionnellement, pouvaient voter, comme d’habitude, sans, pour autant, avoir « travaillé » les personnalités ou les propositions.

 

Plus de la moitié de la France est étrangère aux Partis, tels qu’ils sont : c’est une fracture de la démocratie qui n’est pas indifférence mais réflexion. C’est une « dépolitisation positive » : une abstention- sanction.

Il y a une rupture historique avec la bipolarisation, usée par sa tradition de combats de coqs, à efficacité réduite, de plus, par temps de crise. La fin des Partis, aux leaders excessivement narcissiques, pour des structures transversales de démocrates inventifs, compétents et efficaces est en gestation.

L’abstention est ambivalente, mais elle signifie de toute façon, majoritairement, que le pouvoir désiré n’est pas le pouvoir proposé. Laurent Joffrin, dans Libération, rappelle une formule protestataire du philosophe Michel Foucault, à la fin des années 70 : « Comment ne pas être gouvernés comme cela, par cela, au nom de ces principes-ci, en vue de tels objectifs et par les moyens de tels procédés, pas comme ça, pas pour ça, pas par eux. »

 

L’UMP a sans doute suscité des abstentions dans son camp en fédérant tous les courants dans les listes uniques du premier tour, privant les petites formations (le Nouveau Centre, les Chasseurs, les villiéristes…) de leur souhait de voter, au premier tour, au plus près de leur choix, selon leurs sensibilités et de ne voter « utile » qu’au 2d tour.

Eric Besson a privé l’UMP, des voix « extrêmes », par son débat, non pas inutile, mais très mal conduit, sur l’identité nationale et a « réveillé » le Front National. La composante « sécuritaire », capturée lors de l’élection présidentielle, a échappé cette fois-ci à l’UMP: des votants traditionnels se sont donc abstenus.

 

Le PS sort premier, pour des élections de second rang. C'est une victoire. Il devra faire ses preuves, ultérieurement, aidé par des alliances possibles, avec Europe- Ecologie, par exemple.. Un pouvoir central de droite, avec des pouvoirs régionaux de gauche, ou inversement, est une situation qui pourrait être acceptable, à la condition que les erreurs des uns et des autres ne soient pas les mêmes. Il s’agirait de rééquilibrer, en permanence, les plateaux de la balance gestionnaire, par exemple. Malheureusement, les deux camps partagent l’art de l’endettement irresponsable.

 

Pour avoir fait un séjour d’un an au MoDem, la débâcle de ce parti rend particulièrement optimiste quant à la maturité des électeurs. Ce parti n’est pas démocratique : il est donc rejeté. C’est une justice éclairée du peuple. Les nombreux démissionnaires et désabusés ont pu se réfugier dans l’abstention, mais provisoirement. 

Se déclarer vainqueur, quand on a perdu (l'UMP ou le MoDem), accroît la distance entre les Partis et les électeurs et donc...l' abstention!

Dans un quartier des Mureaux, l'abstention fut de 88.2%, dans un quartier de Montfermeil de 87%: autre question fondamentale.

De plus, quel est le nombre des non- inscrits sur les listes électorales?   

Image : www.paperblog.fr

 Annie Keszey.

12.03.2010

PUTEAUX. LE 19 RUE COLLIN

PUTEAUX. MARS 2010. UN HABITAT INDIGNE.

LE 19 RUE COLLIN. TROISIEME RAPPORT.

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Ce nouveau rapport s’appuie sur les documents et le procès- verbal de l’Assemblée Générale de la copropriété du 29/09/2009.

 

Le précédent rapport est consultable sur : www.atelier-idees.org

  1. Les travaux à moyen terme.

 

Des représentants de la Mairie de Puteaux et de la Préfecture des Hauts- de- Seine, en particulier, avaient assisté, au cours du dernier exercice de la copropriété, à une réunion avec le syndic et le conseil syndical. Le syndic devait transmettre un compte- rendu aux copropriétaires, ce  qui n’a pas été fait. A partir des interventions des autorités communales et préfectorales, informées du délabrement de l’immeuble, et en accord avec le syndic et le conseil syndical, une étude de l’état du 19 Rue Collin a été conduite afin de déterminer s’il était possible de réhabiliter l’immeuble. Le cabinet ARC- AD a rédigé un rapport approfondi, adressé aux copropriétaires et lu en Assemblée Générale par le syndic.

 

Le 19 Rue Collin peut être réhabilité. L’hypothèse d’une démolition est ainsi écartée. C’est une nouvelle très positive pour les copropriétaires: leurs craintes ont pris fin et la dégradation de leur immeuble va cesser.

La réhabilitation sera financièrement très compliquée mais elle marque cependant, symboliquement, la fin du mépris.

 

Le principe d’engagement  de la réhabilitation des parties communes définie par écrit, a été validé par vote. Le coût approximatif prévu est de 740 254. 43 €.

Pour un appartement de 23 m2, le coût serait de 16 000 € environ soit 16 mois de salaire du copropriétaire concerné.

La réhabilitation des parties privatives sera prévue ensuite pour 16 810 € par appartement. Les frais de maîtrise d’œuvre s’ajouteront à l’ensemble pour 168 752 €, soit 3570 € pour l’appartement cité.

Le coût total, pour ce copropriétaire, constituant un exemple, serait de 3 ans de salaire, au moins.

Le cabinet ARC- AD doit être soumis maintenant à la concurrence et d’autres devis  être étudiés par le Conseil Syndical avant tout appel de fonds.

 

D’autre part, une étude, responsable, des subventions collectives et individuelles pour ces travaux doit précéder ces appels. De nombreux copropriétaires aux rémunérations faibles, sont dans l’impossibilité de trouver les sommes prévues: ils attendent des soutiens.

Des crédits de longue durée, à intérêts bas et fixes s’ajouteront aux subventions.

Une enquête sociale, pour conseils individualisés, doit être entreprise, auprès de chaque copropriétaire.

 

Deux représentants de Monoprix étaient présents ce soir-là. [Avec Monoprix représenté et deux copropriétaires du bâtiment A présents (tous deux membres du conseil syndical) la majorité absolue des copropriétaires était acquise] !

Ils ont expliqué les travaux que Monoprix allait entreprendre et ont répondu avec attention aux questions posées. Ce respect d’autrui, même s’il s’agit d’une démarche légale, est une évolution très encourageante. (L’exploration de 15 ans d’archives permet de noter qu’il s’agit d’un remarquable  progrès dans les relations).

Des travaux concernent actuellement le 17 Rue Collin, il s’agit d’une modification de la façade, en particulier, pour installer un nouveau commerce. Ce commerce recevra ses livraisons par la cour commune. Les copropriétaires du 19 Rue Collin n’ ont pas été consultés.       

  1. La vie quotidienne.

           

            La saleté.

 

Le syndic ABS  de Suresnes et le Conseil Syndical sont responsables de l’exceptionnelle saleté des espaces communs, permanente, dangereuse pour la santé et de la présence de rats. Cette saleté n’existe pas dans le bâtiment A de la même copropriété, dans lequel vivent les copropriétaires majoritaires. L’employée du Bâtiment A est présente et consciencieuse.

Les copropriétaires du 19 Rue Collin (bâtiment D), avec ceux du B et du C, versent chaque mois, 1600 € pour le salaire et les charges d’un employé d’immeuble mais ne savent ni quand il vient, ni quel est son travail. Il doit faire le ménage mais ne le fait pas et d’ailleurs, il vient très peu. Depuis plusieurs années cet état de fait est dénoncé et perdure. La vieille crasse des plinthes, des murs, des rampes, des sanitaires, des marches évalue cette imposture. Une personne, non payée et certains copropriétaires nettoient les sols.

Plusieurs voix se sont élevées en assemblée générale pour souligner l’état déplorable des parties communes, sans relais autres que les propos agressifs de cet employé : employé qui ne connaît pas le droit et le transgresse. Son discours compassionnel ou menaçant tient lieu de tâches concrètes.

Il n’a pas de contrat de travail et les demandes de rectificatifs adressées au syndic et au conseil syndical n’ont eu aucune suite.

Il fait des travaux, payés, qui seraient inacceptables dans toute autre copropriété et dans le bâtiment A de cette même copropriété. Ainsi condamne- t- il, par exemple, une issue de secours, pour éviter, dit-il, l’entrée de produits volés à Monoprix. Les copropriétaires auront payé la condamnation de la porte et paieront sa réfection ! Il condamne aussi une partie des fenêtres …

Quel est donc le lien spécial qui existe entre cet employé et ses employeurs ?

Afin de défendre les copropriétaires,  l’Inspection du travail trouvera certainement la réponse.

 

Les copropriétaires sont doublement spoliés, puisque faute de vouloir contraindre l’employé à travailler, le syndic a demandé à une entreprise de venir faire « un nettoyage de printemps » aux frais des copropriétaires, pour 1000 € environ. Le contrat de « l’oiseau blanc » est acceptable, l’idée est appropriée, à la condition que son coût soit retiré du salaire de l’employé défaillant, ce qui, étrangement, n’est pas prévu.

 

            L’absence de porte d’entrée fermant à clé.

           

La pose d’une telle porte est prévue dans les travaux à venir, c’est bien, mais elle ne saurait attendre.

Existe- t- il un autre cas semblable à Puteaux : un immeuble de 84 familles ouvert en permanence ? L’intérieur est non maîtrisé en supposant que puisse exister une volonté de maîtrise.

Monoprix devrait faire acte de mécénat en offrant une porte à ses voisins malmenés. Une porte forte en bois, sur mesure, avec un digicode et une caméra de surveillance coûterait 5000 € environ. Ce serait un dédommagement pour les transgressions du règlement de copropriété, par ce magasin : Les livraisons doivent se faire avant 10 H, peut- on y lire ! Or, elles se font sans contraintes, massivement. L’entretien de la cour est sans exigence et c’est la mairie qui palie certaines carences de cette copropriété privée. Les poubelles  et les déchets de toutes sortes envahissent la cour du 19. Une certaine volonté de changement se manifeste cependant depuis 6 mois…en y regardant bien !

Ce don « fraternel »  de porte serait une excellente publicité qui gommerait des décennies de fonctionnement hors règlement.

La distribution nécessaire de « vigiks » servirait, de plus, à un recensement précis des occupants de l’immeuble.

 

3. La gestion courante.

 

 La gestion courante est assurée par le syndic de ABS Immobilier, depuis 3 ans, sous le contrôle du conseil syndical.

-          Le précédent syndic peu respectueux des lois n’a pas été poursuivi.

-          L’évolution excessive des charges courantes n’est pas combattue. Si certaines charges sont incompressibles certains postes de dépenses pourraient diminuer.

-          Des irrégularités soulignées antérieurement persistent dans la gestion. Certaines ont été rectifiées.

 

            Les augmentations des charges sur un an.

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Alors que les salaires des copropriétaires du 19 Rue Collin sont faibles, en général, et augmentent peu, les augmentations des charges sont très supérieures à l’inflation. Or ces copropriétaires ne pourront pas honorer des hausses  de charges de fonctionnement avec la nécessité d’investissements importants.

La rémunération du syndic : + 20%. (rémunération pour charges particulières comprises)

Les frais postaux : +75% (le syndic continue d’envoyer des lettres recommandées avec AR à des copropriétaires introuvables depuis des années)!

Les frais de photocopies : triplement du coût.

Les frais d’avocat : encore ! + 20%.

L’assurance : + 28%.( alors que les assurances devraient répercuter la baisse de l’indice FFB puisqu’ils ont répercuté la hausse de cet indice, il y a deux ans !). Les démarches pour demander cette baisse se trouvent dans l’abus 2056 sur le site www. unarc.asso.fr

Les frais de loge : + 20%. Une importante anomalie ne semble émouvoir personne. Pour une même durée la consommation d’électricité fut de 862.43 € cette année au lieu de 226.08 € l’an passé. S’agit-il d’une forte irrégularité des relevés ? La loge est occupée, au-delà d’une personne, par des occupants qui n’ont pas à vivre là. Leurs consommations sont payées par les copropriétaires de l’immeuble!

Ces personnes ne trouvant pas à se loger, l’on devrait au moins savoir à qui elles paient un loyer et combien ? Qui les a mises là ? Le lieu, au sens législatif, est indécent. Syndic et Conseil Syndical devraient initier une rencontre solidaire afin de vérifier qu’elles ne sont pas exploitées. Fermer les yeux ne correspond pas au profil de Responsables.

Les nouveaux contrats proposés de désinsectisation et de contrôles des extincteurs, n’ont pas fait l’objet des nécessaires analyses, malgré les observations faites, mais le conseil syndical pourra proposer d’autres contrats moins coûteux, c’est une bonne solution : l’entreprise Bouvier est à éviter, épinglée dans la liste des abus de l’Association des Responsables de Copropriété au n° 2088. Les prix de cette entreprise sont 2 ou 3 fois plus élevés qu’ailleurs. Signer un contrat simple pour l’entretien des extincteurs est recommandé parce que les contrats dits complets doivent être contrôlés (ce qui ne sera pas fait, à partir des carences antérieures)

La désinsectisation ne saurait être payée forfaitairement pour tous les logements privés puisqu’elle ne s’y fait pas ! L’entreprise avait accepté de modifier le contrat avant sa dernière intervention mais le syndic n’a pas fait la modification ! Les copropriétaires ont payé, en partie, pour rien!

La dératisation devrait être le travail (élémentaire) de l’employé : son but est l’absence de rats et de souris et non pas l’acquittement, sans contrôle, d’une facture d’entreprise.

« Il y a des rats gros comme des lapins, depuis 20 ans, au 19 Rue Collin », lit-on dans un commentaire sur le site : www.atelier-idees.org

 

            Les irrégularités dans la gestion.

 

Contrairement à la promesse du syndic, des charges ne sont pas encore réparties selon le règlement de copropriété, (soulignons cependant que le gaz n’est plus payé par ceux qui ne le consomment pas dans le bâtiment D) :

- Les charges de la loge incombent, à tort, au seul 19 Rue Collin (le syndic se reportera à l’article 11b, page 24 du règlement de copropriété).

Seul, le bâtiment A, privilégié, dispose d’un compteur d’eau. La répartition des charges d’eau n’est pas conforme au règlement de copropriété, dans l’état actuel de la copropriété.

- Les primes d’assurance sont des charges générales. La répartition en deux parties pénalise maintenant les copropriétaires du D, qui ont payé, lors de cet exercice, 3 fois plus qu’ils ne le devaient.

- Les locataires, qui paient les charges des copropriétaires, situation illégale,  parfaitement admise par le syndic et la conseil syndical, n’auront pas à payer les travaux futurs comme il l’a été dit en assemblée générale: ils vont solliciter l’aide de la justice. Les aides juridictionnelles sont en cours de rédaction.

- Des travaux, dans les appartements, modifiant parfois les apparences extérieures,

(fenêtres du 1er étage, en façade) échappent à tout contrôle et à toute autorisation.

 

La gestion des impayés.

 

Un avocat en est chargé, à partir des appels de fonds très lourds, faits à nouveau en 2007. Les copropriétaires espèrent son bon travail, en coopération avec le syndic.

Un cas représente bien la complexité de l’immeuble, c’est celui du plus important débiteur. Sa dette de charges est voisine de  40 000 €.

Ce propriétaire défaillant, introuvable, est né le 30/12/1908 ; il a donc 101 ans. Les hypothèques sur ses lots, acquis en 1979, se succèdent depuis 1987 et s’arrêtent à échéance. Il n’y a plus d’hypothèque depuis 2007, année où une nouvelle avance pour frais d’avocat, de 2700 €, pour son cas, a été demandée, à fonds perdus, par le syndic. Ce

n’ est pas la démarche appropriée. Il est même probable que chaque année cet « introuvable » soit le destinataire d’une lettre recommandée le convoquant à l’Assemblée  générale…

 

Il faut, certes, investir beaucoup de temps pour rétablir la dignité, la propreté et le droit dans ce bâtiment D. Ce n’est facile ni pour un syndic, ni pour un conseil syndical, mais, pourtant, ce devoir de Fraternité gestionnaire leur incombe.

Par l’étude de l’architecte et le vote sur la réhabilitation des parties communes, le syndic et le conseil syndical, avec l’appui du Maire et du Préfet, ont donc entrepris de réduire la fracture sociale interne à la copropriété. C’est leur mérite.

Le quotidien aussi doit faire l’objet de toutes les attentions.

 

Les copropriétaires remercient Madame Le Maire de Puteaux. Ils ont appris, par Madame Hardy, conseillère municipale indépendante, que les augmentations très importantes, pour eux, de taxes foncières de l’an passé étaient abaissées. Les copropriétaires ont en effet reçu un chèque de remboursement du Trésor Public.

L’ancien Président du Conseil Syndical et le syndic ont reçu une première version de ce rapport afin, s’ils le souhaitaient, de le commenter. Certaines observations du Président ont été suivies. Le syndic ne s’est pas manifesté.

Annie Keszey. www.atelier-idees.org et www.rupture-et-metamorphose.org

 

 

 

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